‹ Itinéraire de Tiflis à Constantinople;Chapitre 14 sur 44 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L^Islamisme. ^ Les Lesghis. ^- Note sur une colonie génoise.

L'islamisme eut aussi , comme on vient de le voir, sa part d'influence dans les destinées des habitants du Caucase ; mais la victoire devait définitivement rester à la religicm du Christ et à la civilisation européenne introduite par les Russes.

On a vu les Arabes, repoussés en 66 1 , s'établir enfin dans la Géorgie en 684 sous le commandement de Musblimeh, frère du Calife Velid. Ils s'y maintinrent jus(ju'en 732 , malgré les guerres qu'ils eurent à soutenir contre les habitants des montagnes et du littoral de la mer Caspienne. Dans cet intervalle, un grand nombre de familles arabes étaient venues des pays stériles de l'Asie centrale s'établir en colonie dans ces fertiles contrées. On trouve encore dans le Daghestan des tribus nomades qui ont conservé l'idiome de leurs pères ; et les Lesghis surtout offrent, dans leur langage, leurs mœurs et leurs traits, des preuves du mélange du sang des aborigènes avec celui des colons.

Les événements de la guerre m'ont fourni , pour observer de fort près ces peuples semi-barbares , des

occasions périlleuses que d'autres voyageurs n'ont rencontrées ni cherchées. La guerre seule manifeste leur caractère et presque leur existence. On me saura peut-être gré de consigner ici quelques détails éloignés de mon sujet, mais assez rares pour ne jamais nuire à l'ensemble de mon travail. J'ose en garantir l'exactitude; mais plaise à Dieu que personne ne soit jamais à même de la vérifier et qu'on ne voie point, durant la guerre commencée en Orient, les terribles Lesghis sortir de leurs bois et de leurs montagnes.

Le Lesgbistan , comprenant tout le coté orientale du Caucase , fait partie de ^ancienne Albanie. JPlutarque désigna déjà sous le nom d'Albanais les habitants des vallées du Daghestan : ce nom leur vient du fleuve Albanus qui sort des rochers de ce pays et que l'on nomme encore en tatare Ac sou^ eau blanche. Il faut donc rèconnaîtredans les Lesghis, ces fameux Albains qui résistèrent si vaillamment à Pompée et qui furent repoussés, décimés parles armes romaines, sans jamais en être vaincus. Depuis lors, le mélange de leur race avec celle des colons arabes vînt encore augmenterleur vigueur naturelle y et leur amour de l'indépendance. Ce n'est que vers l'an 1 735 que Nadir Shah , connu sous le nom de Thamas Kouli Khan occupa une partie de leurs montagnes. On chante encore dans le Caucase les exploits de ce conquérant. Un guide me dit un jour une espèce de

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ballade contenant le récit de la défaite des Lesgbis. La narration était animée^ l'expression pittoresque et plus que vigoureuse. Je regrette de n'avoir pu conserver dans ma mémoire ou dans mes notes ce poème oi^inaL Voici au fond comment il rendait compte de la victoire de Nadir : En suivant un sentier que les Lesghis croyaient impraticable ou qu'ils ne connaissaient pas eux-mêmes^ il tourna leur armée postée dans une des gorges qu'elle se préparait à défendre. Ce fut l'histoire des Thermopyles ; mais il n'y eut pas de Trois-cents : on en comprend la raison. Nadir se contenta néannooins d'imposer un tribut à ces peuples redoutables y sans se soucier de régner sur eux. Aujourd'hui les Russes ne tirent aucun revenu du Lesghistan : cette possession leur coûte même} maïs ils espèrent introduire peu à peu leur reb'gion parmi ces peuples, priver les Turcs d'un puissant renfort y et augmenter leur force militaire dans la même proportion.

Jusqu'à présent les Lesghis, que les Géorgiens appellent Lekki^ne vivent que de pillage, soit qu'ils combattent pour leur compte , soit qu'ils se mettent à la solde de l'étranger.

Dans le premier cas , si personne ne réclame et ne paie leurs services, la Géorgie est pour eux comm^ une espèce de propriété qu'ils exploitent tous les ans. Dès le printemps, sortant de leurs retraites inexpugnables et de leurs monts tout couverts de neige ,

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ils se jettent principalement sur la Garthlinie et le beau district de Kisichi Boudbé. Ils vont se poster au3( gués des rivières, dans les bois <pii bordent les défilés, parmi les ruines des vieux monastères, etlà ils attendent le pâtre et son troupeau y la petite caravane du marchand, et même le voyageur isolé. Souvent ils vont chercher leur proie dans les villages et jusque dans les viUes ; ils emmènent les habitants prisonniers , les rançonnent ou les gardent comme esclaves. La peine qu'ils se dcmnent pour empêcher la fuite de ces derniers se réduit à une opération inventée par la plus ingénieuse férocité. On les garde les premiers jours avec une apparente négligence , et on les traite si mal en les employant aux- travaux les plus durs, que la plupart tentent de s'échapper : connaissant malles localités, ils sont rattrapés sans peine; alors pour éviter le cas de récidive, le Lesghis fait k son es~ clave mie incision sous le talon, et il insère dans la plaie du crin coupé par petits morceaux : la blessure se cicatrise bientôt , renferme ce corps étran** ger et semble complètement guérie ; mais le malheureux à qui l'on a fait subir ce traitement éprouve des chatouillements douloureux chaque fois qu'il veut s'appuyer sur le talon : et tout le reste de sa vie , il est forcé de se tenir sur la pointe des pieds. Ainsi ont été martyrisés beaucoup de prisonniers et de déserteurs russes; car, dans toute l'Asie et chez les Turcs, où on les compte par milliers , ces

deux classes d'hommes sont confondues dans le même état d'esclavage. Quel horrible instinct rend donc le sauvage si ingénieux dans le mal! Les Lesgbis font eux-mêmes leur poudre et fondent leurs bsilles; dans une de leurs bourgades^ où l'on soupçonne que sont établis des descendants de colons génois ( "^ ), se fabriquent toutes sortes d'armes blanches et d'armes à feu; ils connaissent enûn la tactique et la discipline militaire. Et les Lesghisne savent pas lire !

Quant au service étranger, ils adoptent le plus souvent celui des Turcs, avec lesquels ils ont plus d'afiinité par leurs mœurs et par leur commune religion. Ce n'est point pourtant qu'ils observent avec grand scrupule tous lespreceptes.de l'Alcoran: ils sont très-adonnés au vin et ils aiment avec passion l'eau-de- vie. Cette liqueur est pour eux ce que l'opium est pour les Turcs : un moyen tout matériel de se donner du courage. A la bataille de Manavi , en 1812, les Lesgbis étaient presque tous dans un état complet d'ivresse ; quelques-uns se laissaient aller sur nos baïonnettes. Une division russe n'en fut pas moins entamée , et plusieurs centaines de grenadiers furent trouvés sur le terrain, étendus morts à côté de leurs ennemis qui n'étaient tombés que d'ivresse.

Chaque fois que les Turcs entrent en campagne,

(*) Voir la note à la fin du chapitre IV.

un nombre considérable de Lesghis vient se ranger sous lenrs drapeaux. Eux-mêmes , avant de quitter leurs montagnes, s'y sont choisi des chefs qu'ils nomment Bellad et auxquels ils ont engagé leur foi. Ils se mettent alors en marche pour traverser la Géorgie y par petits pelotons , chacun sous la conduite de son chef. Suivant les sentiers dérobés, qu'ils connaissent mieux que les indigènes même, ils passent les nuits dans des forets épaisses, se gardant bien de toute surprise et évitant soigneusement les lieux habités. Ils traversent le Kour(Cyrus)à gué, et arrivent enfin au rendez-vous assigné, qui est Kars, Âghalziké ou Aghalkalaki. Ainsi dix ou vingt-miUe hommes ont quelquefois traversé par petites escouades un pays où il n'est pas un habitant qui ne soit leur ennemi mortel : au moindre indice de leur passage, un soulèvement général aurait lieu autour d'eux et ils seraient tous infailliblement massacrés.

Le Lesghis sert bien, tant qu'il est bien payé : un homme à cheval se fait donner douze francs par mois et ses vivres : mais sa fidélité , que n'ébranle aucun revers, ne résiste point à la disette. Il faut aussi lui permettre le pillage et tous les excès de la guerre : les Turcs sous ce dernier rapport leur offrent un excellent service.

Les Tatares ont eu également recours à ces auxi- , liaires dans leurs révoltes contre la Russie. La forteresse deGanja (Élisabethpool)fut emportée d'assaut

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par les troupes moscovites le 3 janvier i8o3 , p. si^ DJapat , Khan de Ganja , périt sur le rempart le^ armes à la main. La résistance fut terrible^ Or^ parmi les troupes de la garnison , se trouvait un corps de quatre à cinq cents Lesghis; en voyant leurs cada*^ vres , on sut à qui attribuer la longue et belle défense de la place.

Au prix de l'exactitude et de l'indulgence dont je parlais tout à l'heure ^ on a dans les Lesghis des soldats intrépides , infatigables et d'une admirable dextérité. Leurs armes sont le sabre , le poignard et le fusil. On peut les regarder comme les meilleurs tireurs qui habitent entre* les deux mers. Ils choisissent leur homme y ne semblent point viser et l'abat^ tent presque toujours. C'est du reste une faculté que l'on remarque dans tous les peuples montagnards, et que l'on peut attribuer à une influence extérieure sur l'organe visuel , aussi bien qu'à la grande habitude de la chasse ou de la guerre de buissons.

Oiaciin des chefs nommés Bellad commande seul environ cent hommes. Il a avec lui un tam^ bour, portant deux petites timballes de cuivre suspendues à sa ceinture à la manière turque , pour battre les rappels et donner les signaux.

La troupe est divisée en dix escouades. Au centre de chaque escouade, le soldat reconnu pour le plus brave porte, outre son fusil, un petit drapeau qu'il plante devant lui chaque fois que le peloton fait.

halte. Ces drapeaux sont de couTèors yariées comme les signaux de vaisseau , afin <iue chaque peloton puisse reconnaître le sien. La voix du chef ^ ou même le son des deux petits tambourins, suffit pour faire manœuvra: les dix escouades, cjui avancent, reculent^ s'arrêtent , doublent le pas , obUquent à droite ou à gaudie avec un ordre et une précision étonnante.

Tel est l'ennemi auquel les troupes russes de Géoi^e eurent affaire en 1 8 1 2. Pendant que la plus nombreuse et la plus belle armée qui fut jamais, ayant envahi l'empire par la Pologne et l'Allemagne , se trouvait en possession de l'antique capitale , un corps russe avait à lutter dans le Caucase contre d'innombrables hordes semi-disciplinées. L'Europe avait les yeux fixés sur un théâtre plus voisin d'elle; elle ignorait et elle semble ignorer-encore qu'en ce moment une lutte non moins glorieuse avait lieu à l'autre extrémité de l'empire moscovite : il était également importanjt pour la Russie, et de repousser l'agression du peuple civilisé , et de se faire un rempart contre la barbarie.

Le Gzarewitch Alexandre, fils d'Héraclius , avantdernier roi de Géorgie , s'étant mis en révolte ouverte contre l'autorité de l'einpereur, Iskander, un des chefs des Lesghis, vieillard d'une bravoure renommée, vint avec dix-neuf mille hommes se joindre aux rebelles.

Le 21 novembre 1812, le corps d'armée commandé par le général OrbélianoBT, fort d'environ

Syooo hommes 7 rencontra l'enneini prè&du village de Manavi^ dai^sla provincecje K^akbétie (*). Les rebelles^ au nombre de 4oyDOO) furent d'abqrd repousses. Ik avaient con^pté sur la supériorité du feu de leursaUiés miiy d^ le prqiiii^:coup ^e fusil, ne manqpiment: jaispaiis; d^abattre les chefs 4e^ nos troupes. Mais l'ordre avait étédonné de qe laisser apercevoir aucune ef^pèce de iQarquç distii\ctive , et le danger des ^hefs n'était plus que celui du simple 3oldat< Ainsi nos officiers échappèrent au destin qui > dans une campagne précédente , avait enlevé Je p^incq d'Anhalt-Zerbst , parent de l'impératrice Catherine , le général Gouliakoffet un grand nombre d'officiers supérieurs. Mais bientôt les Lesghis 9 ayant à leur tête Iskander, résolurent de faire une nouvelle tentative. Ayant mis le fusil en bandoulière, ils chargèrent les colonnes russes^ le poignard eiï main, aui( cris mille fois répétés de Allah« U fallut le^ décharges multipliées d'une artillerie parfaitement dirigée pour les ébmn-- Içr et les forcer à la retraite^ |)ans le même moment, le général Simonowitçb , Servien dWgine prît l'ennemi en flanc et, après une résistance opiniâtre , jLe rejeta, en le culbutant vers la hauteur où

(*) Le prince Orbélianofr(Diinitri Zacharitch), estle chei* actuel de* Pancienne famille géorgienne des Orbéliani. La iioblesse ig^orgienne à de même donné à Tempire nissç l^s B^gratioii ,, les Ér îstoiflF, cto. ^ etc.

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est situé Manavi. Là , dans uq tenain inégal et partout boisé, où, ne pou?aient agir ni cavalerie nt artillerie, les fantassins se battirent long-temps côips à corps. Notre yiclôite s'y achera enfin. L'é^ loge que l'on accordé ici à un commandant en seoond n'ôte rien certes à la gloire que le général Orbélianoflf a méritée par ses savantes dispositions. On peut assurer néanmoins que l'affaire avait pris unô toUmure aiissi fâcheuse qu'imprévue , et que sans l'attaque dirigée si à propos par le biaYe Simbnowitch , le danger était inuninent... Or quelles n'eussent pas été en ce moment les conséquences d'un revers , je ne dis pas seulement pour notre corps d'armée , mais peut-être pour tout l'empire ? Je sentais le besoin de rappeler ici le nom et la gloire d'un homme qui me fut cher et de venger d'un oubli trop général et trop injuste le coips le plus aguerri que les armées russes aient peut-^tre jamais possédé. Je n'ai plus à rappor-^ ter qu'un seul fait qui me donnera l'occasion d'ajouter le dernier trait au tableau que j'ai entrepris de tracer. Le 20 juin 1812, le g^éral prince Orbélianoff* campait près d'Arous , village ruiné de la province dé Somghétie ( * ). Un piquet de Cosaques qui occupait

{^) La Somghétie , district de rArménie traversé par la Kzia (Ghanès } qui se jette dans le Kopr, est entiër&ment abandonnée par suite des invasions cou tînueUes des Turcs d'AghalziLe. Domanice» ville autrefois très-coosi^

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une coUîiie boisée à deux wenstes ( I lieue ) du camp , vint rapporter qu'un corps de Lesghis avait été aperçu 9 défilant à travers le bois et se dirigeant vers la frontière turque. C'était un de ces corps de mercenaires dont j'ai parié tout à l'heure. On réunit aussitôt tous les Ck)saques disponibles. Les volontaires Géorgiens et Kakhétiens se présentèrent tous animés d'une ardeur singulière , et sollicitèrent l'honneur de faire partie de la petite expédition. On n'admit que deux cents hommes , et , comme je venais en ce moment d'arriver dans sa tente ^ ce fut à moi

dérable et qui n'est auîourd'hui qu'un pauvre village j était pendant Tété la résidence des Orbéliani. Durant l'hiver, ils habitaient une maison de campagne nommée Tansia, à 4 tverstes ( i lieue ) de Kweché. A en j figer par la beauté de ses ruines romantiques, ce devait être jadis une habitation délicieuse. Une végétation vigoureuse s'est remise en possession de tout ce que les honunes lui avaient un moment dérobé : des arbustes sauvages ont étouffé les plantes exotiques cultivées à ^grands f^ais. Seulement dans un angle du parterre, je vis une rose centifoUa qni s'était conservée là depuis 70 ans. Je la cueillis, et je la tenais encore à la main, et je m'entretenais encore de mélancoliques pensées, quand j'arrivai aux ruines du monastère de Pitaretti , situées à trois werstes plus loin . C'est là que l'an-, cienne famille des Orbéliani avait autrefois sa sépulture, le déposai sur les débris de leurs tombeaux la fleur que j'avais cueillie dans leur ancien domaine.

Le prince Orbélianoff est mort à sa campagne près de Tiflis en 1820^ âgé de ^5 ans, regretté de l'armée^ etc.

que le prince en confia le conuJiandenienL Nous nous portâmes avec célérité à la poursuite de l'ennemi. J'avais peine à modérer l'incroyable impétuosité des volontaii*es : la prudence exigeait cepen* dant qu'on ne se précipitât point en aveugle. Enfin iious reconnûmes les traces des Lesgiiis: ils étaient au nombre d'environ- 35o avec un drapeau. Us entraient dans un défilé qui débouchait vers le fort turc d'Âghalkalaki. A peine l'ordre en fut-il donnée que ma troupe s'élança pour tourner la hauteur; elle rencontra les ennemiis au sortir du défilé, fondit sur eux avec impétuosité et les eut taillés en pièces avant qu'il fut possible de songer à modérer une pareille fureur. Aucune représentation , aucun ordre ne pouvait empêcher lesGéorgiens de massacrer les Lesghis terrassés 9 ou les Lesghis de se défendre encore lorsqu'ils étaient déjà vaincus. De tous les prisonniers faits au commencement du combat, nous ne réussîmes à en conduire jusqu'au camp qu'environ une dixaine. Durant la route les volontaires en assassinèrent encore quelques-uns ( * ).

J'accablai ces meurtriers de reprocheset d'injures, eh menaçant de faire fusiller lé premier qui suivrait leur exemple : la seule réponse que j^obtinsfut celle^

( * ) Ces prisonniers ne sont jamais échangés ni rendus. On les envoie comme malfaiteurs aux mines de cuivre, en Sibérie.

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ci : <( Leurs pères ont fait couler le sang de nos (c pères^ et nous faisons couler celui de leurs enfants.»

Or quel est le germe d'une haine aussi cruelle ? Depuis un temps immémorial , les Géorgiens tendent des embûches aux Lesghis qui traversent leur terri- Imre ^ disant que ces chiens de Musulmans les ont sans cesse attaqués et pillés : depuis un temps également immémorial, les Lesghis font leurs incursions sur les terres des Géorgiens, disant qu'au-* trefois ces chiens de^Chrétiens les ont traqués dans l^ms montagnes sous prétexte de les convertir. Ainsi les querelles de religion sont toujours pour quelque chose dans les atrocités et les turpitudes humaines I

La réconciliation de ces peuplades ennemies doit être un des plus grands obstacles que la Russie va rencontrer dans le grand ouvrage de la pacification de ses nouveaux domahies. L'extirpation successive de l'Islamisme et l'adoucissement des mœurs des fanatiques qui s'intitulent Chrétiens >^nt les moyens les plus efficaces d'arriver à ce noble but. L'inter* ruption de toute espèce de communication entre les Lesghis et les peuples encore placés sous la domination musulmane , intéïruption que des événements tout prochains ne peuvent manquer d'amener, aidera surtout le jeune monarque du Nord à réaliser un des plus beaux revins de son glorieus; frère.

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