‹ Itinéraire descriptif de l'EspagneChapitre 23 sur 33 · ABRÉGÉ DE LA STATISTIQUE DE LA NAVARRE · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ DE LA STATISTIQUE DE LA NAVARRE

PopuUition. La Navarre dut être très-peuplée autrefo;is. L'émigration de ses habitans , vers la fin du VI* siècle, fut très -considérable 5 ils passèrent en assez grand nombre, ainsi qu'on l'a déjà dit, datis la province de France appelée dans la suite Gascogne ; et c'est en en peuplant une fort grande partie qu'ils lui donnèrent leur nom. Il y a lieu de croire que la Navarre ne resta pour cela m déserte, ni privée de tous ses nationaux, et qu'une grande partie supporta

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avec plus de résignation le joiig des Goths par attachement pour la patrie. Selon le> dénombrement des années 1787 et 1788 , la quantité des habitans de cette province doit être aujourd'hui de 287,383. Daûs ce nombre on compte :

Curés 755

Prêtres séculiers. ï,iG6

Religieux ..,.., i^iao

Keligieuses 5io

Noblçs i3,o54

Gens de loi. 172

Étudians. ..*... é ........... , i,j63

Domestiques. . Q^gio

Agriculture. La Nayarre est un pays montueux et froid j ses montagnes, très-élevées, aouvent escarpée^, n'offrent, la plupart, que la roche nue. On y trouve cependant quelques forets assez considérables et des pâtui^ages excellens. Elle a des cantons où Tair est plus doux et plus sain que dans d'autres provinces voisines de l'Espagne. Le sol fertile et propre à la culture se l'édùit à' un certain nombre de vallées, à quelques collines et plaines plus ou moins étendues. Il en résulte que les productions de celte province sont bornées et insuffisantes aux besoins de ses ba* bitans.

On y recueille du blé, du seigle, de Porge, du majb, du vin , peu d^huile , des fruits et des légumes; mais, après avoir pris pour la consommation du pays, rarement reste-t-il pour foiirnir à une branche d'exportation soutenye. Quelquefois le blé y est assez abondant pour en fournir la Biscaye.

ROYAUME OB NAYARRE. 299

£n général^ on n'y tire point le parti qu*on pourrait des terres qui y sont les meilleures. Par exemple ^ le territoire de Tudéla est propre à toute soile de cultures; il produit du froment, des olives, de l'orge , des fèves , des haricots j des fruits excellens et du chanvre ; mais on y néglige tout pour n'y cultiver que la vigne. Parmi les vins de Navarre , on distingue ceux de Tudéla, qui ont quelques rapports avec le vin de Boui^ogne, sans en avoir la délicatesse; ceux de Péralta sont des vins de liqueur qui approchent beaucoup du vin de Saint*Laurent,inais qui sont plus forts et plus agréables ; ils se font avec le raisin nommé berbèa ^ leur couleur est assez semblable a celle du vin cuit de Xerez.

On fait du cidre dans quelques vallées : celle de Bastan fournit le meilleur.

Les tenues du, canton de Pampelune sont bien fumées; et leurs productions alternent poxu: quatre années dans Tordre qui suit : froment , ffeves , froment , maïs. Ainsi le terrain ne reste point enyochère. La quatrième année on laboure les terres avec la laya ; les années intermédiaires simplement avec des boeu£s.

Fabriques et mcmi^aetures. La Navarre n'a ja- . mais eu de grandes manufactures ni beaucoup de fisibriques. On a indiqué oe qui a^en trouve à Pampelune. n y a quelques distilleries d'eau-de-vie â Estela, à Fuente 4e la Reyna et à Sanguesa. Les manufactures de draps sont un peu moins abandonnées à Tudéla que dans les autres^ villes : elles avaient été instituées en confrérie, c'est-à-dire en corps de fabri-

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cans , l'an i438 , sous le règne de Jean u et de Blanche de Navarre. Il y a six fabriques de savon à Tudéla, d'aûti^es de tuiles, de briques et de poterie. Estela entretient quelques . métiers de gros lainages. On trouve à une lieue d'Eguy une fabrique de fer fondu ou coulé, de bombes et de boulets, pour le compte du roi. Enfin la' ville de Corella, qui a environ 4,000 habitans, mérite d'être remarquée par sa manufacture de jus de réglisse, qu'on extrait des racines, ligneuses de la plante, et dont on forme une pâte : on en exporte une grande quantité pour le nord de l'Europe. " ^

Commerce. Le commerce de la Navarre est absolument passif. Cette province ne fournit presque rien à ses voisins pour pouvoir le balancer par un com^ merce actif. Elle tire au contraire du dehors beaucoup d'objets nécessaires à sa subsistance et à ses vêtemehs. Ce commerce a même été toujours trèsonéreux par les difficultés et la fJierté de l'importation. Autrefois les chemins étaient afifreux, souvent impraticables 5 tout devait y être transporté à dos de mulet. Cet obstacle n'existe plus ; on y a fait de nouveaux chemins : les routes y sont belles et faciles , les transports aisés et moins dispendieux. Les rivières de l'Ebre et de la Bidassoa offrent une communication aisée, peu coûteuse, qui pourrait contiibuer à favoriser le commerce de cette province, qui, luimême, servirait à développer l'industrie et l'activité de ses habitant. -

Cependant, malgré son f)eu'de commerce et d'industrie, la NavarrjB est dans un état de prospérité qui

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s'accroît annuellement, ainat que sa population et sa richesse peuvent le prouver 5 néanmoins cette province pourrait encore atteindre à un degré d'aisance plus considérable.

Histoire naturelle. L'histoire naturelle de la Navarre est si peu connue , qu'il est à croire qu'on ne s'en est jamais occupé.

Les mines de fer y sont assez abondantes : il y en a à Véodrin, à Lugarchuelo et dan^ beaucoup d'autres endroits. Il y a près de la ville de Pampelune une mine de cuivre qui ^tait exploitée ver§ le milieu du xviu* siècle. On voit, hors de tet*re, près de Valtierra , et vers le milieu de la cdte sur laquelle ce village est situé , i:^ne mine de sel gemme blanc très-abondant , pénétré dans des couches de gypse d'environ deux ou trois pouces d'épaisseur, sé-r 'parées par des couches d'une terre saline , bleu obscur.' Cette mine èsf exploitée : elle a une princi^ pale galerie d'environ 4oo pas de longueur, et plusieurs galeries collatérales d'environ 80 pas; elles soqit soutenues, par des piliers de sel et de gypses disposés de distance à autre avec assez d'art et d'inteUigence. L'intérieur de cette mine ressemble assez à une ancienne église dans le,^enre gothique. Une fontaine intermittente coule en ét^ et tarit en hiver dans le territoire de Beiprada, prés du village d'Ângostina. On trouve sur les montagnes beaucoup de gibier , des lièvres , des chevreuils , des «renards , des loups, des sangliers , etc. La Flore de la Navarre est celle des Pyrénées françaises , à peu de cho^e près.

3o3 ITINÉftAI&E DB l'eSPAGNE.

Cette prorince a quelques eaux minéralea, entre autres à Belascuain^ village à a lieues de Pampelune^ à une demi-lieue d'Âribe, village de la vallée d'Ayez** cua, près de Ronce vaux ^ aux confins de la France $ à Fitero^ village à 7 ligues de Tafalla; à.Vierme4, à 6 lieues de Jaca^ à Tsaba^ dans la vallée de Roncal t Qelle-çi est connue sous le nom de Fuente de Ysaba} elles sont toutes thermales. Celles de Belascuain et de Fiermes ont plusieurs sources. Celles de Fitero, d'Tsaba et de Fiermea ont des bains çt servent à Fu^ sage intérieur et extérieur*, ces dernières ont -des boues qu'on emploie egaiendent à l'extérieur.

Sciences et arts. Les sciences et les arts ont été peu cultivés en Navarre. Cette province manque d'éta-» blissemens où Ton puisse recevoir les^ connaissances nécessaires sur oeà objets. Elle a une université , mais peu connue, parce qu'elle est peu importante. Elle a 4 collèges où l'on peut a peine être instruit des pre* miers élémens de la langue latine.

La Navarre compte pourtant un roi célèbre parmi les troubadours : c'est Thibaut i**% de la maison de Champagne^ surnommé le faiseur de chansons, et qui r^na 19 ans \ il vivait dans le xm* siècle.

Ce royaume n'a fourni que des écrivains médicvcres, excepté c^^ux qui se sont distingués et méritent d'être cités avec éloge. Le premier est Roderic Simcv^ nis y appelé phisordinairement Ximenez , qui doiuia, dans le xHi*%iècle, une chronique des empereurs de Rome et des pontifes , et une autre de l'Espagne ; le second est Jean Huarte de SanJuan, dont il a été

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parlé à Tarlicle de Pampelune, ii[iétaphysicien profond, écrivain ingénieux , pur^ instruit ^ et un de ceux qui ont le plus honoré leur patrie.

Caractère, mœurs , habiUement et langue de la Navarre. Les Nayarrais sont en général sérieux , réservés, fiers et braves j ils sont ti'ès-légers à la course; ils passent pour être les meilleurs sauteurs et les plus adroits joueurs de paume de l'EspÀgne. On leur re^ proche d'être entêtés, opiniâtres, peu dociles, impériaux, querelleurs et violensj en revanche., ils sont spirituels, fins, habiles et laborieux. Us ont d'ailleurs adopté facilement les mœurs françaises. L'habillement ou les costumes des habitans de la Na* varre sont à peu près les mêmes que ceux des Gastifkns) on aperçoit seulement quelques nuances diffi^ rentes dans certains canton^ , mais elles sont légères. Sur les montagnes , les femmes ont conservé leur ancienne mantère de s'habiller s elles portent leur corps ou corset avec des manches étroites , jointes et ieiv mées au poignet ; des fichus de soie sur le cou; leurs cheveux tressés , tombant en doubles' tresses sur les épaules et entrelacés de larges rubans de (^verses couleurs.

On parie le castillan en Navarre; mais cette langue y est altérée par un mélange de basque, de catalan et de français. Le véritable basque est plus pur dans la partie de la Navan^e française.

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LA VIEILLE-GASTILLE.

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