NOTICE GENERALE SUR LA VIEILLE-CASTILLE
A la considérer comme la limitent en général les cartes d'Espagne faites en France avant celles que nous devons à M. le colonel Bory de Saint-Vincent , cette province s'étencjait au centre de l'Espagne, où elle formait comme un triangle irrégulier dont le. milieu était vers l'Aragon , et les deux pointes à Touest y l'une vers FEstramadoure , l'autre vers les Asturies : on lui donnait en longueur 24 lieues du nord au sud ; mais il faut y joindre une province qu'on avait négligé d'y annexer, et que l'on trouve désignée sous le nom de Montagne (Montana). Aumoyep de cette addition, la Vieille-Castille se trouve beaucoup plus étencjue, et bornée au septentrion par une petite partie de la côte du golfe de Goscogne; du nord-ouest au sud-ouest par la Biscaye , l'Alava et la Navarre ; au couchant par J'Aragon; dans la direction du nord-est au sud-est par la Castille-Nouvelle ; au couchant
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par le royaume 4e Léon et par les AstUries. Ainsi conformée, elle se divise administrativement en cinq provinces : la Montagne i^iveraine et boréale , Burgos centrale, Soria prientale , Ségovie méridionale et Avila occidentale. ,
Outi^e ces divisions principales , on y compte encore divers cantons particuliers appelés de Liébana et de la Rioja.
LiÉBANA. Ce canton est très-âpre et trèsmontueux, de lo lieues de long et de 4 de large; Potes en est le chef-lieu; il contient cinq vallées principales, appelées de Cillorigo, de Faldepradoy de p^aldeàaro^ de Cérécèda pt de Polanès. ,
La Rioja est une langue déterre de lo licites de long du nord au sud , et de 7 de large, de Test à l'ouest , qui est située aux confins de PAlava, confine au nord avec cette même province, et à l'est , au sud et à l'ouest.avec la Vieille-Castille , tandis qu'elle est séparée de la Navarre par l'Èbre. Au sud , ell(^ est couverte de grandes montagnes qui l'abritent presque entièrement des ventis trop chauds ; les principales se nomment de CéboUèrUy de San^Lo-^ renzo et d'Oca; elle est constituée par, des
E laines, extrêmement fertiles, et se divise en aute et en basse par la rivière d'Eirégua , qui la traverse.
3o6 ITINÉRAIRE DE l'eSPAGNE.
La ViEiLLE-GiSTiiiLE , dont Biirgôis est la capitale, est un pays fort élevé, iîiême à partir des côtes. De hautes mohtàgneis le bornent du tiôrd-est au sud-ouest en le séparant de la Gastîlle-Nouvelle ; la chaîne PytéiMque en traverse la partie septentrionale en-delà de l'Èbre, qui y prend sa source ^Ur les confins des Asturies et de Léon , tandiis que le.Duérô, qui le coupe vers le milieu enlevant au èouchadt, naît de ses principaux sonunets , qui sôtit ceux de Ôca.
Ses monts principaux sont ceux i* de MolinUy dont il ^era fait mention dans le <îhapitre delaCastîlle-Ntîuvelle; 2° de Santander, connus aussi sous le nom de Montagnes de Burgos^ qui s'ëtêndeht parallèlemeiit au golfe de Gascogne , en sortant des Provinces -Vascongades; 3** Ae Rejnosay qui se dirigent du nord au sud-eét, et qu*on distingue de Burgos : 4*" àt la Sierra âAtiènza , à la pointe du sud-est de la Vieille-Castille , tju'elle remplit preiqtt'en entier, aux confins de l'Aragon à Test, et de la Gastîlle-Nouvelle au sud; 5* de la Sierra de Piquera , pï'esqu'aù centre du pays , mais Un peu vers Test : elle \a rejoindre ^ à Test , l^a Sierra dTTrbion , dont elle pàï*ait être une dépendance ; 6*^de la Sierra deCogoUos, qui se ramifie aVec celle delà Kioja; '7** de la Sierra dUrbion, à l'est, qui s'étend dans la
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partie méridionale deTAlaya et jusqu'aux confins de la NaTai;re et de l'Aragon ; 8" de la Sierra dÔca enfin, qui est la plus haute de toutes, con- ^rvaut dé la oeige durant neuf à dix mois, et quelquefois toute l'année : on peut la considérer comme la charpente centrale de la région 0Ù elle s'élèye fièrement ;.les Romains l'appelaient MonS'Idubeda ; elle fait partie du sys^ tème Ibérique.
Les Tallées sont tq^multipliées aux pieds ^e ces montagnes ; il a déjà été parlé de celles deliébana. Parmi les autres, il suffira de £ûre connaître celles de Paz et de Mena, La . yallée de Paz , située dans les montagnes de Santander, a cipq lieues d'étendue ; elle contient trois villes , ,et est arrosée par la rivière du même nom. Ses habitatis, connus ^ous le nom de Paziegos, se livrent particulièrement au métier de colporteur ; ils se répandent dans une grande partie de l'Espagne, et y débitent toute sorte de marchandises. La vallée de Mena , dans le Baston de Larédo , territoire de la province de Burgos , est située à cinq lieues de la mer|^ elle a quatre lieues de long et trois de large, est arrosée par quatre rivières et par plusieurs^ ruisseaux , et contient soixante-sept villages ; elle est sous-divisée en quatre vallées subalternes : celles dé* Mena , d'Orduate , d'Âyéda et d'Ângulo. Ses habitans
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se croient descendus des anciens Cantabres; ils s'occupent principalement de l'agriculture <
La Vieille-CastiUe est arrosée par beaucoup de rivières : le Xalon , le Monubles , le Duéro , le Carion, la Termes ^ TÈbre , rAlhama, TArévadillo , Plrégua ou Eiregua , le Tiron , le Pizuerga , TArlanzon ^ l'Arlanza , le Henarez , etc.
Les villes principales sont Burgos , archevê^ ché , qui en est la capitfele ; Santander^ Osma ^ Siguenza , Avila , Valladolid , Ségovie , Calahprra , Soria , villes épiscopales ; Logrùno , Santo-Domingoi de la Calzada; ces dernières sont dans la Rioja.
Elle ne contient qu'un archevêché , Burgos ; 8 évêchésj ceux de Santander, d'Osma, de Siguenza , d' Avila , de Valladolid , de Ségovie, de Soria et de Calahorra ; 9 chapitres de cathédrale: un dans chacune deâ huit villes précédentes , et un aiiitre à Santo-Domîngo de la Calzada , qui fut autrefois ville épiscopale ; 25 chapitres de collégiale, 3 commanderies des ordres militaires, 4^555 paroisses, 894 maisons religieuses , un gr^pd gouvernement militaire, un capitaine gén^éral, 6 gouvernemens militaires particuliers , 6 intendans de province , une chancellerie royale et 3 universités, . La province qui nous occupe fut le berceau
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delà monarchie castillane , qui s'étendit dans la suite sur toutes les parties de FEsjpagne» Des juges y furent établis par les peuples pour les gouverner, au commencement du x' siècle. Bientôt ces mêmes peuples se choisirejat un souVe* rain en la personne de Fernand Gonzalez', leur juge , qu'ils proclamèrent leur comte. Sanche I", de la -maison française de Navarre , devenu comte de Gastille par son mariage avec Nuna Mayor, arrière-petite-fille du premier comte Fernand Gonzalez, fut proclamé , en 1028, le premier roi de Gastille. Ses descendans se succédèrent aux royaumes de Léon , d' Aragon, de Valence et à la principauté de Catalogne. Us s^emparèrent de la Biscaye et d'une portion du royaume de Navarre , prii^ent , snrles Maures, les royaumes de Tolède, de Mufcie, de Jaen, de Côrdoue, de Séville, de Grenade , et réunirent ainsi sous leur domination toutes les parties isolées de la monarchie espagnole. U ne leur inanqua que le Portugal ; mais Alfonse i", roi de Gastille et de Léon , le dernier des rois de la maison française de Navarre , avait cédé , ^n lo^a , cette province de ses États à Thérèse sa fille , en la mariant avec Henri , bâtard du sang royal de France , de la maison de BoiM:*gogne , dont le frère Raimond venait d'épouser dona Urraca ,
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fille aînée d'Alfonse et héritière de ses États.
Les Comtek , et ensuite les rois de G^stille , avaient établi le siège de letit cotir (f abord à Burgos , puis à Valladolid. Ils aTaient déjà réuni plusieurs États à leur couronne, et avaient même fini par y comprendre l'unitersàlité de la monarchie espagnole, saris discontinuer de résideir dans la Vieille?Càstille. Les derniers roiS de la maison française de Bourgogne, dont la dynastie finit en iB55^ .^ la mort dé la reine Jeanne , partagèrent quelquefois leur séjour entre les anciennes capitales et Tolède qui faisait partie vde la Castille-Nouvelle. Charles i*', plus connu sous le nom de Charles-Quint, qui avait commencé à régner pehdant la vie de la reînè Jeanne sa mère ^ ^rit un goût particulier pôjar Madrid ; il y transféra le siège de sa cour : dès ce moment, la Vieille-Castillè ne vit presque plus ses rois;
La Montagne. Sur les côtes de la me^ de fiiscaye , entre les Asturies ^ la Vieille-Castilkî liropretnent dite et la Biscaye , se trouve la provittfce qu'on nomme la Montana de Sàn^ tander où de Burgos , ou plus généralement la Montana, c'est-à-dirè la Montagne. La ville de Santander en eSt le éhef-lieu ; c'est un port situé à l'orient de Santillane , dans unepénin^ suie, à 20 lieues ouest dé Bilbaô , èl 35 nord-
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Client 00 Bi^rgos; son évéché , éri^ en 1754 ^ est suffr^gant de 1^ mé|?opo)e de cette àermèreTiUe. •
Pour se rendre de BiUbao à Santander^ par le «chemûi \^ plus direct, il &ut , penc^aut quinze grandes lieues ^ cçurir de grands dangers dans des^ routes q^'on pourrait dir^ impraticables , et où aucune e^èce de y<xitur^ nç p#ut passer. Un tel Toys^e ïie s'entreprend qu'^ pied ou à chevaL
Cette cpntrée faisait partie du pays que les Romains eurent, tant de peine à souinettre , et qui résista e.nsuite aux effprts d^ l\Iaures. EUe joivssait autrefois des privilèges et franchises que la Biscaye conserve encore en partie ; inais ^Ue préféra les inéme^ lois qui régissent le reste de l'Espagne. I^es côtes de la province de Santander sont comprises dans ce qu'on appelle la Cote de Cantine, qui s'étend depuis le château et le cap Qrtegal , en Galice , jusqu'au fond du gplfe de Biscaye ou de Gascogne. Elle offre quelques ports très-utiles pqur les débouchés du commerce, tels que ceu!x de Saint^Vincept de la fiarquèr^ ^ S^int-Martin de la Âréna , au nprdrnuest-) et Castro-ljrdiales , à l'est de Santaader. Mais le port de Santona ^ à l'est aussi , pourrait en former un des plus iniportans , p% préférable sans dOute an port du Passage, près Sain&fSébastÛ3n en Guipuzqpa.
3ll ITINÉRAIRE D£ l'eS^A^NE.
Santoôa peut même paraître propre à la formation d'un établissement pour la marine royale. L'entrée de 'son port est facile et assez étendue pour y louvoyer, ce qui donnerait aux navires battus par la tempête la certitude d'y < arriver sans crainte d'être afialés a la côte.' Le bassin , assez profond pour recevoir les vaisseaux du premier rang , offre , dès son entrée , le grand avantage qu'ils peuvent y jeter l'ancre s^r un bon mouillage nommé £^6/ Frdjrle^, s'abritant ainsi contre les bourrasques du nordouest, fort dangereuses çt très-ordinaires sur ces parûgeç dans l'àrrière-saison, II est reconnu que son avantage sur le port du* Passage consiste dans sa position plus couverte à l'ôuèst, la facilité de l'entrée, la bonté de ses mouillages et sa sûreté en général.
Cependant lé port de Santona est resté encore plus inconnu que son misérable village, auquel n'aboutit aucun grand chemin ; et sur ce beau bassin , qui semble formé pour recevoir les richesses des deux Indes , on n'aperç(Mt que quelques barques de pêèheurs.
Le {)ort de Santander profite de l'abandon oi!t se trouve Santona; il attire à lui tout le commerce que ce dernier aurait pu partager. Mais , il faut le dire , le port de Santander est bon , vaste , abrité ^ d'un accès. facile , même dans les gros temps, pour les navires mar-
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cbands de toute grandeur ^ qui y trouvent un bon mouillage , même à marée basse ; quant aux fi^égates de 4^ canons , elles doivent at^ tendre le flux pour passer la barre. Le mouillage est près de la ville, et les bâtimens qui veulfBnt pénétrer dans la Darse intérieure s'amarrent à un quai d'une grande beauté, de 3o pieds de large, qui les sépare des maga* sins. Ceci est d'un prédeux avantage pour la promptitude et l'économie du transport des baUots , la surveillance sur les employés et la certitude d'embarquer à^^ sec les marchandises qui peuvent souffrir de l'humidité.
Santauder est une dès premières places du commence d'Espagne, parce que. son port est au nombre^e ceux nomonés t^Uitados, c'est>Àdire autorisés à faire toute espèce de trafic avec les Amériques : ce qui lui donne un avantage réel sur les ports de Bilbao et de Saint-Sébastien. L'un et l'autre, n'étanit poitkt aàil^a^ dos y sont obligés de &ire. relâcher à Sàutander les navires qu'ils expédient dans PAmérique espagnole, afin qu'on y enregisti*e leura ch^rgemens , sous le nom et la consignation d'un des quarante^leux négocians inseiits suit la ma* trieuse du cononnèrce de cette plàoe;,ét il. en est^de même au retour; Ces négocians se contentent d^un intérêt médiocre, ^'ijbs reçoivent, en échange , du prête^nom doutais couvr^Hft If s
3l4 ITINÉRAIRE DE L^Ba^itONE.
spécnlatioiis que font ^ par ce moyen ^ lea né* gociaiBS de }st Bîscaje ^ de GiûpuacoA , mm <|ue }es Français < et les Anglaia établis dan^ San<^ tander, au nombre d'environ dix-4%nit comp-toirs non matricules. Les hàbitans de Sant^m-* der, indolens ou peu ambitieux, laissent aui^ étrangers la jouissance des ayàntages dfi. If^w situation et de leur privilège; cependant ^pl US patriotes que dans les antres places de l'Es-pagne, ils prennent moins les c^jets d'aipw** tation dans les manufactures élarangèr^ r ^ leurs spéculations en sont plus lucratihr^i imà^y comme les fabriques espagnoles ae suffîstot point à la consommaticm de rAmérique^iXs ont recours à des articles étrangers j avec ceUe JÂs^ tinction que ces articles^ne sèment qu'k compléter le chargement des navires qu'Us ei^édie^t* Le commerce de Santander est aussi eonsi^ dérable avec les colonies espagnoles qu'avec le nord de "l'Europe : ce qui provient naturelle** ment de sa position , qui le fait profiter de la franchise du port de Bilbao , et de sa proû* mité du port de Bayonne, qui lui facilite l'é^ eoulement des denrée$ coloniales , au moyen d'un cabotage très-actif avec cette place. De grands cbémins-avec rintéricur de l'Espagne £icilitent l'approvisionnement des grains, hiii'» les et vins dont <^tte petite province a.besoîo, et qui lui sont fournis par la Vieille*€abtUle#
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La oommunicati^ti avec les prcmaees de la Rioja 5 d'Aragon et de Navarre , est nouyelle^ ment établie ; mais il manque encore deux chemins nécessaires pour augmenter la prospérité de Santander : Ttin , eb suivant la côte de Test et arri^nt à Bilbao; l'autre , en Ion* géant la eôte de l'ouest débouchant avec les AsturfM et la Galice; car^ dans le commerce, comme en toute autre ^cfaose^ la promptitude et la sûreté de l'etpédition sont du plus grand avantage. Les colons spéculateurs envoient pài' avancé leUrs denrées ; et , pendant qu'elles s'écotll^it dans les Castilles et chez l'étranger, leurs correspondans de Bilbao et de Santander commandent les cbargemens en retour : cent*ci arrivent avec lenteur ^ ainsi que les objets qu'ils^sont obligés de tirer directement des fabriques étt*angères ; et tous ces retards nç peu* vent qu'être titiisâ>les à l'intérêt des tolons;
Les laines dites teonésas et sorianas sont embarquées au port de Santander; les négo« ciahs exploiteraient seuls cette branche de cdtnmerce , s'ils savaient profiter des avanta*** ges de localité qu'ils ont sur l^bao ; et ils s^eh empareraient bientôt^ Un autre avani^ge est le rabais d'un quart pour cent que Ton fait aux douanes dé Bùrgos , sur les laines qui sont dbjgées sur ce port ; et cette diminution prûtiVe que le gouvertteiùent a voulu enooura-^
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ger les exportations par Saûtander , qui jouit aussi du privilège d'une remise de deux et d^ni pour cent sur l'argent monnayé ou en barre qui arrive de TAmérique y* tandis qu'il paie le double dans les autres ports. <iu royaume. ' * .
. H se fait , par Santander^ des envois de farine fine et de seconde mouture. On estime à 42 mille barrils ce qui fcn sort , soit pour l'Amérique, soit pour rEurope, A quatre lieues de cette ville, dans celle de Torrelave^a, le duc ' de rinfantado a établi une filature cur rieuse par sa mécanique ^ et autres machines qUj'on y emploie pour carder ,. filer ,, blanchir et mettre en oeuvre le coton ; on y fabrique des mousselines et autres étoiTes qui approchent de la perfection qu'on attribue aux cotonnades d'Aàâleterre.
La villa de Sant^nder est bâtiie sur une éminence, et son port est défendu par deux forts ou châteaux. Elle a plusieurs églises, entre autres ^a collégiale , un jcouvent de franciscains et un de religieuses de Sainte-Claire. Son terroir produit d'excellens vins ; sa population est 4'enTiron 10,000 habitans ; elle possède plusieurs fabriques qui concourent à leur prospérité- On y troijive trois brasseries : une d'elles fournit plus de 200,000 bouteilles de bière pour la consommation d^s colonies espagnoles
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OÙ Ton fait un grand usage de cette boisson j deux raffineries {Sourie, sucre; une fabrique de câbles renommés par leur qualité : on en tra* vaille de i5o brasses; plusieurs tanneries; des fabriques de liqueurs; une de chandelles , qui en fournit jusqu'à i,ooo quintaux par année ; Tirigt-cinq forges , cinq martinets qui travaillent annuellement 26,000 quintaux macho de fer ; des fonderies royales pour les ancres , canons , bombes et boulets. Cette ville «st la résidence des consuls étrangers auxquels doivent avoir recours les individus des diverses nations qui so^t dans les ports de Biscaye: car un des privilèges de la province biscaïenne est de n'admettre dans ses villes et dans ses ports la résidence d'aucun agent politique ni commercial. Il y a à Santander un tribunal consulaire; pour lès affaires qui ont quelque rapport au négoce : il est composé d'un président , de deux consuls et de douze assesseurs qui jugent suivant les lois en usage à Bilbao. Les habitans de la province càntabrique de Santander sont en général doux, obligeans et ^fort sociables. Comme les Biscaïens, ils ont tous la prérogative d'être réputés nobles. L'agriculture n'ofïte pas de grandes ressources ; on cultive dans ce canton le maïs , et on engraisse une assez grande quantité de bestiaux dans les excellens pâturages que fournissent les vallées
ITINÉRAIRE BE h'MS^AGHE.
et les moDiagùes. On y trouye quelques mines de fer aus^Â bon que eelùi de Bi^c^ye. h^ fer qui ne se traTdJI'e pas dans le pays est «n¥oyé brut dans les colonies.
Pour faire juger plus iactlement et ayoc détail les objets comà^erciaux qui seryjEH^t au négoce de la Tille de Santander, on joiut ici une notion des bâtimens entrés ou sortis de son port pendant l'année i8o3 , avec les divers articles die leurs «hargemetis.
Navires qui sont sortis en 1808 du port de Santander.