QUANTITÉS
PourlaflayaiMf.
a trois> mâts.
I iHÎek. <
IV)ar la Vcrâ^Gni».
4 troîs-roAts.
i4 bricks.
î Po«r \c Mc»te*Vid€0.
la-troîs-mârs.
5 bticks.
CHAROEMENT.
^ 5,470 quintaux de fer.
Q^dop boutcHIes de biVe.
0,000 volumes, d'ouvrages îinprîni<^s.
547,000 livres d'acier.
3,S4o bouteilles de différentes liqueurs ou boissons, et autres articles 4es denrées espagnoles.
a8y85o quintaux de fer.
3^)36 ij[uiRtanx d'aciar.
35,000 bouteilles de bière, a, 53a rames de papier. '
Des baîl«s,reanx«de>vîe, savons, cidre, dîrogucs médicinales, cannellei quîncaîlierieset bîjonteriçs.
8,5oo quintaux de fer.
171 quintaux d'acîer.
: I a , 7 00 bouteilles de bière. ^ 3,400 rames de papier. a^QOo volume^ d'ouvrages imprimés* ^7,092 livres de sucre raffine.
Des chapeaux , soieries , etc.
VrEILt,EfCASTJLL£.
tJUANTITES.
CHARGEMBICT.
Poor la Gaayn.
3 Irok-'inàls.
4 brîeks.
1 goélette.
1,800 qnîntam de fer. *
i36 ^întaox d*acier.
3|i3^ bouteilles de bîère.
3 caisses de livres imprimas.
Plus y des blondes y des nankins, 16 caisses de cannelle et ■ , m^dicamens , des farines , des chapeaux, de la quincaillerie et de. la bijouterie.
Navires qui sont entrés à Santander en 1 8o3 > apportant des denrées coloniales.
qvhTsmrûs. chargemeitt. •
3oo,ooo doros en effectif, ou i,5oo,ooo
Venant de la Havane.
7 trois-Hni&ts.
' 13 brick^.
1 goélette.
De la Vera-Cruz.
3 frégates.
I brick.
I goélette.
De la Guayra.
3 bricks.
I goélette.
I cachemarin.
De Monte-Video.
1 trois-màts.
1 bricks..
L goélette.
1 polacrc»
fr.
78,153 arobas de sucre.
1 1 ,5oo caisses de sucre, i^ooo arobas cocbeiûlle.
10a arobas indigo. - 466 quintaux de café.
340 quintaux de coton.
3,100 planches bois de campèche.
'3,000 livres ^de cigares et de tabac. < 1,600,000 duTos «ionn. ou 8,oo«>,ooa fr. 45a .quintaux deboisde campèche.
400 hvres pesant de cacao.
a,ooo cuirs.
. *u 000 livres pesant de poivre.
À,ooo Hvres de .salsepareille et dro-
i^^^ooo livres 'de vanille.
aoa mares 'd'argent en lingots.
4^000 livres d*indigo.
a,5oo livres de café.
600 quintaux de coton.
^6,5oo lanègues de cacao.
I,3a6 cuirs.
i3o quintaux de cuivre.
' 4^000 duros monnaie , ou ao,ooo fr.
f,7oo quintaux de éafé.
3,56o cuîrs.
ii3 quintaux de cuivre.
3oo quintaux de suif, a 5, 000 cornes pour fabriques de peîgnes.
10 poids de pelleteries.
ITINÉRAIRE DE t'sSPAGNE.
QUAHTITÉS.
De Carthaffène.
3 bricks.
De BoftoDj Et^ts-Unîs. f I troU-mits. I
De Porlo-CabcHo.
a bricks. >
CHABGEMEirT.
3yOQO duros monnaie , ou lo^ooo fr.
4S0 arobas de sacre. .
3^700 quintaux de coton.
1,903 quintaux de bois de brësil* 13 quintaaz de cacao.
4oo ciiîrs^
563 caisses de sucre.
64 quintaux de coton.
864 quintaux de morue.
i,aoo arobas d'iadîgoC
160 quintaux de café.
3^5 sacs de coton (le sac ia5 liv.
pesant. ) 3,860 (anègues de cacao.
640 cuirs.
iSo -quintaux de cuivre.
Autres navires entrés dans le port de Santander avec les productions de leur pays pendant 1^ année i8o3.
Un hollandais , 7 prussiens , 62 français , i^ caboteurs espagnols, 2 danois, 12 anglais, 2 suédois, 6 ham-
* bourgeois, 10 américains, non compris le trois-mâts Tenu de Boston , et dont on a parlé 5 ceux-ci donnent le total de 1 16 bâtimens marchands.
Navires sortis de Santander en i8o3 pour les ports
• d'Europe, et chargés des produits de ^Espagne et des denrées de ses colonies,
sacs.
Hollandais. ..... 6 pour Amsterdam. 387
Prussiens. ..... 12 pourBri^ol 2,741
'F^'^^Ç^*^- •. *^{ four Saint-Valéry! :;:*.; ^
Espagnols. 21 pour le Havre de Grâce. . . 617
Anglais 16 pour Chester i>997
Hambourgeois. ... 5 pour Londres 000
Suédois I ^pour Rouen . i,Do5
Lubeckois i pour Southampton '. Sog
Total : navires. . . 78 emportant.. . . . 12,371
qui font 35,902 quintaux.
VIBI|.I.E*GASTILLE. . 3^1^
L6 9u)rplus du chai'gémeqt de ces naiures étaifk composé d'indigo , de siicre y de café , de cocheûiUe^ bois de campêche et de Brésil > cuir et coton,
yéjjercu de l'argeM provenant des droiu ^ douane de Santander, qui est entré dans te trésor rqyàl pendant l'année i8o3.
Nota. Il faudra observer que les denrées qui éë consomment dans la partie de k Vieille-CàstîDe dont il vient d'être question , soùt sujettes à des droits moindres que ceux qui se trouvent généralement établis dans le reste du royaume. Les objets qui sortent de la province paient un tiers de moins que ceux qui y restent; et l'argent pour la consolidation des billets royaux paie un tiers de moins que celui . qui interne.
. rëaux. ta. fraAcs. c.
Droits de renies générales. . . 12,120,1 85 » 5,o5o^o6o 20 Pour rhypothëque des valès. . 4,012,610 12 1,003,167 5o Pour les denrées qui passent
dans Fintérieur 259,456 17 ^9,864 10 *
Pour les droits à'Alavada de
Pescado (vente du poisson). 35,598 lo • 8,869 25
Total 16,407,648 19 4,101,1960 95
D'acnés les états du tribunal consulaire de Santander, il i5st prouvé «que, dans cette année i8o3, la douane a retiré 5,ooo,ooo de réaux de veillon, ou 760,000 francs seulement du drçit de un pour cent sur les objets entrés ou sortis 5 et, en ajoutant à cette somme celle qui provenait d'autres droits, on I. 21
322 ITINÉRAIRE DE l'esPAGNE.
peut estimer que, dans le cours de ï8o3 , il est entré dans ce port pour plus de 3o,ooo,ooo de piastres ( 6 millions de fr. ) , quoique, les Mtimens chargés d'argent et nommés galions , venant de la Vera-Cruz, Lima et Monté- Vidéo , eussent été détenus pendant la guerre qui finit en 1802, et envoyés à Cadiz jà la paix.
Itinéraire depuis les frontières d^ la Navarre , au-des^ sous de Y aliierra , Jusqu'à celles de la Nouvelle -Castille sur le mont Atienza , 28 lieues '/a *•
lîeues.
frontières de la Navarre entre Valtierra et
Agréda.
Agréda , ville , 2
Hinojosa del Campo, village, 4
Almarail , ' ^ 3
Almazan , petite ville , 3
Coberlolada , village , 2
Parèdes , village , ' 3 '/a
Barahona, village, 3 Atienza, montagnes, limites de deux Castilles, 3
TOTAI, 23 V,
Les liniites de la Navarre et de la Vieille- Castille sont sur les montagnes, à deux lieues au-delà de Valtierra. Après les avoiiifranchies , on arrive, dans deux hftires , à Agreda , la première ville de Fa Vieille-Castille.
' Route de Pampelune a Madrid. ( Voyez la Carte générale. )
YIËILLE^CASTILLE. 323
Agreda est une petite ville mal bâtie, quoique ceinte d'une assez bonne muraille ; on prétend qu'elle est construite sur les ruines de l'andenne Grâce uris. Située aux confins de l'Aragon, sur le penchant et au pied du mont Cayo , elle est le chef-lieu d'un corrégidorât ; elle a un corrégidor pour l'administration de la justice, une église paroissiale et un couvent de religieuses , dont une abbesse, sous le nom de Marie d' Agréda , hioï-te en 1675^ fut fameuse ^^ar sa mysticité. On conserve, dans son couvent , le manuscrit des oeuvres de cette religieuse ;. on le montrait autrefois aux dévots , aux curieux , aux voyageurs , par un trou de la grille du choeur. On lé présenta, en 1715, au roi Philippe v, pour le lui faire baiser ; ce monarque eut cette complaisance ; cependant ces ouvrages ont été flétris par laSorbonne, en 1697, vingt-deux ans après la mort de Mari^ d'Agréda.
Au sortir d'Agréda, on descend par uii terrain calcaire mpntueux , composé de roches ; on arrive à une plaine sablonneuse , terminée par un vaste coteau , couvert de grands chênes. On descend ; on entre dans une autre plaine , où est le village de Hinojosadel Campo, après lequel on traverse un bois de chênes.
Deux autres plaines 3e siiccèdent. La première , qui commence après le tois de chênes
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324 ITINÉRAIRE DE l'eSPAGNE.
qu'on vient de parcourir, est d'abord inégale , ensuite unie ; elle est cultivée ^ mais sans ai> bres : on y trouve la petite ville d'Atmarail. La seconde suit de près ; elle est plus grande , plus belle j plus fertile, semée 4' orge et de blé ; elle conduit à AJmazan , petite ville ^située sur les bords du Duéro , et qui possède un alcade mayor.
Au sortir dé ce lieu, on monte une petite côte pierreuse et sablonneuse , du haut de laquelle oa découvre une vaste étendue de collines basses I, qui , vues de loin ^ paraissent for* mer un terrain uni et présentent l'image d'une plaine ^ elles sont toutes incultes ; on les parcourt ^ et on entre dans un vallon où l'on, trouve le village de Coberlolada. Trois heures et demie après , on arrive à Parèdes ,. village situé dans une vallée profonde. Une grande plaine inégale et inculte lui succède ; elle conduit k Barahona , village situé près d'une colline^ qui ar une forme presque pyramidale» On parcourt ensuite plusieurs collines incultes; on arrive au pied de la montagne d'Atienza , qui Êiit la séparation des deux Cast^Ues; on monte, on suit cette montagne pendant trois heui^es ; on la trouve couverte presque partout de chênes verts et de cistes à feuille^^ de peupliers ; on entre ici dans la Nauvelle-Castille.
VJEILI.E-GASTILLE. 325
Itinéraire depuis les frontières de l'Alava jusque Bub- Gos , h V4LLADOWD , et auoù frontières de la Nouvelle- Castille par le port de Guadarama , 61 lieues \.
lieaes.
Limites de l'Alava.
MlRAIlDA DE EbRO , cite' , *» Va
Amayago , village près duquel s'embranche le chemin royal de Bilbao , 2
Pancorvo , ville, ' » '/^
Santa-Maria delCubo, village^ 1
El Cubo , village , > a V,
Bribiesca , ville , )
Monasterio , village , 1 V»
Quifitana , village ,
BuRGOs , cité ,
Quintanella Vieja , village ,
Bunîel , village ,
Estepar , village ,
Gélada , village ,
Villazopeque , village ^
yilladrigo , village ,
Venta del Moral ,
Quintana de la Puente , petite ville ,
La Pizuerga , rivière et pont ,
Torrequemada , ville ,
Magaz , village, ^
Duënas , ville , )
Gabezon , village , 4.
Valladolid , cité ,
A reporter, ' 3i
' Route de Bayonne a Burgos, à Valladolid ct> Madrid. ( P'ojr, tome i, la Carte générale.)
326 ITINÉRAIRE DE l'eSP^GNE.
Report , 3 1
Puente dé Dnéro , village , a
Le Duéro , rivière et pont , * »
Valdestillas , village , a
L'Adaja , petite rivière et pqm , »
Hornillas , village , , i
Olmédo , ville , 3
Alménara , village ,
Montejo , village ,
Bapaniego , village ,
Montuenga , village ,
Martin-^Munoz , village ,
Adanero , village ,
Sanchidrian , village ,
Labajos , village ,
L'Almarza , rivière et pont ,
Villacastin , ville ,
Espinar, village , 4
Las Navas de San- Antonio , village, i
Venta de Guadarrama , i
Puerto de Guadarrama ( col ) , '3
Total, 6i
On entre dans la Vieille-Castille après avoir parcouru la vallée dilatée en manière de plaine qu'on trouve après Vittoria , ville capitale de l'Alavâ ; on trouve non loin de l'Èbre une petite ^pyramide qui indique les frontières des deux provinces ; et bientôt on arrive à Miranda , qui est à cinq lieues de Vittoria
Mirànda de Èbro est une petite ville située sur rÈbre, comme l'indique son nom; elle
VIBILLE-GASTILLE. 827
a un alcade mayor ^ un beau pont de huit archjes , sur lequel on tt-a verse ce fleuve , et une gralide place ornée de fontaines. Elle est très-voisine de montagnes , sur une desquelles on aperçoit les restes d'un x^hâteau et de plusieurs tours qui en défendaient les approche» ; une fontaine sort du rocher sur lequel ce château est construit; elle est si abondante que^ dès sa source . elle fait tourner des moulins. Cette ville fut érigée en comté ^ dans le xiv* siècle , par le roi Henri ii , en faveur de Diego Lopez de Zuniga. z
En sortant de Miranda de Èbro , on aper* çoit sur-le-champ un rideau de montagnes vers lequel le voyageur se dirige sans deviner par où il pourra le traverser. On distingue audessus^ sur la gauche, mais bien plus loin, la Sierra de Oca , qui n'a aucun rapport avec les Pyrénées, quoiqu'on en ait dit avant les publications de M. le colonel Bory de Saint- Vincent.
Après une lieue environ parcourue sur un sol uni , après avoir laissé sur la droite la route royale de Bilbaa, et près du village d'Amagayo , on se trouve exactement au pied du mur ; c'est alors qu'on découvre avec sur-iprise la gorge par laquelle on parviendra à la petite ville de Pancorvo , sans monter ni descendre , mais à ti^avers une coupure pratiquée
328 ITINÉRAIKE DE X'SSPAGNE.
dans hi chaîne qu^on était tenté de croire intransitable. Cette coupure ou défilé ^ véritable merveille, est forniée par deux très -hautes montagnes, dont les cimes sç recourbent et se rapprochent, comme tendant à se réunir Tune à l'autre ; elles ne laissent entre elles qu'un espace d'environ douze pas de largeur sur près d*un demi-quart de lieue de longueur. Des rochers d'une masse énorme s'aperçoivent audessus de la tête du voyageur, conmie près de se détacher ; et ce passage est un des lieux les plus sauvages que l'on puisse voir : il porte le nom de Garganta de /Wcori^, c'est-à-dire. Gosier de Pancorvo% et forme de, véritables thermopyles*
Au sortir de ce, défilé redoutable, dont la sortie est commandiée par un fortin que réparèrent les Français dans la guerre de 1 808 à l8i3, la plaine recommence dès la ville de Pâncorvo. On y voyage jusqu'aux tristes villages del Cubo et de Santa Maria del Cubo. Après environ quàire lieues , on entre dans le canton de Buréna^ pays charmant, arrosé et fertilisé par plusieurs ruisseaux et par quelques petites rivières , entre autres par celle d^Occa , qui se jette dans l'Elire quelc|ues lieues plus bas. Ici se retrouvent de petites montagnes qui descendent de la Sierra de Oca ; et le système Ibérique commence. Le pays €»t couvert d'or-
VJEII^LE-CASTILLE. 32<)
meaux^ (le noyers , dé plusieurs autres arbres , embelli par une suite nombreuse de vergers et de vignoblesC, rempli de villages , dont les habitans sont actifs et bons agriculteurs. On traverse une partie de ce canton, dont Briviesca, où Ton arrive, est le chefJieii; c'est une petite ville qui n'est remarquable que par . les cortes ou états-gëpéraux , que le roi Jean V y tint vers Tan i388 : lé titre de prince des Asturies fut affecté à perpétuité au fils aîné du roi de Castille et héritier présomptif de sa cour<>nne , par délibération de cette assemblée. £lle est entourée de mui^ , et a quatre portes qui se correspondent.
Dan3 une vallée voisine d^ cette ville, on trouve deux lacs profonds , en forn^e de puits , d'environ cinquante pas de circonférence, dont les eaux ^ qui sont froides , sont regardées comme minérales ; on les appelle indifféremment y^en^^ 4e Boecio y logos de Sân^yi'cente , lagos de Santa^Casilda ) les geùs du pays les distinguent plus particulièrement par les noms de pozo bkuicà et de pozo negro.
En sortant de Briviesca, on parcourt une vallée assez peuplée et fertile en grains ; on arrive au pied d'une longue montée; on côtoie en y gravissant un beau vallon dWe lieue de longueur, qui. est cultivé en blé; il est arrosé par un ruisseau , dont les bords sont plan-
33o ITINÉI^IRB DE l'ESPAGNE.
tés^ de saules et de peupliers. En montant ton* jours ^ on passe à Moriasterio , village renommé par la bonté de ses fromages. Lorsqu'on croit être parvenu sur un grand sommet de montagne , on se trouve sur un vaste plateau trèsuni , d'où les eaux coulent d'un côté dans l'Océan par le fleuve de Duéro , et de l'autre dans la Méditerranée par l'Èbre. Le mont de Oca se prononce alors fièrement au loin sur la gauche, et Burgos, quoique encore éloigné , se distingue parfaitement.
Sur cette vaste plaine , couverte de chênes verts et de cistes , on est embaumé par l'odeur résineuse de ces arbrisseaux. La ville de Burgos se développe à mesure qu'on s'en approche 5 on y arrive après environ six lieues de marche depuis Bribiesca.
BuRGos , capitale de la Vieillé-Castille , est une ville ancienne , que quelques-uns prétendent être le Brahum ou Bravum de Ptoloraée ; quelques autres ne font remonter sa fondation qu'au IX* ou au x* siècle :jls croient qu'elle fut bâtie sur les ruines d'une autre ville appelée Aura. Les comtes , et ensuite les rois de Castille, y firent d'abord leur résidence. Elle cessa d'être le séjout des rois sous Charles-Quint , qui transporta sa résidence à Madrid : ce fut là la première époque de la décadence de cette cité. Elle prétend cependant toujours au pre-
yiElXLE-eASTII^tE. 33l
mîer rang parmi les villes des deux Castilles ; Tolède le lui dispute ; la contestation n'a pas été décidée : elle ne le sera vraisemblablement jamais. En attendant^ ces deux villes paraissent jouir d-une égalité parfaite dans le rang qu'elles occupent.
Quelques historiens espagnols , voulant remonter à Porigine de Burgos , prétendent que sur l'emplacement de cette ville ou aux environs , il y avait anciennement une autre ville ; Marineus-Tarrafia et Veneren citent même le nom, qui est, selon eux, Mos^Burgos. Ptolémée ni aucun autre géographe ancien n'en font mention. Louis Nuûes et Florian de Ôcarapo l'appellent Augusto^ Brigas ; mais des deux Augusto-Brigas , dont nous parlons dans cet itinéraire, l'une était située entre .Mérida et Tolède , et l'autre entre Numance et Tarragonne.
Toutes ces assertions ne reposent donc sur aucun fondement , et l'on peut soutenir que Burgos n'existait point au temps dés Romains; d'abord, jparce que l'on ne trouve aucune antiquité, aucun monurpent qui,le prouvent, et parce que l'emplacement de la ville actuelle se trouvait entièrement isolé et éloigné de la route militaire.
On ne peut reculer, l'époque de la fondation de Burgos au-delà du temps où le roi don Al-
phôose I" commença à peupler une partie de la vallée étroite qui se prolonge depuis la descente des montagnes d'Occa jusqu'à la ville de Tardasos. Ce territoire , connu anciennement sous le nom de Barduiie^ prit peu à peu celui de CastUle, dénomination qui lui est restée jusqu'à'ce jour. . •
Les colons appelés par ce prince pour défricher une terre qui', étant arrosée par les rivières d^Arlanza et d'Ârlan2on , paraissait très-propre à l'agriculture , bâtirent plusieurs hameaux /et la partagèrent, à ce qu'il paraît, en six petites bourgades, dont on réconnaît encore les traces aux ermitages de l'église de Sainte- Croix, de Saint -Jean -Baptiste et de Sainte-Colonne.
Tous ces bourgs offrirent aux Arabes un passage libre pour faire des excursions sur le territoire de Léon.
Le pays resta dans cet état jusqu'au règne d'Alphonse III. Ce prince, ayant trouvé une hauteur qui dominait toute la campagne et pouvait la mettre à l'abri des inculpions ennemies , ordonna au gouverneur dou Diègue Persellos d'y construire un château fort , et de réunir en une seule ville les six bourgades : on donna à ce lieu le nom de Burgos , parce qu*il fut construit entre des églises et de petits bourgs. Lorsque dans là suite les princes chré-
VIEILLE'GASTILLJP. 333
tiens étendirent leurs canquétes , les habitans quittèrent le coteau et vinrent s'établir dans la plaine. Aussi , la rue qui autrefois était la plus basse , est maintenant la plus haute ^le la ville : on l'appelle la rue Saint-Martin ou Rue- Vieille. C'est dans cette rue que se trouvaient les manoirs du comte Fernand Gonzalès et du Cid; celui du Cid tomba en ruines l'an 1600; et il n'en reste plus qu'un pan de mur avec des armoiries.
Au-dessous des armes on lit l'inscription suivante : « Ici naquit, en l'an 1026 ^ et de- )) meura , Rodrigue Diaz de Bivar , appelé le » Çid Campéador. Il mourut à Valence en » 1099, et son corps fut transporté au mo- » nastère de Saint-Pierre de Cardéna , auprès » de cette ville. C'est en l'honneur de la mé- » moyre éternelle d'un héros de Burgos aussi » illustre, qu'on a érigé, en l'an I784, ce » monument sur les ruines anciennes de sa » demeure* »
Sur le pavé de la chapelle de Saint-Cisebute , au monastère de Cardena , de l'ordre de Saint-Benoit , a deux lieues de la ville de Burgos , s'élevait le tombeau du Cid et de sa femme dona Ximène, Les armes du héros consistent en un écusspn entouré d'une chaîne , et portent deux épées croisées au-dessus desquelles s'élève une croix : celles de Ximène représentent
une tour forte entourée d'une chaîne. Le monastère de Càrdéna se trouvant abandonné et dévasté dans la guerre de 1808 à 18 13, le gouverneur français de Burgos, pour mettre les restes d'un héros à l'kbri de toute violation , les fit transporter^ , avec ceux de son épouse que Corneille appelait Chimène , à Bur* gos même, et leur fit élever un monument d'assez bon goût dans une petite île de la petite rivière qui baigne les murs de la ville et la sépare d'un ^ssez beau faubourg.
Fernand Gonzalez fut le fondateur de la souveraineté de la province de Castiïle, Burgos ^ devenu le siège de la cour de ce prince^ obtint successivement plusieurs privilèges , entre autres celui de parler la première dans les cortès ( prérogative qui lui est pourtant disputée par la ville de Tolède ) , et cel^i de por^r l'étendard au couronnement d'un nouveau roi.
Situation. Cette ville est constrtiite sur les racines d'une montagne assez élevée , d'où elle.s^étend dans la plaine jusqu'au bord de la rivière d^Arlauzon, sur la rive droite de laquelle elle est située, et qui baigne ses murailles. Elle était défendue par un di^teau assez fort qui le domine siu' le haut de la même montagne, mais tombant en ruines et dans le genre ancien. Les Français, après l'avoir fortifié dans la guerre de 1808 à 18 13, y soutinrent un siège mémorable contre une armée anglaise qui perdit le fruit de la vie-
YIEILLË-CASTILLE. 335
toire que Tmcurie lui avait livré aux Arapiles. Le général Le Breton répara ainsi ^ -pour sa part , les fautes d'ùa maréchal malheureux.
Étendue. Cest une grande ville , mai» irrégulière et bâtie eu forme de croissant. Elle est entourée de murailles anciennes ; elle est mal percée <; ses rUes sont étroites , inhales et tortueuses 5 quelques-unes sont cependant assez belles : on doit distinguer surtout celle qui conduit à Féglise métropoUtaine. Elle a plusieurs places; une seule est remaïquable ; elle est entourée d'un portique soutenu par de hauts piliers, et sur lequel s'élèvent des maisons assez agréables. Les fontaines y sont abondantes et multipliées. EUe est percée de plusieurs portes assez belles ; celle de Santa-Maria, qui s'ouvre sur un des ponts de l'Ar^ lanzon, est de très-bon goût; c'est un monument érigé à la gloire des fondateurs de la monarchie castilla,ne et de qUelque^uns des grands hommes qui l'ont illustrée. Où y Voit les statues de Nuno-Rasura et de Lain-Calvo, élus juges souverains de la Castille vers le commencement du x* siècle; <jelle de Ferdinand Gonzalez, premier comte de Gastille, proclamé en 9î^3 ; ceUe de Chailes f-, celles du Gid et de Diego Porcei.
Faubourgs. Gette ville a un faubourg appelé de Béga, qui en est séparé par l'Arlanzon; on y communique par trois ponts construits en pierre de taille. Ge faubourg est agréable , et contient une population considérable ; la plupart des couvens et des hôpitaux y sont réunis : il est orné d'une belle promenade entourée de murailles et de beaux jardins ,
336 ITINÉRAIRE DE l'eSPAGNE.
qui sont embellis par des" fontaines et arrosés jwir des ruisseaux d'eau vive.
Clergé, Burgos avait un siège épiscopal qui fut érigé en ardievéché en i&74; son diocèse est trèsétendu; il comprend lin chapitre de cathédrale, 6 chapitres de cdUégiale , 8 archiprêtres et 1,693 paroisses^ uri grand nombre de convéns des deux sexes et plusieurs hôpitaux 5 un de ceux-«i ^ qui est fbrt vaste , fut fondé par le roi Philippe 115 il eirt destiné à donner ui) asile aux pèlerins qui vont à Saint-Jacques ou qui en vietineiité
Administration civile et militaire. EUe est le lieu de la résidence ordipaîre de l'intendant particulier de la pif^ovinçe de Burgos •, elle a un corrégidor, un alcade-major, un nombre^ déterminé de régidors qui composent la municipalité.
Instruction publique. Un collège pour Finsti'uçtion de la jeunesse , et une école des beaux-arts entretenue aux frais du commerce de cette ville. On y a établi , en 1 800 , une école de chirurgie ; mais le choix des maîtres a été fait avec plus de précipitation que de discernement.
Édifices. On trouve à Burgos plusieurs beaux édifices. L'hÔtel-de-ville i;néritp d'être vu. Le palais des Véjascos a été cpnstrwt avec goût et avec magni«licence. On voit avec plaisir l'arc de triomphe érigé par la ville de Burgos en l'honneur du premier comte de jCastille , Feriiand Gonzalez., mort en 968. Plusieurs églises renferment des beaux mausolées; quel* ques-unes inéritent une attention particulière.
y I El LLE-C ASTIL L E . 337
L^^Iise de Saint-Paul^ qi^ appartient aux Dominicains, e3t grande , belle > construite dans le genre gothique. Le sanctuaire renferme le mausolée en marbre de Paul de Santa^-Maria, qui, né juif et élevé dans la religion juive, embrassa le christianisine en iSgo, et devint évéque de Burgos et conseille^ di;i roi JeÀn n.
Le <x)uvettt des Âugustins , situé dans le faubourg , près de la porte de Santa-Maria, renferme une chapelle où l'on conserve un crucifix qui passe t)our miraculeux. Elle n'a rien de remarquable par son architecture; mais elle contient des riche*)ses considérables. EUe est sombre et d'une grandeur moyenne ; eDe est tapissée d'un drap d'or qu'on reconnaît i peine, tant il est noirci pai» la fumée des lampes et de l'encens ^ la tapisserie est chargée d'une quantité innombrable ^ex'^oto donnés par des particuliers, par des personnes d'un rang distingué et par des ^uyerains; les uns^sont d'argent , les àùti*es d'oi'; quelques-ims sont ornés de pierres précieuses. Le devant d'autel, les gradins , la balustrade qui renferme l'autel sont d'argent; soixante chandeliers dii mê^ie métal, de plus de cinq pieds de hautem* et d'une grosseur considérable , sont rangés à terre autour de l'autel; les chandeliers qui sont sur l'autel sont également d'argent; ils sont entremêlés de croix et de ooui'onnes d'argent , d'pr , ^snrichies de pierres précieuses ; quarante-huit lampes d'argent d'un Volume considérable sont suspendues à la voûte,
Le çinicifix miraculeux est sur l'autel de cette ' chapelle ; il est de grandeur naturelle et couvert , de- I. 22
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pui9 lu çeiptwe jusqiifaimc piedd» d'une efl{>èco de ju-pou dc^ toile fine* U est fertile soua^ trois ridea^ ^ couyerts de riches l:(i:oderies en or et eu perles et en pierres précieuses j ils s'ouvrent et i^ ferment 1^ uns sur les autres. On ne découvre cft crucifix qu'à des jours marqués ou dans des ooca^ion^ i^iporUnles^ ou bien pour des personnes d'un rang dikingjtié i^ on ne ledit qu'avec beaucoup de cérémoiûes^ on ouvre les trois rideaux l'un après Tautre^aveç une lenteur extraordinaii*é. On regarde dans le pays ce crucifix comme un ouvrage delUcodéme^ et Ton en ro^conte beaucoup de fiûts merveilleux.
L'église métropolitaine est élevée ; on y monte par un grand et bd escalier de trente*huit marcbes. 8a^ construction tient à diverses époques ; elle £ut bâtie au commencement du xiu* siècle par^ le rpi Ferdi^ nand ux ; sa croisée fut réédifiée vers l'ap 1 55a v sqq maitre-autel est du temps de la renaissance des. arts en Espagne.
Sa façade est belle 9 dan^ le genre gotbique ^ elle est décorée gjar des tpurs , des. statues y des cdbnnea €ft divers orne^eus <te caprice; tou^ y est travaillé avec u;ie délicatesse indéfiuie. L'église ei»t d'une étendue immense 5 elle- est si vaste qu'on y célèbre à k fois les ^i^&ces divins dans huit chapelles , sans trouble etsans cein&isiou, et ^ns que l'uR nuise à l'awU'e:; elle est également dans le ge^re gothique^ à la; renais^ sauce* Le choeur est dn m^me ge;ire} il c^ ^epipli de bas-reliefs , de statues , de divers autres orkiemensf ea spulptwe , do^ pl^sie!^rs swt faits avec goût* Quelques chapelles rewfeiiiwent!' <jlç beaux m^uosolées.en
ViEÎLLE-rCASTILLE, 339
Inarbréw Celle du connétable en « deàx bien exécti* tés e celai de- Pierre Hemandes de Télasco f connétA* Ue de la CasttUe ^ et delui de Ménoia Lopez de Men-^dojsa j son ^K>ii3e. La aaorifitie de cette chapelle a un très-beau tableau de Sainte-Marie-Madelieine, at^ tribué par les uns k Raphaël d'Urbain , par les autres i Léonard de Vincî. La- chapelle de los Remédies renferme un très-beau Crucifiement ^ de Matthieu CéréaO , peintre né à Biprgos ^ mort yei*s l'an x^5 1 ce tableau ejCcelle surtout par la beauté du coloris. La duipdle de la Présentation a une peinture d^ la plus grande beauté: c'est une Saintè'-'Vlerge de g^n*« deur naturelle y asàise, tenant d'une main l'enfant Jésm debout à côté du berceau 9 sur une pierre couyerte d'wi drap jaune, et, de l'autre main^ une bande à oaaillotter transparente; deux anges, {dâcéà oordessiis^ paraissent vouloir loi mettre une coiih roune atxr la tête \ on l'attribue à Michel-A^ge Buo» naroti ^ et en eâèt il est digne de ce grand* maître* L0 yaîsaeati de cette chapelle est d'une bonne archiftecture. Un doitre magnifique , dans le genre gothique , est à côté de l'église ; il t^i orné de beaucoup de statues de prophètes j de saints , de héros et d'hé^ roïnesy et remph de divers oritôm^ns de caprice; il renferme plusieurs beaux mausolées; tout j est exécuté en marbré , avec autant de goût que de dé^ licatesse. L'ancienne sacristie est contiguë au cloî^e; elie renferme une collection complète, dea portraits^ dé tous les prélats qui ont occupé l^siége de Bu:rgoa. Commerce. Burgos fut autrefois une ville ficKris santé ; elle était dans sa plus grande splendeur' à la
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fin du XY^ siècle, dans le xvi* et an commencement du XVII*. Elle était alors le centred^un commerce considérable ; elle avait ses manufactures , son commerce particulier , son consulat qui était fameux y des foires qui étaient très-riches et très-fi^uentées; elle était encore rentrq)dt du commerce que Fintérieur de l'Espagne fSeùsait par plusieurs ports de l'Océan ^ par ceux de Santatider, de Bilbao > de Larédo. La célébrité des draps de Ségo vie contribuait à augmenter son commerce : elle les recevait et les expédiait dans toutes les parties de l'Europe. Le commencement du XVII* siècle fut Tépoque de la décadence de son commei^ce, de la chute de ses maou&ctutes, de la ruine de ses habitans , de sa dépopulation»
Manufactura. Bm*gos n'a' presque plus de manufactures y il y en a une de draps qui occupe quarante personnes. On y compte douze fabricans de couvertures de laine ; on en fait aussi dans TEospice où l'on &brique encore des burats et des flanelles ; on y fait aussi des bas de laine fine appelés bas (Fétome, qui ont quelque réputation. Son commerce est aujourd'hui presque passif; cependant c'est encore^par cette ville que passent la plupart des laines de la Vieille-Castille, qu'on exporte dans les pays étrangers : ce qui y laisse un profit assez considérable. '
Population. On comptait à Burgos, dans le temps ' de sa splendeur, 55 ou 4o,ooo habitans , sans comprendre les étrangers qui y étaient toujours en grand nombre ; sa population est réduite aujourd'hui à 8 ou 9,000 âmes.
YIEILLE-CASTlLLË. 34l
Cette ville est fort triste : on n'y connaît aucun genre de plaisir, et la société est presque nulle. Sa sitixaticm en rend le séjour peu agréable : le climat e^ firoid et humide. Elle hit le lieu de la naissance du femeux Rodrigue Diaz, surnommé le Cid, et de Matthieu Cerèzzo^ bon peintre , élève de Pécole dç Garréno , qui excella dans le coloris ^ vers Tan 1 67 5,