ABRËGË DE LA 8TATISTIQUE DU ROYAUME D'ARAGON
Population. La population de FAragon ne répond point à son étendue ^ on ignore à quel point elle fut portée auti'efois; mai^t si on en juge par le grand nombre des peuplades détruites^ elle dut être bien plus^ considérable. On compte cent quarante^nedf yillages absolument abandonnés, et trois cent quatre* yingt-cinq où il ne re46 que quelque» maisons et très-peu d'habitans : on ne Toit point cependant que les autres peuplades y ^ient ^agné. Les viUag^ qui subsistent aujourd'hui, au nombre de mille quçitrevingt-huit, sont presque tous misérable et réduits à une population peu nombreuse ; les villes sont ellesmêmes à peine peuplées 5 Sarragosse n*a que quarantedeux mille six cents habitans , quoique , par son étendue, elle puisse en contenir cent cinquante mille.
Le dénombrement de 1787 et 1788 ne porte ia population de cett^ province qu^à six cent vingt-trois mille trois cent huit hlrotàns, parmi lesquels on compte:
Corës 7*199
Prêtres séculiers. . . . ^ , 3,384
Religieux. ........'..,. ^ 3>9^
Religieuses.. ................ i,454
IVobles 9,144
• Avocats. \ ..." 289
ÉcriiTàins. • • • ^17
, Étuc^avs. . • .,...,.... 4,245.
Domestiques « . . . . 32,009
Cçtte population est bien peu proportionnée à la
Vaste étèmhip de l'Aragaa , à ki fertilité de son sol >t à rix^meosité ^t à Ifi^^ variété de aea.productioiis^ Aûàôi ppjrcourt-ott cette provii^e: $aas rencontrer presque d'habitations^ il n'e^t point. :l^are d'y faire six tet init! lieues sans trouver .un village» Le défaut de Ions Ef*^ jaillit sur 1^ terrea 5 on est fbrjt surpris en parcoivânt un sol ansai heurefijix d'en trouver une triti^grandé partie (jl^m rab^dop, , , '
j^jigf%çiêltMr» de VAiugon. Si le soi de cette pi'o-» vince était eiQ<tre les. mains des Catalans ou d^ Valen^r* ciens ^ ce p^ys deviendrait une terre de psomission. Il est d'une fertilité ^eu commune^ et né demande qu'à être aidé pour produire immensément. Des rivièl^ no]?^))|reu&^ et abondantes en parfioupeiit tout^ les par|i^ : eUe$ fécoadesraient ad<nirabl^aa«nt un teri^ifU q^^.la séip}iQre9$e eonsume« Liesi prodiicli<ms. y sont ;i[m}f ipliéi^^ 9 variées H d'une qu^iité: supériei:vre, : Iqs laines y sjont Velks , la s6îe:4rès^filie^ le lin>^ I0 chèvre d'un ^1 long et doux, les vins exq^s^y l^.jb^vU^ ^xcellmtes, les.&wb bean^t el aa^ Va^i^§^, le^ blé^ D^ourris et ^cont^ant beaucoup de &rine. , ;'* -. : . -
l^es Vofîds des rivièires sont einib^li8: sh^oUèi^- ' mfi;rt-,;i}s déiYi^(>^>^irt we, v^gÉtetiDa.très-^cikve. Les» riv^d^ V^l^re 'ps:\^V^^^m^ eticeUes du ioeac sont' dfi;|ft,pj]ai?,grwd^.%içbpssfi,: Uae.ifiJfi^ 'déi talion»^ ar,!;^^ pf]^ i^é^^^pte^ ^iyiàcei^fpr^duMeiiA tout ce <^ ' r4fl4M4^îe, rJiùïiiaipQ veM^;e»» retirer. ie petit fraUoti qi^ ^i^^uviç w^rtai«td§fi;aga^ ^«dbuLdoils lequel le Fresno e^t «it»é^.^«t iWf^ea sujJ«j de jatditts; >cëiix d£.)|^roca et d'Almwnia soi#: encore plus beauïc,
462 ITINÉIIAIR% DE L'eSPAGNE.
plus fertiles, plus Tarifs dans leurs productions. Les vallons pareils soqt multipliés dans diverses parties de l'Ar^gon ^ mais il y en a peu qui approchent de la beauté y de la fertilité, de la ridhesse du magnifkfue vallon de la Galatayud et de celui où est le village de Técha. Les plaines d'Alcaniz, de Caspe, dîAlbàlate, de Maella, de Calaeéite ne sont m moins productives, ni moins riches 3 leurs champs sont^ dans une étendue très-considérable , une continuité immense de superbes jardins, où les oliviers et le» arl^res fruitiers de toutes les espèces disputent aux autres productions l'avantage d'enrichir la main qui les cultive^
Toutes ces beai^tés cependant ne peuvent être comparées À celles des campagnes qui environnent' San*agosse : trois rivières et un canal ofl&^nt leur tri- • but pour lé^ fertiliser; le solvaecondanl rtierveîlleusement. le. cultivateur, y* produit à l'envi les finiitsde toutes les espèces, et les grains de tous les genres*, le grand et beau plateau qui est situé au nord^st dé cette ville, entre le Galégo et l'Èbre , rétmit toutes les beautés possibles.
Une grande plaine, éituéeau milieu de montagnes , atix confins de la Catalogne et du rOyiftùmè de Yà^ lence,dont Albartazih est lech^f4ieu, estégalement belle et riche; die est d'une feirtflite peu commune en Ué et en autres grains, en huile, en lin, en (jian^ vre « en mûriers, en fruits dt' toutes les eit^pècear : èHe doit sa feriiliDé et sa jriolie afbondiEliEiee à l'arrosage £^ité par cinq rilièries^l&'pai:<^iireht. ^' ' ^*
Ce ne sont pourtant là que de» portions fort isolées
ROYAUME d'aRAGON^. ' 4^3
dù Pontroave «ne cuittire brilktit» «t d^ibwMkntes ^ récoltes; car une grande partie de TAragon est en friehe; oepéndant la terre ne, demande presque partout qu'un léger travail pour produire. Les fruits de la terre y périssent souvent pat la sécheresse , malgré le grand nombre de rivières qui arrosent la province : et cela parce qu\>n y manque de bras^pour suivre la culture et pour Uirrigation. *
On y recueille beaucoup plus de blé^ d'huite et de vin qu'il n'en faut pour la consommation des habi» tans; et il ea passe dans les provinces voiânes; mais la quantîté en serait insuffisante^ si la population était proportfounée. à: l'étendue de la contrée : il est vrai qu'alors. :on lÀettrait une plus ^ grande quantité de t^rrres en. valeur^ et que^ non-seuIem^Vr ^ productions aug^neptek^aieptdans k âiâmç propor-itien^;mairquJiLen resterait pour £>ul?mr A unoiefll}porthtion encore plus considiéitable. Les /fdanlationaf sont aussi extrêmement. né^igées; on y parcourt des .espaceis d'une vaste, étendue , sans distitiguei* UB «dbré ; - on on'en^ voit point 'même dans hs ; envi-r' rons de plune^rs ][)eupladés. Quant à l'arrosage ^ la né-» gUgénœ y ^est grandev pour uii objet aussi im^^ortant^^ davff îun'^ysndàaiipleût trés-iiai^ment, bt où la sé^ cIieFe8se.est ^pt^sepxe toûjters^excessivev On ij^esatt y ticee pairti qna dei eabx qu'on trouive sur lesMieiuC méitua^n^n'apaint<poussé encore L'industrie jusqu'à alMilesiGherciier^&.des distancés tpeu éloignées, poii^ les JcoBdEfirè.daiiis 'les. ^idroîts>où' elles seraient deJa plus gèàaàe «rtîlité.! Qj^MlIrait qh'pn ineiot hisser ,tout
464 Itinéraire de l'ESP^AtoE.
faire à la j^aturer mm «'doeupei* de Fort d^aàimet et d'étçndjpe aeflï bien&itâ , .
On peut doiiq dâ'e que l'âgrijcttlttire «st, en^tXH rêij très-négUgée ou mal connue en Âi^jgon., à l'ex** ception de quelques UeUtx: f^r^riaés où la. production 86 auffit à elle-même j pour feiAiliter léa terres et y lH*A¥er le défaut d'industrie^: Si lai^i^pèpukitiûn. &a estmne des premières cornes >la:gt«nde<][MmTi'eté du peuple n'y contribue piéi moins. La mifeière y e^t driu* tant plus répandue parmi: îles: Jaj|pôm>èursV q^'^ ne connaissent ancun autre gent*e de' reaso^Dce&y et qn^ik passent ainsi presque tous, huit mnifr de. l^ùéiâety de*-* puis les seoiailles jusqu'au nKiis. d'istoiiit y' ^àans pouvoir ni traToiller, ni employer leurSi £iliii]ie&^ leurs domestiques et leurs bestiai»X4 Cette misire dnreBajufr-^ qu'à [ce qu'on x'ecannaftsse que la per^jtioa éé l'agrî^ ciJlSture et une culture plus étendue' et plus variée aoulleft moyens de la fiuk^e cesser.
U parait cependant qu'ion commsikiô à y parvenir : FAragote doit, déjà beiaucbup et devra, enoore plus^ dans qudque lemps, à la Sqciéié des Amis du Bays', établie à, Sarragosse ; die faiî h$. pKift grands effiorts pour^ retire^* les,Arag6naia de leur^ihert^b; elle m ét^h. une éosàe d'agriciiltui3e dans la cajntale^ ^j^ ionaou^ rage. cette branche, surtout k» pl«|ntatip}ifl), la cultore: ides difiéiienafruitS' dfma^l^fl ietu^ainp Qi^'^ sont les fdm jpitepbes,, la canservatioli et|la ar^ta^isstiQn deamwntagoes et des bak^! die;, distriibuetiamititf fenment des piix àl * ceux. Iqui- aocUstinguiônÉ dakis jdia^ cune de oeb iparties. .1^ c^fBôiftélde bédé 'éeàé^ coni
.ROYAUME d'aRAGON. 4^5
produit un efifet sensible : dans peu d'années j les plantations se sont extrêmement multipliées. Les ter^ ritoires de Sarragosse, de Fuente deÈbro^ de Pédrola , de Muely d'Alcak de Èbro, sont déjà couverts d'ar^. bjpes extrêmement variés. Le Monte-Terrero j voisin de Sarragosse, a été encore récemment aplani et planté de vignes et d'oliviers qui sont aujourd'hui d'un grand rapport. Cette même société s'occupe aussi des moyens de perfectionner et d'étendre l'arrosage d<as terres^ la chose est d'ailleurs des plus faciles : l'Aragon est rempU de rivières qu'on peut saigner aisément ^ et le grand canal fournit à cet égard une ressource nouveBe et très-importante,
Cette même société vient de faire un établissement qui doit devenir fort utile pour l'agriculture. Elle a obtenu du roi un fonds de éoo^ooo réaux , ( loo^ooo fr.) avec lequel elle a étabU un mont-de-piété qui leur' avancera de l'argent aux pauvres laboureurs pour les aider à faire leurs récoltes , et qui leur fournira des bestiaux de travail, lorsqu'ils se perdront par mort ou par quelque autre fâcheux événement ; il leur sera accordé deux ans pour s'acquitter en dififérens paiemens. On y renouvellera les prêts tous les six mois en suivant , chacun à son tour^ les différons territoires et villages de l'Aragon. La société a l'attention de faire acheter les bestiaux dans les pays où on les élève ^ pour qu'Us soient moins chers. Elle a commencé à exécuter son plan au mois de juin iSoi, en distribuant 44,ooo réaux, (i i ,000 ) francs à cent dix laboureurs, et, dans le mois d'août suivant, elle a I. 3o
fourni soixante-deux chevaux a un pareil noitibii9 d'autres laboureurs.
Les productions de FAragon sont considérables ! on y recueille du blé, de l'huile, du rin , des fruits de toutes les espèces; du lin, du chanvre, de l'orge, du maïs , des pois , des haricots , des fèves , des^ herbages j du safran , des amandes , de la soude , du spa^t ; on y a des laines et on y fait de la soie. Il n'y a presque point de canton, quelque négligé qu'il soit, qui ne produise assez de blé pour la consommation de ses habitans ; plusieurs en rendent au-delà de ce qui leur est nécessaire.
Celui de Jaca , quoique très-montueux , en produit, année commune, cinquante ipille cahizes\ et en emploie quarante-sept mille cinq cents; c^ui d'Âlbarrazin cent quarante-sept mille; et il en consomme cent trente-sept mille *, ceux de Sarragosse , de Huesca , de Barbastro et quelques autres temtoires voisins, une quantité assez considérable pour en envoyer cinquante mille cahizes hors de la province ; ceux de Torrente , de Rivera de Cinca , au-delà de leur nécessaire; celui de Teruel le double de ce qu'il lui en faut. Ceux de Borja de Tarajona, de Daroca, de Calatayud , en récoltent un peu plus que pour leur consommation; mais l'èxcédaût est peu considérable, le lin et le chanvre étant leurs principales récoltes. . L'orge, le maïs, les grosses graines abonderaient
' Mesure du poids de dix arobas €t demi de GasUlle^ Ou deux cent soixante-deux iivres poids de «larc.
ROYAUME b' ARAGON. 4^
en Aragon; mais on se livre à peine à leur ôulturej ' le territoire de Sarragosse est celui où l'on en cultive le plus. Les' trois quarts des terres de PAragon sont propres à la culture de l'olivier , qui y est très-négligée 2 on ne s'y livre que dans quelques endroits. hespé^rtidos, ou canton d'Alcaniz et de Barbastro, en fournissent suffisamment pour en pourvoir deux grandes provinces; et ce sont les seuls qui méritent d'êt^re comptés. On trouve cependant des oliviers en beaucoup d'autres endroits; mais ils forment des produits trop peu importans. L'olive y est généralement douce ^ et l'huile bonne ; celle du partido de Barbastro est excellente ; celle du partido d'Alcaniz lui est supérieure. On pourrait faire l'huile encore meilleure, si on mettait plus de soin dans sa fabrica-^ tiott 9 si on cueillait les oUves avant leur entik*e ma-* turité , si on en séparait celles qui se trouvent gâtées, si on ne les amoncelait point pendant long-temps, si par conséquent elles ne fermentaient point , ce qui leur fait contracter une âçreté plus ou moins forte. Les territoires d'Ayerbo , de Somontano , de Sarragosse, de Huesca, de Barbastro, de Tarazona, de Galatayud, de Borja, de Daroca, de Benavarre, des cinq villes de Bolea , de Loarre , sont extrêmement fertiles en vin; ceux de Somontano, de Tarassona^ de Calatayud, deBorja, de Daroca et des cinq villes en recueillent au-delà de leur consommation ; celui de Benavarre en a, année commune, douze mille nieiros ^ au-delà du besoin de ses habitans ; celui
' Cette mesure contient seize cantaros, chacun du poids
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d'Ayôtbe s^t mille ; celui de Bolea trois mille ^ celui de Lparre neuf cents ^ celui deSarragosse recueille à peu près cinquante à soixante tnille nietros , et n'en consomme guère plus de quinze mille.
Les Tins de FÂragon sont en généial excellens; ils ont beaucoup de corps et sont très^foncés, par conséquent propres à l'exportation. Us seraient encore meilleurs ^ si on apportait plus de soin daus leur fabri^ cation pour la perfectionner^ et dans le choix des terrains où Ton plante la vigne. Mais la plupait des cultivateurs cueillent les raisins avant leui* parfdte maturité ; la pauvreté en oblige beaucoup à les vendre sur la souche et à accélérer le moment de cette vente pour pourvoir à leurs besoins. Beaucoup de Vignes sont plantées dans des terres grasses, qui se^ raient excellentes pour le ^ bled, et qui donnent un vin d'une qualité très-inférieure. Les terrains pieri^ux sont cependant fréquens en Aragon y et ce sont ceux qui produisent le vin de première qualité. Outre les vins rouges ou d'ordinaire > on recueille un vin blanc très-bon à la charti euse de Aula-Dei , un vin muscat à Borja ^ du grenache à Gariilena , à Sabayes et dans quelques autres endroits. Carifiena a encore un vin> œil d^ perdrix, d'un goût agi'éable^
Les territoires deSarragosse,d'Alcafiiz,deGaspe^ de Gduanda., d'AIbalate del Arzobi^^ d'Ijar, de Maella, deCalaceyte, de la Fresneda^ d'Almunia, de
de vÎD^t-cÎQq Evres onze onces (la livre de douze onces ), ou dii-neuf livres sept onces poids de marc ; le nietro est par conséquent du poids dé quatre cent quarante-^deux livres de douze onces > ou quatre cent vingt livres poids de marc.
BOTAUMB D'ARAOOlf. 4^
Daroca^ deCalatajrud, produisent des fruits 6xqyia. de toutes les espèces 5 celui d'Albarrazin en donne waai une très-grande quantité d'exoeUens*
Le terrain de TAragon est aussi très-propice pouç le lin de la plus bdle qualité 5 et on cultive cette utile production en fort peu d'endroits. Il abonde dans les vallées de Daroca et de Gdatayud^ et dans le par-, fido de Tarazona. Les partidoa des Gincovillas et de 3orja sont ceux où il y en a le plus : dans le pre^ mier, on en recueille environ dix mille arobas ou deux mille cinq cents quintaux ♦ dont en emploie neuf mille cinq cents aroba3 , ou deux; mille trois soixante-quinze quintaux dans le pays. La seide ville de Borja en recueille trcùs miHe trois cents arobas eu htiit cent vingt*<;inq quintaux; les autres lie1^c de ceparUdo tn récoltent au-delà de leur consom-. mation. Le lin de Borja passe pour être le meilleur* '
Le chanvre réussit encore mieux que le lin \ la culture en est bien plus étendue , parce que sans doute elle demande moins de soin. On en recueille dans les partidoa de Barbaàtro , de Huesca et de Teruel. hespartidos de Calatayud, de Daroca et de Tarazona sont ceux où la récolte en est la plus abondante. Suivant un calcul fait par ordre du gouvernement ^ en 1778, ils en recueillaient, année commune , environ cent onze mille cent trente-deux arobas castillanes ^ ou vingt-sept mille huit cent trente-trois quintaux « dont vingt-neuf mille quatre cents arobas ou sept ^Ue trois cent ^cinquante quintaux seulement se cousonunaient dans le pi^s, et le reste entrait dans. le c<mimerce. La culture en a été augmentée depuis^
470 ITINÉRAIRE DE j/eSPAGNE.
quelqux^ années : le chanyre est d'une excelknte qualité ; mais on. le dépouille mal.
La récolte du safran disait autrefois un objet con-^ sidérable ; on le recueillait surtout à Monegros , à Fuentes et à Quinto ; elle est beaucoup diminuée au* jourd'bui. On le cultive dans plusieui^ endroits , à Torrijo , à Camin-Réal, à Fuentes-Qaras, au Poyo, à Ahnonecil de la Cuba; à Azuara, à Aguilon , à Atojos , à Herrera , à Yillar-de-los-Nayarros, et dans plusieurs autres territoires ; mais la culture ien esttrèsrestreinte partout ; et les récoltes réunies font un produit de peu d'importance.
On trouye des amandiei^s dans leparUdo de Huesca ; c'est le seul endroit où la réeoUe de c« fruit soit un peu abondante •, cependant ces arbres se multiplieraient aisément et avec avantage dans plusieurs par»ties de l'Aragon.
La soude était autrefois d'un bon rapport dans celte province ; le commerce de la barille l'a fait tomber ; on s'en occupe à peine aujourd'hui.
La culture des mmiers et l'éducation des vers à soie étaient négligées en Aragon ; on commence a s'y livrer depuis quelques années. On a planté des mûriers dans les territoires de Sarragosse , d'Albarrozin, de Caspe , d'Alcafiiz^, d'Albalate et dans quelques autres endroits 5 on y élève des vers à soie. On file aujourd'hui environ cent quarante mille livres de soie, dont presque la moitié passe en Catalogne.
Les montagnes de l'Aragon sont couvertes d'excellent pâtiu*âges; on en trouve d'aussi bons dans plusieurs endiH>its situés au pied de ces montagnes ^ 1^ meilleurs et les plus abondans sont près de Jaca 1
royAumb d'aragon. 4?^
de Benayarre , d'Âlbarrazin , de Belchite^On y élève des troupeaux à laine qui pourraient être plus nombreux; ils auraient le double avantage du produit de la laine et de Tengrais des terres j ils donnent plus ou moins de laine, dont le terme moyen, ànoée commune, est le suivant: lepariido de Benavarre produit cinq mille huit cents ai^obas ou mille quatre cent cinquiiinte quintaux de laine , dont cinq mil(e cinq cents arobas où mille deux cent soixante-quinze quintaux sont de la seule vallée de'^enasque et de la montagne de Castanesa ; il ne s'en emploie dans le pays qu'environ cent cinquante arobas ou trèûte^sept quintaux et demi« Celui des Cincôvillas en recueille vingt -quatre mille arobas ou six mille quintaux, dont sept mille arobas ou mille sept cent cinquante q^intaux se travaillent dans le pays. Gellçs du /?artido d'Albarrazin vont à douze mille arobas ou trois mille quintaux , dont cinq mille arobas ou mille deux cent cinquante quintaux servent aux manufactures d'Albarrazin , de Terriente , de Moscardon et de Friaa. heparlido de Jaca en produit vingt-un mitle hiiit cents arobas ou cinq niille quatre cent cinquante quintaux, dont dix-sept mille arobas ou quatre mille deux cent cinquante quintaux restent daus le pays, savoii* : deux mille arobas ou cinq cents quintaux dans la vallée d'Anso , qui soiient de l'Aragon; deux mille huit cents arobas ou sept cents quintaux dans les vallées de SerraUo, de Broto et, de Tenu, qui sortent du pays; sept mille aroba^ou , mille sept cent cinquante quintaux dans le territoire propre de Jaca et les environs , qui se travaillent dans cette ville; cinq mille arobas ou mille deux
47^ ITINÉRAIRE DE. l'bSPAGNE.
cent ckiquante quintaux dans le territoire propre de Biescafl et lieux Toisins, qui servent aux fabriques de cette ville ; cinq mille arobas ou mille deux cent cinquante quintaux dans di£Pérens autres lieux de ce partido, et qu'on y met entièrement en œuvre. Les territoires de Beldiite , de Garifîena, de Sarragosse en produisent environ trente mille arobas ou sept mille cinq cents quintaux , dont un tiers sert aux fiibriques de Sarragosse , et trois mille arobas ou sept cent cinquante quintaux à celles d'Epila , de Belchite, de Tarazona, de Calcena, de Huesca et Barbastro. Les laines de PAragon sont belles , longues et fines; leur qualité varie cependant selon les endroits; celles de la vallée de Benasque sont des meilleures , mais celles du partido d'Albarrazin sont supérieures à toutes les autres.
TABLEAU DteS PRODUCTIONS DE l'aRAGON.