‹ Itinéraire descriptif de l'EspagneChapitre 4 sur 33 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

qû'uneplus grande abondance de productions aura rendu la population plus considérable et la main-d'œuvre moins chère. Les impots pouvant se percevoir sur le sol , on n'aura plus besoin alors d'entraver autant l'industrie par des douanes ; et la concurrence des marchandises étrangères deviendra moins à craindre; mais il faut commencer l'édifice par sa base.

L'Espagne est, presque en totalité, la propriété inaliénable des seigneurs, des corporations reUgieuses ou des communes; aucune circonstance ne peut démembrer leurs domaines^ tandis que les successions, les alliances ou les donations testamentaires tendent sans cesse à les augmenter. Le peu de terre qui se trouve, pour ainsi dire, dans la cir- ^ culatioii^ ne suffit ni aux placements des capitaux formés par le commerce, ni à l'indusÇrie des petits particuliers qui voudraient commencer par -là leur fortune ou réaliser celle qu'ils ont acquise. La société se trouve ainsi uniquement composée. d'usufruitiers.

XIV ITINÉRAI&B DB l'bSPAGNE.

propriétait^es ou fermiers, mais tous également insouciants : les premiers, parce qu'ik n'ont pas la transmission libre de leur fortune ; les autres, parce qu'ils ne peuvent jamais en acquérir la propriété. Les seigneurs habitent les villes, et ne s'occupent aucunement de leurs biens ; les couvents dépensent leurs revenus en aumônes et en dons gratuits au roi; les communes bâtissent des cathédrales; et les fermiers des uns et des autres, n'ayant la plupart que des baux de trois ou quatre ans, tâchent de tirer promptement parti de la terre sans chercher à l'améliorer : des champs entiers restent en friche, uniquement parce qu'ils font partie de ces accumulations gigantesques* Telles sont les raisons qui ont fait solliciter depuis long-temps l'extinction , ou du moins la restriction des majorats civils et rehgieux. Ils sont si considérables en Espagne, et absorbent une si immense quantité de terre, qu'on ne doit pas craindre qu'il en résulte une trop grande division de la propriété. Il y aurait d'ailleurs

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