‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 228 sur 328 · LEIPSICK ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

LEIPSICK ET SES ENVIRONS

Hét. : 1” classe ; de Bavière, de Pologne, de Russie, Blumenberg.

2' classe: Stadt Rom, Stadt Dresdfn, Stadt Nürnberg , Hôtel de Prusse, Stadt llamburg, etc.

CAFÉS. Café Français , à l’angle de la Grimmascbe Strasse et de la place Auguste; café Chinois sur la place du théâtre ; café Xational.

Markt, n" 16; Gesswsin, Brühl, ~8.

RF.STAüRANTS. Æckerlein’s Relier, sur la place du Marché; Auerbach Relier, Grimmaschestrasse, 1, orné de tableaux relatifs à la tradition de Faust; Dcrhne , marchand de vin, Hainstrasse; Fœrtsch et Simon, Petersstrasse , etc. — Brasseries :

Schatz , Ritterstrasse ; Baarmann, Katharinenstrasse; Miinchner Bierhalle, Schlossgasse ; Grande brasserie Lang, devant le Zeitzerthor, très-fréquentée pendant les foires; la Centralhalle sur la Pleisse, n®4.

FIACRES. A 1 cheval pour une personne, une course qui dure moins de 20 min., .3 ngr., pour 2 pers., 4 ngr., pour 3 pers., 6 ngr.; une heure, 8, 10 et 12 ngr.

THÉÂTRES. Représentation presque tous les jours. Les meilleures places sont les stalles de la première galerie ou du parquet, 20 ngr.; celles de l’amphithéâtre coûtent 1 th.

JOURNAUX. Au âluseum et dans la Centralhalle, par jour, 5 ngr., pur semaine, 10 ngr.

BAINS : Centralhalle; jardin Gerhard ; jardin Reichel, Rosenthalgasse. — Bains froids : à la Neuenmühle et à la Thomasmühle.

Leipsick, en ail. Leipzig, V. du royaume de Saxe, est située dans une plaine fertile, au confluent de l’Elster, de la Pleisse et de la Parthe, à 99 met. Sa population se monte, d’après les derniers recensements à 74,000 hab. En 1834, elle n’était (jue de 44,000 hab.; depuis vingt-cinq ans elle s’estentourée de faubourgs qui sont devenus des villes; on y a bâti plus de 1,200 maisons neuves. Cette prosérité, Leipsick la doit à son inustrie et surtout à son commerce.

C’est la ville la plus commerçante de l’Allemagne du centre. Sans doute ses célèbres foiresdu nouvel an, de Pâques et de la Saint-Michel ont beaucoup perdu de leur importance. Cependant elles tiennent encore le premier rang parmi les foires de l’Allemagne et du monde entier; elles attirent en elTet plus de 20,000 étrangers de toutes les parties de l’Europe, de l’Amérique et môme de l’Asie, et on estime à 240 millions par an la valeur totale des alTaires qui s’y traitent.

Alors les prix des hôtels et des objets de consommation y sont presque doublés et la ville offre un aspect tout différent de celui qu’elle a dans les temps ordinaires.

La foire de Pâques présente un intérêt tout particulier; c’est en effet à cette époque que les comptesde librairie sc règlent. C’est à Leipsick que leslibraires se réunissent, car le commerce de la librairie se fait tout autrement en Allemagne qu’en France et en Angleterre.

Les détails suivants sont empruntés à un article de M. X. Marmier intitulé Leipsick et la librairie alU~ mande.

€ Ce commerce se fait tout entier par commissions, et par là il est d un grand avantage pour les libraires marchands, mais trèschanceux pour les éditeurs. Les livres nouveaux qui paraissent sont envoyés dans toutes les parties de l’Allemagne, et Leipsick est le point central où ces livres se réunissent d’abord, le réservoir d’où

la littérature allemande s’en ra par petits filets se répandre dans les autres villes et villages. Chaque libraire allemand a son commissionnaire à Leipsick; ee commissionnaire recueille les livres, demandes, avis qui lui sont adressés pour son correspondant , et, quand il a de quoi faire un ballot assez considérable , il l'expédie.

Ce moyen de correspondance est lent, mais sûr et invariable. Etant à Berlin, je voulus un jour adresser un livre à Copenhague; il fallut d’abord que le livre allàtà Leipsick, chez le commi^ionnaire du libraire de Copenhague, pour revenir ensuite à Berlin , et de là poursuivre sa route.

€ Les ouvrages nouvellement publiés arrivent ainsi de la petite province, de la petite ville où ils paraissent, s'arrêtent à Leipsick, et de là se rendent à leur destination et circulent pendant un an et quelquefois plus. En y réfléchissant un peu , on voit que ce commerce no pourrait pas être établi d’une autre manière dans un pays où il n’y a aucun point central, où de toutes parts on imprime et l’on édite, où le plus obscur libraire du bourg le plus inconnu peut mettre au jour des ouvrages tout aussi recommendables que ceux qui paraissent à Berlin. Comment ferait cet éditeur pour envoyer son livre dans toute l’Allemagne, et combien lui en coûterait-il pour expédier ainsi partiellement six ou cent exemplaires , s’il n’avait un bassin où il les dépose, et où chacun va les prendre, à mesure qu’il en a besoin ?

« Les crédits en librairie sont très-longs. Ils s’étendent toujours au moins d’une année à l’autre, et très-souvent ils vont jusqu’à dixhuit mois. Ainsi par exemple, le compte des livres expédiés à partir de janvier 1850, ne sera réglé qu’à la loire de Pâques 1851. A la foire de Pâques donc, tous les éditeurs, libraires, marchands, arrivent du nord et du midi, de l’Autriche et de la Bavière , des grandes et des

[Routb 102.]

petites villes. Chacun apporte son carnet, ce qu’il a reçu, ce qu’il a expédié; le nom de ceux qui lui doivent, et de ceux à qui il doit.

Les livres qu’il a vendus , ils les paye, ceux qu’il n’a pas vendus il les renvoie , et l’éditeur doit les reprendre. La bourse s’ouvre. Les libraires se rassemblent. C’est un calcul d’addition et de soustraction. On échange le prix d’un ouvrage que l’on a vendu contre celui d’un autre que l’on a édité; on emballe d’un côté son argent, de l’autre ses écrevisses, c’est-à-dire les livres qui ne se vendent pas, qui marchent à reculons , et en voilà polir une année. »

Quand on sait quelle grande place le commerce de la librairie occupe dans cette ville, on conçoit sans peine que le nombre des libraires y soit plus considérable qu’ailleurs. Il s’élève à plus de 150. Le nombre des imprimeries est de 30 ; elles emploient 200 presses à main et 50 machines à vapeur. Leipsick publie quatre fois autant de livres que Vienne et sept fois autant que Munich.

Ancien v. de pêcheurs slaves, nommé alors Lipzk, ou le lieu des tilleuls, Leipsick fut convertie au christianisme, en 724, par saint Boniface , qui y bâtit l’église de Saint-Jacques. Henri II y construisit, en 922, un château pour la mettre à l’abri des invasions dont la menaçaient les Wendes et les Slaves. En 101 5 elle fut élevée au rang de ville ; en 1022 , donnée par Henri II à l’évêque de Merseburg; en 1134, entourée de murs par le margrave de Meissen, Othon le Riche, qui y institua un marché, — la

f remierc origine de ses foires, — et ui accorda divers privilèges. Toutefois, le fils de ce margrave fit détruire ses fortifications et élever à leurplace,pour tenirles bourgeoi»

en respect, trois châteaux, dont l’un,laPleissenburg, existe encore.

Déjtà à cette époque un certain nombre de Lombards étaient venus s’y établir et son commerce avait pris une grande extension.

Page 1