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LEIPSICK ET SES ENVIRONS

[Rodtb 102. j L’AUGUSTEUM. 467

En 1273 elle obtint le droit do battre monnaie. En 1409 une université y fut fondée. En 1507, l’empereur Maximilien y établit trois foires au lieu d’une. En 1519 y eut lieu, dans l'ancienne Pleiasenburg , le fameux colloque entre Eck, Carlstadt et Luther. En 1539, Henri le Pieux y introduisit la Réforme. En 1545, Steiger et Boskopf, ses premiers libraires, s’y établirent. En 1547, l’électeur Jean-Frédéric l’assiégea vainement. En 1031, après la destruction do Magdebourg, les Etats protestants du nord de l’Allemagne y signèrent un traité d’alliance. Le 7 septembre 1632, les Sgiédois et les Saxons y battirent les Impériaux ; Tilly perdit 8,000 prisonniers et 4,000 morts.

Le 5 novembre les Impériaux y furent encore défaits parles Suédois.

Enfin, le 15 octobre 1642, Torstenson y mit en déroute les Autrichiens et les Saxons qui , depuis l’année 1633 , avaient abandonné les Suédois. Dès l’année 1667, le commerce de la librairie, chassé de Francfort par une censure trop sévère , vint se réfugier à Loipsick, qui se bâtit une bourse en 1678et obtint, en 1682, un tribunal decommerce, en 1692, la direction

Eénérale dos postes du royaume.

a révocation de l'éiit de Nantes augmenta sa population croissante d'un grand nombre de familles industrieuses. Après la guerre de Sept ans, dentelle avait eu à souffrir , elle cessa d'être une place forte, et ses anciennes fortifications furent transformées en promenades et en jardins. On trouvera ci-dessous quelques détails sur la grande bataille de 1813, à laquelle elle a donné son nom. Enfin, le 12 août 1845, des désordres qui y éclatèrent pendant une visite du prince Jean, le frère du roi, dévoué aux idées ultramontaines , et qui furent réprimés peut-être trop sévèrement, y causèrent la mort de quatorze citoyens. Tels sont les principaux faits de son histoire.

La Gazette deLrip.iirlr. fondée par

les deux frères Henri et Frédéric Brockhaus, a joui pendant quelques années (1838, 1839 et 1840) parmi les protestants et les libéraux del’Alleniagne du nord, d’une immense popularité qu’elle a perdue en partie quand elle voulut modifier ses principes pour se faire admettre en Bavière et en Hanovre, sinon en Autriche. En 1842 elle fut interdite en Prusse.

Les e'glises protestantes de Leipsick, la Nicoîaikirche, 15/îô, la Thomaskirche, 1496, la Pautinerkirche, reconstruite en 1525, n’ont rien d’intéressant. -La nouvelle église catholique, West Strasse, a été bâtie d’après un dessin de Heideloff.

Là place du marche' mérite avant tout une visite. Ses vieilles maisons et son hôtel de ville lui donnent un aspect pittoresque. Son hutet de ville date de 1556. C’est sur cette place que les souverains alliés ae réunirent après la bataille de Leipsick. Pendant la bataille. Napoléon occupa la maison appelée Kœnigshaus (la maison du roi), parce qu’elle servait do résidence aux électeurs et aux rois de Saxe quand ils venaient à Leipsick. Ce fut là qu’il eut sa dernière entrevue avec le roi de Saxe que les alliés victorieux y firent prisonnier. Près du Kœnigshaus, se trouve l'Auersbach's Keller (Grimmasche Strasse, no 1), c’est-à-dire la cave d’Auerbach, où l’on vend de la bière et du vin. Selon la tradition, le docteur Faust s’y livra à des exercices de magic qui sont représentés sur les murs. Gœthe y aplacé une des scènes de Faust, celle où Méphistophélès enivre les étudiants avec diverses espèces de vin.

Le plus bel édifice moderne de Leipsick est l’Augusteum, bâti sur la place d’Auguste, d’après les plans de Schinkel, et achevé en 1837. Un bas-relief de Rietschel, de Dresde, représentant les quatre facultés, en orne le fronton. Il est occupé par l'Université que fondèrent à Leipsick, en 1409,2000 étudiants dissidents de l’université

i ; , ijoo-^k

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de Prague. Cette université, divisée en quatre nations, — Saxons, Misniens, Bavarois, Polonais, — ne se composait dans l’origine que de deux facultés auxquelles on ajouta, en 1415, une faculté de médecine, et, en 1504, une faculté de droit. Elle a environ 60 professeurs, 70 professeurs agrégés et 800 élèves. Elle a compte au nombre de ses professeurs des hommes distingués dans les branches les plus diverses, tels que Carpzow {f 1666), Ernesti (f 1781), S. F. N.

Aforus (t 1792), Gellerl (1745-1769), Reiske (1746-1774), les trois Rosenmüller (théologien, orientaliste et naturaliste, morts en 1815, 1833 et 1820), Becker (•{• 1847), Hermann (•}• 1848) et beaucoup d'autres.

L'Aula est décorée des bustes en marbre des princes de Saxe et de plusieurs professeurs [Leibnitz, par Knaur ; Hermann par Rietachel).

Les principales collections de l’université de Leipsick sont : la bibliothèque, de 150,000 vol. et 2,000 manuscrits, ouverte le mercredi et le samedi de 10 h. à midi, les autres jours de 2 h. à 4 h.; elle possède, entre autres curiosités, un beau manuscrit hébreu et enluminé du xii' siècle, des autographes précieux , des incunables, des gravures sur bois, etc.; une collection archéologique, une collection géologique, une collection anatomique dans le PauUnum, ancien couvent contigu à l’université et et dans lequel on a découvert des fresques du xv' siècle, relatives à l’histoire de sainte Catherine.

A l’O. de la place Auguste s’élève, depuis 185S, le bel édifice construit d’après les plans de Lange, et destiné à recevoir le Musée de la ville (stædtisches Musœum), qui y a été transféré conjointement avec la galerie de tableaux léguée à la ville par le consul .Schletter (’l- 1854).

Ce musée, ouvert les dimanches et fêles de 11 à 3 h., les mardi et •vendredi de 10 à 3 h. et les autres jours moyennant un pourboire de

5 sgr.*, se compose d’env. 120 t,ableaux, la plupart modernes. Les cadres, qui ne sont point numérotés, portent les noms des peintre^.

Au rcT-dc-chaussée se trouvent quelques bronzes et plâtres. Au premier éta^e, on remarque surtout parmi les tableaux : MuriRo (Madone et Assomption) Lucas Cranach (la Mort du Riche et laSamaritaine); — Hans Burgimatr (Adoration des Mages); — Paul Delaroche (Napoléon àFontainebleau); — Bouchot (Enterrementdu général Marceau);— Bellangé (Bataille de Wagram); — Biard (Exoreisne de Charles \ l) et pay sages ; — LéopoldRobert (Brigand endormi); — Destgf/phes (Blessé et convalescent); — Papety (Moïse sauvé des Eaux) ; — Kock(Sacrificede Noé'; — V eit (Germania); — Jul. Schnorr (Auménes de saint Roch); — Spekter [Snmson et Dalila); — Ct’r(rÉlecteurJeanFrédério consolé, dans sa captivité, parL. Cranach);— Bergmann (Mort do Philippe II); — N’rlirader(llenri IV forcé ' ar les archevêques de Cologne, e Mayence et de Trêves de se démettre desinsignesdererapirc, et Frédédéric Le Grand à la bataille de Collin); — Knaus (Joueurs); — Ritter (Fiançailles normandes); — Meyerheim (le Dimanche matin); — et quelques bons paysages d'ÛS/ime, Kummer, Gurlitt, Caspar Scheuren , Schirmer (Grotte d’Egérie), Hcinlein et Calame (Mont-Rose).

La Bourse (derrière l’hôtel de ville) date de 1678.

La Nouvelle bourse de la librairie (Buchhændl^rbœrse), située dans la Ritter Strasae, près de l’église Saint-Nicolas, et bâtie on 1H.'14 par Geutebrück, contient une grande salle dans laquelle ont lieu des concerts et les expositions des arts et de l’Industrie.

La Halle aux draps, Gewandhaus OH Centralhalle, Universitæts Stras- e, dont les célèbres concerts étaient dirigés par Félix Mendelsohn avec le concours de M.M. Gadeet David, renferme : la salle d'armes, une collection d'antiquités et de pierres précieuses, et la

jHoutk loi.] La pleissenhur

bibliothèque de la ville ,80,000 vol.

et 2,000 manuscrits dont un grand nombre d’orientaux conquis par les Allemands en Hongrie à la suite de leurs victoires fi»r les Turcs.). — Dans le voisinage est la belle synagogue neuve bdtie en 1855 d’après les dessins du bimonson.

La Pleissenburg, bâtie en 15-19 par l’électeur Maurice, d’après le modèle de la citadelle de Milan; cette forteresse, qui s'élève à l’angle S.-E. des murs de la ville et qui résista aux attaques de Tilly pendant la guerre de Trente ans, sert maintenant à divers usages. On en a fait un magasin, une .caserne, une école. Sa tour ronde sertd’ob- "seWatoire. C’est sur cettte tour (s’adresser au concierge qui y demeure, 5 sgr. de pourboire) qu’il faut venir se placer pour bien comprendre l’ensemble des diverses opérations militaires qui eurent lieu pendant la bataille de Leipsick (voir ci-dessous).

Plusieurs collections particulières méritent une visite, et surtout la ÿalcrieintéressantedu baron Speck, à Lütsschena (1 h. en voiture par Mœckern (15 sgr. de pourboire pour 1 personne;! th.

pour 2 personnes). On remarque dans cette collection un portrait d’un prieur d’Augustins, par Eubens; la Visitation, [lar Hemling ; deux portraits de vieillards, par Rembrandt et Lievens; les Evangélistes, par Jordaens; le portrait d'un bourgmestre hollandais, par Ferdinand Bol ; le portrait d’une vieille femme, par Van der Uelst ; une Madone, par Murillo, un portrait de jeune femme, par Albert Durer, le Chtisl et les apôtres, par Wohlgemuth, un portrait, par Denner, des animaux, par Cuyp. Le libraire Hirzel (Kœnigs Stra.sse) possède la collection de toutes les éditions desœuvres de Gœtbe, des autographes et d’autres souvenirs du poète.

Les anciennes fortifications de Leipsick on tété.depuis longtemps, transformées en promenades. Si l’on fait le tour de la ville(45 min.

ALLEM. Dt! N-,

S. — LE KOSENTHAL. 4C9

suffisent), eu partant de l’aucienne porte appelée Grimmaschethor et en se dirigeant au S., c’est-à-dire du cdté de la Biirgerschule, on laisse à g. le faubourg appelé Johannes Sladt. Entre le Kossplatz et la Biirgerschule, les agriculteurs allemands ont élevé un monument, unestatuede bronze par Rietschel, à leur professeur Thær If 1828.) Le Kœnigsplalz, sur lequel s’ouvre plus loin le Petersthor, est orné de la.<ifa(ue du roi Frédéric-Auguste (f 1827). Après avoir contourné la Pleissenburg, on remarque à l’O.

de la ville, près du Thomastbor, les monuments de Sébastien Bach {+ 1750), et du compositeur HiUer (J 1804). Sur la place du théâtre s'élève la statue en bronze du célèbre bomœopathe Hahnemann.

Au delà de la porte de Halle (N.-E.), le fondateur de ces promenades, le bourgmestre Miiller, est rappelé sans cesse par un monument I à la reconnaissance publique ; enfin, au delà du bassin, sur le Schneckenberg, s’élève le monument de Gellert , 1715-1770, par Œser.

Leipsick possède d’autres promenades non moins agréables. Ce sont d’abord les jardins de Reichel (par le Thomasthor), et de Gerhard (par IcTbomasthor ou parle Frankfurterthor), où se trouve le monument de Poniatowski (voir cidessous) ; mais nous signalerons surtout le Roaenthal, beau parc situé au N. -O. au delà de la porte de Francfort et du confluent de l’Elster avec la Pleisse. Ses cafésconcerts sont très-fréquentés pendant la belle saison. Les arbres, surtout les chênes, s’y font remarquer par leur grosseur. Leibnitz, qui était né en 1646 à' Leipsick, a souvent médité sous leurs ombrages. On va par le Kosenthal à Gohlis, où bcniller a composé sa pièce de vers an die Freuae, Une tablette de métal dés igné la maison.

Bataille de Lelpiiok.

Après la bataille de Dresde (2S août 181.7), Napoléon, malade,

470 1,KIPS1CK KT SKS KN VIRONS. IRoutk lüi.

laissa le soin de poursuivre l'eiinemi à ses lieutenants; mais ils agirent mollement et permirent aux alliés (le réparer leurs perles.

Vandamme, qui seul avait montré de la vigueur, fut enveloppé et fait prisonnier à Kulm (30 août).

Une crue subite de la Bober, et la lâcheté des Saxons furent cause des échecs que subirent .Macdonald et Ney à la Katzbach (2tS août) et à Uennewitz 6 septembre .

Ces revers et la défection de la Bavière forcèrent .Napoléon à concentrer son armée autour de l.eipsick, où se livrèrent, les HJ, 18 et 19 octobre, trois batailles acharnées qui décidèrent du sort de l'Europe.

L’armée française était forte de 100,000 hommes. La droite, commandée par Poniatowski, occupait Dœlitz et -Mark-Kleberg, le long de la rive droite de la Pleisse; le centre, qui s’étendait de Wachau à Hol/hausen par Liebertwœlkwitz, était sous les ordres de Murat. La garde se tenaiten réserve à Probsthe^'de. Marmont, qui commandait la gauche, occupait Lindenihal et .Mockau ; quant à l'espace vide entre la gauche et le centre, il ne fut rempn que vers le soir, par Régnier et Souham, qui arrivaient de Dûben et de 'faucha.

Bertrand, à Lintlenau, gardait la route de Lützen. Enfin Ney, posté sur la Parthe avec l.'i, 000 hommes qui ne prirent aucune part à la bataille du 10, était opposé aux armées de Blücher et de Bernadotte.

Les alliés, nu nombre de 130,000, commandés par Schwartzenberg, s’étendaient depuis Gautsch, où étaient Giulaj et les Autrichiens, jusqu’à Sagfortshayn qui était occupé par Platow et scs Cosaques.

Le reste de l’armée russo-prussienne était massé derrière les hauteurs au delà do Gossa et de Groebern.

A neuf heures, trois coups de canon, tirés àintervallns égaux par l’armée alliée, servirent ae signal au combat. Bientôt une canon-

nade extraordinaire se fit entendre des deux côtés sur toute la ligne, et continua sans iri terruption peudant cimi heures, avec une telle violence, qu’au dire des témoins la terre en tremblait Les Austro- Russes. sous les ordres du prince de Wurtemberg, de Klenau et de kleist, s’emparèrent de Liebertwolkwitz, de Wachau et de .Mark- Kleberg ; maisMacdonald, accouru de Holz.hausen pour les prendre en liane, se précipita sur la principale position appelée la Redoute suédoise, l'emporta à labaiunnette après un combat acharné, et les villages. enlevés furent repris par les Français. Il était trois heures ; Napoléon, pour frapper un coup décisif, mit en batterie 5ü canons de la jeune garde en avant de Wachau, fouclroya les colonnes ennemies et détruisit leur artillerie. Certain du succès de sa manœuvre, il fit dire au roi de Saxe de faire sonner les cloches de Leipsick pour annoncer sa victoire, et il s’avançait pour enfoncer le centre des alliés, quand leur gauche fit sur .Mark-Kleberg une attaque ^i furieuse que la garde, quittant Wachau, fut obligée de marcher au secours de Poniatowski dont la résistance héroïque n’aurait pu arrêter plus longtemps les colonnes toujours renouvelées qui l'assaillaient depuis le matin.

Les Français se maintinrent dans leur position, mais l’acharnement fut tel, que la nuit ne put meure fin au combat, et qu'à une heure très-avancée, on entendait encore de Leipsick le canon tonner dans la direction de Mark-Kleberg.

Napoléon bivouaqua en avant de Probstheyde, dans une vieille tuilerie ; pendant la nuit, il apprit que Marmont avait été obligé de reculer devan» des forces supérieures et d’occuper .Mœckern, Entritzsch et Schœnefcld pour couvrir Leipsick du côté du nord; que Ney n’avait pu arrêter Bernadotte qui arrivait à grands pas ; enfin que Benigsen avec 50,000 Russes paraissait vers Naunhof.

IKoütK 10-2.J BATAILLE bK LEIPSlCK. -m

Le lendemain 17 octobre) l’empereur, résolu à accepter la bataille malgré les renforts qui arrivaient à l’ennemi, rétrécit le cercle formé par ses troupes autour de la ville. Il plaça sa droite à Conne\vi<7 sur le Pleisse, occupa avec le centre Probsthcyde, Holzhausen et s’étendit dans la direction de Paiinsdorf, pour y donner la main à Ney qui, avec Marmont, défendait le terrain entre l’Elster et la roule de Taucha. La garde se tint en réserve à Thonberg et à Stœtteritz.

Schwartzenberg, voyant la contenance assurée de son ennemi, n’osa pas l’attaquer, et préféra attendre l’arrivée de tous ses renforts. Il se borna à occuper les positions abandonnées par les Français.

Le 18, à midi, les alliés s'avancèrent de toutes parts au nombre de 300,000 hommes avec 50,000 chevaux et 1,200 pièces de canon, enfermant dans un demi-cercle de quatre lieues de développement les Français adossés à Leipsick.

Le fort de l’attaque futcontre Connewitz où Poniatowski et les Polonais se couvrirent de gloire, et surtout contre les redoutes de Probsthcyde que Murat conserva, malgré le désavantage de la position, contre un ennemi quatre fois plus nombreux que lui. Napoléon, placé en avant do Thonberg nu pied d’un moulin à vent en ruine, surveillait les progrès de l’ennemi, se lançait avec sa garde ver.s les points menacés, rétablissait les affaires et revenait à son poste d’observation.

<t I.a bataille, dit Th. Lavallée, fut effroyable. Les alliés donnaient par masses et livraient aux colonnes françaises de véri tables assauts où ils faisaient d’énormes pertes ; mais ils remplaçaient sans cesse leurs troupes épuisées par des troupes fraîches; ils jouaient uniquement à tuer des hommes, dussent-ils en sacrifier le double, certain d’avoir toujours la supériorité du nombre. Au centre et

à la droite, les Français, qui, au dire même des ennemis, n’avaient jamais montré plus de bravoure, conservèrent leurs positions ; mais à gauche, une horrible trahison leur fit perdre un moment du terrain ; là, 40,01)0 hommes étaient battus en brèche par JOO.OOO hommes et 300 canons que dirigeait lîernadotte, quand les 1-2.000 Saxons qui formaient le tiers de cette gauche, coururentau-devant des Russes, entrèrent dans leurs rangs, et à laprièrede Bernadette, déchargèrent toute leur artillerie à bout portant sur les compagnons qu’ils venaient de quitter.

Napoléon accourut sur ce point avec sa garde, et, là comme ailleurs, les positions furent conservées. La nuit fit cesser le carnage ; 60,000 hommes jonchaient le champ de bataille. »

Pendant toute la journée, les armées furent si près des murs que le malheureux roi de Saxe put suivre tous leurs mouvements du haut de la tour de l’observatoire.

Enfin, l’empereur, manquant de munitions, se décida à la retraite, et rentra à Leipsick pour prendre les mesures nécessaires. Il établit d’abord son quartier général au Thunberg ; mais l’affluence des blessés ne lui permit pas de s’y arrêter, et il se rendit à l’héfel de Prusse, où il passa la nuit.

Dès le soir les bagages avaient commencé à traverser la ville, pour s’éloigner par la route de Lindenau, long défilé de deux lieues, coupé par cinq ou six canaux que traverse un seul pont.

A la vérité on en avait fait un autre; mais construit trop faiblement, il s’était écroulé. Le lendemain 19, les cqrps de Victor et d’Augereau ouvrirent la retraite, et furent suivis par la garde, la cavalerie et une partie de l’artillerie.

La défense de la ville fut confiée aux débris de cinq corps d’infanterie. Régnier, couvert par la Parthe, gardait au nord le faubourg de Rosenthal; Marmont, celui de Halle; Souham, celui d'Interthor,

m LEIPSICK ET SES ENVIRONS. IRoutb loa.

entre les portes de Halle et de Dresde, Macdonald etPoniatowski, qui devaient former l'arrièregarde, protégeaint le reste des faubourgs jusqu’à la Pleisse.

Après quelques pourparlers, qui n'aboutirent pas. Leipsick fut atiauée de tous côtés. Les Français, ésespérant de sauver les bagages, brûlèrent cent caissons parqués en avant de la porte de Dresde. Saken et Langeron furent repoussés trois fois du faubourg de Halle , dont ils finirent par s'emparer maison par maison, avec une perte considérable en hommes. il en fut de même du faubourg d’Interthor, que llulow “attaqua. Pendant ce temps-là Benigsen et la grande armée avaient forcé les barrières du midi; les corps, chargés de défendre ce côté, embarrassés par la multitude des bagages, ne purent prendre des mesures efficaces ; ils se retirèrent vers la barrière de Ranslœdt, en tournant autour de la place, et les Russes, forçant la porte de Dresde, pénétrèrent dans Leipsick, en même temps que les , Autrichiens, k qui les Badois venaient de livrer la porte Saint- Pierre.

Cependant la retraite s'opérait, protégée par la défense prolongée des faubourgs de Halle et de Rosenlbal.et surtout par la résistance opiniâtre de Poniatowski dans le jardin de Reichel. « Encore deux lieures, dit T. Lavallée, et toute l’armée était sauvée ; mais la fusillade qui arrivait de tous côtés sur le pont de l’Elster fit croire aux sapeurs chargés de faire sauter le pont que le moment était venu : ils mirent le feu k la mine.

30,000 hommes et 150 canons restaient dans la ville. Le désespoir s’empara de ces braves ; les uns se défendirent jusqu’à lamort dans les maisons: les autres se jetèrent dans l’Elster ; Macdonald se sauva à la nage; Poniatowski fut tué en se lançant dans la rivière ; le roi de Saxe, Régnier, Lauriston et quinze généraux restèrent prison-

niers. Dans les trois jours de cette bataille, la plus terrible des temps modernes, et que les Allemands appellent la bataille des nations (Vœlkerschlacht) , les Français perdirent 50,000 hommes dont 20,0o0 tués ; les alliés n'eurent pas moins de 60,000 tués ou blessés. » 11 faut quatre heures à pied, trois heures en voiture, pour visiter les champs de bataille de Leipsick.

Le seul bâtiment qui ait conservé des traces du combat est le château de Dœlitz, 45 min. à l’O. de la colline des Monarques, 1 h. 15 min.

au S. de Leipsick Divers monuments rappellent les tristes souvenirs de ces sanglantes journées. A 20 min. de Probstheyde un obélisque de fer fondu, érigé en 1847, désigne la place où les trois souverains alliés s'étant réunis, reçurent la nouvelle que la victoire se déclarait en leur faveur, le 18 octobre 1813. — Dans le même village , on voit sur un grand cube de granit rougeâtre poli, le chapeau de Napoléon, une épée, un télescope et une carte d'opération ; le tout sur un oreiller et fondti en bronze. Sur la pierre monumentale on lit cette inscription : Ici demeura Napoléon le IB octobre 1813 oà.vervant les combats delà bataille des Peuples. Et sur le revers : le Seigneur est le véritable guerrier. Seigneur est son nom.

2. Mo'ise X'V, 3. — A peu de distance, près de la ferme Meisdorf, une simple borne degranitaété élevée àla mémoire du prince Charles de .Schwarzenberg, né en 1771, mort en 1820. — Le cimetièrcde Taucha, 2 h. à l’E. de Leipsick, renferme les monuments du général russe de Manteuffel et du général d’artillerie anglais Boyer. — Sur l’ancienne Milchinsel, au N. de la Johanniskirche, à l’extrémité de la Marien Strasse, M W. E. Lampe a fait construire en 1815 un petit monument en souvenir de l’entrée des alliés dans la ville. Une souscription a été faite pour le remplacer par un autre plus considérable ; des boulets et des canons

[Kouxe 103.] BIl'TJiKFELl)

de fusils, recueillis sur le champ de bataille, doivent en former la clôture. — Enfin le cimetière de Saint- Jean{aa N. du Grimma'scliethor), où sont enterrés Nellert, Weisse, Mahlmann.Tzschirner, Roseninül- 1er, Spohn, Beck, Pœlitz. contient les monuments de Motherby, ce capitaine prussien que Max do Schenkendorf a chanté, et d'autres officiers tués dans la mêlée ou morts de leurs blessures. Mais le monument le plus souvent visité est celui du prince Joseph Poniatowski. Il se trouve dans le Jardin Gerhard, autrefois Jardin Ueichenbiich, et a été élevé à la place où le héros polonais s’élança dans l’Elster. C’est une simple borne de granit couverte de nombreux noms polonais. On paye 5 ngr.

pour entrer dans ce jardin, où l’on voit encorô un modèle en plâtre de la statue équestre de Poniatowski par Thorwaldsen, son portrait, des autographes et d’autres souvenirs.

On peut, de Leipsick, aller visiter le chaino de bataille de Lützen (voir K. 11], où périt Gustave- Adolphe, le 6 novembre 1G33, et où, le 2 mai 1813, Napoléon remporta sur l’armée prusso-russe, commandée par l'empereur Alexandre et le roi de Prusse, une victoire qui lui coûta 10,000 hommes. Ses ennemis en perdirent 30,000.

De Leipsick àHsIIe, K. 103; — àj'rancfort, 77 ; — à Bamberg, par Allenburg et Hof, R. 100;— à Berlin, R. 103 B;— à Magdebourg, R. 103 A et R. 117;— à Carlsbad, R. 121 et Allemagne du Sud; — à Dresde, R. 1 18; — à Cbemnitz, H. 121 ; — à Eilenburg, R. 116;— à Lützen, R. 77; —à Bitterfeld, R. 103 B.

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