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DE LEIPSICK

Luther appelait sa bibliothèque.

Des vitraux coloriés en forme de disque, et soudés les uns aux autres avec du plomb, laissaient tomber des rayons de lumière de toutes les nuances sur la table de travail. Cette table, qu’on a conservée précieusement, ressemble à une sorte de bureau à la Tronchin : au milieu, on voit encore le crucifix d'ivoire qui en faisait le plus précieux ornement. C’est l'oRuvre d'un artiste de Nuremberg. Le vieux fauteuil où il s’asseyait, et où il a traduit probablement une partie de la Bible, existe encore; c est, comme le crucifix, un don de l’électeur, qui l’avait trouvé également dans un couvent.

A la porte d'entrée de la chambre du docteur pendaient, au lieu de ces pipes qui décorent aujourd’hui toutes les chambres d'étudiants allemands, une flûte et une guitare, car il jouait de ces deux instruments. On montre encore dans le logement de Luther son pot à bière, son poêle, deux de ses portraits par Cranach, l’empreinte de sa figure prise en plâtre après sa mort, et un autographe à la craie de Pierre le Grand, actuellement couvert d’un morceau de verre pour le protéger.

Les maisons do Luther et de Mélanchthon sont aujourd hui des maisons d’école. Derrière la maison de Luther, près delà porte de l’Elster, est le chêne qui a remlacé celui sous lequel Luther rûla la bulle du pape le 10 décembre 1520.

L’hôtel de ville renferme les portraits de Luther etdeMélanchthon, ainsi que ceuxdes autrcsréformaleurs de leur temps, par Cranach, <)ui fut bourgmestre de VVittcnberg. On y voit un autre tableau du même peintre, représentant les dix Commandements de Dieu et peint ea 1516 ; un portrait de Gustave-Adolphe ; son épée, dont il fit présent à la ville de Wittenberg; le rosaire que Luther portait quand il était moine, et d’autres curiosités.

: A BERLIN. [Rourü 103.J

L'église de la ville jStadtkirche), qui se trouve près de l’hdtel de ville, possède des fonts baptismaux en bronze, ornésde fresques des apôtres, par Hermann Vischer, 14.')7. Deux peintures de Cranach y attireniaussi l’attention du voyageur ; la première, qui décore le maître-autel, représente les quatre Sacrements; 1” la Cène: Cianach s’y est représenté sous les habits d’un serviteur ; 2*le Baptême : c’est Mélanchthon qui officie; 3° la Prédication : Luther s’adresse à un auditoire dont les deux personnages du premier rang sont sa femme et son fils; 4'> la Pénitence:

elle est administrée par Bugenhagen ; la seconde est allégorique et représente la Vigne du Seigneur, dont le pape et ses adhérents font un mauvais usage, et qui est bien cultivée par les réformateurs.

Sur la place du Marché, au centre de la ville, s’élève un petit dôme gothique en fer coulé, renfermant une statue en bronze de Luther, par Schadotc, érigée en 1821. Sur l’un des côtés on lit ces mots :

La première pierre d’une statue semblable de Mélanchthon a été posée le 19 avril 1860.

L’ancien château électoral avec ses deux tours rondes est actuellement une citadelle. Quant è rumversité, elle a été réunie en 1817 à cellede Halle. D’aprèsla tradition, le célèbre docteur Faust aurait habité Wittenberg pendant quelque temps.

De Wittenberg à BerMn.

12 8/10 mil. 3 convois tons les jours, en 2 h. 2 h. 45 min., pour 2 Ih. 24 li2 s;;r., 1 th. 28 1/2 sgr. et 1 th. 131/2 sgr.

A Wittenberg viennent se réu nir les deux embranchements de Bitterfeld et de Dessau.

Si c'est l'œuvre de Dieu, elle durera : Si c'est celle des hommes, elle périra.

Et sur le côté opposé :

Notre Dieu est une forte citadelle.

Digitizec l:> Goo^qlc

Route 103. JUTERBOGK. 479

On passe par Zahna, V. de 2,300 hab. et par Blænsdorf, avant d’atteindre

4 5/10 mil. Jûterbogk ( Hôt.

Post), ancienne V. des Wends, d’env. 6,000 hab., située à 20 min.

env. du chemin de fer. Ce fut en 1517 que le dominicain Tetzel, choisi par Albert de Brandebourg pour prêcher sur les indulgences, vint îi Jûterbogk prononcer en chaire ces sermons qui soulevèrent la colère do Luther et furent comme le premier signal de la Réforme.' Il vendait non-seulement des indulgences, a dit un écrivain protestant cité par Audin, mais des dispenses de mariage, de jeûnes et de carême. Il avait soin de se faire annoncer, et il entrait dans les villes au son des cloches et de la musique, bannières llotlantes, et accompagné du clergé, de moines et de religieuses, de magistrats et d’écoliers et d'hommes et do femmes qui chantaient des Cantiques. Il montait un char magnifique; la bulle reposait sur un coussin de velours. Le cortège prenait le chemin de l’église, traversant les rues remplies d’une foule pieuse qui se pressait autour des frères quêteurs. Le temple était paré; les cierges allumés ; devant l’autel s'élevait une croix en bois rouge où étaient attachées les armes pontificales.

Ordinairement Tetzel montait en chaire, prêchait sur les indulgence s et menaçait des foudres de l’Eglise quiconque en nierait l’efficacité. L’orateur s’adressait à un peuple qu'il était facile de remuer, et 'Tetzel aimait les imagos. Son discours achevé, le frère Rartholoinée criait : Achetez, achetez ! en frappant d'une pièce de cuivre un plat de métal i^ui contenait des centaines de cedules tontes signées. La foule se heurtait, tendait la main etdonnait, en échange il'absolutions, le denierdu pauvre ou l’argent du riche.

On montre encore aujourd’hui à Jûterbogk, dans VéglLse HeSaintyieotnx, la boîte des indulgenres

(Ahlasslasten) dont Tetzel se servait. Cette boîte, pleine d’or, lui fut volée dans un bois, près du couvent de Zinna, par un seigneur voleur, Hans de Hacke, auquel il avait vendu une absolution générale pour tous ses péchés futurs.

Le 6 sept. 181.3, k Dennewits, v.

situé à peu de distance de Jüterbogk, sur la route de 'Wittenberg, les Prussiens battirent complètement les Français, commandés parle maréchal Nej'. La retraite se fit dans le plus grand désordre, et Ney, qui avait perdu dix mille hommes tués ou pris, ne rallia son armée que derrière l’Elbe et sous le canon de Torgau. Un monument a été élevé en mémoire de cette bataille près de Nieder Gœrsdorf, V. situé en face de Dennewitz, de l’autre côté du chemin de fer.

A Dresde et k Leipsick, parRcederau, R. 116.

1 7/10 mil. Luclcenwalde, V. de 8,200 hab. sur la Nuthe, célèbre par ses manufactures de draps. — On laisse h g. un petit lac.

2 1/10 mil. Trebbin, v. de 1,700 hab. qui possède une fabrique de fa'ience.

2 mil. Gross Beeren. Un obélisque, surmonté d’une croix, a été élevé près de ce v. dont on aperçoit k dr. l’église aux sept tours, en commémoration de la victoire que les Prussiens y ont remportée, le 23 août 1813, sur les Français, commandés par Oudinot.

On aperçoit k g. la tour de Teltoic, et on laisse k dr. le Kreuzberg en allant de Gross-Beeren k

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