LILE DE
— Une barque de Glowe à Arcona coûte 1 1/2 th. Les touristes qui ne veulent point passer la nuit sur le phare d’Arcona pour y jouir du lever du soleil, feront bien de traiter de suite pour l’aller et le retour (20 sgr. à 1 th. en sus). — Un sentier qui se détache à dr. de la route du village et qui longe les hauteurs du rivage conduit au retranchement de la Jaromarsburg et de là au phare.
Arcona, le promontoire le plus septentrional de l’ile de Rûgen, terinine la presqu’île de Wtlcotv ou Wiitmundj comme l’appellent les bateliers du pays. Elle est trèsfertile, mais ne possède que trèspeu d’arbres ; elle ne contient pas moins de 42 villages et de 5,000 hab. La Schaabe, qui l'unit à la presqu'île de Jasmund, est longue d’env.l mille etlargede 700 à 1,000 pas. Dans l’église ü' Altenhirchen on remarque une figure qui passe pour être l’idole de Swantewite , et le cimetière renferme la tombe du poète Rosengarten (-)^ 1810). Le pasteur de ce village vient , pendant l’été, àWitte tous les dimanches, faire un sermon sur le bord de la mer aux pêcheurs des îles voisines. — Arcona s’élève de 58 mot. au-dessus de la mer. 11 est surmonté d’un phare où les voyageurs peuvent coucher au besoin.
Ce phare, haut de 25 mèt., a été construit d'après un plan de Schinkel. On y découvre une belle vue sur la mer , l’île de Hiddensee et rile danoise dé Mœen.
Arcona fut jusqu’au xil« siècle une forteresse des Wendes qui, à cette époque , habitaient l’ile de Rügen, appelée Burgring, le dernier boulevard du paganisme dans le Nord. Saint Vit 1 avaitconvertie, mais à son départ les faux prêtres revinrent, brisèrent les croix, détruisirent les chapelles et firent de saint Vit une idole monstrueuse qu'ils appelèrent Swantewite.
< Le temple de cette idole, vénérée dans tout le pays, s’élevait au milieu de la ville d’Arcona, dit un écrivain anonyme, fl était héti avec
RUGEN. [Rodtr 109.J
soin , peint en rouge, et orné de sculptures en bois. Il n’avait qu’une porte d’entrée et deux enceintes; lapremièrepeinte en rouge de haut en bas, la seconde ornée de quatre colonnes , et revêtue de tapis de tous les côtés. Au fond de celle-ci était l’image .Swantewite voilée par un rideau. C’était une statue d’une grandeurcolossale, portant sur ses épaules quatre cols et quatre têtes.... Le dieu tenait à la main droite un vase en forme de corne fait de difTérents métaux , et son bras gauche était arrondi comme un arc. Une robe épaisse lui couvrait le corps jusqu’aux genoux, et ses pieds reposaient sur un bloc de pierre enfoncé dans le sol. Autour de lui étaient suspendues sa selle, sa bride, son épee qui était d'une longueur démesurée. Un peu plus loin on voyait sur les murailles des cornes de différents animaux sauvages, et les présents en or et en argent qui avaient été offerts à cette farouche divinité.
Swantewite était tout à la fois le dieu de la guerre et le dieu de la fécondité. Chaque année, après la moisson, le peuple venait en foule lui rendre hommage.... Le jour de la fête étant venu, le chef des
firêtres regardait devant le peüple a corne que le dieu tenait dans sa main , et qui avait été remplie d'hydromel l’année précédente.
Si la liqueur se trouvait encore au même niveau, c’était un signe d’abondanCe pour l’année prochaine; sinon, il fallait s’attendre à une mauvaise récolte. La prédiction faite , le prêtre versait l’hydromel aux pieds du dieu, puis remplissait sa corne de nouveau, en faisant une prière pour la prospérité du pays; ensuite il prenaitun gâteau de la longueur d’un homme; le plaçait entre lui et la foule, et demandait s’il n’était pas entièrement caché par ce gâteau.
S’il en était ainsi, l’épaisseur du gâteau pouvait être considérée comme un signe d’abondance pour l’année suivante ; sinon c’était un indice funeste.
[Route 109.] LE HIDDENSEE.
« Pour l’entretien du temple chaque homme et chaque femme payaient un impôt annuel le tiers du butin enlevé à l'ennemi appartenaitau dieu ; en outre on lui avait consacré trois cents chevaux , et tout ce que l’on gagnaità l’aidede ces trois cents chevaux devait lui • être offert; il avait de plus un beau et grand cheval blanc que le chef des prêtres avait seul le droit de monter. On croyait que le dieu lui-méme prenait quelquefois ce cheval et s’en allait la nuit combattreles ennemis denie; car parfois le matin on voyait le coursier divin tout haletant k la porte du temple et couvert de sueur. A l’approche d’une guerre, on faisait de ce cheval un oracle; on le conduisait trois fois devantun faisceau de lances posé par terre ; s’il se mettaiten marchechaquefoisenlevant d’abord le pied droit et sans toucher les lances, le peuple crevait qu’il serait victorieux ; sinon if tâchait de faire la paix, v En 1168 . le roi de Danemark Waldemar I" s’empara de la forteresse d’Arcona , et brisa en morceaux l'image de .Swantewitc. Les habitants do Rügen , voyant que leur dieu n’avait pas su se préserver intact, cessèrent de croire en lui et se convertirent au christianisme.
On peut d’Arcona regagner Ber-
fen par Altenkirchen, Wieck, le lac e Wittow et Trent. De Wieck on va en bateau visiter l’ile de Hiddensee fk l’O. de Hügen), longue d’env. 15 kil.; en plusieurs eiKlroits, sa largeur n’atteint pas à 300 pas. .Ses habitants, au nombre d’env. 700, répartis en 7 villages, vivent k peu près comme les Esquimaux, dans des huttes aussi misérables, des produits de leur pèche. Ils appellent leur île laiScpt/.a Lnnne (leur douce petite terre), et cependant elle ne porto pas un seul arbre , un seul buisson qui puisse leur fournir du bois pour se chauffer pendant l'hiver. D'ancienneschroniques prétendentque Hiddensee fut séparée de Rügen
— LE JAGSCHLOSS. 571
pendant les grandes tempêtes des années 1304 et 1309.
De Putbus au Ja^dschloss
2 h. 1/2. — En voit. 1 h. 1/2.
^On suit la route qui se dirige k TE. en passant par Lonvis , Vilmnitz ei Lanken (2 h.), vers les campagnes parsemées de tumulus. On laisse k g. une route qui se dirige vers Bergen (voir ci-dessu.s), et, tournant k dr., on entre dans un parc et on gravit la colline sur laquelle se dresse le Jagdschloss, appartenant au prince de Putbus, et l’un des plus beaux châteaux de chasse de l'Allemagne. Il fut bâti de 1835 k 1846 sur le Tempelècrg, monticule d’env. 112 met., où s’élevait jadis un petit temple.
De la plate-forme où conduit un escalier de L54 marches (pourbbire), on jouit d'une belle vue sur Rügen,. Stralsund et les côtes de la Poméranie; toutefois, la vue est plus belle et plus étendue encore au haut du promontoire de Kiekeewer^ éloigné de 20 min. et élevé de 66 mèt. au-dessus du niveau de la >^6r. — A côté du château se trouve un restaurant. — On peut du Jagdschloss descendre par Lancken et Sellin dans la jiresqu’ile MætiAgut, j et de la , par MiddeJhagen et le Steinwall, a Lobbe. Entre ce v. et Gvoss-Zicker s’élève le Tfackt^hetg^ du haut duquel on découvre un beau point de vue. Si l’on veut pousser jusqu’.k Thiessoif . a l’extrémité la plus méridionale de cette presqu’île . on jouira sur le petit Peltrd ou Thiexsoteer Hoewf. d’une des plus belles vues de l’île. On reviendra par Gohren k l’extrémité orientale de la même presqu’île pour esc.alader le grand Pehrd, promontoire qui s’avance au loin dans la mer. De Ik on retournera en 2 b. 1,2 au Jagdschloss en longeant le rivage de la mer jusqu’à Sellin. — {X. B. du Jagdschloss k Thiessow il faut env. 6 h., et de Thiessow au grand Pehrd 3 h.)
Du Jafdschloas à Stubbenluimmer.
7 h — Kn voit. 4 h, 1/3.
Pour ce trnjpt. on fera bien en-
Digitizefi i 7 CiOOglc
572 DK STETTIN A CŒSLTN, COLnERD, ETC;. [Roütr UO.]
eore de se munir de provisions de | bouche. A partir <i'Atl>eck on peut choisir entre (rois chemins, l.e premier jiasse le long du ISchmachtersee k Albcck , l'rora et ,1a Schmale Haide, étroite langue de dune, hordee d’un (■ôté par ta mer, de l’autre ptar des lagunes, l’rés j de l’rora on fera l'a.sconsioti du Schanzenhcrg pour \on'\r delà belle vue qu'il oU’re sur la mer.
Le second chemin se dirige d'.\lbeck à dr., et, contournant la plus grande partie du PrurcrWick, tioul aboutir à Keu-Mukrnti, ham. de 5 , ou () maisons seulement (d h. 1/t;). I A partir de Neu-.\lukrau on suit j d’abord, droit devant soi, le chc- | min des voitures, puis le chemin | (jui se dirige k dr. En 1 h. on | arrive dLanken, où un poteau in- | dique le chemin du bois. On coupt :
le risque de s’égarer si l'on ne prend un guide de Lanken k Stubtienkammer. Enfin on peut louer k .\lbeck une barque (S k 3 1/i th.), doubler le promontoire de la prosqti’île de .Tasmund et aborder au j pied même du Kcenigsstuhl. l'etto ' navig'ation, des plus intéressantes, !
permet d'admirer les cotes très- ; curieuses de la presqu’île de Jas- | mund,
DE 5TETT1N A COESLIN, GOLBERG ET D.kN'f /K'K.
A. DeStettin à Cceslin.
29 C/iO mil. Ghrniin de fer ouvert an mois de juin 1H7!*. 2 convois par jour, trajet en 5 li. K. min., pour 5 th. 11 sgr.,
3 th. 23 sgr. et 2 th. 10 sgr.
5 f! 10 mil. .Stargard (voir R. 111'; le chemin de f. s’y bifurque. La j ligne principale se dirige au S. K. | sur Posen. L’embranchement de 1 Cœslin suit la direction du N. N.
K. et dessert les stations de Trauipkc et de
8 3/10 mil. î-'reintfaldr, V. d’env.
2,000 h^., située sur le lac de Siaritz. Après avoir dépassé Le.xtremité du grand lac de U'od-,
üchuieuf, on s’arrête aux stations de Wnngcrin (2.000 liab.), Labes ■1,000 liai).), sur la Rega dont on suit la valu e jusqu’à Sclàevelbein (-1,300 hab ) avant d’atteindre
19 3/10 mil. Itelgard. V. d'env.
3,000 hnb., située sur la l’ersante.
l'no seule station, celle du b. Nassow, a été étal'lie entre Belgard et
22 <i 10 mil. Cœslin (IlOt. : Diirre, Deutsclies IIa,tis),\ . de 10,000 hab., située k 7 kil. de la Baltique, au bord du Müblbach. Elle est régulii rement bâtie au pied du Gollenberg (haut de LIS mèt.), sur lequel s'élève un monument en l'honneur des Prussiens de la Poméranie qui périrent dans les aim nées 1813 et 1811. Sur la place du marché on a érigé une statue k l’rédéric-Ouillaume !«'. Cœslin est le chef-lieu de la rcgence de ce nom. .Son port possède une cinquantaine de bâtiments.
B. De Stettin à Golberg.
24 2/10 mil. Chemin de fer. -2 convois p.ar jour, trajet en 5 h. 30 min., pour ,') th. 11 sgr., •! th. 1 sgr. et 3 th. 2 sgr.
1!) 3,10 mil. de Stettin k Belgard (voir ci-dessus A).
A Belgard, un einbranebemen t se détache k g. par la vallée de la Persantc sur
20 1/10 mil. C'u’rUn (Ilôt. Post), ])ct. V. d’env. 2,700 hab., située sur la Persantc. On jiasse encore .k Dcgoir avant d’atteimlro
-il 2/10 mil. Golberg (Ilôt. Kmiig V. X’reus.s'rn) , V. ioric tl env. 8,700 linb., située sur le bord do la mer, k l’embouehuro de la l’ersante.
En JS07 , le géiu'ral Oneisenau y soutint un sii'ge mémorable contre les Français. Son hdlel de vdle a été construit il y a ]>eu d'années par '/wirner . rarcliilccle qui achi've la cathédrale do Cologne. — \.a Marienkirche contient un candélabre avec dos figures des apôtres de 1327, des . sculptures en boi.s de 15-23 et d’autres antiquités. Ses bains de mer sont très-fréquentés.
l)n s’y rend par une gorge boisée
[Kotite 111.]
appelée Maihih'le, le seul point int-.-ressant dos environs.
De Cœslln à Dantzick.
20 1/3 mil. 2 (lilii;. tons les jours, en 22 h. et ^8 h. 1/3, pour 0 lli. O 1)3 srr. et T th. 2 Sjtr.
3 1/3 mil. Panitenin,
3 f); l mil. Schlaire. sur la Wipper qui se jette il 8 mil, àVO. dans la mer près de Uilpenwalde.
3 1/3 mil. Stolp (Ilôt. : de Prusse, Mundt), V d’et'.v. 13.0Û0 liai),, sur la rive p. do la Stolp qui se jette dans la mer à (3 1/3 mil.l.Sfolprnii/ndf.
3 1/4 mil. Dumrose; pont sur la Lupotv.
3 ri mil. Corlshœhe.
3 1 1 mil. Laurnhi'fg (hôt. ; de Prusse), V. d’env. 4,000 hab.. avec un chilteau , située sur la rive fr.
de la I.''ba. C'est la dernière ville lie la Poméranie.
3 14 mil. Klein-Aidrrhoh, sur la rive dr. de la 1,'lia que l'on traverse sur un pont; delà on pénétre dans la vieille Prusse. A dr., au-dessus des hauteurs boisées’ <iui forment l’horizon , s’élève le Schœnberg’ (voir R. 113).
3 1/3 mil. Neustadt, où la route SC rapproche de la mer.
3 3/4 mil. Katz. On passe à Zoppot et à Oliva (voir R. 113) entre Katz et
3 1/3 mil. Dantzick (voir R. 113).