ROUTE III
DE STEITI.N A l’OSEN.
27 2/10 mil. Chemin de fer terminé en avril 1818. 2 convois tous les jours, en 7 h. pour ü th. 18 s;.;r., 4 th. 7 sgr. et 2 th. 34 sgr.
En sortant de Stettin, le chemin de fertraver.se l’Oder et les vastes prairies inarécapeuscs qui le bordent, puis, niidelàde la station de T'inkenwalde, laReplitz: on donne ce nom an bras oriental de roder, qui s’est séparé du bras occidental prés de Gorz (4 mil. an S.), et qui va se jeter à peu do distance
au N. dans le Dammerseo. La construction de eelte partie du chemin a é'té lonpiie et coûteuse.
l 3/10 mil. AU Damm. anc. V.
forte de 3,400 bab., située sur le Dammorsce, à reml)Ouchiire de la Slœne : on v remarque les ruines d'une ancienne église.
On traverse une forêt de pins ; puis au delà de la station de Caro- Unenhurst, prés de MorilzfelJe, on laisse à dr. (S.) le Madii Sce, un des plus pr.ands lacs de la Poméranie. Ce lac nourrit d’excellents poissons appelé'S Marenev. — ün francliit un tunnel d’env. 55 met.
de long, avant
4 (), 10 mil. Stargard (Hôt. : Prinz von Preussen), ancien chef-lieu de In Poméranie jiostérieure, V. de 13..500 hab. env. , située sitrrihna, <liii y porte bateau, ci entourée do remparts qui sont llanqués de tours de garde, percées de portes fortifiées, et traiisforméo.s en promenades. Il s’ J’ tient des foires importantes. Sa Marienlirche date des xive et xv“ siècles; son lidtel de ville du xvi. siècle. — A g. se détache la ligne de Colberg et de Copslin (voir R. 110).
Le chemin do fer, qui se dirige de l’E. au S.-E., n’a qu’une station, Dœlilz. entre Stargard et
9 3/10 mil., Arnsmalde, V. de 5,700 hab.. entourée de petits lacs formés par l’ibna. On s'arrête ensuite à Auffushralde, v. entouré do grandes forêts avant
13 4/10 mil. ‘Woldenberg, 'V'. de 4,000 hab., située sur l’ancienne route de ferre de Berlin à Dantziok et dominée par le clocher d’une église moderne dans le style néo - gothique. On franchit la Drage, qui forme la limite des provinces de Brandebourg et de Posen, peu avant d’arriver à
K) 3/10 mil. Kreuz , où l’on coupe à angle droit la ligne de Berlin à Dantzick et Kœnigsberg (R. 113). Le V. n'est guère habité que pur les ingénieurs et les ouvriers des chemins de fer. Les maisonnettes sont entourées de jolis jardins.
STAROARD. — KREU'/.
574 DE STETTIN A POSEN. [Route 111.1
Au sorlir de Kreuz on se dirige au S.-E. par une contrée insignifiante. Bientôt on franchit la \et7.e sur un pont massif de six arches; après avoir dépasse, les stations de Dratzig et ae MiaUa, on arrive à
20 5/10 mil. Wronke, V. d’env.
•2, -100 hall., sur la Warte, que l’on franchit sur un pont de huit arches. Au delà s’étend une vaste forêt de pins.
227/10 mil. .Sanfrr, v. environné de lacs. On s’arrête encore à Rokietnice avant d’atteindre 27 2/ 10 mil. Posen(lIôt.; JVfyîiu.s, de France, de Dresde, de Bavière, Btisch, du Nord. — fiacres : dans l’intérieur de la ville, 3 sgr. la course, hors de la ville, 5 sgr. — PATISSIERS, CONFISEURS : BecU, Prevosti, Schullz, Freund. — restau- RA.NTS ; delaOare.Hoppe.Dannstadt),
V. forte de 41,000 hab., dont 8,000 fuifs, est située au confluent de la Oybina et de la Warthe. Elle est le chef-lieu de la province de la régence et du cercle prussien de ce nom, le siège de l’un des chapitres de l’archevêché de Posen et Gnesen, d’une cour d’appel, d’un tribunal criminel, d’un tribunal urbain et rural, du quartier général du 5e corps d’armée.
L’élément polonais y dominait avant les événements de 1848. On y parle encore autant polonais qu allemand ; mais l’administration fait tout son possible pour germaniser de force la population.
Le nom polonais de la ville est Poznan.
Un village, nommé Stragon, existait au x" siècle a l'endroit où se trouve aujourd’hui Posen.
En 9CK, Miecislas y réunit les grands de son royaume de Pologne, les y, convertit au christianisme, et y fonda un évêché que l’empereur Othon rendit suftragant de l’archevêché de Magdebourg. Dès lors Stragon prit le nom de Poznan. Au xvi« siècle, elle comptait déjà 30,00ü hab. Lors du second partage de la Pologne, elle fut donnée à la Prusse. En
1800, les Français s’en emparèrent. En 1807, elle fit partie des grands-ducliés de Varsovie avec le duché qui porte son nom. En 1815, elle revint a la Prusse, qui y a, surtout depuis 1828, comstruit des fortifications remarquables non encore entièrement achevées .
L’embarcadère du chemin de fer se trouve situé à près d’un kil. à ro. de la ville. Après avoir traversé les fortifications, on arrive bientôt sur la belle place Guilla^ime, où l’on remarque a dr. Vhôte} de Rome, h g.le palais Raezinski, que son propriétaire a donné à la ville avec une bibliothèque de 20,000 vol., riche surtout en ouvrages relatifs à l’histoire de la Pologne. Sur cette même place se trouve encore le théâtre, où l’on donne alternativement des représentations en allemand et en polonais. Les rues qui rayonnent autour de la place sont larges et propres.
L’un des principaux édifices publics est Vhôlel de ville, sur la place de l’ancien marché, bâti de 1512 à 1520, dans le style gothique; la façade se compose de trois rangs d’arcades superposées ; des sculptures étranges la décorent; la tour, la plus haute de la ville, date de 1730. On y voit à l’intérieur quelques portraits des rois polonais. Sur la même place s’élève encore l’ancien palais de Henri de Valois, appartenant aujourd’hui au comte Diatinski. Les vieilles baraques appelées Sclimudelbuden attirent aussi les regards de l’étranger. — ha cathédrale (Loin) s’élève sur la rive dr. de la Warthe, dans le faubourg Wallischei (Chwaliszewo), habité par les Polonais des classes inferieures et qui communique avec Posen par un pont reposant sur trois piles ornées d’éperons en fer pour résister aux glaces. La cathédrale, rebâtie presque entièrement en 1775, de nouveau réparée, il y a' uelques années, après un incenle dévastateur, n’a rien d’intéressant au point de vue archi-
(Route 112.1 KŒPENIC’K. — FURSTEXWALDE. 575
tectural, mais elle contient divers objets d'art curieux : quatre lames de métal du xv« siècle, remarquables par leur travail, surtout celles deWoywode Gurka (•{■ 1472) ; — nié certain nombre de monuments funéraires élevés à la mémoire de ses évéques; — la chapelle dorée, que le comte Edouard Raczinski fit construire en 1812 dans le style byzantin, et orner de mosaïques et de tableaux (l’introduction du christianisme en Pologne, par Suchodolski, üthon 111 devant le tombeau de saint Adalbert, par Brozowski,une copie en mosaïque de l’Assomption delà Vierge, par Prudhon). Cette curieuse chapelle est décorée, en outre, de deux statues en bronze des premiers rois de Pologne, par Hauch (Miecislas P' et iiolisias I");^ — le tombeau de Powodowski (1585' dans la cha-
fielle voisine de la chapicllc dorée; a statue de l'archevêque de Dunin (•}• 1812), par Friedrich de Strasbourg.— Près de la cathédrale se trouve l'arclieréflic , récemment restauré et renfermant une petite collection de tableaux.
La Pfarrkirehe a été bâtie en 1G51, par les Jésuites, dans le style d'architecture qui est connu sous leur nom. Elle n’a de remarquable que ses dorures et ses grandes colonnes de marbre rouge. — La Pcfntirclif date de 1840. — Les autres églises n’olTrent rien d’intéressant.
Devant la petite églisedeSaint-.Michel, on a élevé récemment une statue au poète .Miskiewicz.
Pour bien voir Posen et scs environs, il faut monter sur le fort IVinïarg, la citadelle des fortifications entreprises depuis lannée 1828. — N. B. S’adresser, pour obtenir une permission, au bureau du major de la place, sur le Wilhelmsplatz. Au pied du fort Winiary est le cimetière de la garnison, où l’un remarque le monument de granit élevé par le 5" corps à son général en chef Grolmann (•fl843).
Posen possède un séminaire catholique diocésain, une école normale primaire catholique, un gym-
nase catholique, un gymnase évangélique, etc. Ses fabriques sont nombreuses (distilleries, brasseries, blanchisseries, manufactures d’armes, etc.1. Il s'y tient chaque année des foires importantes; la plus considérable a heu à la Saint- Jean.
A Breslau, R. 134; — à Dresde par GIo- Bau,R. 130; — à Francfort-sur-l'Oder par Cüstrin, voir ci-dessus et R . 113 ; — à Varsovie, 40 1/4 mil. dilig. tous les jours en 32 b., pour 8 ih. 15 sgr.
DE BERLIN A D.VNTZICK.
09 l/lu mil. Clieniin de fer terminé en octobre 1857. 2 convois tous les Jours, en
12 h. 25 min. et 15 h. 30 min., pour
13 th. 25 sgr. 10 th. 11 1/2 sgr. 6 th.
27 sgr.
De Berlin i Dirsebau.
G4 9/10 mil.
Le chemin de fer suit la direction de l’E. en inclinant un peu vers le S. et traverse de nombreuses plantations de sapins, ayant la Sprée à sa dr, justpi’à Briesen.
La première station est aRummelsberg.
1 6/10 mil. Ka-penick, V. de 3,000 bab. env., sur une île de la. Sprée.
Son ancien château royal , où mourut, en L571, l’électeur Joachim II, sert aujourd’hui d’école normale. Un peu au delà, près de Fricdrichshagcn, on laisse à dr. le Müggtisee. Au S. les Miiggelsberge, montagnes boisées hautes de % 127 met., forment l'horizon; au N. on aperçoit les liüdersdorfer Kalketeinbrüche.
3 2/10 mil. Erkntr, entre le Dcrmerilz et le Flakensee. On s’arrête quelquefois à Hangehbcrg, entre Erkner et
6 3/10 mil. Fürslemcalde (Hôt. :
Deulschee Haus, Adler), V. indust.
de .5,100 hub. env., sur la Sprée.
Elle fut autrefois la résidence des évêques de Léb-us. HaMarienkirche,
57(5 DK STETTLN A l'O^EN. IRodte lU.J
l'-glise eu britiucs ilu xiv» siècle, resiaurèe en K55C, renferme un beau labernaclc gothique (1510)' de grès, et les monumems en bronze et en pierre de plusieurs evèques. — Dans le voisinage se trouvent les riches mines de oharbon de Uaiien ei do. l’clerxioTf.
Après avoir dépassé lierkenhrück.
on s'arrête à
8.‘1/10 mil. Briesen, puis ii Jacobsdorf et à Rusciujarten, v. au delà duquel on franchit le point de ]iartage des eaux de l’Elbe (Sjirée) et de l’Oder.
10 8/iOmil.Francfort sur roder, en allemand, Frankfurt an ilcr Oder (Ilôt. : Di’Htxrhei Uaus, Adler, l’rinz V- Preussen, Lance), est une Y. d’env.
32,000 hab., située sur l'( )der qui la divise en deux parties, la vieille ville sur la rive g. et le faubourg sur la rive dr. Un pont de bois, chargé do grosses pierres, afin d’opposer une plus grande résistance au courant, réunit les deux rives.
La vieille ville est régulièrement bâtie. Quatre rues parallèles la traversent du ,S. au X.
L’histoire de Francfort u’olfre aucun fait digne d’une mention.
Elle a résisté, en 1432, aux luissites, aux Polonais en l l.'iO, au duc de Sagan en 1 177 ; prise et reprise plusieurs fois par le« Suédois et les Impériaux dans la guerre de ’frente ans, elle a beaucoup souffert dans la guerre de Sept ans ; mais les traces de ces désastres ont complètement disparu. Elle est après Berlin et Potsdam la ville la plus florissante de la Marche du Brandebourg. Cette prospérité, elle la doit îi sa position sur un fleuve navigable qui, corninuniquaiit par des canaux avec la Vislulo et l’Elbe, eu fait l’entrepi)i nécessaire des marchandises export es de la Silésie dans l’.Vllemagnc du .Nord. Il s’y tient chaque année trois foires célèbro.s, moins importantes toutefois que celles de Fr.incfori-siir-le- Moin. En service régulier de bateaux à vapeur la met en communication avec Stettin. La distance
est de 23 mil. 11 y a deux départs par semaine. On juirt de Francfort et de .Slettin entre 5 et 6 h. du matin et on arrive à Stettin vers 4 h. 1/2 de l après-midi et à Francfort vers 8 11. du soir; le prix de»
places est de 2 th. et 1 th. 20 ■■'gr.. Enfin l’ouverture du chemin de fer de la Marche et de la basse Silésie a donné une nouvelle impulsion à son industrie et à sou commerce. Du reste, elle n’a rien de bien curieux à otfrir ,’i un étranger. .Scs principaux édifices publics sont : la Marienkirche , appelée aussi Oberkirche, bâtie en bri<iues au milieu du xiii' siècle et récemment re.staurée l’intérieur. On v remarque un beau maitro-autel en bois sculiité avec huit anciens table.aux sur fond d'or ; un béait candélabre à sept branches, des fonts baptismaux, des vitraux de couleur, etc. La chaire est moderne. Près do la ])orie du S. on a placé un tableau de BoJe représentant le jirince I.éopold de Briins-wiek, neveu de Frédéric II, qui s’était noyé le 27 avril 1785 en essayant d’arracher une famille aux flou de l'Oder et dont on retrouve le cadavre; — Vhôtel de ville (sur la pilace du Jlarclu'O, Construit en ItiOT; la barre de fer fixée au pignon était l'emblème de la ligue hanséatiqiio ; — le théâtre (sur le Wilhelnisplatz , voisi.u du chemin de fer), achevé en 18f2 ; — le monument, élevé èla mémoire du prince Léopold (près du pont dxî l’Oder); — le monuinenl du poibe Kw.-ilil de Kleist, tué, le 21 août 17.5i) , à la bataille de Ku»ior.sdorf (dans le parc au ,S. do la Vistule).
L'université de Francfort-sin— l'Oder, fondé-c en léiU; p.ar l’éleeteur .ioachim P', a été transférée à Berlin en 1810. On peut encore visiter, au cimeüère, le monument que Frédcrie-tluillaiime IV a fait élever en 18.73 au géiu’Tal rhile.
Kimer.sdorf est ii 1 mil. au X. do Fraiii'forl-siirl’Oricr. Oc fut laque Frédéric le (îraiid perdit la bataille la plus désastreuse de la guerre de
[Routk 112.] RANCFORT-SUR-L'OUER. 577
Sept ans (24 août 17591. 50,000 Prussiens avaient attaqué résolûment 80,000 Russes et Autrichiens commandés par Soltikoff et Laudon.
Dans la première moitié de la journée tout céda à leur impétuosité.
Frédéric envoya même à Berlin un courrier porteur d’une dépêche annonçant une victoire complète, mais les chances de la guerre se tournèrent contre lui. En vain il chargea lui-même trois fois à la tête de scs troupes. Il eut deux chevaux tués sous lui. Son habit fut percé de plusieurs balles. Décimée par les forces de l’ennemi, l’infanterie lâcha pied et la terreur se répandit dans tous les rangs. Frédéric faillit tomber entre les mains des vainqueurs.
Après avoir expédié à Berlin une dépêche bien différente de la première, étendu sur une botte de paille dans une ferme déserte, il songea pendant la nuit à se donner la mort. Il écrivit à ses amis des lettres d’adieu. « Tout est perdu,
« disait-il dans unç de scs lettres,
« je ne survivrai pas à la ruine de « mon pays. Adieu pour toujours. »
A Crossen, 7 mil. 2 dilip. tous les jours en 6 h., pour 1 th. 12 sgr. et 1 th. 19 sgr. Crossen est une ville ind. de 7,0(K) hah. situce près du confluent de l'Oder et de la Bober; — à ÜrUnelerg, 11 1/1 mil. 2dil.
tous les jours en 9 h. 1/2 et 10 h. 1/4, pour 2 th. 7 1/2 sgr. et 2 th. 14 1/2 sgr. Gruneberg est une ville ind. et agricole de 11,000 hab.; on y récolté env. 7,000 hectolitres de vin par an; 2 dil. en partent tous les jours pour Züllichau, V. de 6,000 hab. (2 1/2 mil. en 2 h. 3/4 et 3 h. 1/4, pour 15 sgr.). Elle communique par Sorau et Sommerfeld, avec le chemin de fer de Francfort à Breslau. Les relais de poste sont ainsi établis de Francfort à Gruneberg : ( 1 3/4 mil.) Pulverkrug;
(1 1/2 mil.) Ziebingen; (3 3/4 mil.) Crossen ! (2 1/4 mil.) Grosslessen ; (2 mil.) Gruneberg.
En quittant Francfort, on laisse à dr. le chemin de fer de Breslau voir R. IIG). Un se dirige au N.,
Aluu. su n.
le long de la rive g. de l’Oder, par Lebus (2,200 hab.) et 13 mil.
Podelzig, sur
14 8/10 mil. Cûstrin (Hot. :
Kronpritiz, Stadt Cüstrin, Adler), V. forte et industrielle (serges, lainages, cuirs, etc.) d’env. 9,000 hab., située au confluent de la Warthe et de l’Oder, qu'y traverse un pont de 292 mèt. Incendiée par les Russes en 1758, elle se rendit aux Français en 1807. Depuis 1814 elle appartient à la Prusse. Son vieux château rappelle un souvenir historique qui mérite une mention. Le père de Frédéric II, Frédéric-Guillaume, n’était pas moins brutal envers son fils qu’envers les autres malheureux qui se trouvaient mis en rapport avec lui.
Pour la plus légère faute il l’accablait de coups de pied et de bâton : un jour il le jeta à terre, le traîna jusqu’à une fenêtre et se disposait à l'étrangler avec le cordon des rideaux, lorsqu’on l’arracha de ses mains. Pour être intervenue en faveur de son fils, la reine subit un traitement odieux.
La princesse Wilhelmina fut aussi cruellement punie d’avoir montré de l’intérêt à son frère. Réduit au désespoir, l’infortuné jeune homme chercha son salut dans la fuite.
Alors le vieux tyran eut un accès de rage qui lui fit perdre la raison.
Le prince avait le grade d’oflicier; sa fuite était donc une désertion, et, dans le code moral de Frédéric- Guillaume, la désertion était le plus grand de tous les crimes.
Frédéric-Guillaume eut un moment l’idée de faire fusillier son fils. Cédant aux sollicitations des Etats de Hollande, des rois de /Suède et de Pologne et de l’emnereur d’Allemagne, il lui accorda la vie, mais l’enferma dans le vieux château de Cilstrin et le forçad'assister à l’exécution de son ami de Kalte qui avait protégé sa fuite. Frédéric II resta longtemps prisonnier. Mais il se trouva heureux dans sa captivité : il n’était plus battu i il n'était plus'contraiul de se nourrir de mets que son
578 DE DEKLIN A
estomac se refusait à digérer; il pouvait lire la Hmriadc sans se voir arracher son livre, et jouer de la flûte, son instrument favori, sans qu’on la lui cassât sur la tête.
Ce fut dans les environs de Cüstrin, à Zorndorf, que, en 1758 Frédéric le Grand, à la tête de 30,000 Prussiens, défit 50,000 Pusses commandés par Fermor. La bataille fut longue et sanglante. Les deux armées ne firent aucun prisonnier; car les races germanique et slave conservaient toujours l'une pour l’autre une aversion mortelle, et la vue des ravages commis par IcursbarbaresCnnemis (ils avaient bombardé et presque détruit Cüstrin) avait singulièrement irrite le roi et ses soldats.
\ 1 mil. il l'E. de Zorndorf, au confluent de la Warthe et du Lœnitz, est située Sonnenburg .
V. d’env. 3,500 hab., avec un ancien palais de l’ordre de Saint Jean, transformé en hôpital.
A Ctistrin, on franchit l’Odbr sur un pont h treillis long de 295 mèt. et un pont de marée long de 185 mèt. Bientôt après on franchit la Warthe sur un autre pont de 363 mèt.; suivant alors la vallée de la Warthe, on passe aux stations do Tamsel, Vieh, Do'llensradung, Düringsthof, pour atteindre 20 9/10 mil. Landsberg (Ilôt.:
Krone, Kænig v. Preu-iisen, Best, de la Gare), V. ind. de 13,000 hab., sur la rive dr. de la Warthe, au
fied d’une colline. On y remarque:
église Sainte-Marie, édifice moderne à deux tourelles et dominant les maisons de la ville; la ‘synagogue; le parc, avec un monument en l’honneur du célèbre théologien Schleierroacher, qui fut pendant quelque temps pasteurdelaville. Outre scs fabriques de laine et de cuirs, I.andsberg possède de grandes distilleries d’eau-dc-vie et des ateliers de construction pour machines. On jouit d'une jolie vue à la brasserie du Mülltfsberg, ainsi que des hauteurs boisées des Tlorslberge.
Au sortir de Zantork, ou entre
DANTZiCK. [Rocrit 112.]
dans la vallée de la Netze, rivière ui se jette près de eette station ans la Warthe ; puis, au delà de Gnrkow et de Mecklenbtiry, station qui dessert Fricdeberg, V. de .5,400 hab., on s’arrête à
27 mil. Driesen (4,000 hab.), oh l’on franchit la Drage, -près de sa jonction avec la Netze.
28 7/10 mil. Kreuz, point de jonction avec la ligne de Stettin à Posen (R. 111).
30 3/10 mil. Füehne, V. de 3,400 hab., située sur une île de la Netze.
33 5/10 mil. .Srào’nîflnàs.V. industrielle de .'1,800 hab., située dans une contrée accidentée et fertile.
30 5/10 mil. Schneidenmiihl (Hôt.
Gnldener Lmi'e), V. de 5,400 hab., sur la K^tddoto, que l’on y traverse.
La Netze y forme des marais en partie cultivés.
38 2/10 mil. Mi/isteczko.
■10 1/10 mil. Hialosliwe.
41 7/10 mil. Osiek (station pour Wirsitz), où l’on franchit la nouvelle et l'ancienne Lobsonka.
44 .5/10 mil. Nakel, V. ind. de 3,600 hab., sur la Netze. Un canal, creusé par Frédéric II, la réunit k la Bralie, que l’on traverse avant d' .atteindre
48 mil. Bromberg (Hôt. : JtforBr, ArU, Rio), V. de 19.000 hab., située sur la Brahe, qui va se jeter k 1 mil. k l’E. clans la Weichscl (Vistule). Elle doit sa jirospérité k Frédéric II, car elle n’avait que 800 hab. lorsiqu’ü s’en empara.
Siège d'une cour d’appel , elle possède un gymnase mixte et une maison de correction , fait un (Xiinmercc important en laines, cuirs et bois, et contient quelques fabriques prospères ( tabacs , huiles, rafîuicries, tanneries). Sur la place du Marché, s’élève depuis 1861, la statue en bronze de Frédéric TI, par L’hlenhuth. de Berlin.
Cette statue, haute de 3 mèt., repose sur un piédestal delà même élévation.
[Des services de voitures publiques mettent Bromberg en communication quotidienne avec
[Route 112.] GR.VUDENZ. ^ MARtEXWEDER. 579
'riiorii (7 mil., deux dil. par j., en 7 h. 1/2, pour 1 th. 19 1/2 sgr.), par: (2 1/2 mil. SchuUz; — (4 1/2 mil.) Thorn, (Ilôt.: Saussuuci, Drei Krunen), en polonais Thorunia, V.
forte de 12,000 hab., située sur la riv’e dr. de la Vistule, en face de Podgureze, v. avec lequel elle coimnunique par un pont permanent, long de 803 met. Elle est la patrie de l’anatomiste 8ommering (•[• 1830) et de Copernic, dont la statue en bronze, par Tieck, se dresse sur la place publique.— Elle possède un tribunal criminel, un j'mnase évangélique, un bureau e douane principale, de nombreuses fabriques(draps, lainages, toiles, chapeaux, tanneries, etc.).
Ses pains d’épices et ses savons sont surtout renommés. L hôtel de ville a été con.struit du xive au XVI" siècle. L'eylise Saint-Jean renferme le monument de Copernic (né en 1473}, par Tlionvaldsen.
Marienkirche, qui contient le monument de la princes.se Anne de Suède, date du xiv° siècle ; la iVicolaikirehc de 1203. - ,
II ne reste do l’ancien château, construit en 12*30 et dé-truit par les bourgeois eu 1120, qu’un bàiiment appelé « Uanzk, » Il faut aussi visiter le Krumme Thurm (tour penchée), tour haute d’env. 17 mèt., et dont l’inclinaison est de , près de 2 mèt. ; le Kulmcr Thor, dont reniblème est un cuisinier armé d'une cuiller ; enlin le Katzen Schicanlz (queue do chat), tour, faisant partie des fortifica- , lions.
Thorn a été fondée, en 1232, par Hermann Ualk, le grand maître de l’ordre Teutonique. En 1263, elle s'unit à la ligue hanséatique.
l’arnii les nombreux sièges qu elle eut à subir, le idus terrible pour elle fut celui (le 1703, à la suite duquel Charles XII de Suède s’en emp.TXa. En 1724, les jésuites y excitèrent de> troubles qui se terminèrent par l’exécution de douze personnes. Cette sanglante tragédie est connue dans l'histoire sous le nom du lîain de sang de Thorn.
Le roi de Pologne Auguste, pour la punir, la dépouilla de la plupart de ses privilèges. En 1703, elle échut à la Prusse. En 1807, les Fran(jais, s’en étant emparés. 1»
réunirent au grand-duché do Varsovie. En 1813, elle fut occupée parles Russes et parles Prussiens.
Les événements (le 1815 l’on rendue à la Prusse. En 1831, les Russes en firent le centre de leurs opérations militaires contre l'in- Burrection polonaise.
U.n service de voitures j)ubjiques'met Thorn en communication quoti(^ienne avec Varsovie.
La distance est de 19 mil. La diligi'nce parcourt ce trajet en 21 h.
pour 0 th. 25 sgr.]
Au delà de Droinberg, le che- ^ min de fer se dirige au N. E., puis au N., en suivant la rive g. de la Vistule à une distance qui varie de 1 mi), à 1 1/2. mil.
50 8/10 mil. Kotomierz.
53 4/10 mil. Terespol, station de Schicetz , V. de 3,700 hab., située sur la rive gauche de la Vistule, à l’embouchure du 8chwarzwasser. Ün remarque , à .Sehwotz, un bel asile d'aiicués construit pour la province de la Prusse occiden tale et la chapelle üosehamenka, d’où Ton jouit d'une belle vue. A 1 1/2 mil. au-dessus, près de la rive dr. du fleuve, est la pet. V. do Culm (7,200 hab.), qui donne son nom à un évéeh(‘ catholique dont le siège est à Culmsee. On traverse le hchwarzwasser entre Terespol et
55 mil. Laskotoier.
. .57 1/10 mil. Warlubin. Entre ces
deux stations insignifiantes , on laisse à dr.. sur la rive dr. de la Vistule, Graudenz, V. forte de 9,000 hab., oui a été vainement assiégée par les Français en 1807.
Un monument élevé au général Courbière perpétue le souvenir de cette liéro'ique défense.
59 0/10 mil.Czeru-insk, station desservant (2mil.).Marienweder(Hât.
Uelzner), V. d’env. 6,8ü0, hab..
chef-lieu d’arrondissement avec
580 DE DEHLIX
un tribunal et un haras de 100 étalons. L’anrtrn château, aux deux tours .saillantes , s’appelle Danzke et sert de prison. La cathédrale renferme les tombes de plusieurs grands maîtres de l’ordre Teutoniqne. Le clocher (l:)84) servait en même temps de tour au palais de l’ordre Teutonique.
b'2 3/10 mil. Pelplin, siège de l’évêché de Culm, avec une belle cathédrale.
En deçà de cette station on a traversé la Ferse , qui va se jeter dans la Vistule à Meii e, anc. ville agréablement située sur une colline {2,500 hab.), la prAniére ville qu’ait possédée l’ordre Teutonique.
64 9T0 mil. Dirschau (Hôt. Kronvrinz), V. de 5,300 hab., située sur la rive g. de la Vistule, dont le l'hemin de for s’est rapproché, et où l’on laisse à dr. la ligne de Kœnigsberg (voir R. 113).
De Dirschau à Dantsiok
•l 2/10 mil. 5 convois par jour, en 1 h. et 1 h. 25 min., pour 25, 19 et 13 sgr.
60 '1/10 mil. Hohenstein.
67 6/10 mil. 7’raust. — l’Ius le chemin de fer se rapproche de Dantzick , plus le pays qu’il traverse prend un aspect agréable. A g., on a])erçoit la colline Ohraer, qui atteint une élévation de 33 met. Enfin, après avoir franchi les murs et les fossés des fortifications, on s’arrête près du Legcthor sur la Spcicher-Insel.
69 1/10 mil. Dantzick (Hôt. :
EnglLtches Haus; de lievtin; Schmelzcr ; d’Oliva : de Pélershourg; de Saxe : de Thorn. — Kest.vur.v.nts :
lia-sch . llrodbækergasse ; lialhs- Icellcr, .'Vrtushof; Leuthoh. Langemarkt ; G ambrinirshalle, avec jardin , près de la porte Kettenhag.
— Confiseries et Cafés : J asti, Langmarkt; Kaitmann et Sebastiani Langgasse. — Droscrken ; pour 1 ou 2 pors. 5 sgr. la course ; pour 3 pers. 7 1;2 sgr.; pour 4 pers. 10 sgr.; avec des bagages 2 1/2 sgr. en sus. La prciaicre heure
A DANTZICK. [Roüte 112.J
se paye 12 1/2 sgr., 15 sgr. et 17 1/2 sgr., selon le nombre de personnes; les heures suivantes se paient 10, 12 1/2 et 15 sgr.; une demi-journée (de 7 h. à 1 h., ou de 2 h. à 9 h.) 2 th. Outre les droschkon, on trouve à Dantzick d’autres voitures appelées Taradaiken , qui stationnent surtout près du Hohethor, et qui n’ont pas de prix fixes.
Dantzick, en pol. Gdanxkj en ail. Dautzig, est située sur la rive g. du bras occidental de la Vistule, à 3 rail. env. de son embouchure dans la mer llahique, et traversée
fiar deux tributaires de ce fleuve :
0 .Motlau et la Uadaune. Sa population actuelle se monte à 64,000 hab.
Dantzick est une forteresse do première classe. Dans le tome VII do son Histoire du Consulat »t de l'Empire, M. 'Thiers décrit ainsi ses fortifications : « Le fort de lV/ctc7iselmündc, régulièrement construit, ferme l'embouchure de la Vistule.
Pour abréger le trajet de la place à la mer, un canal, nommé canal de Laake, a été creusé. Le terrain compris entre le fleuve et le canal présente une île qu’on ajipelle le Holm ; de nombreuses redoutes établies dans cette île commandent le fleuve et le canal, qui forment les deux issues vers la mer. Enfin, la place elle-même, située au bord de la Vistule, traversée par une petite rivière, la Motlau, enveloppée de leurs eaux réunies, enfermée dans une enceinte bastionnée de vingt ponts, est du plus difficile accès ; car elle SC trouve entourée d'une inondation, non pas factice, mais naturelle, que l'assiégeant ne peut pas faire cesser à volonté par des saignées, et contre laquelle les habitants eux-mêrnesontlaplus grande peine à se défendre à certains moments du jour et de l’année.
Dantzick, ainsi entourée au N., à l’E., au S., de terrains inondés, où l'on ne peut ouvrir la tranchée, serait donc inabordable , sans les hauteurs qui la dominent et qui
fWoDTB 112.1 DANTZICK. 581
■viennent finir en pentes rapides au pied de ses murs , vers la face de rO. Aussi, n’a-t-on pas manqué de s’emparer de ces hauteurs au profit de la défense , et les a-t-on couronnées d’une suite d’ouvrages qui présentent une seconde enceinte. C’est par ces hauteurs que Dantzick aéte généralement attaquée. En effet, la double enceinte qui occupe leur sommet, une fois prise, on peut accabler la ville de feux plongeants et il n'est guère possible qu’elle résiste.» Parmi ces forts dont parle M. Thiers, on distingue le Hagelsberg et le Bixchofsherg. C'est par le Hagelsberg que les Français commencèrent le siège de la place en 1807, en feignant une fausse attaque sur le Bischofsberg.
En 998, Dantzick s’appelait Gidanie (Gedansk, Dantiscum); elle appartenait à des peuplades païennes, des Lettons et des Slaves, auxquelles saint Adalberl prêcha le christianisme. En 1185, le duc Sususlas de Poméranie l'entoura de murs. En 1221 , Waldeinar II.
roi de Danemark , s’en empara ; mais en 1225, Suantopulk III, de Poméranie, la lui reprit. En 1272, elle tomba en la possession des Polonais, qui l’occupèrent de nouveau en 1310; car en 1300, le marrave de Brandebourg les en avait épouillés. Ce fut à cette époque qu'elle devint, en sa qualité de ville hanséatique, le chef-lieu du quartier prussien. Wladislas V la céda à l’ordre Teutonique, qui l’agrandit et la fortifia, mais qui la gouverna despotiquement. Aussi, en 1-154, se donna-t-elle volontairement à la Pologne, qui lui accorda de grands privilèges, des lois particulières, le droit de vie et de mort, le droit de battre monnaie, une garnison à elle, etc. En 1520, la Réforme y fut introduite. Peu de temps après, elle essaya de se rendre complètement indépendante ; mais le roi Sigismond eut bientôt raison des rebelles et quarante bourgeois payèrenteette tentative de leur vie. En 1577, elle
reconnut pour roi de Pologne l’empereur Maximilien II, au lieu d’Étienne Battori ; ce dernier vint l’assiéger et la prit. En 1656, les Suédois l’assiégèrent en vain. En 1734, elle résista aux Russes et aux Saxons , qui voulaient la punir de s’être déclarée pour Stanislas Leczinsky, et de lui avoir accordé un asile dans ses murs. Elle atteignit à l’apogée de sa prospérité sous le roi de Pologne Auguste III ; elle était alors le port principal de toute la côte. Lors de la dissolution de la ligue hanséatique, elle s’unit aux trois villes de Lübeck, Hambourg et Brême. En 1793, la Prusse l’ajouta-à ses possessions. Elle-appartenait encore à la Prusse, lorsqu’on 1807, Napoléon chargea le maréchal Lefebvre d’en faire le siège. Ce siège, M. Thiers a cru devoir le raconter avec détail , « parce que, dit-il, c’est un beau modèle de siège régulier, etle plus remarquable peut-être de notre siècle, parce que les exemples de sièges réguliers, si fréquents et si parfaits sous Louis XIV, sont devenus fort rares de nos jours.» On trouvera cet intéressant récit dans letomeVIIde V Hisloire du Consulat et de VEmpire-, nous devons nous borner àen constater les résultats :
la tranchée s’ouvrit dans la nuit du P' au 2 avril, et l’assaut fut résolu pour la nuit du 21 mai. Au moment où le signal allait être donné, le maréchal Kalkreulh, qui défendait la ville, demanda à capituler aux conditions qu’avait obtenues autrefois de lui la garnison de Mayence , c’est-à-dire sans être prisonnière de guerre, sans déposer les armes et avec le seul engagement de ne pas servir contre la France pendant une année. De ses 18,320 soldats, 2,700 étaient morts , 3,400 blessés , 800 prisonniers, 4,300 avaient déserté.
Le maréchal Lefebvre fut créé duc de Dantzick. D’après le traité de Tilsit, Dantzick avait été déclarée ville libre, sous la protection de la Prusse et de la Saxe; mais elle était restée occupée par une gar-
nison française. En 1813, un corps pruBso-russe coniinandé par le duo Alexandre de Wurtemberg vfnt l’assiéger et Rapj) la défendit neuf mois. Depuis le <2 janvier 1814, elle appartient à la Prusse. Le cboléra y a exercé de grands ravages en 1831. En 1840, la Vistulc se crqusa une nouvelle embouchure à travers les dunes dans le golfe de Dan tzick, rès de Xqufahr, à 1 1/2 mil. à l'E.
endant quelque temps Dantzick éprouva des pertes considérables par suite de cet accident; car son port manquait de l'eau nécessaire ; mais les travaux d’endiguoment exécutés depuis ont réparé I en grande partie le dommage qui lui avait étecausé. lls'y fait encore aujourd'hui un commerce considérable surtout eu grains. Elle exporte plus de céréales cm’aucune autre ville de l’Europe. De vastes
freniers ont été construits sur l’île peicher. Ils peuvent contenir dummenses quantités de grains.
Jamais on n’allume ni feu ni lumière sur cette île dans la crainte d’un incendie. Elle possède aussi de vastes distilleries, des moulins à farines , des radineries , enfin elle fait des exportations importantes de bois, d’ambre el d'objets en ambre, de lin, d’os, de suif, de pelleteries, de liqueurs (la lachs est recommandée), et.elle importe des denrées coloniales , de la houille, des ceudres et de la potasse , des vins, des produits manufacturés,.etc. Il entre chaque année plus de l>20t) navires dans son port, qui .
possède environ 120 bâtiments.
Elle est le siège du quartier génér ral d’une division militaire, d'un bureau principal do douanes, d’un conseil d’amirauté et de commerce, etc. On y trouve un arsenal, un gymnase évaugélique, des écoles d arts et métiers, tfé navigation, de commerce, etc., unob,servatuiro , un musée d’histoire naturelle, une collection de tableaux, une bibliothèque publique, etc. La France, l’Angleterre, le iJanemack, lu Suède, la Sardaigne, y ciUreiieunent des consuls.
i PANTZICK. [Routb 112.]
La Russie y a un consul général.
Elle est la patrie : de l'astronome ilevcl , 1C11-1C87, de l’historien Archenholz, 1743-1812, et du physicien Fahrenheit, 1C9Û-1740.
Dantzick a été surnommée la Nuremberg du Nord. Elle abonde en vieilles maisons à l’architecture fantastique, aux ornements vénitiens ou portugais, aux terrasses appelées lieischÏTge, surtout du XVI' au XVII' et même du xviii' siècle. On peut se rassasier à disr crétionde ces constru.ctions pitt07 resques, en se promenant dans la Laiiy Gasse (la rue longue), la rue principale de la ville, qui la traverse de 10. à l'E. en se coniinuarit par le Langcmarlit. Celte belle rue commence à l’O., par le Hohethor, magnifique tour de brilles, construite en 1.588, et à côté e laquelle on a h^ti en 1612 une autre porte, ajipelée Langgassen-r tJwr. Elle ae termine, à l’E., par le Grünethur, d’où l’on, sort sur un quai toujours animé qui s’étend par la LaiiÿebrücA-e jusqu’au J.ohaiinisthor.
Le plus beau bâtiment du Laur gemarkt est ïhâtcl de ville (Rathhaus) , construit au xiv' siècle, et dont la tour élancée, haute de 90 met., date de 15.56. A l’intérieur on remarque les deux salles*- de conseil : l’une pour l’été, au plafond sculpté en bois de chêne doré ; l’autre pour l’hiver, avec huit tableaux du peintre hollandais Fredcinnnn de Frics. Dans la salle voûtée, à dr., appelée le Remter et ui repose sur une seule colonne e granit, quelques tableaux de peintres modernes forment le commenoemenl d’un musée de peinture. — Près de l'hûtel de ville se trouve le Springbrunnen, fontaine ornée d’un Neptune traîné par des chevaux marins, probablement d'un artiste d’Augsbourg (du xvii“ siècle). Derrière s’élève le J unkerhaf {au moyen âge, les principaux négociants de Dantzick s’appelaient Junker) ou Artmhof.
Cet édifice a étc. construit vers le milieu du xvi' siècle. La façade,
(Roüte 112.]
qui a été modifiée, «st ornée de médailles de l’empereur Charles- Quint et de don Juan d’Autriche, et de figures allégoriques. Sa grande salle voûtée, et soutenue par quatre minces colonnes de granit.scrt actuellement de hourse.
C'était là que se réunissaient autrefois les métiers et les corporations. Les murs sont décorés de sculptures, do vieilles armures, de bas-reliefs et de peintures bizarres. On y remarque principalement deux tableaux, par deux artistes de Dantzick; un Jugement dernier, par A. Mœller, élève de Kaphaèl (ItiOl) ; une Madone et le Chrüt, par Andréas Stech. On y voit aussi, en face d’un poôle de faïence, haut de 13 mèt. env., une statue en marbre du roi Auguste III de Pologne, les quatre fils Aymon, etc. — N.D. On a établi une bonne restauration dans le Ralhskeller du Junkerhof.
A quelques pas, à l’K., du Junkerhof se trouve la cathe'drale(Dom ou Marienkirche), commencée en 1.343, et terminée en l.“iÛ3. Toute en briques. elle mesure 119nièt. de long sur 44 mèt. delarge. La voûte, supportée par 26 piliers d’une remarquable légèreté, a 31 met. de hauteur au-dessus du sol ; l’intérieur est orné de cinquante chapelles, fondées par les principaux citoyens pour servir de sépulture à leur famille. On y remarque des fonts baptismaux en bronze, fondus en l.b.54, et une horloge astronomique qui ne marche plus depuis longtemps. C'est l’œuvre d’un artiste nommé Ditringer, auquel, d’après la chronique, les citoyens de Dantzick crevèrent les yeux, afin de l’empécher de faire une horloge semblable pour Hambourg, rivale de Dantzick. Mais peu de temps avant sa mort, l’artiste se fit, dit-on, conduire à la cathédrale sous prétexte de toucher encore une fois à son chefd'œuvre et il coupa un seul nefit fil de cuivre : aussitût l’horloge s’arrêta, et elle n’a plus marché depuis. Le plus bol ornement de
cette église est le célèbre tableau attribué à Jean Van Eyck, et reconnu pour un Hemling, lors de la restauration qui en fut faite en 1851. L’église est ouverte toute la journée, mais, pour voir Ce tableau, il faut .s’adresser au sacristain f5 sgr. de pourboire). C’est, en effet, un maître-autel avec des volets soigneusement cachés aux regards des amateurs qui n’ont pas le moyen d’en acheter la vue. D’après la tradition, il avait été peint pour le pape. Des pirates s’emparèrent'idu bdtiment qui le transportait à Rome, mais un navire du port de Dantzick, ayant capturé le pirate, offrit à la cathédrale ce tableau dont il n’avait que faire, représentant le Jugement dernier, et portant la date de 1467. Kn 1807, les Français transportèrent ce chefd'œuvre à Paris, où il resta jusqu’à la paix de 1815, époque à laquelle il fut rendu aux bourgeois de Dantzick. Le roi de Prusse désirait garder le tableau à Berlin ; il en offrit 40,000 th. qui furent refusés. Un voit aussi dans la cathédrale: un crucifix sculpté sur bois d'un style etd’une expression admirables '(les habitants de Dantzick l’attribuent à Michel-Ange)’; trois fenêtres en vitraux de couleurs, données par le roi de Prusse en 1843-1845; clés lustres de Messing; la tombe du poète Martin Opitz (•}• 1639) ; les armoiries de familles patriciennes, etc.
Les autres églises do Dantzick, au nombre d’en V. vingt, n’ont rien d'intéressant. Les principales sont celles de la rrtm'té(1431), de Saint- Jean (1.330) et de Sainte-Catherine (1326) dont le clocher fait entendre son carillon toiisles quarts d'heure et dont l’intérieur renferme la tombe de l’astronome Hevel. Les autres édifices publies, qu’il doit suffire de mentionner, sont ; l’èdtel du gouvernement, i’arsenal, le théâtre, l'observatoire, le gymnase.
dont la bibliothèque contient plus de 30,000 volumes, la banque, la synagogue, etc. Le Stockthwrm, bâti en 1346, et reconstruit en 1508,