‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 262 sur 328 · mil. Wnlitnirl · texte numérisé non relu

mil. Wnlitnirl

82 5'10 mil. Ludn-igeort.

84 5/10 mil. Kobbclbude sur la Frisching.

86 6/10 mil. Kœnigsberg (Ilôt. :

Deutches Hau.v,. du A’ord au Kœnigsgarten, R(‘hü-nberg. de Prusse, de Berlin, üstbahn. — Ukst.vurants :

Kaiser, Jlossgærtnorinarkt,' Skibba, Guinand, Langgasse ; Ehlers, Kirchenstr. — Confiset rs : Pematli, -Altstiedtiscliermarkt; Zappa et Riegel, Franzœsische Str. — Dro.scu- KEN ; 1 pers., b sgr. la course ; 2 pers. ,7 1/2 sgr.),V. de83,000 bab., l’ancienne capitale de la Prusse, actuellement la seconde résidence

royale du royaume , le chef-lieu de la province de Prusse , de la régence et du cercle de son nom, est une place forte de P* classe, refortifiée depuis 1853 , d’après le svstèine des forts détachés , le siège d’un quartier général, d’un corps d’armim. d’une cour d’apnel.

d’un tribunal de commerce et de ratiiiraulé, d’un surintendant évangélique, le seul de la monarchie jirussienne qui ait le titre d'archevêque, d’une université (voir cidessous , etc.). Elle se trouve située sur la Pregel , à 3/4 de mil.

environ de l’embouchure de ce lleuve dans le Frische-Haff. Elle a deux milles de circonférence avec les champs, les jardins et la lièce d’eau du château qu’elle emirasse dans son enceinte. Elle est la patrie de Simon Dach, le poète, ICO.'i-lCriO, de llainann, qui fut tour à tour théologien , jurisconsulte, critique, 1730-1788, de Kam, le philosophe, 1724-1804, de Werner, le poète, 1708-1823, de Herder

L’histoire de Kœnigsberg peut so résumer en quelques lignes.

Elle fut fondée en 1235 par l’ordre ïeutonique, ot elle ne tarda pas à devenir une importante place de commerce. En 1523 elle adopta la Réforme; en 1020 elle se transforma en forteresse. En 1701, l’électeur Frédéric 1"' s’y fit sacrer roi de Prusse. Depuis un demi-siècle elle avait déjà, à cette époque, cessé d'être la capitale de l'électorat de Brandebourg et de Prusse.

En 1800, après le désastre d’Iéna et l’entrée des Français à Berlin, elle servit de refuge à la famille royale.

Kœnigsberg est une ville industrielle et commerçante. Des consuls anglais, danois et suédois y résident. Elle fabrique dos cuirs, des tissus de laine , des toiles, des liqueurs, des sucres, de la bière {lœheniihter nier], etc. Elle exporte surtout des grains, du chanvre, du lin, du fil, do la laine, de l’ambre, etc.; elle importe des denrées coloniales, de la quincaillerie, de la teinture, etc. Près de 1,000 navires entrent dans son port et en sortent chaque année. Elle possède une vingtaine do bâtiments.

Malheureusement la Pregel n'est pas assez profonde pour les gros navires, qui so. (ibligés de se décharger à Pillau i^oir ci-dessusj.

KCENIGSBERG. (Route 113.]

Au-dessus de ses vastes magasinsentrepôts, biltis le long du fleuve, s’élève le Kœnigliciic-Kœrnermagazin, construit de 1814 à 18*15. t-’n des principaux objets de son commerce d’exportation est l’ambre, car cette substance se trouve le long des côtes de la Prusse orientale et de la Prusse occidentale.

Les vents du nord en apportent de grandes quantités sur le rivage de la mer avec des plantes marines.

On s’en procure aussi en creusant la terre , même à une distance assez considérable dans l'intérieur.

Autrefois ce commerce était si lucratif que ses bénéfices suffisaient à l’ordre Teutonique pour couvrir en partie les dépenses de la cour du grand maître. Il devint ensuite un monopole royal, protégé contre tout empiètement par les lois les plus sévères. On pendait sans miséricorde à l’arbre le plus voisin le paysan qui tentait de vendre ou qui cachait seulemen* un morceau d’ambre qu’il avait trouvé. Plus lard, on dressa des potences tout le long du rivage pour effrayer ceux qui seraient (entés de s’approprier le bien de la couronne. Depuis le commencement de ce siècle, le gouvernement a concédé à des entrepreneurs particuliers le droit de recueillir 1 ambre apporté par la mer sur le rivage, ou précédemment déposé dans le sein de 1-a terre.

En allant de la station du chemin de fer en ville, on traverse la grünenrücke (le pont vert), près de laquelle se trouve la Bourse et la Kneiphœfsrhe Longstrasse, aux perrons originaux. Le Kneiphof, situé sur une île de la l’regel, est un des plus anciens quartiers de la ville.

Le château de Kœnigsberg (Schloss), fondé en 1257 nar Ottokar, roi de Bohême, a été successivement la résidence du grand maitre de l’ordre Teutonique et des ducs de Prusse. 11 est aciuellement le siège des autorités administratives. Les bâtiments qui exia-

[Routk 113.] KŒXIGSBERG. 589

lent encore aujourd’hui ont (Hé construits, le côté K. en 15.32. le côté S. en 1551, le côté O. en 1594.

C’est dans son (’glise nue, le 18 janvier 1“01, Frédéric 1" se couronna lui-même avec le titre de roi de Prusse. Sa statue en bronze est placi'e à la porto orientale du château. Au-dessus des voûtes de l’église s’étend une vaste salle, longue de 100 met., large de 20 mèt. et haute seulement de 6 mèt.

33 cent. : on l’appelle le .Voskovi- tersaal , parce (nue le margrave Albert y rec.’ut les ambassa(leurs moscovites du grand-duc .Michel.

On y donne des fêtes et on y fait des expositions. La tour du château, au haut de laquelle monte un escalier de 235 marches, offre une vue étendue sur la ville et ses environs.

Le Schlossteich est une pièce d’eau bordée de jardins, d'habitations privées et tie plantations, qui s’étejid presque sur toute la longueur de la ville, du ti. au N. du château, vers le Rossgærtchenthor, porte anglo-gothique- terminée en 1853 et ornée des bustes des généraux Scharnhorst et Gneisenau.

Cette pièce d’eau se trouve à 13 mèt. environ au-dessus de la Pregel. Klle n’est traversée que par un seul pont, la SchlossbrUcke, situé à rcxtrcinitédelaSchlossteichs Gasse.

La Cathédrale (Doin), située dans le Kneiphof, sur une île de la Pregel, mérite une visite. Sa fondation date de 1332. Consacrée k saint Adalbert, elle a été bâtie dans le style gothique et réparée en 185(i. Le chœur, séparé par une grille du reste de l’église, renferme le monument en marbre du margrave Albert de Brandebourg (•}• 15(i8) , qui est représenté audessus agenouillé. On y voit aussi des tombeaux de plusieurs chevaliers de l'ordre ’feutoniijue , du chancelier de Kospoth et (lu grand maître le duc Luther deBruftswick (■f 138.51. Kant, l’auteur de la Raison pure, mort à Kœnigsberg en 1804, est enterré sous un porche

en dehors de la cathédrale (N.-E.L Une statue en bronze, haute de 46 mèt. (avec le piédestal), par Rauch, lui sera érigée tri's-procbainement dans la Kantstrasse, près du château, sur une place nouvellement formée et ornée d’un square. Le philosophe sera représenté dans son ample vêtement aux gros boutons traditionnels, avec manchettes et la canne à la main. On sait que Kant était un promeneur infatigable.

Près du Dom se trouve l’C'n»versité, le cnllegium Alèerltmmi. fondée en 1514. Elle compte env. 36 professeurs et 3.50 étudiants. Sa bibliothèque possède plus de 60,000 vol. On a placé dans la grande salle le buste de Kant (par Schadow), qui avait été primitivement destiné au tombeau de la cathédrale. La maison de Kant (Prinzessin Str., n* 3) est désignée à l’attention publique par l’inscription suivante : Immanuel Kant scohnte und lebte hier von 1793 bis zum l’“febr. 1804, «(Emmanuel Kant a habité cette maison depuis 1793 jusciu’au l»r février 1804.) En face de la maison de Kant s'élève la Poste, construite de 1848 à 1849, et prl's de laquelle l’église de la vieille ville (Altstœdtische Kirche) a été bâtie, de 1839 k 1843, d’après les dessins de Schinkel.

LeKœm'gsgarlm. ou la place de la parade, est orné d’une statue équestre en bronze doré du roi Prédéric- Guillaume III, par Kiss, érigée en 1851 près du théâtre. Cette statue a 5 mèt. 50 cent, do haut, et le piédestal qui la supporte un peu moins de 7 mèt. L’inscription en est ainsi conçue ; Les Prussiens reconnaissants ù leur rot„ 1841. Son exemple, ses lois nous ont donné des forces pour la délivrance de la patrie, c'est à lui que nous devons les bénédictions de la paix.

Les bas-reliefs représentent :

1° le séjour de la famille royale à Kœnigsberg, pendant les années 1807, 1808. 1809; 2“ le roi remettant à ilardenborg, devant Scharnhosi et Stein qui s’en réjouissent, les

Digit:--

nouvelles lois promulgu^es à cette époque ; S’ la levée delà Landwehr en 1813; 4" et 5“ les bienfaits de la paix. — On doit bâtir sur la place de la parade un i>alais do justice et une université.

Le Musée de la ville (Stadt Muséum), situé dans la Kœnigs Str., n’ 57, vis-à-vis d'un obélisque, élevé en 1843 par ses concitoyens reconnaissants au ministre Henri-Théodore de Schœn, est ouvert au public, le dimanche, de 11 h. à 2 h., et tous les jours aux étrangers moyennant un pourboire (do 5 à 10 sgr.). Il a été fondé en 1833 et il se compose déjà de près de 2.50 tableaux pour la plupart modernes.

Parmi les quelques toiles anciennes on remarque surtout; — 12.

Ghirlandajo, Nativité. — 18. Del Caslagno, Madone. — 62. llem- Irandt, vieillard dans un fauteuil.

— 157.0nmpttnrlla,couvent de capucins à Rome. — Les meilleurs parmi les tableaux modernes sont; — 173. Kœhler, Moïse sauvé des eaux — 174. Kolhe, Olhon le Grand sur le champ de bataille du Lech. — 178. Mans, Romaine en prière. — 188. Sehom, Oromwell au camp de Dunbar. — 108. Stilke, départ dés derniers croisés de la Terre sainte. — ^238. Sehrader, la hile de JcphW.

— 153. Blanc, jeune tille allant à l’église. — 181. Pistorius, le ménétrier,et de.s paysages réussis d'.lÿricoia(151), de Bi'llermann(lb'2), Schir- »nrr(187), Watelet (216), lie Poilevin (182), etc., etc. — La Bibliothèque royale, qui possède plus de 200,000 vol. et de nombreux manuscrits, surtout de Luther, occupe le bâtiment UÎ.66 de la même rue à l’extrémité de laquelle on a construit en 1818 le.iC(Knf;/.sthor, belle porte ornée des statues en bronze du roi Ottokar de Bohême, du duc Albert de Prusse et du roi Frédéric I" de Prusse, par Stürmer.

Derrière cette porte à g. sur le Uerzoqsacker,' on, a bâti en 1851 une caserne ap'^elée Defensions- Casevne, parce qu'eWc fait partie des fortincatioiis.

T.a porte de .Snclrlisim. achevée

KŒNIGSBERG. [Routb 113.J

en 1855, est décorée des bustes de York et de Bülow.

V Observatoire ( Sternwarte ) , , construit de 1811 à 1813, et'enrichi d’excellents instruments par Bessol (f 1846), a été établi sur un vieux bastion à l’O. de la ville. Dans son voisinage se trouve le jardin botanique. .

L’aneieune citadelle , appelée F riedriohsburg , est, depuis 1811, transformée en magasins.

Des bateaux à vapeur partent de Kœnigsberg; d’avril à novembre,

2 fois par semaine pour Memel, 12 1/2 mil. Trajet en 12 ou 14 h.

our 3 th. 10 sgr. , 2 th. 10 sgr. Ces ateaux relâchent à Krans, bains de mer établis à 4 mil. de Kœnigsberg sur le Curische Haif; — tous les jours, e.xcepté le dimanche, pour Elbing (voir ci-dessus), 15 3/4 mil., en 8 h. pour 1 th. 20 sgr. et .1 th. ; — trois fois par semaine pour Dantzick, 18 1/2 mil. de 12 à 16 h. pour 3 th. et 2 th.; — sept fois par mois, les 4, 8, 12, 16, 20, 24et28 pourStetiin; trajet en 36 h., pour 7 th. et 5 th. — {N. B. Un autre bateau part pour Stettin, les 5, 15 et 25 de chaque mois, 8 th.

et 6 th.)

A 5 1/4 mil. de Kœnigsberg, au S. par (2 1/2 mil.) Arweiden, se trouve Eylau, V. d’env. 3,000 hab., située sur la Pesniar, rendue célèbre par la sanglante bataille qui s’y livra le 8 février 1807. Une co lonne gothique en gfès, haute de 11 mèt., a été inaugurée, en 1857, sur une hauteur qui domino le champ do bataille. Sur trois des côtés du socle, on voit les médaillons des généraux Lestocq, Diericke et Benningsen. Le quatrième porte cette inscription; « A lamémoire glorieuse de f.estock, Diericke et de leurs vaillants compagnons d’armes. >

Après une tentative sur Varsovie, laquelle avait fort mal réussi, le général russe Benningsen imagina de tourner par le littoral de la rner Baltique les positions de l’armée française établie en Pologne sur la Vistnle. en avant de

[Roütb 113.1 • EYLAU. ■ • ■ ^ 50j

Varsovie, et dans la partie méridionale de la vieille l’russe. Napoléon, instruit de ce mouvement, laissa les Hiissee s’avancer, et marcharapidemeiu.siir leurs derrières, descendant l’Aile et la Passarge, pendant qu’ils se rapproidiaient do la Vistule. Il leur aurait ainsi , coupé la retraite, et les aurait acculés à la mer, dan.s une position désastreuse.

Une dépôclie de Napoléon au maréclial iîernadoue, interceptée par les Cosaques, apprit au général russe le danger qu’il courait.

Il rétrograda sur-le-champ, et lut si vivement poursuivi de Guttstadt à Eylau, q^u’arrivé le 7février dans cette ilernièro ville, il ne put se soustraire à la nécessité dé livrer bataille. Le soir môme du 7 février son arriéro-garde fut chassée d'Eylau, où les Français s’établirent.

L’arméo russe bivouaqua tout entière au N.-E. d’Eylsu, sur dos champs glacés et couverts de neige. Elle se montait à 70 ou 72,000 hommes environ, et traînait avec elle 500 pièces d’artillerie.

Napoléon n’avait guère que 51,000 hommes et 200 pièces de canon à lui opposer. Il plaça son aile gauche dans Eylau, son centre dans l’espace qui.séparo Eylau d’un village appelé Kothenen ; lui-méme se tint avec sa garde entre sagaucheetson centre, dans lecimetièrc d’Eylau, qui est au S. de la ville. Sa droite, restée un peu en arrière, le 7, devait marcher toute la nuit, arriver le matin au S.-E. du champ de bataille, et s’emparer du village de Serpalten, position avancée, d’où elle pourrait tourner la gauche des Rus.ses.

I/Cs Russes s'étaient disposés sur deux lignes, et présentaient, le lendemain h, quand le .jour parut, un front immense, protégé par 300 pièces de canon en batterie.

Napoléon plaça son artillerie en conséquence, et la journée commença par un combat h coups de canon. Les Russes avaient plus de pièces, mais les Français pointaient mieux, l.es Russes étaient

rangés en ordre profond, tandis que Napoléon, prévoyant ce qui allait se passer, avait adopté l’ordre mince. Le canon russe causait donc pou de dommage aux Français, tandis que le canon français faisait dans les bataillons russes des ravages effroyables.'

Peinant ce temyis, l’aile droite, commandée par le maréchal Davoust, était arrivée, et pouss.ait déjîi devant elle les corps qui lui étaient ' opposés. Napoléon mit alors en mouvement. les divisions du maréchal Augereau, qui formaient son centre. Mais, au milieu de la neige qui tombait à gros flocons, elles se trompèrent un peu de direction, et allèrent donner contre une batterie de 72 bouches h feu. qui en abattit près des deux tiers. Le reste, pressé par la cavalerie, vint se rénigier vers le cimetière où se tenait Napoléon, qui, sentant la nécessité d’une résolution vigoureuse, réunit toute ^a cavalone, et la lança en masse sqr l'infanterie russe. Ces épais bataillons furent rompus, et il s’en fit un carnage épouvantable.

Cependant, la droite, conduite par le maréchal Davoust, ii'avait pas cessé d’avancer, et la retraite de l'ennemi allait se trouver coiriproiniso, si le général prussien Lestocq, resté en arrière, ne fût venu en ce moment soutenir les Russes, et n'eût un peu rétabli le combat: Mais bientôt le maréchal Ney, qui poursuivait Le.stocq, surt'iiit h son tour et décida Bonningsen à donner le signal de la retraite. Il laissait sur le champ de bataille 7,000 morts, 5,000 à 0,000 blessés, et il en emmenait avec lui environ 15,000 autres. On lui avait pris en outre 3,000 à 4,000 prisonnicls, 21 pièces de canon, et 16 drapeaux. Toutefois cette victoire avait été chèrement achetée. Le.s Français avaient eu 10,000 hommes hors de combat, et la saison ne permettant pas à 4'Einpereur de poursuivre Tennerai, il li'y agna pas d’autre avantage que e pouvoir se préparer tranquille-

592 BE KŒXIGSBERG A MEMEL. [RonTH 114.1

ment à la campagne décisive que le printemps devait ouvrir. Eylau fut le prologue de Friedland (voir

'De Kœnigsberg à Memel, R. 114; — à Saint-Pétersbourg, roir R. 115.

B- D* Dantaick i Kœnigibere.

5® 9/10 mil. 3 convois par jour, trajet en9 h. env., pour 5 th. 5 sgr. 3 th. 27 sgr. 2 th. 19 sgr.

4 2/10 mil. de Dantzick à Dirschau (voir R. 112).

21 7/10 mil. de Dirschau à Kocnigsberg (voir ci-dessus A).

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