‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 263 sur 328 · DE KOENIGSBERG A .MEMEL · texte numérisé non relu

DE KOENIGSBERG A .MEMEL

29 810 mil.

DE KOSNIOSBBRO A WERLAD.

6 9/10 mil. Chemin de fer. 4 conçois tous les jours, trajet en 1 h. 20 min. et 1 h. 50 min. , pour 1 th. 12 sgr., 1 th. 1 sgr. et 21 sgr.

6 9/10 mil. de Kœnigsberg à Wehlau (voir R. 115).

A 4 mil. au S. O. de Wehlau nar (2 mil.) AUenhurq, on peut aller visiter Friedland, V. de 2.500 hab., située à 4 h. à l’E. d’Eylau, et célèbre par la victoire que les Français y ont remportée le 14 juin 1807.

Apri-s la bataille d’Eylau, l’armée française se retira derrière la Passarge, et s’établit dans de bons cantonnements, pour passer l’hiver et le commencement du printemps, très-froid dans ces contrées septentrionales. Les Russes s’établirentde leur côté derrière l’Aile.

Les deux armées n’étaient ainsi séparées que par un espace de quelques lieues.

Le 5 juin, le général Benningsen se mit en mouvement et attaqua simultanément, dans leurs positions, plusieurs divisions françaises. Il croyait les surprendre.

Mais la prudence de Napoléon qui, k cette époque, égalait son audace, y avait mis bon ordre. Il

rencontra partout des retranchements solides, et une résistance opiniâtre. Son principal effort s'était porté sur Guttstadt et Deppen où était le maréchal Ney.

Le maréchal se replia lentement, selon les ordres qu’il avait reçus, dans la direction de Saalfeld, où Napoléon avait résolu de concentrer toutes ses forces, avant de reprendre l’offensive. Benningsen comprit bientôt que le mouvement en arrière du maréchal Ney, qui lui avait disputé le terrain pied à pied de la façon la plus meurtrière, était plutôt une manœuvre qu’une retraite. Intimidé tout à coup, il s’arrêta le 7, et repassa l’Aile le 8. Napoléon se mît immédiatement à sa poursuite.

Les deux armées se joignirent le lOà Heilsberg, sur l’Aile. Il y eut là un combat sanglant entre les divisions françaises les plus avancées , montant environ à 30,000 hommes, et 90,000 Russes retranchés autour de Heilsberg d’une manière formidable.

Le lendemain, le général Benningsen reprit son mouvement de retraite , en s’abritant derrière 1 Aile, sans réfléchir qu’il livrait ainsi à son ennemi la route de Kœnigsberg, qu’il devait couvrir, et dont le cours de l’.Alle s’éloignait.

Bourse rapprocherde Kœnigsberg il n’avait plus d’autre moyen que de descendre l’Aile jusqu’à Friedland, et d’y repasser cette rivière, pour se porter de là en toute hâte vers l’embouchure de la Pregel.

Mais il avait affaire à un adversaire devant lequel on ne commettait pas une faute impunément. Quand il parvint à Friedland, les massés françaises étaient rassemblées en face de cette ville à Domnau , et une forte avant-garde, command 'e

f>ar Lannes , menaçait déjà Friedand, et y poussait des reconnaissances.

Lannes n’avait avec lui que 10,000 hommes, et, en face de lui, l’armée russe tout entière. Il fit pourtant ses dispositions pour lui disputer le passage au moins pen-

[Routb 114.1 FttlEDLANn. - TILSIT. 593

dant quelques heures. Il fallait cet effort et ce dévouement po-ur ue l’armée française eûtle temps 'arriver.

Le 14 , à trois heures du matin, commença un combat héroïque entre ces 10, 000- hommes do Lanncs et les 30,000 hommes dont se composait l’avant-garde russe.

Il se fit là dos prodiges de fermeté, d'audace et de savoir-faire.

Des renforts arrivèrent successivement à Lannes pendant la matinée; mais, de l'autre côté^l’armée russe passait l’Aile sur quatre ponts. A sept heures Lannes avait 26,000 hommes; mais 75,000 l’attaquaient ou le menaçaient. Il fut inébranlable, elles Russes, que sa contenance intimidait, ne purent s’ouvrir le chemin de Kœnigsberg.

Napoléon n’arriva qu’à midi, avec le gros de l’armée. Un seul coup d’œil lui montra ce qu’il y avait a faire. La route de Domnau, par où il était venu , et celle qui devait conduire les HussesàKœnigsberg, formaient un angle très-aigu, dont Friedland occupait le sommet.

Friedland elle-même était au fond d’un angle un peu moins aigu, que décrivait le cours de l’Aile. Entre les deux routes coulait un ruisseau encaissé dans un ravin , et qui, avant d’arriver à Friedland , formait un étang. Les Russes étaient entassés des deux cétés du ruisseau, faisant face par leur gauche à Posthenen , sur la route de Domnau, par leur droite à Heinrichsdorf, sur celle de Kœnigsberg. Ces deux villages, occupés dès la veille par Lannes, étaient demeurés en son pouvoir malgré tous les efforts de l’ennemi. Attaquer les divisions russes qui occupaient, à la droite du ruisseau , l’espace compris entre Posthenen et Friedland, les refouler dans cette ville, ou les précipiter dans l’Aile, pénétrer après eux dans Friedland, s’en emparer, en couper les ponts, puis attaquer en tête et en queue l'autre moitié de l’armée ennemie , celle qui s’était développée entre Friedland

et Heinrichsdorf , l’écraser, lui couper la retraite, et la pousser dansl’Alleàson tour; telfutleplan que devait naturellement inspirer à ce terrible capitaine l’aspect du champ do bataille.

Il attendit longtemps avant de l’exécuter, voulant que toutes ses troupes fussent en ligne, et suffisamment reposées. Lorsque enfin il eut donné le signal convenu (c’était l’explosion de vingt pièces de canon en batterie au-dessus de Posthenen), Ney , chargé de l’attaque de droite, lança ses colonnes avec une impétuosité formidable, culbuta, malgré la plus énergique résistance, tout ce qu’il trouva devant lui, s'empara de Friedland, et détruisit les quatre ponts par lesquels les deux rives de l’Aile communiquaient ensemble. Napoléon alors attaqua par sa gauche et acheva sa victoire, qui fut aussi complète que celle d’Austerlitz.

80 pièces de canon étaient en son pouvoir; 25,000 Riissesétaient tués, blessés ou noyés. Laville de Friedland était en flammes.

Le résultat de cette victoire fut le traité de Tilsit (voir cidessous).

DE WEHI,.\C A TILSIT.

!) c/10 mil. 2 dilig. tous les jours, en 7 h. 1/4, pour 2 th. 18 sgr.

1 6/10 mil. TapJarhen.

3 mil. Me)ilaU'ischl-en.

2 1/2 mil. Kelmienen.

2 12 mil. Tilsit /llét. : Prïnx Wilhelm, Hôtel lie Rusxie), V. de 15,000 hab., située sur la Memel ( Niémen ) qu’y traverse un pont de bateaux long de 183 mèt., et sur la Tilse , un affluent de la Memel. Elle possède un bureau principal de douane, un gymnase évangélique , des tanneries de»

brasserie.s , des distilleries, etc.; elle est en outre le centre des relations commerciales établies entre une partie de l'Allemagne du centre et la Russie ( grains, bois et bestiaux). Parmi ses édifice», on remarque son château et le

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gymnase. Max de fSohenkendorf, le poète, niort «à Coblenz en 1817, est né à Tilsit le 11 décembre 1781. — ^ Le jardin de Jakubsi'uhe offre une agréable promenade (l.'l d’h.). Par eau on peut aller visiter le parc d'Ober-Eissehi ( 2 mil.) qui s'élève en terrasse au dessus de la Mcmel.

C'est à Tilsit que fui conclu, en 1807, entre l'empereur Alexandre , le roi de Prusse Frédéric- Guillaume III et Napoléon , le traité qui diminua la Prusse de moitié, créa un royaume de Westphalie au profit du prince .Téréme Bonaparte , forma des duchés de Posen et do Varsovie un État polonais, attribué au roi de Saxe, sous le titre de grandrduché de Varsovie, etc., etc. Ce traité a fait dire à l’historien du Comidat et de l'Em-

fiire, qui en avait d’abord cxpfrsé es as|iects éblouissants : « l.a réalité était moins solide qu’elle n’était brillante.... Il aurait suffi d'un moment do froide réflexion pour s’on convaincre.. ..Tout cela, admirable comme œuvre militaire , était, comme œuvre politique, imprudent, excessif, chimérique....

Chacun se demandera comment on pouvait déployer tant de prudence dans la guerre, et si peu dans la politique; et la réponse Sera facile, c’est que Napoléoft fit la guerre avec son génie , la politique avec ses passions. »

Le traité de Tilsit fut précédé, personne ne l’ignore, d’une entrevue de N.apoléon et de l’empereur Alexandre. Cette entrevue eutlieu sur le Niémen. Un largo radeau avait été établi au milieu du fleuve, à égale distance et en vue dos deux rives. Sur ce radeau on avait construit un pavillon avec tout ce qu'on avait pu réunir de riches é.toü'es dans la ville de Tilsit. Le 25juin 1807, à une heure de l’aprèsmidi, Napoléon s’embarqua sur le fleuve, accompagné du grand-duc de Berg, du prince de Neuchâtel, des maréchaux Bessières ctDuroc, du grand écuyer Caiilaincourt. Au même instaut, Alexandre quittait

• A MEMEL. [Route 114.}

l’autre rive , accompagné du grandduc Constantin, des généraux Benningsen et Ouwarow, du prince de Labanoff et du comte de Lieven.

Les deux embarcations atteignirent en' même temps le radeau placé au milieu du Niémen, et le premier mouvement de Napoléon et d’Aleiaiidrç, en s’abordant, fut de s’embrasser. Après ce premier témoignage d’une franche réconciliation, tes deux empereurs se rendirent dans le pavillon préparé pour k'i recevoir. Là, ils eurent un premier entretien qui dura plus d’une heure. Le lendemain Alexandre vint s’établir auprès de Napoléon, à Tilsit, déclarée ville neutre.

De TlUlt à Memèl.

13 mil. 3 ilil. tous les jours en 11 b. 1/4, pour 3 ih 1 sgr., et 3 th. 14 igr.

3 mil. Szameitkekmen.

2 3, '4 mil. Wtrdenbcrg.

1 3/4 mil. Noakaiten.

2 1/2 mil. Vrœkuls.

3 mil. Memel (Hdt. ; Hôtel de Rutsie, Ross, Sonne), la ville la plus septentrionale de la Prusse, est située sur la Dange, à son embouchure dans la Balticme. cl à l’entrée du Curisehe-ilaff. Elle a une population d’env.22,ÜOÜ hab. Elle a été fondée en 1252 par l’ordre Teutonique. C’est une nlace forte dans l’ancienne citadelle de laquelle on a établi un bagne. Le 4 oct. 1854 un incendie dévora la plus grande partie de la ville.

Toutes les églises et la plupart des édifices publics devinrentla proie des flammes. Le dommage a été estimé ofliciellement à 848,089 th.

(33,622,738 fr.). Parmi les édifices rebâtis à la suite de ce désastre, le plus intéressant est l’Ecole de navigation, construite en 1857. La population de Memel a plus que doublé; son commerce a pris un nouvel essor. En 1859, le mouvement du port était d’env. 900 navires, dont une centaine appartenant à la rade de Memel. Son port, vaste et sûr, n’est malhcureuse-

(Route 115.] (U.’MUl.NNKN. -

uuMil accessible qu'aux bàtirnenlR tirant moins de 7 mèl. d’eau. La Russie, le Danemark et l'Anyleterre ont des consulats ^ .Meuiel.

ROUTE lis.

A SAINT-DETERSBÛüRG.

A. PAU TKBRS.

S-J.'tmil. Chemin de fer qui doit être comiilolcmeul leroiiue au printemps do 18C-->.

86 6/10 mil. de Berlin à Kœnigsberg, voir R. 113.

De Koeaissbers à Bydtliabnen,

eO t/lO mil. Chemin de for ouvert en 1860. 2 convois tou» les jours, trajet en 4 h. 5 min. et 5 h. pour 4 tli. 2 sgr.,

3 th. 2 sgr., 2 th. 1 sgr.

.\u delà de Kœnigsberg le chemin de fer se dirige à l’E. en longeantla rive g. delaPregel.Ons'arrôte succcs.sivcment à (Jnttenfeld, Ijirtvcnh agen,[Andetvau,Tapiau{S,‘lOO hab.) et après avoir traversé une plaine marécageuse, on arrive a

6 9/10 mil. Wehlau, V. de '1,000 hab. .fondée par l’ordreTeutonique en 1333. On y franchit l'AI/e, à son embouchure dans la l’regel, sur un pont do 83 met. de longueur.

Restant toujours sur la rive g. do la l’regcl, le chemin de for pa.sse a. Hrtsohdurf i'À'a XorLillvn. frajiciiit rduuinna, touche à InsUrltirri, V. do 9,700 hab., aur l’Inster tjui s'y réunit à la l’regel, traverse, à JudisclwH, l'Ange.rapp sur un pont lie 50 mi t. de longueur et s'arrête à

15 5/10 mil. (himbinnen tllôt.

DetUicluis Ilaux), V. de 6,(iü0 hab.

située à la jonction de la l’issa et de la Ruminie dont la réunion forme la Prcgel. On y remarque .11(10 statue do Rrédéric-Ouillaume i'R Les deux rivières franchies,on passe kTraicli.>icB.,célèbre par sou haras royal, et à

18 8/10 mil. iitullupanrn, av.ant d'arriver à

XAURÜGGEN. 595

20 J 10 mil. Kydlkuhnen, V . situé à l'extrémo' frontière de la Prusse que la Lipone y sé’pare de la Russie.

13 mil. d’Eydkuhncn à Kowno, chemin de fer terminé.

13 mil. de Kowno à Wilna, section de chemin de fer qui doit être livrtîe à la circulation à la lin de l'année 1861.

90 mil. de Wilna à Pélersbourg par Düuabourg, Ostrow. Pskow et I.uga. I.a section de Wilna à Dünabourg, la seule qui ne soit pas encore terminée, doitétre ouverte nu printemps de 1862.

N. U. I.a route de terre est toujours desservie par la poste. I.a distance est de 219 2'10 mil. Les postes russes parlent de Tauroggen près Tilsit. •

De Berlin h Welilau 03 .5/10 mil., voir R. 113 et 115.

De Wcblau à Tilsit 9 6, 10 mil., voir R. IM.

De Tilsit à Tauroggen 4 1/2 rail., 4 dil. par som. (ilimanche, mardi, mereredi, samedi.; trajet en 3 h. 3/4 et.") h. pour 1 th. 1 1/2 sgr. et 27 sgr.

Tauroggen est une petite V.

russe à 1 extrême frontière qui n’a d’imporinnee que par l’élahliKse— ment de la douane Tamopia. De Tauroggen à Saint-Pétersbourg 111 3/4 mil. (786 1/4 verstes). I.i poste légère (4 places) part de Tauroggen le mercredi et le dimanche.

.1 7 h. du soir, et fait le trajet en 79 heures. La poste lotirde n'a que deux places de vovagcuiB. Elle part le jeudi et le lundi, à midi, et fait l'o trajet en 100 heures.

L’une et l'autre coûtent .39 roubles argent n l’intiTieur et 27 à l’extérieur. Pendant la saison d'été il y a un service extraordinaire de malle-poste les dimanches et les jeudis. I.e trajet se fait eiiOO 1/2 h. V’oir pour la description de cette route le Guide du voyageur eu Europe, par A. Jeanne.

H. Par eau.

De Berlin à Stettin , voir R. 108.

Plusieurs services de bateaux à vapeur ont lieu entre Stettin et

Saint-Pétersbourg, à partir de la première quinzaine de mai jusqu’au 15 ou 20 oct. La traversée dureG5 à70 heures. Deux bateaux partent tous les jeudis f'N'eva, Trave, k 1 h.) et tous les samedis.

{Adler, Wladimir, à midi). Première place 62 th.; 2"" place, 40 th. Il en est quelqueCois d’autres sur lesuels la traversée ne coûte que 0 th. et 25 th. (le Saint-Pétersbourg, V Archimède et V Alexandre , lessa,medis à midi).

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