‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 267 sur 328 · DE LEIPSICK A DRESDE · texte numérisé non relu

DE LEIPSICK A DRESDE

15 1/2 mil. Chemin de fer ouvert en 1830. 6 convois par jour, en 2 h. 3Ü min. et 3 h. 15 min. pour 3 th., 2 th. 8 agr. et 1 th. 15 sgr. 50 livres de bagage.

Au sortir de la gare de Leipsick on traverse une partie du champ de bataille (v. R. 102) avant d’atteindre Sommerfeld, La station suivante, Borsdorf, est un village cé- Ihbro par ses pommes. Au delàde Machern ou franchit la Mulde sur un pont de 19 arches avant d'arriver à ,

3/4 mil. Wurzen (Hdt. ; Stadt Leipzig),Y. de 6,000 hab., sur la Mulde, avec un dôme remarquable. — ün passe ensuite à Kühren.

5 3/4 mil. Luppa-Dahlen, Y. de 2,800 hab., dont le château fut habité par Frédéric II, pendant les négociations de paix ae 1763.

— 2 dit. partent i. les j. de Dahlen pour (3 1/4 mil.) ïorgau (voir R.

117), traj. en 3 h. pour 19 1,2 sgr.

Après avoir traversé la vallée de la Dœllnitz, on s’arrête à

7 mil. Oschatz (Hét. : Stern; Leewe), Y. ind. de 6,000 hab., entourée d’anciennes fortilications etsi tuée sur la Dœllnitz. Son église, rebâtie en 1842 à la suite d’un incendie, d’après des dessins de Heideloff, a deux grandes tours hautes de 92 mèt. et surmonti'es de clochers à jours. On y voit des fresques de Hermann et un tableau deSchnorr. C'est dans son ancien château de chasse (1 1/2 mil.), Hubertsbur^, transformé depuis quelques années en maison de détention, que fut signé, le 15 février 1763, le traité de paix entre Frédéric II et Marie-Thérèse, qui mit fin à la guerre de Sept ans. Le roi de Prusse ne fit aucune conctn^ sion. La Silésie lui restait. ïou'il les souverains de l’Europe coalisés contre lui n’avaient pu lui arracher cette province.

Au delà d’Oschatz le chemin de fer se dirige à TE. sur

(Route 118.]

9 mil. Riesa {Rest. de la gare , Zum Sxchsixchen Hof), Y. industrielle de 4,200 hab., située au confluent de TElbc et de la J abna.

La crypte de sou église a la propriété de conserver les cadavres. On en montre deux qui datent du xvii« siècle et qui ressemblent à leurs portraits conservés dans l'église. Kiesa est le point de jonction des lignes de Leipsick et de Cbemnitz (K. 119). Tous les trains s’y arrêtent pendant 10 min.

10 mil. Rœderau, où Ton passe sur un long viaduc, on laisse à g.

l’embranchement qui conduit à Berlin par JiUerbogk (voir R. 117).

11 1/2 mil. Priesteu-itz, station de Grossenkayn, Y. industrielle de 8,500 hab., située sur la Rœder, et célèbre pour ses fabriques de draps.

Au delàde Jrssen, on traverse un tunnel de 290 met., puis on s’arrête à

13 1/2 mil. Niederati, station de Meissen (1 mil., voit, à tous les convois, trajet en 3/4 d’heure pour 3 ngr.), — (Hôt. : Hirsch, Stem , V. de 9,500 hab., agréablement située à 78 mèt., sur la rive g. de l’Elbe, qu’un pont réunit à la rive dr. Elle est la patrie de J. Elias Schlegel (1718-1749), et du D^ Hahnemann, l’inventeur de la médecine homœopathique.

Le oienar château de Meissen, qui doit prochainement être restauré, est l'ancienne résidence des princes saxons, et s’appelle l’ Albrechtsburg ; il domine un rocher escarpé qui olTre de jolis points de vue. Son architecture est remarquable (visiter surtout deux escaliers tournants, les plafonds voûtés de certaines pièces et diverses salles). C’estactuellementune manufacture de porcelaine. C’est un chimiste saxon nommé Bættirher.

qui, en 1702, trouva la porcelaine, 'out-ett^cherchant la pierre philosophale. L’électeur de Saxe, Auguste II, après avoir anobli Bœtticher, fonda à Meissen la première fabrique de véritable porcelaine qui eût existé en Europe

[Routb 118.1 MEISSEN. - ■ . 605

(1710). Celte fabrique donna en peu de temps de magnifiques produits, connus et recherchés actuellement sous le nom de vieux .Saxe. Pendant assez longtemps, elle conserva le monopole de la fabrication de la porcelaine.

Il y avait peine de mort contre quiconque eût révélé le secret ae cette fabrication ou même transporté ailleurs la matière première (argile blanche extraite dès carrières d’Aue, dans l'Erzgebirge); mais toutes ces précautions ne purent empêcher l’établissement successif de manufactures rivales à Berlin, à Brunswick, à Vienne, en France, et en Angleterre. La manufacture de Meissen, qui avait toutefois continué à prospérer, reçut un coup fatal dans la guerre de Sept ans.

Frédéric II la pilla et en enleva les ouvriers et les modèles avec ses archives. Rétablie à grands frais par le roi de Saxe qui la subventionnait sur sa cassette particulière, elle a été, il y a peu d’années cédée à l’Etat, qui 1 exploite il son profit. Le métier y a en grande partie remplacé l’art, car ses produits, recherchés d’ailleurs, sont uniquement destinés au commerce. Elle occupe environ 600 ouvriers. — N. B. Les étrangers peuvent la visiter.

Sa célèbre manufacture de vieux Saxe n'est pas la seule curiosité de Meissen. On doit y visiter surtout sa cathédrale qui, contiguë à sa manufacture , couronne la colline ombragée, au pied et sur les pentes de laquelle la ville est bâtie. Commencée au xiri* siècle (cdté E.), cette belle église gothique n’a été achevée qu’au xv” siècle (cété O.). En 1547, la foudre a détruit ses trois tours. Un charmant clocher à jour de 20 mèt. de haut la domine. On remarque à l’intérieur : outre la pureté de son architecture , les curieuses sculptures sur pierre du tabernacle (près de l'autel); de beaux vitraux de couleur; une descente de croix (dans la chapelle des princes) par L. Cra-

nach, danslaquelle se trouvent les portraits de Luther, de sa femme et de son ami l’électeur ; un tableau par Albert Durer; la galerie du crucifix; les statues d’Othon I", de sa seconde femme , de saint Jean l'évangéliste et de l’évêque Donat; les chapelles de Saint-Jean et de Saint-Paul (1269), la chapelle de Tous les Saints (1470) qui sert de sacristie; la chapelle de Madeleine ( du commencement du xiiie siècle), etc. A l’extrémité occidentale se trouve le caveau princier (Fürstengruft) où sont ensevelis un grand nombre de princes saxons des xv* et xvi* siècles, et entre autres les princes Ernest et Albert , les fondateurs des lignes royales et ducales aujourd'hui régnantes. Le plus beau de leurs monuments funéraires est celui (en bronze) de Frédéric le Guerrier.

Meissen possède d’autres églises qui ne méritent pas une visite, un hôtel de ville avec quelques anciens tableaux, un gvmnase {Landesschule) appelé VAfranum, parce qu’il est situé dans l’ancien couvent d'Afra, d’autres écoles, un entrepôt royal de sel et de bois, d’importantes fabriques (celle de draps est bien déchue de son ancienne réputation) ; elle fait un commerce important en vins et en rains. On jouit de belles vues ans ses environs , à Sieheneichen (30 min.). On peut aller visiter les ruines de l’église et du couvent de la Sainle-Crota: (30 min.) bâtis de 1217 à 1233 , le Baschbad, dans le Tricbischthal, transformé ên maison d'aliénés.

A partir de Niederau la contrée que l’on traverse devient plus riante. Le chemin de fer longe une chaîne de petites collines couvertes de vignobles et de maisons de campagne. Près de Cosswig on croise la route de terre de Dresde k Meissen; au loin, sur une hauteur, on aperçoit la tour du château de Wetsstropp appartenant au duc Charles II de Lucques, qui, au mois de mars 1849 , a abdique

606 DE RIESA A CHEMNITZ ET A GŒSSNITZ. [Routb 119.1

en faveur de sew fUs. A g. se montre lev. de Lœsnits, connu pour sa fabrication de vin de Champagne.

Le convoi, s’arrête dans la Neu7 stadt, à

» 15 1/2 mil. Dresde (U. 123).

N. fl.. La ..dernière partie de cette route peut se faire aussi sur l'Elbe. Pendant l’été, 1 bateau part tous les jours de Kiesa pour Dresde et trois bateaux partent de .Meissen pour Dresde. Meissen est la seule V. importante que l’on remarque sur les bords de l’Elbe pendant ce trajet. (1 h. 30 mia.

Meissen, 3 h. 1.5 min, Dresde).

DE RIESA A CHEMNIT'/:

ET A GŒSSNITZ. .,^

ir> 5/10 mil. Chemin de fer ourert en 1858 et 1859. 5 convois par jour, trajet en 3 h. .50mtn. et5 h., pour2th.l8sgr., 9 th. 9 sgr. et 1 th. 17 ggr.

On s’arrête à Osirau entre Kiesa et ,

3 il/10 mil, Dœheln ( Hôt- Sonne), V. ind. d’env. 7,.500, liab.

On traverse la .Mulda entre ücebeln etLimrits, et la Zachopau entre Limritz et

4 7/10 mil. Waldheim (Ilot.

IVtlder i/onn), V. industr. de 5,000 bab. dont l’ancien château a été transformé en maison de cprrec-

. tion. — Etlau , où l'on s’arrête ensuite, est la station de Rachlits 1 3/5 mil. dil. en 2 h. p. 8 ngr.), V. industr. d’env. 6,000 hab., sur La Muldc. ..

6 5/10 rail. Mitlelveida (Hêt,

Deutsche» Haus), V. industrielle de 7,650 bab., sur la rive g. de la Zsohopau. , I

7 .7/10 mil.,. Qi^rlichtsnau „ station poun(l mil.). Frankenberg , V. industrielle d’env. 7,700 bab.

8 IVIO mil. Cbeinnitz ( Hùt. :

.. Roemischer Kaiser ^ .Sta-dt Berlin , ,,iEugel), la principale V. manufacviturière de la Saxe, estsituée à 288 ^..Sfièt.. au pied de lIErzgebirge.sur la ....rivièrei' de gnp tiuf»:. affluent de la

Mulde, dans une plaipo étendue et fertile. Sa population actuelle s’élève è plus de 40.000 hab. Elle est le cbef-lieu de l’Amtshauptniannscbaft et de l’Amt dç Chemnitz , le chef-lieu ,et le siège dos états du cercle (Kreis) del’Erzgebirge, le siôgo d’un surintendant évangélifjue , etc.

Altchemnitz. v, situé à peu de distance au S,, est un dernier débris de la ville fondée par les Serbes. La ville actuelle doit son origine à Henri I". Elle fut de bonne heure une V. libre impériale, souvent hypothéquée par les empereurs , jusqu’à ce qu’en 1329 elle tomba sous la domination de Frédéric le Grave. Fortifiée en 1376, vendue en 1375 à un couvent de bénédictins voisin, elle s’affranchit avec le secours du bur^rave Albert de Leissnig. Assiégée en 1429 par les hussites , puis détruite en 1449 dans la guerre des deux branches saxonnes, elle. obtint en 1451 ses premiers privilèges pour scs blanchisseries, et en 1485 elle vint en la possession de la ligue AJbertine. La Réforme y tut introduite en 1539. A la lin du xvi« siècle , dos protestants exilés des Pays-Bas y apportèrent leur industrie. En 1639,1e 14 avril, les Suédois, commandés par Banner , y battirent les Saxons et les Impériaux.

En 1750, W. G. Schlüssel, de Hambourg, y établit la première imprimetie sur étoffe. Ce n’est plus. aujourd’hui qu’une ville industrielle et prospère. Ses anciens remparts ont été abattus, et sur leur emplacement op a planté un agréable boulevard qui relie la vieille ville à ses faubourgs. Elle est la patrie du philologue Heyne (1729-1812).

Puffendorf egt né dans ses environs.

Les principales branches d’industries exploitées à Cheœnitz sont la fabrication de la bonneterie de coton (plus de 15,000 métiers), celle des cotons, des soieries et des étoffes mélangées de soie, coton et laine, l’impression sur étoffe.’:, les filatures de coton

[Rodte 120,] GLAUCHAU,

et de laine, les teintureries et les blanchisseries, etc. Sa fabrication de toiles, jadis si célèbre, a beaucoup perdu de son importance.

« La fabrication de la bonneterie, surtout des bas, à laq^uelle elle doit sa prospérité actuelle, rivalise avec la Grande-Bretagne, dit M. Murray, pour la qualité et le bon marché. La Saxe produit presque autant de bonneterie q^ue la Grande-Bretagne. Les bas qui s'exortentpour l’Amérique j' sont fariqués au prix extraordinaire do 4 fr. 15 cent, la douzaine. Les fabriquants de bas n’y sont pas agglomérés dans de vastes établissemerits ; ils y habitent de petites maisons qui en général leur appartiennent. Ils cultivent dans leurs propres jardins les jjommes do terre et les autres légumes qui forment leur nourriture habituelle et qui servent aussi à engrainer les animaux domesliques destinés à leur table ; d’ordinaire ils se contentent de pommes de terre et de café. L’État les instruit gratuitement J> On fabrique aussi à

Chemnitz des machines a vapeur ui s’exportent dans tous les pays U continent.

La Sladtkirche de Chemnitz est ornée ; à l’extérieur d'un riche portail sculpté (1525);à l'intérieur d'une chaire sculptée avec des bas-reliefs (1536) et d’un tableau de maitre-autel dont le milieu primitif a été détruit, mais dont les volets sont attribué's à Wolilgemuth ou à CEser. Près de cette église on remarque ÏMtcl de ville (l'Jd9) et la halle aux Draps. Le château que l’ofi voit hors do la ville avait été dans l’origine un couvent (bénédictins), fondé en 1125 et supprimé en 1548. C’est aujourd’hui une auberge. Sur la rOute de Dresde s’élève la maison des orphelins. Le château de Lichtenwalde, propriété du comte Ensiedel et •itué à 1 h. 30 min. au N..-E., eit entouré’d’un beau parc. — Le chemin de fer se dirige à l'O. par Grüiut et Wüstenbrand, d’où un petit embranchement long de 13/4

— ZW^CKAU. C07

mil. conduit aux houillères de Würschnits.

Il 4/10 mil. Hohenstein, V. industrielle de 5,400 hab. pour la plupart tisserands, située, comme Ernstthhal (3,700 hab.), sur les jientes du Langenberg, d’où Ton découvre la chaîne de l’Erzgebirge (U. 121). Non loin de Hohenstein se trouve l’établissement hydrothérapique du même nom. — Sanrl- Egidien, où l’on passe ensuite, est la station de Lichstenstein, V. de 4,200 hab. près de laquelle on remarque un château appartenant au prince Shœnburg.

13 3/10 mil. Glauchau , (Hdt. :

Deutsches Ilaus Adler], V. industrielle de 14,400 hab., située éurla rive dr. de la Mulde. Elle était le chef-lieu de la principauté, aujourd’hui médiatisée, des princes et comtes de Schœnburg, dont on y voit encore le château (en partie du IX' siècle).

On franchit la Zwickauer Mulde avant d'atteindre

13 5/10 mi 1. S chœnhqemçhen,s.taüon d’où un embranchement se dirige au S. par Moscl sur{2 mil) Zwickau (voir K. 120) en suivant la rivç, g.

do la Mulde.

14 4/10 mil. Meerana,. V. industrielle de 11,200 hab.

15 5/10 mil, Gœssnitz (voir R. 100), où l'on rejoint la ligue de Bamberg à Leipsick fR. 100).

ROJJTE 120.

Page 1