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POURBOIRE

La boutade suivante , empruntée à M. Victor Hugo , n’est malheureusement que trop vraie.

€ Le plaisir de voir toutes ces choses belles ou curieuses, musées, églises, hôtels de ville, est tempéré, il faut le dire, par la grande importunité du pourboire. Sur les bords du Rhin, comme d'ailleurs

RENSEIGNEMENTS ET CONSEILS AUX VOYAGEURS, xxxvii dans toutes les contrées visitées, le pourboire est un moustique fort importun, lequel revient k chaque instant et à tout propos piquer, non votre peau, mais votre bourse. Or la bourse du voyageur, cette bourse précieuse, contient tout pour lui, puisque la sainte hospitalité n'est plus là pour le recevoir ap seuil des maisons avec son doux sourire et sa cordialité auguste. Voici à quel degré de puissance les intelligents naturels de ce pays ont élevé le pourboire. J’expose les faits, je n’exagère rien ; Vous entrez dans un lieu quelconque ; à la porte de la ville, un estafier s’informe de l’hétel où vous comptez descendre, vous demande votre passe-port, le .prend et le garde. La voiture s’arrête dans la cour de la poste ; le conducteur, qui ne vous a pas adressé un regard pendant toute la route, se présente, vous ouvre la portière, vous offre la main d’un air béat. Pourboire. Un moment après le postillon arrive à son tour, attendu que cela lui est défendu par les règlements de police, et vous adresse une harangue charabiaqui veut -dire : Pourboire. On débâche; un grand drôle prend sur la voiture et dépose à terre votre valise et votre sac de nuit. Pourboire. Un autre drôle met le bagage sur une brouette, vous demande à quel hôtel vous allez et se met à courir devant voua, poussant sa brouette. Arrivé à l’hôtel, l’hôte surgit et entame avec vous ce petit dialogue, qu’on devrait écrire dans toutes les langues sur la porte de tou tés les auberges: — Bonjour, monsieur. — Monsieur, je voudrais une chambre. — C'estfort bien, monsieur. {A la’ cantonade) Conduisez monsieur au N* â! — Monsieur, je voudrais dîner. — Tout de suite, monsieur, etc., etc. Vous montez au N® 4, votre bagage y est déjà. Un homme apparaît, c’est celui qui l’a brouetté à l'hôtel. Pourboire. Un second arrive; que veut-il? c’est lui qui a apporté vos effets dans la chambre. Vous lui dites : C’est bon, je vous donnerai en partant comme aux autres domestiques.— Monsieur, répond l’homme, je n’appartiens pas à l’hôtel. Pourboire. Vous sortez. Une église se présente,, une belle église. Il faut y entrer. Vous tournez alentour, vous cherchez. Les portes sont fermées. Jésus a dit : Compelle intrare; les prêtres devraient tenir les portes ouvertes, mais les bedeaux les ferment pour gagner trente sous. Cependant une vieille femme a vu votre embarras; elle vient à vous et vous désigne une sonnette à côté d'un petit guichet. Vous comprenez, vous sonnez, le guichet s’ouvre, le bedeau se montre; vous demandez à voir l’église, le bedeau prend un trousseau de clefs et se dirige vers le portail. Au moment où voua allez entrer dans l’église, vous vous sentez tirer par la manche : c’est l’obligeante vieille que vous avez oubliée, ingrat, et qui vous a suivi. Pourboire. Vous voilà dans l’église; vous contemplez, vous admirez, vous vous récriez : — Pourquoi ce rideau vert sur ce tableau? — Parce que c’est le plusbeau de l’église, dit le bedeau. — Bon, reprenez-vous; ici on cache les beaux tableaux; ailleurs on les montrerait. De qui est ce tableau? — De Rubens. — Je voudrais le voir. — Le bedeau vous quitte et revient quelques minutes après avec un individu fort grave et fort triste : c’est le custode. Ce brave homme presse un ressort, le rideau s’ouvre, vous voyez le tableau. Le tableau vu, le rideau se referme etle custode vous fait un salut significatif. Pourboire. En continuant votra All£m. du n. .0

xxxviii lïlNÉRAIHK DK L’ALLEMACKNK.

promenade dans l'église, toujours remorqué par le bedeau, vous arrivez à la grille du chœur, qui est parfaitement verrouillée et devant laquelle se tient debout un magnifique personnage splendidement harnaché : c’est le suisse, qui a été prévenu de votre passage et qui vous attend. Le chœur est au suisse. Vous en faites le tour. Au moment où vous en sortez, votre cicerone empanaché et galonné vous salue majestueusement. Pourboire. Le suisse vous rend au bedeau. Vous passez devant la sacristiè. O miracle! elle est ouverte. Vousy entrez. Il y a un sacristain. Le bedeau s’éloigne avec dignité, car il convient de laisser au sacristain sa proie. Le sacristain s’empare de vous, vous montre les ciboires, les chasubles, les vitraux, que vous verriez fort bien sans lui, les mitres de l’évéque, etc. La sacristie est vue, reste le sacristain. Pourboire. Le bedeau vous reprend. Voici l'escalier des tours. La vue du haut du grand clocher doit être belle, voulez-vous y monter? Le bedeau pousse silencieusement la porte ; vous escaladez une trentaine de marches. Puis le passage vous est barré brusquement. C’est une porte fermée. Vous vous retournez, vous ôtes seul. Le bedeau n’est plus Ih. Vous frappez, une face apparaît à un judas : c’est le sonneur. Il ouvre et il vous dit : Montez, monsieur. Pourboire. Vous montez, le sonneur ne vous suit plus ; tant mieux, pensez-vous, vous respirez, vous jouissez d’être seul, vous parvenez ainsi gaiement à la b aute plate-forme de la tour. Là vous regardez, vous allez et venez ; le ciel est bleu, le paysage est superbe, l'horizon est immense. Tout à coup vous vous apercevez que depuis quelques instants un être importun vous suit, vous coudoie et vous bourdonne aux oreilles des choses obscures. Ceci est l’cxplicaieur juré et privilégié, chargé de commenter aux étrangers les magnificences du clocher, de l’église et du paysage. Cet homme-là est d’ordinaire un bègue. Quelquefois il est bègue et sourd. Vous ne l’écoutez pas, vous le laissez baragouiner tout à son aise, et vous l'oubliez en contemplant l’énorme croupe de l’église, d’où les arcs-boutants sortent comme des côtes disséquées, les mille détails de la flèche de pierre, les toits, les rues, les pignons, les routes qui s’enfuient dans tous les sens comme les rayons d’une roue dont l’horizon est la jante et dont la ville estle moyeu, la plaine, les arbres, les rivières, les collines. Quand vous avez bien tout vu, vous songez à redescendre, vous vou.s dirigez vers la tourelle de l'escalier. L'homme se dresse devant vous. Pourboire. — C'est fort bien, monsieur, vous dit-il en empochant; maintenant voulez-vous me donner pour moi?— Comment! et ce que je viens de vous donner? — C'est pour la fabrique, monsieur, à laquelle je redois deux francs par personne; mais, à présent, monsieur comprend bien qu’il me faut quelque petite chose pour moi. Pourboire. Vous redescendez. Tout à coup une trappe s’ouvre à côté de vous : c’est la cage des cloches. Il faut bien voir les cloches de ce beau clocher Un jeune’gaillard vous les montre et vous les ilomme. Pourboire. Au bas du clocher vous retrouvez le bedeau qui vous a attendu patiemment et qui vous reconduit avec respect jusqu’au seuil de l’église. Pourboire. Vous rentrez à votre hôtel et vous vous gardez bien de demander votre chem in à quelque passant, car le pourboire saisirait cette occasion. A peine

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avez-vous rais le pied dans l’auberge que vous voyez venir k vous, d’an air amical, une bgure qui vous est tout à fait inconnue. C'est Testafier qui rapporte votre passe-port. Pourboire. Vous dinez, l’heure du départ arrive, le domestique vous apporte la carte à payer. Pourboire. Un garçon d’écurie porte votre bagage à la diligence ou k la achnell-post. Pourboire. Vous montez en voiture, on part, la nuit tombe; vous recommencerez demain.

« Récapitulons. Pourboire au conducteur, pourboire au postillon, pourboire au débâcheur, pourboire au brouetteur, pourboire à l’homme qui n’est pas de l’hdtel, pourboire k la vieille femme, pourboire k Rubens, pourboire au suisse, pourboire au sacristain, pourboire au sonneur, pourboire au baragouineur, pourboire à la fabrique, pourboire au sous-sonneur, pourboire au bedeau, pourboire k l’estafier, pourboire aux domestiques, pourboire au garçon d’écurie, pourboire au facteur; voilk -dix-huit pourboires dans une journée . Otez l’église, qui est fort chère, il en reste neuf. Maintenant calculez tous ces pourboires d'après un minimum de cinquante centimes et un maximum de deux francs qui est quelquefois obligatoire, et vous aurez une somme assez inquiétante. N’oubliez pas que tout pourboire doit être une pièce d’argent. I.es sous et la monnaie de cuivre sont copeaux et balayures, que le dernier goujat regarde avec un inexprimable dédain.

« Pour ces peuples ingénieux, le voyageur n’est qu’un sac d’écus qu’il s’agit de désenfler le plus vite possible. Chacun s’y acharne de son côté, le gouvernement lui-même s’en mêle quelquefois, il vous prend votre malle et votre portemanteau, les charge sur ses épaules et vous tend la main. Dans les grandes villes, les porteurs de bagages redoivent au trésor royal douze sous et deux liards par voyageur. Je n’étais pas depuis un quart d’heure k Aix-la-Chapelle que j’avais déjà donné pourboire au roi de Prusse.»

E. Bibliog;raphie.

K. B. Nous n’avons pas la prétention de publier ici une bibliographif plus ou moins complète de l’Allemaÿne. Un pareil travail tiendrait trop de place. Nous avons seulement réuni sous ce titre général les ouvrages pratiques les plus récents et les plus estimés dont nous nous sommes servi utilement dans la composition de cet ouvrage. Les Guides de M.M. Murray, Fœrstcr et Bædeker, que nous avons souvent corrigés et complétés, ont singulièrement facilité notre tâche. Nous leur devons des remerciinents. Du reste, nous les avons cités avec reconnaissance chaque fois que nous leur avons emprunté un renseignement qui leur appartint en propre. Ce juste hommage dû k ses concurrents, non-seulement étrangers, mais encore de la même nation, ils ont eu le tort de se le refuser mutuellement. C’est une satisfaction d’ainour-propro dont le public n’est pas la dupe, car, lorsque la vérité est si facile à constater, k quoi bon la taire?

ITINERAIRE DE L’ALLEMAGNE

Achl Toge tm ThUringer tod

Alexis Justus. Rudolstsdt. Benovanz et Scbeitz, 1858.

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Dnd Khter bei Adorf im Sæchsischen Voigtlande.nach amtlichon Quellen lopographisch, geognostisch, chemisch, medicinisch und historisch geschildert auf Veranlassung des kœnigl. Ministeriums des Innern. Leipzig. 18.53.

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Baden und der untere Schwarstcaldim GrossherzogthumBaden, mit seinen Tha:lern und Gesuudbrunnen. Geograpbiscb, naturhistorisch, geschichtlich und statigtisch beschreieben von K. F. 'V. Jœgerachmid. Carlsruhe. 1846.

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Berlin (ganz) für (Unfzehn Silbergroschen. — Wegweiser durch Berlin und Potsdam ftlr Fremde und Ëinheimische.

Mit Plsenen von Berlin und Potsdam, nebst 4 Theater-Tableaux. Berlin. Verlag von Th. Grieben.

Berlin (ron) nach Hamburg, nebst Schilderungrn aus Lübeck und Hamburg, von E. Wtllkomm. Leipzig, Brokhaus,

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Deutschland und der Oetlerreichischt Kaiserstaat. Zwei Theile, I. Oesterreidi, Süd-nnd West-Deutschland. II. Mittelund Nord- Deutschland. 1851. Bædeker.

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Deutschlands Eisenbahnen, ein Hundbuch fur Geschæftsleute , Capitalisten u. Spekulantcn, naeh ofAciellen. Quellen bearbeitetv. Dr. Jul. MichaelU. Leipzig.

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Deutscher Brunnen-und Bade-Calejider für Reisende und Kurgæste. Berlin.

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