‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 280 sur 328 · LA SUISSE · texte numérisé non relu

LA SUISSE

Blauer Slern), est une V. d’env.

2,550 hab., située sur la rive g. de l’Elbe et dominée par la forteresse du même nom, en face du Lilienstein. Incendiée en 1810, elle a été rebâtie depuis. La Biela, qui s'y jette dans l’Elbe, la divise en deux parties. Sa forteresse seule mérite une visite. De la terras.se du Schiesxhau.i, bâtie en 1850 sur le Pladcrberg, près de l'embarcadère du chemin de fer, on se rend bien compte de sa position. On voit au S. -O. le Quirlberg (45 min.}; au N.-E. le Lilienstein; à l’O. le Kœnigstcin, dont le dernier escarpement s’appelle le Scbreiberberg ; au S. le Pfaffeuberg et le Vfaffmstein.

La forteresse de Kœnigstein (Fr s-

tung Kœuigxtein) s’élève à 293 mèt.

au-dessus de l'Elbe et à 370 mètres au-dessus de la mer. Moins haute de 54 nièt. que le Lilienstein, elle domine le Quirl de 20 mèt. et le ïhürmsdorfer Bærenslein de 23 mèt. Elle couronne un rocher à pic de trois côtés et d’un accès difficile du quatrième. Avec ses bois, ses champs, ses prairies, ses jardins, ses vignobles, etc., elle a une circonférence de 30 min. Les étrangers y sont admis sur leur demande sans la moindre difficulté. Il faut 45 mm. pour y monter.

Un chemin appelé Pirnaischer Richtweg là l’extrcmité N. -O. do la ville) conduit sur le plateau, au-dessus duquel les parois unies du rocher s’élèvent encore de 116 mèt. envi-i ron, et oii se trouve la Nette Schenke (auberge), bâtie en 1769.

L’histoire de Kœnigstein mérite au moins un souvenir, car elle est à peu près la seule forteresse de l’Europe qui n’ait jamais été prise.

Le premier château construit sur ce rocher fut fondé par les rois de Bohême pour le défendre contre les Allemands. Il n’en reste j>lus de traces. En 1352, il tomba en la possession des burgraves de Dohna. En 1462, le margrave de Meissen, Ouillaume II, s’en empara. En 1425, les hussites le prirent d’assaut et l'incendièrent. En

SAXONNE. ‘ [Route 124.]

1505, un couvent de célestins s’établit sur ses ruines. En 1540, Henri le Pieux y jeta les fondements d’une nouvelle forteresse que les électeurs Auguste et Christian et leurs successeurs agrandirent et fortifièrent constamment. Auguste III s’y réfugia pendant la guerre de Sept ans avec les trésors et les archives de sa capitale. En 1849, le roi de Saxe y a cherché un asile sûr. En 1813, Napoléon avait vainement essayé de la canonner depuis le Lilienstein. Les boulets qu’il lança contre ses murailles ne purent les atteindre.

Avant 1813, la garnison se composait principalement d'invalides et de vétérans. Depuis 1841, «Ile est formée par des détachements de l’armée active, qui se renouvellent à de certains intervalles. Cette 1 garnison, forte de 400 hommes en ' temps de paix, jiourrait être faci- ; lement portée à 6,000 hommes.

' Kœnigstein a été une prison d'Etat. Parmi ses principaux prisonniers, on cite : le prédicateur de la cour Mirus, le général russe l’atkul, l’inventeur de la porcelaine Bœitger ou Bœtticher, l’alchimiste baron de Klettenberg, le secrétaire particulier Menzei, qui avait vendu à la Prusse les secrets de la .Saxe, le marquis d'Agdallo, et après 1830, r.avocat Mosdorfet l’industriel Bartholdi, après 1849, le Russe Bakunin, Heubner, membre du gouvernement provisoire, Heintze, un des chefs de l’insurrection de 1849, et le directeur de la musique, Kœckel.

La porte de lu forteresse fran- I chie, on se trouve dans une cour étroite entourée de murs. A g. s’élève la Thorwaehe. Là, le sous-officier de garde prend les noms des visiteurs, et quelquefois leur demande leur passe-port. On monte alors à la seconde porte voûtée, à l'épreuve de la bombe. Un soiisofficier (10 ngr. de pourboire) accompagne les étrangers. 11 leur fait voir: les fortifications, du haut desquelles on découvre de beaux points de vue ; le Johaunissaal,

Dk|l! ,: J b,- GtHij^lc

[Route 125.] LE PAPSTSTEIN,-

qui sert d’arsenal ; les prisons; les caves; l'église, avec un tableau de L. Cranach ; la Friedrichsburg, avec des portraits de princes saxons ; le Pagenbett, escarpement de rocher sur lequel, en 1675, un page qui s’y était endormi et qui, pendant son sommeil, avait été attaché avec des cordes, fut réveillé au son de la trompette ; la Kœnigsnase ou le nez du roi, la pointe orientale du rocher; et enfin la fontaine à laquelle on a travaillé pendant quarante années, et qui a 233 mèt. de profondeur.

On peut de Kœnigstein faire l’ascension du Papststein (1 h. 15 min. de Kœnigstein et de Schandau), dont le sommet, haut de 465 mèt., offre un vaste et beau panorama, à peu près semblable à celui du Lilienstein.

On compte 4h.de Kœnigstein au Schneeberg par: le Hüttengrund, la base boisée du Quirl, Reichstein, au delà du grand et du petit Eichberg, Hermsdorf, derrière lequel s’élève le Kegclstcin, A’cidierj, où la vallée rocheuse de la Biela prend un caractère plus original, la Schiceizcrmühle ;2 h.), moulin près duquel on a fondé un établissement hydrothérapique (y prendre un guide pour explorer les rochers d’alentour), le v. d'Edand (1 h. de la Schweizermühle et du Schneeberg), et le V. de Sehneeberg. Dans ' ce trajet (on peut de Neidberg monter directement au Schneeberg par Rosenthal en suivant la route), on sort de la Saxe pour entrer ffn Bohême avant d’atteindre Eilund. On peut dîner et coucher au besoin à la douane autrichienne, située à Schneeberg, à 2 h. de Peterswalde, relais de poste de la route de Teplitz (voir R. 128). Le Schneeberg, séparé par le V. du même nom des Tyssaer Wænde, a, près du Afonumenlum astronomico-geometricum élevé en 1824, 740 mèt. env. au-dessus du niveau de la mer. Son sommet est un plateau large de 10 mèt. et long de 15 mèt. Il est surtout escarpé du côté du S., au-dessus d’Eulau.

-LE SCHNEEBERG. 653

On n’y jouit pas d’une vue panoramique, mais de vues partielles qu’il tant aller contempler de trois points différents, indiqués par des cabanes et des bancs ; au S. -O., au S. et au N. -O. Du Schneeberg on descend en 2 h. à Bodenbach (voir R. 126).

Page 1