‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 52 sur 328 · BADE ET SES · texte numérisé non relu

BADE ET SES

Situation et' aspect général.

Bade,appeléeBodcn-Ba(i(ïn, pour la distinguer des localités du même nom situées en Suisse et on Autriche, estune ville d’env. 8,000 hab., bâtie presque à l’entrée de l’une des plus belles vallées latérales do la Forêt Noire, sur le penchant d’une colline et sur les bords du ruisseau de l’Oos ou Oes(Oosbach), qui, bien qu’insignifiant en luimême , séparait durant le moyen âge , le pays des Franks de celui des Alemanni , et qui donne à cette partie du grand-duché actuel le nom d’Osgau ou Usgau. Elevée de 200 mèt. onv. au-dessus de la mer, elle est à 2 h. du Rhin , 2 h.

de Rastadt, 7 h. deCarlsruhe et 9 h. de Strasbourg. Les montagnes qui la dominent, la protègent contre les vents du nord , de l’est et de l’ouest. Son climat est doux , bien du’il y pleuve souvent ; son air viE sain, fortifiant; les orages y sont fréquents et plus bruyants que dangereux. L’église collégiale et le château couronnent le groupe principal des maison, de la vieille ville.

I.es fortifications, dont elle était jadis entourée, ont été abattues , et une ville nouvelle, composée en grande partie d’hêtels et d’édifices somptueux , s’est élev'ée sur les deux rives de l'Oos, et tout le long de la promenade vulgairement appelée derGrahen ou Sophien Strasse, sous laquelle le Rotenbach , qui descend du Mercure, vient sc jeter dans l'Oosbach. Au sommet de la montagne boisée qui domine la ville, du côté du N., — le liatter ou Schlossberg, — on aperçoit les ruines du vieux Château. La plus haute de toutes les sommités voisines, couronnée elle-même d’une tour moderne, porte le nom de grand Staufenberg ou de Mercure. Le Petit Staufenberg, qui se dresse derrière le grand, parait presque aussi élevé- que lui. Du côté opposé s’élève le Fremersberg, dont les derniers escarpements s’appellent le Friesenberg et le Beutig. On cul-

ENVIRONS. [Routk 6.J

tive, dans cette belle et fertile vallée, non-seulement toutes les céréales, mais les châtaigniers, les amandiers et la vigne, qui y donnent d’assez belles récoltes.

'Toutefois , âa principale richesse est ses forêts, dont on estime le produit annuel à 430,000 fl. >

Histoire.

Fondée par des Celtes venus de la Gaule six cents ans environ avant l’èrc chrétienne, la ville de Bade actuelle tomba, sous le règne d’Auguste, au pouvoir des Romains, qui la nommèrent Cti'ifd.s Aquensü. Trajnn, Adrien et Antonin la visiti-rent, et Caracalla lui donna le surnom d’Aurélique. Détruite par les Alemanni, la Civitas Aque'ii.'iis ne reparaît dans l’histoire que plusieurs siècles après, sous le règne du roi Dagobert I". Elle appartint ensuite successivement aux Franks, aux moines de Weissenbourg, au duché de Souabe , à la maison de Zæhringen , h Henri le Lion (par mariage), et enfin (par échange) à Frédéric Barberousse, qui la donna en fief au margrave Herrmann III. Les descendants de Herrmann y fixèrent leur résidence et en prirent le nom, selon l’usage. Alors (die se releva de ses ruines, devint un chef-lieu et fut entourée de fortifications telles que l’évêque Berthold , de Strasbourg, l’assiégea vainement en 1330. Mais, en 1089, les Français, commandés par le maréchal de Duras, s’en eraparèient et la réduisirent en cendres. A dater de cette époque, les margraves allèrent habiter Rastadt, où ils bâtirent un château. En 1771 , la branche de Bade-Bade s’éteignit avec le margrave Auguste, et la ligne de Bade-Durlac.h hérita de ses possessions territoriales. La Révolution française et les guerres qui suivirent attirèrent à Bade un certain nombre d’étrangers, et lui rendirent une partie de l’importance qu’elle avait perdue. Aujourd’hui, elle est un des bains les plus fréquentés de toute l’Europe. On éva-

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lue le nombre des étrangers qui viennent tous les ans la visiter à 50 ou 60,000.

La maison de conversation et la TrlnkhaUe>

La Maison de Conversation , située sur la rive g. de TOosbach, au pied du Beutig et des hautes collines du Friesenberg dont les prairies et les bois ont été disposés en jardin, est un vaste édifice orné d’un portique corinthien et l’un des plus beaux établissements de ce genre. Bâtie en 1824 par Weinbrenner, elle a été considérablement agrandie et embellie en 1854. A certaines heures du jour, l’après-midi et le soir, elle réunit, soit dans ses salons intérieurs, soit dans le ravissant jardin qui l’entoure de tous côtés, une société nombreuse et brillante. Le bâtiment principal contient un grand salon de plus de 48 mèt. de longueur sur 16mèt. env. de largeur, une autre magnifique salle de bal et de concert {le salon des fleurs), et quatre ou cinq salons latéraux, tous décorés par Cicéri et richement meublés. Les deux ailes sont occupées ; celle do dr. par le restaurant, celle de g. par les nouveaux salons, décorés par Séchan, dont l’entrée n’est pas publique (on n'y est admis que sur invitation et après un contrôle sévère) et qui comprennent une salle de bal et de concert, une galerie de fleurs, un salon Louis XIV et un boudoir Louis XV. Sous les galeries latérales se trouvent un café, la librairie Marx et son cabinet de lecture.

Enfin, devant la façade, des deux côtés d’une double allée de beaux arbres, de nombreuses boutiques offrent aux étrangers tous les objets dont ils peuvent avoir besoin, et donnent à cette partie de la promenade l’aspect d’un champ de foire perpétuelle. La Promenade proprement dite s’étend, devant la Maison de Conversation, jusque sur la rive g. de l’Oosbach ; derrière, sur les pentes du Friesen-

BADE

berg d’où l'on découvre des points de vue délicieux, et à g. jusqu’à la Cour de Bade.

Des bals , dits de la réuntoîi, ont lieu plusieurs fois par semaine à la Maison de Conversation. Les abonnements sont de quinze jours, d’un mois ou d’une saison , et les prix varient selon le nombre des personnes dont se compose une famille.

Le théâtre, en construction, sera achevé en 1862, mais en attendant des représentations dramatiques ont lieu dans la salle de concert pendant les mois d’août et de septembre .

Les concerts d'abonnements ont lieu une fois par semaine de juin a octobre. Chaque fois qu’un artiste célèbre vient à Bade, le fermier des jeux, M. Bénazet, s’empresse de mettre à sa disposition ses salons et son orchestre, composé de quarante-huit musiciens, qui font chaque jour de la musique , soit dans la grande salle, soit dans le kiosque de la Promenade.

Les salons de la Maison de Conversation s'ouvrent tous les matins à 11 h. , et ne se ferment que fort avant dans la nuit. L’entrée en est publique. On y joue, dans la grande salle, à la roulette, et, dans la salle voisine , le trente-et-un.

De 3 à 5 b. et de 7 â 9 h. une

musique militaire badoise , prussienne ouautrichienne (deltastadt) alterne avec l'excellent orchestre des bains, devant le café de la Maison'de Conversation, sous le kiosque de fantaisie (style Louis XV.)

La saison de Bade commence le 10 mai et ne finit qu’avec les derniers jours d’octobre.

Les courses de Bade qui ont lieu au mois de septembre y attirent une grande affluence d’étrangers.

Elles durent généralement trois jours..

Enfin, dansla saison, lès amateurs de chasse obtiennent aisément, sur recommandation, des invitations pour de grandes et belles chasses a tir et à courre.

Au nord de la Maison de Con-

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