‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 63 sur 328 · Au Kœnigsstuhl, pour · texte numérisé non relu

Au Kœnigsstuhl, pour

2 personnes.

I 5 fl. 30 kr., pour plus de^ personnes,

8 11. Pour le Kœnigsstuhl on ne prend que des voitures à 2 chevaux.

Aux courses ,7, 4 et 6, dans une voiture à un cheval, on ne reçoit que 2 personnes. Il n’est dù aucune rétribution particulière pour un séjour ordinaire à l'un des endroits indiqués.

Anes; Au château, 24 kr.; au château et au Wolfsbrunnen, 1 fl.; au Komigsstuhl (aller et retour), 1 11.

45kr.ün trouve ordinairement des <ànes avec leurs conducteurs sur le sentier qui conduit de la place de Charles nu château.

Heidelberg, V. de 15,000 hab., située et comme réfugiée au milieu des arbres, à l’entrée de la vallée du Neckar, « entre deux croupes boisées plus hères que des collines et moins âpres que des montagnes, » le Kœnigsstubl sur la rive g. et le Heiligenberg sur la rive dr. Elle s’éitend le long de la rive g. du Neckar et à la base dos derniers escarpements

70 DE STRASBOUKG A MANNHEIM, [Route 7.]

du Kœnigsstulil, sur uno longueur gurez-%’ous, dit Victor Hugo, trois de 30 min., do l’O. à i'E., ou de la otages îi crois^'es étroites suj>porporte de Mannheim à la porte de tant un fronton triangulaire, à Charles. Elle ne se compose pour grosses volutes bouclées à jour ; ainsi dire que de deux rues parai- tout au travers de ces trois étages lèles ; la Hatipt Stra-i-.s-e ou rue prin- deux tourelles-espions & faîtages cipale. et la Rlocfe Strasjie. derrière fantasques, faisant saillie sur la laquelle s'étend une jolie prome- rue ; enfin, toute cette façade en nade bien plantée et bordée de grès rouge, sculptée, fouillée, cicharmantes maisons. I,es embar- selée, tantét goguenarde, tantdt cadères des chemins de fer sont i sévère, et couverte du haut en bas situés près de la porte do Mann- d’arabesques, de médaillons et de heim, qui donnait seule autrefois bustes dorés. Quand le poète qui accès dans la Haupt Strasse, et que bâtissait cette maison l’eut termila route tourne aujourd’hui des née, il écrivit en lettres d’or^ au deux côtés. La Haupt Strasse, — milieu du frontispice, ce verset comme la promenade et la Plock obéissant et religieux : Si Jehova Strasse, — mène au château, vers non ædificetdomum, frustra laboranl lequel se dirigent, dès leur arri- ædificantes eam. » vée, tous les etrangers. Près de cette curiosité se trouve

Il fut un temps où la colline sur l'église du Saint-Esprit, bâtie à la laquelle s’élève le château n’était fin du xiv“ siècle, et qui renfercouverte que de Heidelbeeren ou mait les tombeaux de plusieurs myrtilles. D'abord des bergers s’y i princes èt électeurs palatins. Ils établirent ; puis les Romains les en I ont été en partie détruits par les chassèrent pour s’y fortifier. Plus i Français, en 1793. Aujourd’hui les tard, des maisons ou plutôt des; deux communions y célèbrent huttes se groupèrent autouretau- leur culte sous lo môme toit. Une dessous dos murailles qu’ils avaient - autre église de Heidelberg, l’éÿltse dû abandonner aux Barbares. Elles' de Saint-Pierre, rappelle un souvefinirent par former un bourg, où ; nir de la Réforme. C'est à ses porvint SC fixer, vers le milieu du j tes que Jérôme de Prague, l'ami et xni' siècle, le comte palatin Con-: | le disciple de Jean Huss , aliicha rad. A dater de cette époque, jus- j ces thèses célèbres qu’il soutint en qu’en 1720, le bourg, devenu unej plein air, devant la foule rassemville, fut la capitale du palatinat du j blée, pour l’entendre, dans le ci- Rhin. Cet honneur lui coûta cher, metière voisin, comme on le verra ci-dessous en; L'Université de Heidelberg, la lisant l'histoire de son château. En i célèbre liuperta-C aroUna, doit sur- 1780, Charles-Philippe transporta à tout sa réputation à ses Facultés de Mannheim le siège Ile son gouver- j droit et de médecine. Quelqueanement. Depuis 1802, Heidelberg! uns de ses professeurs se sont acappartient au grand-duché de Bade, quis une réputation européenne.

Heidelberg est une ville entiè- Le nombre des étudiants varie de renient moderne. De ses anciennes COO â 700. C’est l’une des plus an*. . maisons, les hommes et les élé- ciennes de l’Allemagne, car sa fouments n’en ont épargné qu’une, dation remonte ii l’année 1380. Les située sur la place du marché, en bâtiments où elle est établie (place face de l’église du Saint-Esprit. Louis, k peu près nu milieu de la Elle fut construite en 1592 par un ville) n’ont rien de remarquable ni Français de Tournay, Ch. Rélier, à l’extérieur ni à l’intérieur, niais qui avait réussi à échapper aux ils renferment une magnifique bimassacres de la .Saint-Bartnélemy. bliothèque (ôuv. t. les j. de 10 h. C’est aujourd’hui une auberge. On h midi, mercredi et samedi de 2 h. l’appelle Au Chevalier Saint-Geor- k 4 h.) de 150,000 vol., 50,000 disges, Zum Ritter Sanct-Georg. « Fi- sertations et 1,800 manuscrits. Les

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HEIDELBERG ET SCHWITZINGER

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[Routk 7.]

Bavarois, qui prirent et j)ill6rent Heidelberg, en 1620, avaient fait cadeau au pape Grégoire XV, qui la plaça à Rome, au Vatican (on la nomma bibliotheca Palatina), de la plus grande partie de eette bibliothèque (ils en avaient détruit beaucoup de volumes). Le pape Pie VII l'a rendue, en 18L5, à Heidelberg.

Des manuscrits précieux, transportés de Rome à Paris, ont également été restitués après la conclusion de la paix. On distingue, parmi ses curiosités bibliographiques, une anthologie grecque, beau manuscrit du xie siècle, des manuscrits de Thucydide et de Plutarque, des xo et XI» siècles; la traduction d’Isaïe, de la main de Luther, son exhortation contrôles Turcs, une édition du Catéchisme annotée de sa main; le livre de prières de l’électrice Elisabeth, orné de miniatures par Dentzel d’Ulm (1499). L’Université possède aussi un excellent jardin botanique (près de la porte de Mannheim) un musée zoologi(jue, une collection d'anatomie, un cabinet de physique, une collection minéralogique renfermant plus de 15,000 échantillons, un laboratoire de chimie, etc. Enfin les savants visiteront avec intérêt les collections des professeurs Broun et Leonhard.

Depuis quelques années, Heidelberg possède un théâtre. On n’y joue qu’en hiver, les mercredis, vendredis et samedis.

Avant de monter au vieux château, élevé de 101 mèt. au-dessus du Neckar, et de 204 mèt. au-dessus de la mer, on ne doit jias oublier do descendre la rue qui conduit, à g. de l’église du .Saint- Esprit, au pont du Neckar. Ce pont de pierre, longdc233 mèt., etorné des statues de l’électeur Charles- Théodore et de Minerve, offre un beau point de vue sur la vallée du Neckar, la ville, les ruines du vieux château et les montagnes boisées qui les dominent.

Deux chemins montent au château : un chemin de piétons et une

route de voitures. La route de voitures part de la porte de Klingçn (c’est laque, stationnent les ânes); le chemin de piétons ombragé, beaucoup pi us agréa bloque la route mal pavée des voitures, s’appelle le Burgweg et s’ouvre à l'extrémité d’une petite rue qui continue le cdté E. du Kornmarkt. La route des voitures aboutit par les jardins à la grande porte, VElLsabethenthor (voir le plan), qui donne accès dans Ip cour principale. De chemin de piétons monte à la plateforme {Altan), et pénètre dans cette même cour par un passage voûté.

Les portesdu château sontouvurtes à tout venant. Seulement, on paye (le tarif est affiché sur tous les mtirs) pour voir la galerie Graimberg, 12 kr. par personne; pour le grand tonneau, 6 kr.; pour monter (par l’église) dans la 'Tour fendue, et visiter cette curieuse partie des ruines, 12 kr. par personne. — N. B. Les femmes qui conduisent les étrangers parlent français.

Le château de Heidelberg, fondé on, ne sait jias quelle époque t, est, comme on shtn aperçoit au premier aspect, une véritable mosaïque do châteaux et de tour-s.

On l’a surnommé l’Alhambra de l’Allemagne. « Il y a de fout, » a dit un poète artiste. L’histoire de ses vicissitudes, — reconstructions et démolitions, — réniplirait un volume. Le plan ci-joint aidera les étrangers à s’y conduire et à en distinguer les principales parties. La colline sur laquelle il s’élève s’appelle le Jettcnbühl, p.arce que, selon la tradition, une magicienne nommée .lelta (voir ci-dessous, la Fontaine du Loup) y révélait en vers mystérieux les arrêts du destin.

1 Un chîleau av.n t ép b:îli dans les temps les plus reculés sur le petit Geissbetp, qui dumme la collitio du cbdte.su. Vers le cuuiuieucement du xive siècle, ce cbûleau, habité jusqu’alors p.r les cotnles palatins, fut aband.inné pour le nouveau ettransformé en arsenal. La fuudre, qui y tomba, le lit sauter en 1537, avec la poudrière. Il n'en reste presque aucun vesiioe aujourd’hui.

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