‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 65 sur 328 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

IJK STKASHOUlKi A MAN.NHKIM.

3* Du ütückynrtsn , jardin den canons, établi par Frédéric V, sur le rand rempart élevé par l’électeur ouis V, et s’étendant jusqu’à la grosse tour. On y entre par laporte Elisabeth, gracieux arc de triomphe élevé par l’électeur Frédéric V, en 1615, en l’honneur d’Élisabeth d’Angleterre', qu’il venait d'épouser. Los quatre colonnes représentent des troncs de chênes entourés de lierre avec des touffes de feuillage pour chapiteaux, et ornés de fleurs , de fruits , d’oiseaux 'et d’animaux divers. A dr.

de la porte , en entrant, on aperçoit, cie l’autre cdtédu grand fossé, la petite tour de l'électeur Louis V, construite en 1540 , déiruite après la seconde prise du château en 1693, et connue généralement sous le nom de la four jamais ville ;

3* Des jardins jet surtout de la grande terrasse! où l’on remarque :

à dr. la fontaine des princes , ou la fontaine de Charles-Philippe , son fondateur (1738), et, au-desjsus de la pépinière , le café restaurant ; — au fond, des débris de la grande grotte ; — la grande terrasse , bâtie sous Frédi'^ric V, et qui domine le Friesenberg, au bas duquel était autrefois l’ancienne ménagerie des animaux du prince. C’est de ces charmants jardins que l’on découvre le mieux la partie orientale du château et les trois tours appelées la Tour fendue, la Tour de la bibliothèque et la Tour de la cloche. La tour fendue , construite ar Frédéric le Victorieux , en 450, servait de magasin à poudre ; les Français l’ont fait sauter en 1689. Une moitié de ce colossal cylindre de maçonnerie git dans le fossé. « D’autres blocs lézardés SC détachent du sommetetauraient croulé depuis longtemps, mais des arbres monstrueux les ont saisis dans leurs griffes puissantes et les retiennent suspendus au bord de l’ablme. » La tour de la bibliothèque, appelée plus tard tour de l'apothieairie, fut construite en L5.50, elle devint la proie des flammes en 1764. Cette tour formait un des

jKoOTK 7.]

princifiaux moyens de défense du château. Elle a renfermé la BiHjothèque palatine du Vatican dont , en 1633 , les manuscrits grecs et les missels byzantins servirent de litière, faute de paille, aux chevaux de l'armée impériale. La toitr octogone ou de la cloche , bâtie en 1535, en partie détruite pendant la guerre de Trente ans , et par les Français en 1689 et en 1693, avait été rebâtie depuis ; la foudre y tomba en 1764, et l’incendie . qui s’y alluma , se communiqua au reste du château.

Du-château de Heidelberg, on peut monter au Wolfsbrunnen, nu Geissbcrg, au Knmigsstuhl.

Pour aller du château au Wolfsbrunnen, il faut de 45 min. à 1 h.

Une bonne route de voitures y cqtiduit. Cette routeolTrc de beaux points de vue, d'un côté sur Heidelberg et la vallée du Rhin, de l’autre sur la vallée du Neckar, dont les motiiagncs sont couvertes de champs et de forêts. On rc3- ' marque sur la rive droite de la rivière, le monasti're de Keuburg et /iegclhausen (voir r.âllcm. du S.'. Après avoir dépassé une petite terrasse plantée d’arbres, on descend dans un vallon latéral où coule, près d’une auberge, sous des arbres épais, la Fontaine du loup {Wolfsbrunnen), ainsi appelée parce que, selon Içi tradition, la magicienne Jetta aurait été dévorée en cet endroit par un loup.

Les réservoirs voisins nourrissent un grand nombre de truites, dont on peut se régaler à l’auberge.

A l'endroit où la route du Kocnigsstuhl se détache à dr. de celle du Wolfshrunnen (il y a un poteau indicateur), un chemin nouvellement établi monte aux ruines du vieux château (voir ci-dessus), situées sur le Geissberg, à 371 mèt.

On y a installé depuis 1850 un ctabUssementde petit-lait {Molkencur), mais qui n’est en réalité qu’un restaurant. I.c chemin qui y mène s'appelle le Friesemccg, on l’honneur d'un jeune peintre paysagiste mort prématurément, et dont le

[Route 7-] LK HEILIGKNBERG

nom se trouve gravé, à mi-cheinin, sur une paroi de rochers, ün y jouit d’une belle vue, mais le panorama est plus beau et bien lus étendu au sommet (.'>74 met.) u Kœnigsstuhl (1 b. 30min.), couronné par une haute tour et ap- ' pelé Kaiserstuhl, depuis l’ascension de l’empereur François, en 1815 et d’où l’on découvre nonseulement les vallées du Rhin et du Neckar, mais encore l’Oden- •wald, le Ilaardigebirge, le Taunus et la forôt Noire jusqu'à Ebersteinburg et Strasbourg. Le sentier est plus court, mais plus roide que la route.

Si l’on ne veut point monter au Kœnigsstuhl, on prendra; près de la Molkencur, la nouvelle route qui contourne le Riesenstein (la pierre du Géant, d’où l’on découvre également une belle vue), et après avoir passé devant des carrières de grès, on arrivera (en 30 min.) à la Kanzel et (en 5 min. ) au Rondel, i beaux points de vue. De là un chemin descend à dr. par la Wolfsschlucht vers l'embarcadère (13 min.). Si l’on préfère jouir pendant -Zô minutes encore de la vue, on continuera toujours à la même élévation, jusqu'à l’auberge du Neuhof d’ou l’on descendra, par la forôt, en -10 min. au cimetière (à 13 min. du chemin de fer).

Les promenades de la rive dr.

ne sont pas moins intéressantes.

Au delà du pont du Neckar, s’ouvre (à 25 pas environ à g.), entre deux murs de jardins, un sentier, appelé le chemin des Philo-^ sophes, d'abord escarpé, puis bien moins roide, qui monte à g., en offrant de beaux points de vue, au V. de Neuenhcim, dont la dernière maison servit de refuge à Luther,, en 1521, et, à dr., à un carrefour sur la lisière d’une forêt.

La route de g. aboutissant à ce carrefour, monte au Heiligenberg (où conduisent d’ailleurs Ues sentiers plus courts), une dos montagnes les plus célèbres de l’Allemagne. Les Romains , qui y avaient élevé un fort, l’appelaient

SCHWETZINGEN. 75

Pinis. Ce fort fut détruit par les Barbares et les rois franks bâtirent un palais sur ses ruines. Plus tard (de 8Ü3 à 875), l’abbé de Lorsch y fit construire un couvent et une église. Le Pirus se nommait alors Aberinesberg. Ce couvent, dédié à saint Michel, commençait à décliner, quand le 21 juin 1022, Tillv l’occupa pour canonner Heidefberg. Apriis huit jours de combats inutiles, les assiégeants passèrent sur la rive opposée, et allèrent établir leurs batteries au Koenigsstuhl. Les bâtiments élevés au haut du Heiligenberg n’étaient plus que des ruines. Depuis lors, ils ont servi de carrières, et il n’en reste aujourd’hui que de rares débris. Le sommet du Heiligenberg (383 mèt.) offre un beau panorama. Parmi les maisons de campagne bâties à sa base ou sur ses pentes, 011 remarque celle du professeur Gervinus, appartenant aujourd'hui au professeur Welcker.

Les bords du Neckar offrent de charmantes excursions surtout à Neckargemünd et à Ncckarsteinach décrites dans l’itine'raire de l'Allemagne du S.

Une agréable promenade, plus souvent faite de Heidelberg que de Mannheim, est celle de Schwetzingen (2 h. 30 min. à pied, 1 h.

45 min. en voit., 1 1/2 mil. (voir plus haut le tarif des voitures), Hét. : Erbprinz. Hirsch,\. insignifiante de 2,700 liab. ; mais on va y visiter scs magnifiques jardins (voir le plan), toujours ouverts aux promeneurs. Ces jardins, construits à grands frais par l’électeur Charles-Théodore, sont encore entretenus avec un soin suffisant. Il faut 2 h. environ pour les visiter en détail (un guide est inutile), car ils ont 186 Morgen d’.\llemagne. Leurs principales curiosités sont: en commençant par la dr., le château bâti par l’électeur Charles-Louis, au milieu du xviio siècle— (deux bâtiments circulaires construits dans le voisinage du château et renfermant, l’un, à g., la salle à manger, et

7C DK STKASDOURÜ A MANNHEIM. [Route 7.1

l’autre, à dr., le théâtre, sont consacrés aux bals, repas, concerts, divertissements etc.) — les fontaines, les statues de Pan et de Gàlatéc , l’orangerie, le temple de botanique, les ruines romaines, la maison des bains (12 kr. d'entrée), le temple d'Apollon, les statues du Rhin et du Danube, le lac, le temple de Mercure, la Mosquée (belle vue de la tour, 12 kr.), le temple de Minerve, etc.

De Heidelberg à Heilbronn et àStuttgard, voir Allem. du Sud; à Darmstadt, et à Ptancfort, R. 9, à Würzburg, R.

9 et 11; à Miltenberg, R. lO.G.

De Heidelbers A Mannheim.

Voir page 64 la distance, le nombre des convois et le prix des places.

Le chemin de fer , longeant à une certaine distance la rive g. du Necknr, se dirige en ligne dr. au N.-O. sur Mannheim il Friedrichsfeld (voir R. 9) où il laisse à dr.

le chemin de fer de Francfort. De cette station, onpeutalleràSchwètzingen en 45 min. (voir ci-dessus ).

Une voiture à un chev. coûte 1 fl.

45 kr. (aller et retour).

2 5/10 mil . Mannheim (Ilôt, près du pont : H4tel de l'Europe;- — dans la ville : Hôtels du Palatinat, de Russie^ d’Allemagne. — De 2' rang; Lion et Roi de Portugal. — Cafés :

Café restaurant Rheinlust, près du pont du Rhin; Rlankart ; Café français; l'Étoile d'Or, près du théâtre.

' — Brasseries ; Loewenkeller, Bock- Tteller. — Libraires. Bender, Bensheimer.

Fiacres ; 2 pers. 12 kr. — 4 pers.

18 kr.; — malle 6 kr.; — d’une gare à l’autre(en20min.)l ou2pers.45kr.; — 3 pers. 1 11. : — 4 pers. 1 (1. 2 kr.

Om.nibus : 16 kr. ; — d’une gare à l’autre 22 kr.; — chaque malle 6 kr.; — Porteurs : 3 kr. par colis, jusqu’au fiacre.

Mannheim, V. de 25,000 hab., .située à la jonction du Neckar et du Rhin, n’a été fondée qu’en 1606 par l’électeur Frédéric IV. Malheureusement pour elle, à peine commença-t-elle à se bâtir, qu’on la

fortifia. Détruite en partie.pendant la guerre de Trente ans, elle s’était relevée, de ses ruines quand éclata la guerre de la succession d’Orléans. Les Français s’en emparèrent et donnèrent vingt jours à ses habitants pour la raser. Comme ils no se hâtaient pas d’obéir, leurs vainqueurs leur en épargnèrent la peine; ils mirentd’abord le feu aux maisons , puis ils firent sauter les fortifications et les églises. En 1794, elle était rebâtie à neuf, les Français la bombardèrent et la prirent.

En 1795, les Autrichiens la bombardèrent à leur tour, brûlèrent la moitié du palais et presque toutes les maisons , car ils y lancèrent 26,000 boulets et 1,700 bombes. Enfin, la garnison se rendit au général Wurmser. Depuis lors, les fortifications abattues ont été transformées en promenades. Aujourd’hui Mannheim est donc une ville neuve, la plus ennuyeuse peut-être de l'Allemagne. Elle a le tort de n'être bâtie ni sur le Rhin ni sur le Neckar,— on ne la voit même pas du pont du Rhin, — et de secomposer de rues droites qui se coupent à angles droits. Toutes ces rues sont de la môme largeur et bordées de maisons h peu près semblables; rien de plus monotone. Du reste, c’est une ville parfaitement propre « das reinliche Mannheim, » dit Goethe. En 1720, l’électeur Charles- Philippe en avaitfait la capitale du Palatinat; en 1777, elle fut réunie à la Bavière ; la paix de Lunéville l’a donnée au duché de Bade. Depuis quelques années surtout, il s’y fait un certain commerce.

Deux ou trois heures suffisent our voir Mannheim, Le palais , âti en 1720, et plus remarquable par sa grandeur que par son architecture,— la façade a 570 met. de développement, — contenait, dit-on, plus de 500 pièces. Le bombardement de 1795 réduisit en cendres l’aile gauche presque tout entière.

On compte encore aujourd’hui près de 1,500 croisées.

Le château fut en dernier lieu la résidence delà grande-duchesse

[Routb 8.] MANNHEIM —

Stéphanie. Il contient, outre lesca- i veaux de la dynastie badoise, une collection de tableaux (ouverte de 8 h. à midi, et de 2 h. h 5 h. (pourboire 21 kr.), pour la plupart assez médiocres (sauf quelques toiles de l’école flamande), une colleetion de plâtres et un cabinet d'histoire naturelle . Un y voit aussi une collection d’antiquités (dans une galerie fermée par une grille et au premier étage de l’aile gauche).

L’église des Jésuites, bâtie de niJ.S à 1756 , a la prétention de rappeler l’architecture de Saint-l’icrre de' Rome. Le portail est beau.

L’église de la Concorde , construite en 1810, à la place de celle qui fut détruite eu. 1705 , n'olfre rien de remarquable. On peut en dire autant de l’oisercototre et de l’ar.iîenaL

La synagogue, construite en 1851, est un beau monument ; l'embarcadère et les bâtiments du port libre méritent aussi d'attirer l'attention.

Ils ont été construits en 1840 sous la direction de Hilbsch. 11 v a sur la place principale une joîie fontaine rococo. Un beau pont en fil de fer a été jeté sur le Neckar. Enfin, au milieu de la place du marché, les habitants de Mannheim ont élevé un monument à la mémoire de l’électeur Charles-Théodore ; mais ce qu'il y a de plus agréable à Mannheim, c’est le parc (jui entoure le château, et dans ce parc, la terrasse qui domine le Rhin. La jetée du Rhin (Rheindamm), les jardin.? du Xeckar, le Nerkarnuer Wald, enfin le jardin public appelé Mühlhausschliisschen , sur une île du Rhin, sont autant de promenades agréables et fa<;quentées.

Schiller a longtemps habité Mannheim. Il y à fait représenter pour la première fois les Brigands, Fiesque et Intrigue et Amour. Le théâtre y jouit encore aujourd’hui d’une réputation méritée. La salle a été restaurée en 1856. Le dimanche, des convois de chemin de fer, partant de Heidelberg, Spire et Mayence, correspondent aux heures du spectacle. En face de l’cn-

HaUUENAU. 77

trée principale du théâtre, est la maison où Sand assassina Kotzebuc. La maison de Schiller, située sur la place de la Parade, s’appelle Zwn Karlsberg.

La salle de lecture du club Harmonie , sur le Planken , large rue plantée d'arbres, entre la porte de Heidelberg et celle du Rhin , est ouverte à tous les étrangers, sur la présentation d’un membre du club.

Un pont de bateaux, jeté* sur le Rhin, réunit Mannheim à Ludwigshafen (voir R. 3). >

Do Mannheim à Spire, R. 16 ; — .à Worms, R. 15; — à Fraiiofort, R 9 ; — à Mayence, R. l.>; — à Paris par Forbach et Metz, R. ;J; — à Strasbourg par Landau, R. 8.

DE PARIS A LUDWIGSIIAFEN

PAS WISSEMBOUBO.

565 kil. et 17 mil. 1/2. Chemin de fer de l'Est. 4 convois par jour. Trajet en 15 et 21 h. environ.

493 kil. de Paris àVendenheim, où le chemin de fer de Strasbourg se bifurque. Voir R. 4.

De Vendenheim A Reuitadt.

57 kil. et 6 1/1 mil. 4 convois par jour. Trajet en 4 h. 20 min. et C h. 40 min. P' cl. G fr. 55 c. et 6 fl. 37 kr. 2* cl. 4 fr. 5 c. et 2 fl. 36 kr.

7 kil. (16 kil. de Strasb., .500 kil.

de Paris). Hœrdt.

17 kil. (.510 kil.), Bischtciller,V. industrielle de 7,700 hab., sur la .Moder. (Filatures de laines, exploitation de minerais de fer.)

19 kil. (512 kil.)j Marienthal, v.

de 1,600 hab.

24 kil. (517 kil.), Hagtienaa, V.

forte, peuplée de 12,000 Uab., située sur la Moder; autrefois chef-lieu des dix villes libres unies d'Al- .sace, aujourd’hui chef-lieu de canton de l'arrond. <le Strasbourg. On y remarque deux anciennes égli ses : celle de Saint-George, du xii“ siècle, et celle de Saint-Nicolas, du xiiie siècle. C'est de Haguenau que partent les voitures de corres.

78 DK PARIS A LUDWIGSIIAFEN. [Routb 8.1

pondance (chemin de fer concédé) pour (21 kil.) Niederbronn, V. industr. de Ü,.‘iOO hab. et Iteu de bams très - fréquenté surtout par les Alsacien.s. Deux sources d’eaux minérales salines ferrugineuses, d'une température de 21“ centigr., jaillissent dans deux bassins exagones, et sont employées de temps immémorial en bains, et en boissons depuis l.')89. Le nombre des baigneurs est d'environ 2,000 par an .

Au sortir de Haguenau, on entre dans une grande forêt.

33 kil. (526 kil.), Walhuurg, v. de COO bab.

■11 kil. (53-1 kil.), SouUz-sous-Foréts, V. de 1,650 hab.

45 kil. (538 kil.), Iloffen, v. de 500 hab.

49 kil. (552 kil.), Hundsbach,v. de 350 hab.

57 kil. (.560 kil.), Wissembourg, V. de 4,300 hab., située sur lu Lauter, au pied des montagnes, autrefois une des 10 villes libres impériales d’Alsace, prise par LouisXIV en 1673, et réunie à la France par le traité de Ilyswick. Elle est aujourd’hui chef-lieu d’arrond. du département du Bas-Khin,et place de guerre de 4e classe. Üb .y remarque l'ancienne église collégiale, reconstruite en 1288. Un rempart, avec un fossé, s’étend jusqu’à Lauterbourg et forme ce qu’on appelle les lignes de Wissembourg, qui ont joué un rôle important dans les guerres de la révolution.

Correspoiul. pour Lauterbourg (20 kil.), V. de 2,300 hab., sur la Lauter, près de son confluent avec le Khin.

Au delà de Wissembourg on traverse la Lauter (clair), qui sert de limite à la France et Ion entre sur le territoire de la Confédération germanique, dans le Palatinat bavarois.

2 1)4 rail. Winden.

2 3 4 mil. liobrhnrb.

3 3/4 mil. Landau (llét. :Zum üchu-an, Zum goldenen Schaaf, Pfalserhof, Ldtre), V. de 6,300 hab. (la

garnison non comprise), située sur la Queich (ses portes sont fermées de bonne heure). Au xiii' siècle ce n’était qu’un village; en 1291, Rodolphe do Habsburg en fit une ville, qui fut bienlét , pour son malheur, entourée do fortifications. En 15.52, le margrave Albert de Brandebourg s’en empare et la saccage. Pendant la guerre de Trente ans elle est prise et pillée sept fois par tous les partis.

La paix de Westphalie la donne k la France, qui la garde trois ans; en 1678, elle tombe au pouvoir du duc de Lorraine; en 1679, les Français la reprennent, et le traité do Ryswick la leur cède 'l(i91) ; dans l’intervalle, Louis XIV l’avait fait fortifier par Vauban, et un incend ie l’avait réduite en cendres (1689).

Pendant la guerre de la Succession, elle est obligée de subir quatre capitulations. Enfin la paix de Rastadt la rendit à la France, qui la garda cent ans. En 1793 elle soutint un siège de neuf mois. En 1815 elle fut cédée d’abord à l’Autriche, puis à la Bavière. C’est aujourd’hui une forteresse de la Confédération germanique, occupée en temps de paix par la Bavière. Récemment ses fortifications ont été considérablement augmentées. Sur ses doux portes on lit encore la devise de LouisXIV : Nec pluribus impar.

Du haut de la tour de son église, bâtie en 1281, et servant aux deux communions, on découvre une belle vue sur les montagnes du Haardt.

C’est en général de Landau que l’on part pour aller visiter les ruines de la Madenburg (2 h.). Le chemin passe par Arzhrim, où on laisse à nr. celui qui conduit à Trifels, puis par Ilbesheim. avant d’atteindre (1 h. 30min.)Ei!chbach (Hôt.

Engd), petit V. de 750 hab. où l'on peutaisémentse procurerun guide (.36 kr.) pour aller à la Madenburg et à 3’rifels. Doux chemins, un de piétons, un de chars, montent à la -Madenburg. Le chemin des piétons est plus roide mais plus court et passablement ombragé.

[Koütk 8.1 GLKISWEILER. 79

La Madenburg (30min. d’Eschbach) ou Maidenburg, fondi'e on ne sait à quelle époque, appartenait, au xni' siècle, au comte de Leiningen. Frédéric le Victorieux l'assiégea, la prit et la saccagea en 1470. En 1516, le duc Ulrich de Wurtemberg la vendit à l’évêque de Spire. Elle fut de nouveau prise et pillée en 1525 par les paysans insurgés. Cette fois encore elle se releva de ses ruines ; mais, en 1552, le margrave de Brandebourg, surnommé Alcibiade, la livra auxflammes. Durant la guerre de Trente ans, elle appartint tour à tour à Mansfeld (1 622], aux Français (1034), aux Impériaux (1636), et aux Français (1044). La -paix de Westphalie la rendit aux évêques de Spire, qui la reconstruisirent, mais, en 1060, le général français Montclar en fit la ruine que l'on admire aujourd'hui, c'est-à-dire une des plus randes et des plus belles ruines U Palatinat du Rhin, d’autant plus visitée qu’elle offre un admirable panorama sur la vallée du Rhin.

On voit Strasbourg, Carlsruhe , Mannheim, Spire et Worms, les montagnes de l’Odenwald et de la forêt Noire, les montagnes du Haardt et les Vosges. A l’O. s’élèvent de nombreux pics coniques aux formations étranges, et ressemblant souvent à des châteaux en ruine.

Un sentier , difficile à trouver sans guide, conduit en 1 h. 30 min.,

Çar des bois, de la Madenburg, à rifels (voir R. 22).

Une diligence va de I.andau, en 1 h. 15 min., à Gleisweiler, v. de 600 hab., où, en 1814, le docteur Schneider, de I.andau, a fondé un établissement hydrothérapique , célèbre maintenant sous le nom de Bad Gleisweiler (on y fait aussi des cures de petit-lait et de raisin).

I,a maison do bains, bien abritée des venta du N. et de l'O., contient soixante-dix chambres, un re.slaurant. une salle de billard, un cabinet de lecture, deux grands salons, des chambres de bains séparées pour les deux sexes, et tous les ap-

pareils nécessaires au traitement des maladies par l’eau froide. Le système des douches , est surtout parfaitement organisé, car l’eau, dont la température varie de 8 1/4 à 11 1/4 degr. centigr., est amenée de la montagne qui domine l’établissement (la prise d’eau est h 100 mèt. de hauteur) dans un réservoir lacé à 23 mèt. au-dessus des chamres de bains. D’ingénieuses dispositions permettent en outre de descendre, en quelques instants, les malades dans les chambres de bains, et de les remonter aussi promptement dans leur appartement. Les cures de petit-lait se font au chalet suisse, élevé près de l’établissement.

Les vignes et les châtaigniers , qui prospèrent dans le voisinage, témoignent de la douceur du climat. Les environs offrent en outré un grand nombre de promenades et d'excursions , pour lesquelles on trouve toujours à l’établissement des ânes, des chevaux et des voitures. On peut, en moins d’une demi-journée , aller visiter Edenkoben, Maxburg, Kropsburg, Trifels, Madenburg, Neucastel , etc.

(voir ci-dessus et R. 22). Les promenades les pi us rapprochées sont:

1° le joli jardin qui entoure l’établissement, orné d’un jet d’eau de 16 mèt. de haut ; 2“ la chapelle Sainte- Anne (30 min ); 3* le Teufelsherg (30 min. de la chapelle Sainte- Anne), haut de 618 mèt. , d’où l’on découvre un beau panorama ; 4° le Ringélsherg (45 min.), belle vue principalement sur la vallée d’Annweiler; 5“ VOrensberg, à l’O.

du Ringelsberg (1 h.) ; 6" le château Scharfeneck (1 h.), détruit et pillé parles paysansen 1525, détruit de nouveau par les Fra"nçais dans laguerre de laSuccession ; T" Ramberg (1 h. 15 min.), château qui domine le V. du même nom, et qui a eu le même sort que la Scharfeneck; 8“ le Maistersele ou le Modenbacher Schloss (30 min. au N. de Ram berg), château détruiten 1680; 9‘'Eussersthal (2 h . par Frankweiler et Albersweiler,ctde 2 h. 15min. à 2 h.

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DE PARIS A LUDWIGSHAFEX. I Route 8.]

30 min. par Ramberg),v.de900hab.

près duquel on voit à peine quelques débris de la riche abbaye du même nom (ordre de,Cltcaux), fondée , en 1148 , par Étienne de Mœrlheim) dotée par un grand nombre de princes, d’empereurs et de rois, souvent incendiée et pillée, supprimée à la Kéformation , en 1500, par l’électeur Frédéric III , et détruite par les Français dans' la guerre de la Succession.

LaroutedeGleisweileràEdenkoben passe par (15 min.) Burrtrei/er, 1,200 hab., v. que domine la chapelle Sainte-Anne, d’où l’on découvre une belle vue ; (30 min.) Jîam/eld,800hab. (kg. VÉeiTirr.dont les vins passent pour les meilleurs du Palatinat); (15 min.) Rhodt, 1.050 hab. (voir ci-dessous Eudwigshœhe) ; (30 min.) Edenkoben (voir ci-dessous).

De Landau àCarlsruhe(R.7), 4 1/2 mil.

(chem. de f. jusqu’à Winden). Dil. t. le.s J. en 3 h. 15 min. pour 1 fl. 56 kr. — De Landau à Pirmasenz. Deux-l’ont.s, Sarbrücken et Forbach, R. 22; — à .Spire, R. 16, en 6 h.; — à Germersbeim, R. 16, en 1 h.

En sortant de Landau le convoi franchit la Qi/cicAqui formaitautrefois la limite entre l’Alsace et le Palatinat et y sép.are la chaîne des Vosges de celle du Haardt. Après avoir dépassé les stations de Knœrringen et EdehhMm on arrive à

5 1/4 mil. Edenkoben (Hot. ; Schaàf; Voelker), V. industrielle de 5^000 hab. Une source minérale jaillit dans les environs au N.) ; on l'appelle Kurbrunnen.

Le roi de Bavière a fait construire, près du V. de Rhodt , sur une hauteur voisine couverte de vignes et de châtaigniers . une belle villa nommée Lndtrig.'tha'he. Au-dessus de ce château s’élèvent, sur une montagne escarpée, les ruines de la Rielbvrg ou Rippburg, détruite au xin' siècle. De nombreux sentiers y conduisent. Elles n’ont rien de curieux, mais on y jouit d’une vue étendue. Du reste le chemin

qui descend de la villa Ludwigs- »

hœhedans le Modenbacherthal offre de beaux points de vue sur la plaine. On peut d’Edenkoben aller visiterlaKropsburg, laMaxburg, la Kalmit (voir ci-dessous), ou monter (2 h.), par la vallée qui s’ouvre k rO., — nommée le Modenbacherthal, — au Sleigerlcopf, appelé vulgairement Scheenkel, dont le sommet, élevé de 638 mèt. au-dessus de la mer, offre un magnifique panorama sur la plaine du Rhin et les montagnes qui la bordent.

'Le chemin de fer longe la base des montagnes du Haardt, sur lesquelles on ade beaux point de vue.

De la station de Maikammer, v.

de 2,500 hab., on aperçoit, à g., laMaxburg, la Kalmit et la Kropsburg qui dominent au loin la contrée. C’est de Saint-Martin (30 min. d’Edenkoben ou de Maikammer) que l’on monte le plus facilement à la Kropsburg (belle vue), château bâti vers le xiii’ siècle , souvent élargi et embelli, épargné par la guerre, abandonné et vendu au commencement de ce siècle par ses anciens possesseurs , démoli en partie pour construire les fortifications de Germersbeim, habité aujourd’hui par une colonie de pauvres. — Au-dessus de Maikammer (Hôt. : Zttr Pfalz), dont l’église possède un beau tableau de l’école allemande, faussement attribué à Albert Durer , s’élève , à 098 mèt., la Kalmit, le plus haut point des montagnes du Palatinat , après le Donnersberg.I.e sommet, qui offre un panorama étendu, est couronné d’un obélisque érigé, en 1821, parla commune de Maikammer, en l’honneur du roi Maximilien-,Toseph . Pri's de cet obélisque on remarque les fragments d’une tour inachevée , sur laquelle le gouvernement français avait eu l’intention d’étqblir un télégraphe.

Enfin, l’ascension de la montagne 1.333 mèt.) que domine la Maxburg se fait, soit d’Oberhambach, soit de Mittelhambach, soit par un sentier qui passe du cété S. La Maxburg, appelée autrefois Hambaçher Schloss, Kxstelberg et KeS'

[Rodtb 9.] LA MAXBUUG.

tenburg, doit son nom actuel au roi Maximilien de Bavière, auquel les.

habitants du Palatinat l’ont otl'ert comme cadeau de noces, le 12 octobre 1842, lors de son mariage avec la princesse Marie de Prusse, et qui l’a fait reconstruire magnifiquement par l’architecte Voit do Munich. L’époque de la fondation de ce château est inconnue. Quelques restes de murailles romaines permettent de supposer que cette place était occupée par un camp romain. C’est l’empereur Henri JI qui doit avoir construit l’ancien château. Depuis l’an 1100 jusqu’à la révolution française, il appartint au chapitre de la cathédrale de Spire. En 1525, les paysans révoltés s’en emparèrent et le pillèrent; en 1552, le margrave Albert deBrandebourg le livra aux flammes après l’avoir saccagé. L’évêque de Spire ne le fit pas reconstruire, mais, dans la guerre de la Succession, les Français incendièrent et ravagèrent ses ruines.

A la révolution française, il devint une propriété nationale ; en 1823, il fut vendu sous la condition que le propriétaire ne laisserait jfius emporter ses débris. Dès lors il restal’une des promenadesles plus fréquentées des environs. Une tradition populaire assure qu’en 1077 l’empereur d’Allemagne Henri IV partit de ce château, pieds nus, pour son pèlerinage expiatoire de Canosse. En 1832 ;le 25 mai) s’y donna la grande fête populaire appelée Hambacher Fe.it. Les étudiants y délibérèrent sur les moyens de rétablir l’unité de l’empire d Allemagne et provoquèrent des mesures répressives de la part des gouvernements. On y jouit d’une belle vue sur les montagnes du Haardt et la plaine du Rhin, large de 10 lieues, où l’on distingue, entre autres villes, Neustadt, Edenkoben. Landau, Carlsruhe, Germersheim, Spire, Heidelberg, Mannheim, Frankentbal etWorms.

6 1/4 mil. Xeusiadt (voir R. 3).

3 9/10 mil. De Neustadt à Ludwigshafen (voir R. 3).

— WKINHEI.M.

DE MAN'NHEI.M ET DE .IIEIDEL- BERÜ A FRAN’CFORT

P.\a DARMSTADT.

U 8/10 mil. .’) conv. p. j. traj. en S li. 15 min. et 3 h. 10 min. env. pour 3 11., 3.3 kr.; 2 tl. 21 kr.; 1 fl. 3;} kr.

De Heidelberg i Darmstadt.

Par le chemin dé fer du Mein et du Xeckar (Mein-Neckar-Bahn). — 8 2/10 mil. 4 conv. par j. en 2 h. 5 min. pour 3 fl. 25 kr., 2 fl. 48 kr., 1 fl. 15 kr.

N. B. Eu allant à Darmstadt il faut se mettre à dr. pour voir les montagnes.

Deux convois, partis à la même heure de Mannheim et de Heidelberg, arrivent en 20 min. à

1 2/l0 mil. Friedrichsfeld, où ils n’en forment qu’un. On traverse ensuite le pont du Neckar avant de s’arrêter à

Ladenburg, V. de 2,500 hab., le Lupodunum des Romains, dont la vieille église de Saint-Gallus domine les murailles flanquées de tours. Le chemin de fer, qui se rapproche des montagnes, laisse a dr. Gross~Sach.ien, colonie fondée par Charlemagne. A l’E., au-dessus de Schriessheim. on remarque la ruine de Strahlenhurg (voir R. 10.).

3 3/10 mil. Weinheim (H6t.:

(Pfadzer'Hofi Karlsberg), v. de 5,900 hab. Située sur la SVeschnitz. a l’entrée d’une jolie vallée bien boisée, entourée de murailles et de tours qui témoignent de son ancienne importance. On y voit encore la maison des templiers et celle des chevaliers de l’ordre Teutonique qui sert aujourd’hui d’hôtel de ville. On y remarque aussi une grande fabrique de cuir , un établissement hydrothérapique et l’institution Render (pour jeunes gens). La ville est dominée par les ruines du château de Windeck, remarquable pour sa tour cylindrique. Ce c'uâteau existait déjà au XII* siècle. Il servit souvent au moyen âge de retraite aux moines

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