‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 16 sur 75 · I.EITH · texte numérisé non relu

I.EITH

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Cette supériorité intellectuelle qui fait tout à la fois sa richesse et sa gloire, Edimbourg la doit à ses écoles et

à ses collèges qui y attirent un nombre considérable de familles étrangères, et surtout à ses tribunaux qui y fournissent des emplois honorables et lucratifs à un tiers au moins des classes supérieure et moyenne do ses habitants. Comme le prouve aussi le tableau précédent, ce n’est point une ville manufacturière, et son commerce se trouve presque limité à la consommation intérieure. La librairie est, on peut le dire, la seule branche d’industrie qui y soit exploitée sur une grande échelle.

Malgré son âpreté, le climat d’Édimbourg est salubre. La température moyenne s’élève à 47° Fahrenheit. Il y tombe par an 23 </2 pouces de pluie, tandis qu’à Glasgow la moyenne est de 29, 65 pouces. Les vents violents auxquels l’expose sa situation élevée contribuent à son assainissement ; ils souillent en général de l’ouest et du sudouest de juin à février, et de l’est pendant les mois de mars, d’avril et de mai ; ces derniers sont froids, pénétrants, desséchants et aussi funestes que désagréables aux personnes malheureusement douées d’une faible constitution.

La ville d’Édimbourg est administrée par un lord prévôt, 4 baillis, un Dean of Guild, un Convener of the Trades, un trésorier et 25 conseillers. Depuis le bill de réforme elle nomme 2 députés au Parlement.

Monuments, institutions, curiosités.

Les étrangers qui arrivent à Édimbourg peuvent , à l’aide du plan , s’y tracer eux-mêmes leur itinéraire , d’après leurs goûts particuliers, leur caprice et le temps qu'ils ont à employer. Cet itinéraire, on le conçoit, est susceptible de nombreuses modifications ; celui-ci prendra le château pour point de départ, celui-là y placera ta

dernière étape ; tel autre, au contraire, commencera par gravir Calton Hill ou Arthur’ s Seat. L’itinéraire indiqué dans les deux promenades décrites ci-dessous et consacrées, la première à la vieille ville, la seconde à la ville neuve, n’a la prétention de s’imposer à personne ; seule- • ment il fait voir Édimbourg en deux jours et il donne quelques indications utiles à ceux qui se décideront à le suivre et qui trouveront à chaque pas, sans avoir besoin de les chercher , la description et l’histoire de tous les monuments , de toutes les institutions , de toutes les curiosités dignes d’attirer leur attention.

lr« PROMENADE.

Prince* Street. — Monument «lo Walter Scott. — Pont de Waverlcy. — Station générale des chemins de fer. — Register Office. — Théâtre royal. — North Bridge. — Waterloo Place. ■ — Post Office. — Jail. — Calton Hill et ses monnmnnts. — High School. - — North back of tlie Canongate. — Holyrood. — Salisbory Crags. — — Arthur’s Soat. — La Cnnongate. — Maison de Knox. — heole* déguenillées. — High Street. — Eglise du Trou. — South bridge. — Royal Inhrmary. — Université. — Bourse royale. — Cathédrale do St-Giles. — Purliament Square. — Parlement Ilouse. — Bibliothèques des avocats et des écrivains du sceau. — Police Office. — County Hall. — Assembly Hall. — CasUe Hill. — Château. — Gras* market. — Heriol’s Hospital. — George Watson's Hospital. — - Les prairies. — George Square. — George IV. — Bridge. — Banque d’Ecosse. — FreeChurch College. — Pont de Waverley.

Princes Street, la rue du prince, où se trouvent situés la plus grande partie des hôtels, et où logent par conséquent la majorité des étrangers, s’étend en ligne droite sur une longueur d’un mille environ, le long du versant méridional de la colline du nord ; elle n’est bordée de maisons que du côté du nord ; du côté opposé elle est ornée d’une grille de fer à travers les barreaux do laquelle on aperçoit le ravin du nord quelle domine, et la vieille ville , qui couronne le versant septentrional de la colline du centre. Au premier aspect , le monument de Walter Scott, l’institution royale, la chapelle de St. -Jean, le

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BOUTE 4. — EDIMBOURG ET SES ENVIRONS il

ravin du nord, ses magnifiques jardins, ses chemins de fer, le pont de Waverley, le pont du nord, la banque, le collège de l’Église libre , les hautes et sombres maisons de la vieille ville, et surtout le Château, attirent tour à tour les regards qui, aussi étonnés que ravis, ne savent où s'arrêter. le monument de Walter Scott étant placé à peu près au centre de Princes Street , comme Princes Street est à peu près au centre d’Édimbourg, doit donc naturellement être pris pour le point de départ des deux promenades destinées à faire bien connaître les deux villes. Ce monument , dont le volume démesuré choque les spectateurs les moins difficiles, a été construit d’après les dessins de M. Georges M. Kemp, architecte inconnu avant le jour où il eut l’honneur de remporter le prix du concours ; malheureusement il ne vit pas son œuvre achevée. Un soir qu’il rentrait chez lui , il tomba dans le canal et se noya. La première pierre fut posée le 15 août 1840 et toute la construction fut terminée en 4844. L’inauguration en eut lieu le 45 août 4846. Bien qu’il ne soit pas achevé, il a déjà coûté plus de 400,000 fr. Sa hauteur totale est de 64 mètres; un escalier de 287 marches conduit au haut de la 4e galerie ou galerie Supérieure (6 pences par personne), d’où l’on jouit d’une belle vue sur la ville et les environs. C’est une flèche ou un clocher d’architecture gothique dont la plupart des détails sont empruntés aux’ruines de l’abbaye de Melrose. Au milieu de la plate-forme intérieure s’élève, sur un piédestal, la statue de Scott en marbre de Carrare blanc, par M. John Steele. Le poëte est représenté assis, un plaid négligemment jeté autour de lui et méditant sur un livre fermé qu’il tient à la main ; son chien favori, Maïda, couché à ses pieds, lève vers lui un regard affectueux. On s’accorde à trouver Walter Scott très-ressemblant. L’inscription suivante a été gravée

sur la plaque de métal placée sous la pierre de fondation, à plus de M mètres de profondeur :

This gravon plate

depositcd in the base of a votive building on the iïfteenih day of august in the ycar of Christ 1850, and nevcr likely to sec the light .main till ali the surrounding structures are crumbled to dust by the decay of timc, or by human or elcmcntal violence, inay then testify to a distant posterity that his counlrymen bcgan on that day to raise an efllgy and architectural monument TO TUE MEMORY OF 8in WALTER SCOTT, HART.

Whose admirable writings were then allowed to hâve given more delight and suggestcd better feeling to a largcr class of readers in every rank of society than thosc of any other anthor, with the exception of Shakespeare alone : and which were therefore thought likely to bc remembcrcd long after this acl of gratitude, on the part of the first génération of his admirers, should bc forgotten.

Ile was born at Edinburgh, 15’* august 1771 ; and died at Abbotsford 21“ september 1832.

Cette plaque, gravée, déposée dans la base d’un monument votif, lp 15 août de l’année du Christ 1», et qui probablement ne reverra Jamais la lumière, jusqu’à ce que les édifices environnants aient été réduits en poussière par l’action du temps, ou par la violence des hommes ou des éléments, pourra ^témoigner à une génération bien éloignée que ce jour-là ses concitoyens commencèrent à élever une statue et un monument architectural A la mémoire de sir Walter Scott, Bart, donf les admirables écrits avaient, d’un avis unanime, donné plus de plaisir et suggéré de meilleurs sentiments à un plus grand nombre de lecteurs dans tous les rangs de la société que ceux d’aucun autre auteur, à l’exception de Shakespeare seul : et qui, par conséquent, étaient considérés comme devant vivre dans la mémoire des hommes longtemps après que ce témoignage de reconnaissance de la part de la première génération de scs admirateurs aura été oubliée.

Il était né à Edimbourg le 15 août 1771.

H est mort à Abbotsford le 21 septembre 1832.

Ce monument pour être entièrement terminé, doit être orné de 56 autres statues, représentant les héros principaux des romans de Walter Scott. Les statues suivantes sont déjà placées dans les quatre niches qui couronnent les quatre portes ogivales de la plate-forme : — le Prince Charles (de Waverley), vêtu en Highlanderet tirant son épée; en face de Princes Street ; — Meg Merrilies (de Guy Mannering); vis-à-vis deCalton Hill. — La Dame du Lac descendant d’uno barque sur le rivage ; du côté S., — et le Dernier Ménestrel jouant de la harpe ; du côté O. Les chapiteaux des pilastre» compris entre les massifs des colonnes qui forment ces portes, sont décorés des portraits ressemblants de 46 poètes écossais : — O. James Hogg, Robert Burns, Robert Ferguson, Allan Ramsay. — S. George Buchanan, Sir David Lindsay, Robert Tannahill, Lord Byron. — E. Tobias Smollett, James Beattie, James Thomson , John Home. — N. La Reine Marie, le roi Jacques Ier, le roi Jacques IV, William Drummond de Hawlhornden. — Enfin, les niches de la flèche qui domine la 4e galerie, contiennent des statues de Dominie Sampson, Mause Headrig, Meg Dods et Dandie Dinmont.

i»e Ravin du Nord que domine le monument de Walter Scott avait été au xive siècle transformé en lac, pour mettre la ville à l’abri d’une attaque; on appelait ce lac North Loch. On y plongeait de temps à autre les femmesde mauvaise vie qui avaient mérité ce châtiment, et des corporations de la cité y entretenaient un grand nombre de canards et de cygnes qui commettaient souvent de grands dégâts dans les champs que couvre aujourd’hui la nouvelle ville, mais on l’avait déjà vidé en partie avant la construction du pont du Nord, et depuis on l’a mis entièrement à sec. C’est aujourd’hui un charmant jardin, dont plus de la moitié est ouverte au public à de

certaines heures et dont le chemin de fer occupe le fond ; malheureusement ou l’a comblé en partie avec les terres qu’on avait retirées de la ville neuve en en creusant les fondations. L’Earthen Mound, la chaussée de terre, ainsi se nomme ce remblai, a été critiqué avec amertume par Walter Scott dans les Provincial Antiquitiès ; il déclare que c’est l’erreur là plus irrémédiable qui ait été commise dans le cours des améliorations d’Édimbourg, et qu’elle excitera des regrets éternels. Il est vrai d’ajouter que l’Earthen Mound a été singulièrement embelli depuis l’époque où son aspect désolé et malpropre arrachait à Walter Scott de si justes plaintes.

Près du Pont de Waverley ( Waverley Bridge) audessous du monument de W'alter Scott, sont lesRailway Termini, ou les embarcadères réunis des chemins de fer d’Édimbourg et de Glasgow, du North-British, de l’Êdimbourg Dundee et Perth, du Scottish Central, de l’Édimbourg et Havick, etc. La construction de cet embarcadère central a occasionné de grandes dépenses, surtout en achats de propriétés, et changé complètement la physionomie de cette partie de la ville.

Si on continue â remonter Princes Street on ne tarde pas à apercevoir à gauche,

Register House , — édifice commencé en 1 77(3 et achevé en 1 822, d’après les dessins du célèbre architecte Robert Adam. C’est un bâtiment carré de 60 mètres sur chaque face, surmonté par un dôme de <5 mètres de diamètre; il contient environ 100 salles de différentes grandeurs, dans lesquelles sont conservés avec soin les papiers d’État et les Archives publiques de l’Écosse, titres de propriété, contrats légaux, procédures judiciaires, hypothèques, actes de l’État civil, etc. Aucun de ces papiers ne remonte à une haute antiquité, car les archives publiques de l’Écosse ont été presque

entièrement détruites par Édouard rr d’Angleterre, et plus tard par Olivier Cromwell ; en outre, elles étaient fort négligemment conservées avant la construction de Register House (4).

On a élevé devant Register House /juin 1832) une statue équestre du Duc de Wellington, par Steele. Presque en face, de l’autre côté de Princes Street, est le Théâtre, bâti en 4769, et dont la façade a été restaurée il y a quelques années. L’intérieur en est un peu moins laid que l’extérieur : du reste les représentations théâtrales sont très-peu suivies à Édimbourg. Il y a un autre théâtre plus petit, nommé Adelphi , ouvert seulement pendant l’été, et situé à l’entrée de Leith Walk.

Enface de Register House s’ouvre North Bridge Street qui traverse le pont du Nord ( Norih Bridge), fondé en 4763 et achevé en 4769. Le 3 août 4769, trois arches s’éboulèrent avec fracas et cinq personnes furent tuées. Cet accident provenait d’un vice de construction. On le rebâtit en 1772, et il coûta 450,000 fr. Ses arches principales ont 21 mètres de hauteur; la longueur totale du pont est de 340 mètres. Des deux parapets, on découvre des points de vue aussi pittoresques qu’étendus ; à l’ouest, on voit d’un côté Princes Street ; de l’autre, la vieille ville et le château, et au fond du ravin, outre les jardins publics et les embarcadères des chemins de fer, le marché des fruits et des légumes, d’où un escalier monte aux marchés aux poissons, à la volaille et à la viande, situés sur trois terrasses successives et communiquant ensemble ; à l’est, on aperçoit la mer entre Calton Hill, la Jail, l’obélisque élevé à la mémoire des martyrs, la grande cheminée de l’usine du

(1) On ne peut visiter l’intérieur qu’avec l’autorisation de l’un des principaux fonctionnaires dont les bureaux y sont établis.

gaz et les Salisbury Crags que domine Arlhur’s Seat. North Bridge Street, croise à peu de distance du pont High-Street ( V. ci-dessous).

Au delà de Register House et du théâtre, si on se dirige à l’est, on laisse à gauche Leith Street, la rue qui conduit à Leith, et on se trouve sur Waterloo Place, place ouverte en 4819; puis on laisse à droite le Timbre (Stamp Office ), et la Poste ( Post Office), entre lesquels on traverse le Pont du Régent ( Regent Bridge), jeté sur Low-Calton, et orné de chaque côté par un arc de triomphe. En face du Post Office est l’hôtel Waterloo, dont la construction a coûté 750,000 f. Cet hôtel renferme un magnifique cabinet de lecture, où l’on trouve des journaux et des revues de tous les pays. L’entrée coûte un penny aux personnes qui ne sont pas abonnées.

La Route du Régent ( Regent Road) traverse ensuite l'ancien cimetière de Calton ( Old Calton burying Ground ), caché en partie à la vue par de hautes murailles, ornées de niches et de colonnes. La partie qui se trouve à droite de la route est la plus grande. On y remarque , du haut de l’escalier montant à Calton Hill , le monument funéraire de David Hume, le philosophe et l’historien. C’est une tour circulaire couronnant un rocher abrupte qui domine la vieille ville. A l’E. de ce monument, se dresse un obélisque de 27 mètres, élevé en 1845 à la mémoire de Muir, Palmer, Skirving, Gerrald et Margarot, condamnés en 4794 à quatorze années de déportation pour avoir demandé la réforme parlementaire , et honorés aujourd’hui comme des martyrs politiques. Ce monument est une ridicule imitation de l’aiguille de Cléopâtre à Alexandrie.

Au delà de ce cimetière, les regards sont attirés par une ligne de bâtiments d’architecture saxonne, entourés de hautes murailles et présentant une si grande quan

tité do bastions, do tours et de créneaux, qu’au premier aspect on pourrait les prendre pour une forteresse destinée à protéger ou à dominer la ville. C’est la Jail, prison d’Édimbourg. Elle se compose : 1° de la Maison d’arrêt (Jail ou Goal), double bâtiment construit, la partie occidentale en <816, la partie orientale en 1845, et contenant environ 600 détenus, soumis au régime cellulaire le plus sévère ; 2° de la Maison de correction ( Bridewell ), qui date de 1 794. Ces deux établissements ont été réunis, il y a peu d’années, sous la direction générale du bureau des prisons de l’Écosse. La tour ronde, dominant la vieille ville, est habitée par le gouverneur, qui de ce point élevé embrasse d’un regard tous les bâtiments placés sous sa surveillance (1).

Au nord de Regent Road, un escalier monte à Calton Hill. Au dessus de la seconde rangée des marches, on remarque le Monument de Dugald-Stewart, reproduction à peu près exacte du monument choragique de Lysicrates (la lanterne de Démosthéne), d’après les dessins de M. Playfair. Un peu plus haut on trouve l’Observatoire (Observatory), fondé en 1818, et bâti d’après les dessins de M. Playfair, sur le modèle du temple grec des Vents. A l’extrémité S.-E. du mur d’enceinte de l’Observatoire on a élevé un monument d’architecture dorique au professeur Playfair. La masse informe qui se dresse un peu à l’O. est l'ancien Observatoire. Enfin le Monument de Nelson (Nelson’ s Monument) couronne le sommet de la colline de Calton. C’est une construction massive et disgracieuse qu’on compare avec raison à une baratte et à une lunette d’approche. La tour a 33

(1) Les étrangers ne peuvent visiter l’intérieur de la prison que s’ils sont munis d’une autorisation de l’un des membres du Prison Boord.

mètres de hauteur. Le signal qui la domine sert à annoncer l’arrivée et le départ des bateaux à vapeur de Londres. On y monte, moyennant 3 pences, par un escalier tournant. La terrasse supérieure offre un panorama admirable. On y trouve aussi une chambre obscure dont l’entrée se paye à part»

Près du monument de Nelson, se dressent les ruines modernes du Monument national de l’Ücosse ( National Monument of Scotland). Ce monument devait être une reproduction exacte du Parthénon d’Athènes; il était destiné à rappeler éternellement aux siècles futurs les brillants exploits de l’armée de terre et de la marine écossaises pendant la guerre continentale, terminée par la bataille de Waterloo. La dépense totale avait été estimée à 1,250,000 fr.; 600,000 fr. seulement avaient été souscrits dans un premier transport d'enthousiasme national, lorsque les travaux furent commencés en 1824 ; mais à mesure que le monument s’élevait, l’enthousiasme diminuait ; quand les fonds manquèrent tout à fait , lès architectes refusèrent de faire des avances, et depuis lors le Monument national de l’Ècosse est resté dans Tétât où il se trouvait à l’époque de l’abandon des travaux commencés. Douze colonnes seulement sont achevées ; selon toute probabilité il ne sera jamais terminé.

La Colline de Calton se trouvant très-rapprochée de la ville, d’un accès facile, garnie de bancs, entourée de promenades bien entretenues, est fréquemment visitée par les habitants d’Édimbourg, et plus encore par les étrangers; le panorama qu’on découvre de ses points culminants égale pour le moins ceux qu’offrent les autres éminences voisines. Du reste, chacune de ces hauteurs pittoresques a son intérêt particulier. C’est de Calton Hill que l’on découvre le mieux Princes Street, et cette

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ligne irrégulière des maisons de la vieille ville, qui s’étend du palais d’Holyrood au château.

Une pente douce conduit du sommet de Calton Hill à la route de Londres. En descendant, on passe derrière l’École Supérieure ( Hiyh School). Cet édifice, construit d’après les plans de M. Thomas Hamilton, a coûté 750,000 fr. ; il se compose d’un corps de bâtiment central et de deux ailes. Le corps de bâtiment central, temple grec de l’ordre dorique, est orné d’un portique hexastyle dont les colonnes, reposant sur une base élevée d’un style greco-égyptien, sont de mêmes dimensions que celles du temple de Thésée à Athènes. Deux portiques de six colonnes doriques le réunissent aux deux ailes de forme carrée, et décorées de pilastres soutenant un entablement. La façade, y compris les deux pavillons d’architecture grecque élevés aux deux extrémités dq mur d’enceinte, a un développement de plus de 44 0 mètres ; le vaste terrain qui sert aux récréations des élèves, a une superficie de 81 ares. — Cet important établissement est dirigé par un recteur ; son personnel se compose de quatre maîtres de langues anciennes, de professeurs de français, d’allemand, d’écriture, d’arithmétique, de mathématiques, d’escrime et de gymnastique. Chaque professeur de grec et de latin fait un cours qui dure quatre années. Ce temps expiré, les élèves passent dans la classe du recteur. On paye 15 sh. par trimestre dans les classes des professeurs, et 1 liv. 5 sh. 3 d. dans celle du recteur. Tous les autres professeurs se payent séparément, mais aucun de leurs cours n’est obligatoire.

Dès l’année 4823 l’école supérieure ne suffisait plus à la population toujours croissante d’Edimbourg. La Nouvelle Académie fut alors établie dans les faubourgs du Nord, et depuis l’Académie méridionale a été fondée

pour les habitants du midi de la ville. Outre ces institutions publiques, Edimbourg possède un grand nombre d’écoles privées, parmi lesquelles celle du docteur Bell [Niddry Street) mérite une visite.

Presque en face de l’école supérieure, à quelques mètres au-dessus de la route do Londres, s’élève le Monument de Burnf , construit en 1830. C'est un temple circulaire bâti sur une base quadrangulaire, formé d'un péristyle de douze colonnes corinthiennes, qui supportent un entablement et une corniche, et surmonté d’une coupole que couronne un tripode soutenu par des griffons ailés. La statue de marbre de Burns, par Flaxman, qui ornait autrefois l’intérieur ;du monument, a été transportée à la bibliothèque du collège, parce qu’elle était trop exposée à la fumée des établissements industriels situés au-dessous.

Du monument de Burns, un sentier descend à la rue appelée Mort h Back of the Canongate, à l’extrémité inférieure de laquelle on trouve le Palais d’Holyrood (Holyrood Palace). Cette ancienne résidence des souverains écossais est un grand bâtiment de forme quadrangulaire, avec une cour centrale de 29 mètres carrés. Les quatre tours crénelées qui flanquent les deux extrémités de sa façade lui donnent l’aspect d’une forteresse féodale. Il a subi tant de changements et de réparations depuis sa construction, qu’on ne saurait attribuer une date précise à aucune de ses parties. Cependant les tours du N. -O., bâties par Jacques V, passent pour la partie la plus ancienne. En 4544, pendant la minorité delà reine Marie, les Anglais, commandés par le comte de Hertfort, envahirent par mer le Mid-Lothian, et détruisirent le palais d’Hoiyrood et l’abbaye voisine. Le palais fut rebâti peu de temps après sur un plan plus vaste, et on assure qu’il ne renfermait pas moins de cinq

cours; mais Cromwell, dans son expédition militaire en Ecosse, n’épargna pas le palais d’Holyrood ; il le démolit entièrement, à l’exception de l’angle du N.-O., c’est-àdire de la partie qu’on aperçoit la première lorsqu’on vient de la Canongate. Les autres parties du palais actuel furent bâties sous le règne de Charles II, d’après les plans de Sir William Bruce, qui réussit à conserver tout ce qui restait encore des palais précédents. En 4822, avant la visite de George IV, d’importantes réparations ont été faites dans l’intérieur, et depuis l’intérieur a été également réparé aux frais do la couronne.

Au-dessus de la porte d’entrée de la façade occidentale se voient encore les armes royales de l’Écosse avant l’Union. De chaque côté s’élèvent deux colonnes doriques supportant un entablement surmonté d’une coupole qui a la forme d’une couronne impériale. Cette porte est gardée par des soldats vêtus de l’ancien costume national. Un colback de fourrure noire, orné d’un nœud de rubans noirs et de trois grandes plumes d’autruche qui tombent du sommet jusque sur l’épaule droite ; un habit de fantassin à courtes basques, de drap écarlate ; un kilt, ou jupon d’étoffe verte quadrillée formant de gros plis sur les hanches, et descendant à moitié des cuisses, qui restent à nu jusqu’à la moitié du mollet ; des demi-bas quadrillés rouge et blanc, attachés avec un nœud de rubans ; des souliers à boucles d’argent; un manteau [tartan ou plaid) d’étoffe verte quadrillée, et un philibeg, sac de peau de chèvre à longs poils, enjolivé d’une douzaine de glands faits de la même peau, attaché à la ceinture et pendant sur le devant des cuisses; — tel est ce costume théâtral qui, à la première vue attire plus l’attention des étrangers, que le château lui-même ou la statue de pierre de la reine Victoria, érigée au milieu de la place.

38 BOUTE i. — EDIMBOURG ET SES ENVIRONS.

A l’angle S.-E. de la cour intérieure est un grand escalier conduisant aux Appartements royaux, qui furent habités en 4793, et de 4830 à 4833 par les Bourbons exilés de France. George IV y tint ses levers en 4822, et on y remarque un portrait en pied de ce monarque, vêtu du costume liighlandais, par Sir David Wilkie. Ils ont été élégamment restaurés il y a quelques années, d’après les ordres de la reine Victoria, qui les a occupés pour la première fois au mois d’août 4850, avec le prince Albert et quelques-uns de leurs enfants. La Galerie des tableaux ( Picture G aller y), est située du côté du N. Elle a 45 mètres de long, 8 mètres 50 centimètres de large, et 5 mètres 50 centimètres de haut. Elle renferme une collection de mauvais portraits (406), qui passent pour ceux des souverains de l’Écosse, mais qui n’ont aucune authenticité. Cette salle a été le théâtre d’un grand nombre de fêtes. En 4745, le prince Charles- Édouard y a donné des bals splendides ; aujourd’hui elle ne sert plus qu’à l’élection des pairs représentants de l’Écosse, et aux levers du lord haut-commissaire, lors de l’assemblée générale de l’Église d’É cosse.

Le duc de Hamilton , gardien héréditaire du château d’IIolvrood, le marquis de Breadalbane et d’autres nobles écossais occupent des appartements dans le château > mais ces appartements ne méritent guère d’être visités ; la seule curiosité vraiment intéressante d’Holyrood est la chambre à coucher de Marie Stuart , qui a été Conservée jusqu’à ce jour dans l’état où cette malheureuse reine l’a laissée. Elle se trouve située à l’angle N. - O. Un vestibule sur le parquet duquel on montre quelques taches noirâtres qui , d’après la tradition , seraient des gouttes du sang de Riccio , conduit dans une salle d’attente, au plafond de chêne sculpté, qui renferme quelques tableaux et des meubles anciens ; de cette salle

ROUTE 4. — ÉDIMBOl’RG ET SES ENVIRONS. 39

on passe dans la chambre à coucher de la reine, où l’on voit son lit de damas rouge orné de franges de soie verte, de vieilles tapisseries et un portrait de la reine Elisabeth. A droite de la chambre à coucher, est le cabinet de 4 mèt. carrés où , le 9 mars 1 566 , Marie Stuart , la comtesse d’Argyle, son favori italien Riccio et deux ou trois autres personnes soupaient tranqûillement lorsque, tout à coup Darnley, l’époux de la reine, s’y précipita sans prononcer une parole ni faire un salut.

«A peine entré, dit M. Mignet (I), il se plaça derrière la reine , qui se tourna vers lui , et ils s’embrassèrent.

« Un instant après survint Ruthven, couvert de son armure, le visage pâle et défait par la maladie. Il fut suivi presque aussitôt de George Douglas, de Faudonside et de Patrick Bellenden , portant des dagues et des pistolets. Cette invasion dans ses appartements , à une pareille heure et avec un semblable appareil , fit entrevoir à Marie Stuart le dessein sinistre du roi et des conjurés. Elle demanda à Ruthven ce qui l’amenait et qui lui avait ainsi permis de pénétrer chez elle. Ruthven répondit en montrant Riccio :

— « C’est ce David qui est là dans votre chambre privée , où il a été trop longtemps. Qu’il plaise à Votre Majesté de l’éloigner.

— « Quelle offense a-t-il donc commise? dit la reine.

— <r II a fait , répliqua Ruthven , la plus grande et la plus détestable offense à l’honneur de Votre Majesté, au roi votre époux, à la noblesse et au commun peuple.

« La reine lui dit alors que si l’on avait quelque chose à reprocher à David , elle le traduirait devant les lords

(i) Histoire de Marie Stuart, 2 vol. in-8, Paris, 1851, Paulin et ' Lheureux. l'ouvrage le plus intéressant, le mieux écrit et le plus complet qui ait été publié sur Marie Stuart.

du parlement, et elle ordonna à Rulhven de se retirer sous peine de trahison. Mais Rulhven ne tenant aucun compte de ses paroles, s’approcha de David pour le saisir. Celui-ci se précipita vers la reine en criant : « Madame, je suis mort! Giustizia ! Giustizia ! Sauve ma vie, madame, sauve ma vie! » Dans le mouvement qu’il fit et la poursuite dont il fut l’objet', la table fut renversée sur la reine, qui était grosse de six mois et qui voulut l’arracher aux meurtriers dont les courtes épées et les pistolets se dirigèrent dans ce moment sur elle. Riccio avait saisi les plis de sa robe et s’y tenait fortement cramponné. Darnley l’en détacha de ses propres mains, et, pendant qu’on l’emmenait violemment, il retint la reine dans ses bras, afin qu’elle n’essayât pas de le secourir.

« Emue du danger de son malheureux serviteur et n’étant pas sans crainte pour elle-môme , Marie implora la pitié des conjurés pour Riccio qu’ils entraînaient et qui rappelait à Darnley lui-méme les bons services qu’il lui avait rendus. Darnley l’assura hypocritement qu’on no lui ferait aucun mal. Le pauvre et tremblant Italien fut traîné du cabinet de la reino et par sa chambre à cou cher, vers la chambre de parade, qui était contiguë. Il y trouva la plupart des conjurés attendant leur victime. Morton et Lindsay voulaient le garder jusqu’au lendemain pour le pendre, mais George Douglas, plus impatient qu’eux le frappa , dans l’escalier même , avec le poignard du roi, sur lequel il avait mis la main, en disant : Voilà le coup royal ! Aussitôt tous les autres se précipitèrent sur lui et le percèrent do cinquante-six coups de dague ou de poignard. Son corps fut jeté par là fenêtre dans la cour et déposé chez le portier du pa.lais. »

A6 nord du palais d’Holyrood sont les ruines de l’ab-

baye d'Holyrood House, fondée en 1128 par David Ier. D’après la tradition , ce saint roi aurait été défendu en ce lieu même contre un cerf qui l’attaquait , par une croix descendue du ciel dans sa main , et la nuit suivante, un ange lui aurait ordonné de construire un monastère à l’endroit où il avait reçu cette preuve miraculeuse de la protection divine et de le dédier «à la croix sainte (HolvRood). Lacroix à laquelle le fondateur do l’abbaye devait la vie fut longtemps conservée dans l’église, mais David II eut l’imprudence de l’emporter dans une expédition qu’il fit en Angleterre et il tomba avec elle entre les mains de l’ennemi. Les vainqueurs la déposèrent dans l’église de Durham, où elle fut longtemps vénérée comme une relique douée de propriétés miraculeuses. Les successeurs de David II accordèrent de grands privilèges à l’abbaye d’Holyroôd qui, à laréforme, était l’un des monastères les plus riches du royaume. En 4322 elle avait cependant été pillée par l’armée d’Edouard III, et en 1544, pendant l’invasion du comte de Hertford, elle avait été en partie détruite ; ce qui restait de l’église — la nef — fut, à l’époque de la réforme, dépouillé de tous ses ornements par une populace furieuse. Charles Ier fit restaurer ces ruines qu’il transforma en une chapelle royale; et il y fut couronné en 4633. Pendant la révolution la populace la dévasta de nouveau. En 4758 on la recouvrit d’un toit tellement lourd que, 10 ans après, le 2 décembre 1768 , les murs s’affaissèrent en partie sous ce poids. Tandis qu’on enlevait ces débris, des bandits s’introduisirent dans le caveau royal et emportèrent les cercueils de plomb des anciens rois. Depuis lors elle est restée ce qu’on la voit encore aujourd’hui , c’est-à-dire , une ruine. Dans le coin S. E. sont déposés les restes de David II, de Jacques II, de Jacques Y, de la reine Madeleine, fomme de Jacques V, de Henri Darnley

et d’autres personnages plus ou moins illustres, car l’intérieur a servi pendant longtemps de cimetière. Dans la tour du N. O. est une statue en marbre de lord Belhaven, mort en 1639.

L’enceinte de l'abbaye d’Holyrood comprenant Arthur’s Seat et Salisbury Crags, est encore un sanctuaire pour les débiteurs insolvables. Les limites de ce territoire privilégié s’étendent du côté de la ville à 100 mètres environ du palais (1).

Lorsqu’on sort du palais d’Holyrood, du côté du sud, on entre dans le parc Royal ( Royal Park), qui comprend dans son enceinte les Salisbury Crags et Arthur’s Seat , et dans lequel les commissaires des bois et forêts, chargés de son entretien depuis 1 843, ont, entre autres améliorations, établi une belle route de voitures, appelée Victoria Drive. Si on veut monter soit aux Salisbury Crags, soit à Arthur’s Seat, ascension facile d’une demi-heure qui ne saurait être trop recommandée, on a le choix entre plusieurs sentiers ; le plus fréquenté passe près du puits de Saint-David, où David 1er étancha sa soif après son combat avec le cerf, laisse à gauche les ruines de la chapelle Saint-Antoine, à droite Salisbury Crags, contourne l’extrémité d’une vallée solitaire couverte d’un épais tapis de verdure, et ressemblant au cratère d’un ancien volcan , puis monte par une pente roide jusqu’au signal qui

(1) Les appartements d’Holyrood, la chambre de Marie Stuart et les ruines de l’abbaye sont montrés aux étrangers par trois domestiques différents du duc de Hamilton. Les visiteurs ont par conséquent trois gratifications 1 donner. Les magistrats d’Edimbourg ont fait plusieurs tentatives inutiles pour déterminer le duc de Hamilton à fixer un tarif modéré ; il a toujours répondu que le palais dont il a la garde était ouvert gratuitement aux étrangers. Alors le conseil municipal a déclaré de son côté que le payement d’un shillingpour six personnes, ou moins, était suffisant. Une personne seule peut se contenter de donner 0 p. à chacun de ses trois ciceroni.

s’élève sur la crinière du Lion : on appelle ainsi le sommet d’Arthur s Seat , parce que,- surtout quand on le regarde du côté de l’ouest, il offre l’aspect d’un lion couché. Du point culminant, élevé de 247 mètres au-dessus du niveau de la mer, on découvre un panorama admirable; on voit non-seulement à ses pieds Édimbourg, ses vallées, ses collines surchargées de maisons et de monuments , ses fertiles environs, son port toujours animé, le golfe du Forth sillonné de bateaux à vapeur et de navires à voiles, la riche côte de Fife, les Pentland Hills, Bass Rock, etc., mais on découvre : à l’est l’Océan qui se confond avec l’horizon ; à l'ouest*, les pics éloignés de Ben Lomond et de Ben Ledi ; au nord, les Lomond Hills ; au sud, les Lammermuir Hills; on embrasse ainsi #d’un seul regard une grande partie de l’Écosse méridionale; on réunit dans un même paysage les beautés de la nature aux chefs-d’œuvre de l’art humain, les plus riches produits de l’agriculture aux merveilles de l’industrie, la mer aux montagnes. « Si j’avais à choisir un lieu d’où l’on pût voir le mieux possible le lever et le coucher du soleil-, dit Walter Scott au début du chapitre YIII de son beau roman the Heart of Mid-Lothian (le cœur du Mid-Lothian, appelé en français la Prison d’Édimbourg), ce serait ce sentier sauvage qui serpente à la base de la haute ceinture de rochers demi-circulaires, appelés Salisbury Crags, et suit le bord supérieur de la pente escarpée qui descend dans le vallon situé au sudest de la ville d’Édimbourg. De là on domine tout à la fois — une ville, aux maisons pressées, entassées, colossales, et dont une imagination romantique pourrait comparer la forme à celle d'un dragon ; — un grand bras de la mer avec ses rochers, ses îles, ses rivages éloignés et son horizon de montagnes ; — et une belle et fertile plaine couverte de rochers ou de collines, sillonnée de

U ROUTE b, — EDIMBOURG ET SES ENVIRONS.

vallées et bornée par la chaîne pittoresque des monts Pentland. A mesure que le sentier tourne insensiblement autour de la base des rochers, la vue composée de l’ensemble de ces objets enchanteurs et sublimes, change à chaque pas et les présente tantôt réunis, tantôt séparés, avec toutes les combinaisons capables de charmer les yeux ou l'esprit. — Lorsqu’un tableau si beau et pourtant si varié , si excitant dans ses complications et pourtant si sublime , est éclairé des teintes du matin ou du soir, et offre ces accidents multiples d’ombres profondes et d’une lumière éclatante qui donnent du caractère même aux plus insignifiants paysages, l’effet produit approche de l’enchantement. »

On peut redescendre du sommet d’Arthur’s Seat, soit par le chemin que l’on a suivi en montant, soit par le petit lac Dunsapy à Victoria Drive, d’où l’on peut regagner Holyrood des deux côtés, à moins qu’on ne veuille rentrer à Édimbourg par l’une des nombreuses rues latérales qui vont aboutir à Nicolson Street (V. le plan). Audessous du Dunsapy Loch s’étendleDuddîngstone x>och, d’un mille et un quart de circonférence, près duquel on remarque le village de Buddîngstone et la belle maison de campagne du même nom, bâtie en 1768, et appartenant au marquis de Abercorn ; plus loin au S. -O. de ce lac est Prestonfield House, au delà de laquelle les tours ruinées du château de Craigmillar couronnent une petite éminence. Après avoir dépassé plusieurs rochers escarpés dans lesquels Victoria Drive a été taillée, on laisse à gauche une ligne de colonnes basaltiques, appelées Samson’s Ilibs ; au-dessous, près des Wells of Wearie s’ouvre le tunnel du chemin de fer de Dalkeith ; à peu de distance, on peut faire parler si l’on veut le rocher Echo, et on laisse à droite un sentier qui longe la base des Salisbury Crags ; ce sentier auquel se

rapporte le passage du Heart of Mid-Lothian ci-dessus cité, s’appelle Radical Road ou la route radicale, parce qu’il fut réparé en 4820, aux frais des habitants d’Édimbourg, par des ouvriers tisserands alorssans ouvrage. La colline opposée a dû son nom de Saint-Leonard’sCrags à une chapelle du voisinage, dédiée à ce saint, et la cabane du berger qui la couronne a reçu le nom de Davie Dean s Cottage.

Une longue rue droite , mais dont la largeur varie et qui s’appelle successivement Canongate, Netherbow, High Street, Laicnmarket et Castle HUI, conduit du palais d’Holyrood au château. Si on remonte cette rue, on y remarque successivement à droite, une porte voûtée conduisant à une Court appelée Wbite Horse Close, groupe de masures basses, noires et malpropres, qui formaient autrefois une des hostelries les plus anciennes et les plus fréquenlées d’Edimbourg, et qui sont habitées aujourd’hui par les familles les plus pauvres de la plus basse classe. C’est laque, dans VA bbé, Walter Scott a placé l’entrevue de Roland Graeme et do Henry Seyton. Du reste, d’une extrémit^de celte rue à l’autre extrémité, s’ouvrent , pour ainsi dire , à chaque porte , des ruelles sombres, humides, sales, infectes, étroites, qui sont désignées sous le nom de Closes. Il faut, ipalgré leur obscurité et leur mauvaise odeur, avoir le courage de franchir le seuil.de ces voûtes, et de s’avancer jusqu’au fond do ces passages ou cours, car elles n’aboutissent pas toutes à une autre rue, pour avoir une idée de la misère et de la malpropreté des pauvres de la métropole de l’Écosse. Aucun autre pays du globe n’offrirait peut-être de plus hideux et de plus désolants tableaux ; le dégoût l’emporte encore sur la pitié , car la plupart des êtres humains qui habitent ces antres horribles sont abrutis par l’abus des liqueurs fortes. Quand ils gagnent quelques

pences ils aiment mieux s’enivrer de gin ou de whisky que do s’acheter les objets de première nécessité qui leur manquent. Heureusement les écoles déguenillées ( Ragged-Schools ) commencent à inspirer à la génération nouvelle des idées, des sentiments et des goûts qui rendront plus facile la tâche des magistrats chargés de nettoyer et d’assainir ces ruelles et d’en moraliser un peu les habitants. Le choléra exerça de grands ravages dans cette partie de YAuld, Reckie , aussi inaccessible à la médecine et à la police qu’à l’air et à la lumière , et l’on assure qu’il y règne constamment des maladies contagieuses. Les revenus de la ville ne sont pas suffisants pour qu’elle puisse songer à jeter bas et à reconstruire un grand nombre des maisons entre et sous lesquelles serpentent les closes et qui ne deviennent que trop souvent le repaire et l’asile des voleurs ou des meurtriers. Ces maisons , habitées jadis par la noblesse , ont une assez grande valeur , parce qu’elles sont très-élevées et très-vastes, et de plus, elles ont été si solidement construites que leur démolition entraîne des frais considérables. Il serait à désirer qu’un fncendie aussi désastreux que celui de 1824 y éclatât, et forçât leurs propriétaires à démolir leurs ruines purifiées par les flammes.

Un peu au delà de White Horse Close, du eôté opposé, on passe devant Çueensberry House , bâtiment massif et sombre construit par William, le premier duc de Queensberry , homme d’état qui , sous les règnes de Charles II et de Jacques II, se distingua par la haine avec laquelle il poursuivit les Covenantaires. Ce fut là que naquit Charles , le 3e duc, en 4698 , et que sa femme, Lady Catharine Hyde, y fit un si aimable accueil au poète Gay. Acheté par le gouvernement, cet édifice avait été, au commencement de ce siècle , transformé en caserne. Il servit ensuite d’hôpital. Aujourd’hui c’est une maison

de refuge pour les indigents, soutenue par des souscriptions , des donations , le produit de la vente des objets qui y sont confectionnés et une petite pension que payent quelques-uns des locataires. On laisse ensuite à gauche Milton House , bâtie par un greffier nommé Milton , de 1735 à 4738, et actuellement un hôpital pour les femmes en couche ; puis à droite l’église de la Canon gâte, édifice gothique de la forme d’une croix, construit en 4688. Le cimetière attenant renferme les tombes d’Adam Smith , l’auteur de la Richesse des Nations , de Dugald Stew art, le philosophe, et une humble pierre, élevée par Burns à la mémoire du poète Ferguson,

Directs pale Srotia’s way, lo pour hcr sorrows o’er her poel’s dust,

montre à la pâle Ecosse le lieu où elle doit venir exhaler sa douleur sur la poussière de son poète.

A l’angle S.-E. de l’église est la Canongate Burgh School, établie en 4837. A peu de distance du même côté, une antique construction, la Canongate Tolbooth ou Jail attire les regards ; elle est surmontée d’un petit clocher et ornée d’une horloge singulière qui avance de plusieurs mètres dans la rue : elle contient un tribunal de police, les bureaux des agents inférieurs et un certain nombre de cellules pour les détenus. Dans une niche extérieure sont peintes les armes de la Canongate avec cette devise un peu étrange : Sic itur ad astra , comme si , dans l’opinion des habitants de l’ancien bourg , la prison était le chemin le plus sûr pour aller au ciel.

Continuant à remonter la rue , on remarque à gauche Moray House, l’ancienne maison des comtes de Moray, bâtie en 4648 par Marie, comtesse de Home. Olivier Cromwell l’habita en 4 648 , lorsqu’il vint pour la pre-

mière fois à Edimbourg, et il y établit des relations amicales avec les chefs des Covenantaircs. En 1650 , lord Loin , qui devint ensuite le comte d’Argyle , y épousa Mary Stewart, fille du comte de Moray, et le jeune couple se mit publiquement au balcon qui orne la façade pour voir passer le marquis de Montrose , lorsqu’on le conduisait ignominieusement à la Tolbooth , quelques jours avantson exécution. MorayHouse est aujourd’hui l’école normale de l'Eglise libre; cette école, dirigée par un recteur et 1 3 professeurs , compte environ 600 élèves ; le public peut la visiter les vendredis. En face , une porte voûtée conduit à l’asile de Madeleine, ouvert en 1807 et contenant 60 lits.

Les rues étroites appelées, celle de droite ieith Wynd, celle de gauche Mary’s "Wynd, et occupées principalement par des fripiers, séparent la Canongate ou la porte des Chanoines, — qui devait son nom aux chanoines de l’abbaye d’IIolyrood, à laquelle David accorda le privilège de bâtir un bourg entre l’abbave et la ville d’Édimbourg, — de Netberbow, qui tirait le sien d’une porte en ogive démolie en 1764. Celte porte était la plus bello de la ville ; elle avait deux étages, et elle était surmontée d’un clocher. A côté de l’église qu’on y achève pour la Free Church, est la Maison du célèbre réformateur écossais, John Knox. En 1849, cette maison menaçant ruines, les magistrats de la cité ordonnèrent qu’elle fût démolie ; à cette nouvelle, une souscription s’organisa pour acheter et reconstruire religieusement ce vieux bâtiment, où Knox vécut douze ans, et où il mourut le 24 novembre 1572. Elle fut bientôt remplie, et non-seulement cette restauration a été accomplie avec le soin le plus scrupuleux, mais elle a fait découvrir certaines parties fort curieuses de l’édifice primitif, qu’on avait maladroitement recouvertes dé lattes et de plâtre. Ou

peu*, en visiter l’intcrieur. On y voit des portraits gravés de Knox, son fauteuil, le cabinet d’études que lui avait fait construire et meubler le conseil municipal, la boîte où Marie Stuart serrait ses bijoux, etc. Au-dessus du rez-de-chaussée on lit l’inscription suivante :

Luve God above al and yi nycltbour as yi self.

Aimez Dieu par-dessus tout et votre prochain comme vous-môme.

Dans un coin, au-dessous de la fenêtre d'où Knox harangua si souvent le peuple, on remarque une imago grossière du réformateur. Knox est représenté dans l’attitude d’un homme qui prie, et il montre de sa main droite une pierre sculptée, sur laquelle le nom de Dieu est écrit en grec, en latin et en anglais, entre des rayons de gloire du côté du réformateur, et des nuages du côté opposé.

Presque en face de la maison de Knox, on peut visiter dans South Gray’s Close l’école déguenillée qu’on appelle United Industrial Schooi. Cette école compte environ <30 enfants, qui y sont nourris gratuitement, et qui y apprennent, non-seulement sans avoir rien à payer, mais en y gagnant des salaires proportionnés à leur habileté, les états de cordonnier, de relieur, do tourneur, etc. On vend dans cette école, au profit de l’œuvre, une intéressante brochure intitulée : L’Ecole industrielle unie d’Édimbourg, esquisse de son origine , de ses progrès et de son influence pratique. Édimbourg, Adam et Charles Black, Norlh Bridge, 1851 . — South Gray’s Close conduit aussi à la Monnaie ( Mint } , construite en 1574. On n’v a pas frappé une seule pièce de monnaie depuis l’Union. Il était stipulé dans le traité d’Union que tous les employés de cet établissement seraient conservés , et que les débiteurs continueraient à y trouver un

asile inviolable pendant 24 heures. La chapelle, située à l’est de la Monnaie, contient quelques tableaux estimés du peintre écossais Alexandre Runciman. Enfin , du même côté que la maison de Knox, on montre aux étrangers celle où Allan Ramsav, le célèbre poète écossais, fut en même temps auteur, imprimeur et libraire, et où, en 4725, il publia pour la première fois son principal ouvrage, le Gentle Shepherd.

La belle rue qui coupe High Street à angles droits s’appelle , à droite, NTorth Bridge Street , à gauche , South Bridge Street. Comme ces noms l’indiquent, North Bridge Street conduit par le North Bridge à Princes Street ( V . ci-dessus), et South Bridge Street va traverser le pont du Sud [South Bridge), pont de 22 arches qui s’étend de l’église de Tron, située dans High Street, au collège. Il fut commencé en 4785. Toutes ses arches sont cachées par les maisons bâties à côté, à l’exception de celle sous laquelle p^sse la Cowgate, grande rue parallèle à High Street, qui mène du South Back of the Canongate au pont de George IV. Sa construction a nécessité la démolition d’un grand nombre de maisons, parmi lesquelles on remarquait celle de sir Simon Preston de Craigmillar, où Marie Stuart passa la première nuit de sa captivité, après s’ôtre rendue à Carberry Hill à la noblesse insurgée contre elle.

South Bridge Street est l’une des rues les plus longues d’Édimbourg ; mais au delà du collège, elle change de nom et prend celui de Nicolson Street, qu’elle quitte plus loin pour s’appeler Clerk Street. Après avoir traversé Cowgate, on ne tarde pas à apercevoir à droite un magnifique bâtiment. C’est le Collège ou l’Université, bâtie en partie sur remplacement de la maison que, le dimanche 9 février 4 567, Bothwell fit sauter avec un baril de poudre, après y avoir fait assassiner Damley,

HOL'TE 4. — ÉDIMBOl'RG ET SES ENVIRONS. 51

l’époux de Marie Stuart, tandis que Marie Stuart assistait à un bal travesti au palais d’Holyrood.

Xi Université d’Édimbourg date de 4582. Le 24 avril de cette année, Jacques VI signa la charte de sa fondation , et l’année suivante les cours commencèrent. A dater de celte époque jusqu’aux premières années du xrx° siècle, sa prospérité alla toujours croissant. Mais le nombre de ses élèves a considérablement diminué depuis trente ans ; il ne dépasse plus 4,200 (il était autrefois de 3,000), dont 80 profitent des 35 bourses qui y ont été fondées. On y compte 32 professeurs. Leurs élèves sont externes, n’ont pas de costume spécial, suivent les cours auxquels il leur plaît d’assister, et ne passent aucun examen. Toutefois, ceux qui désirent prendre des degrés, soit comme médecins, soit comme artistes, doivent justifier qu’ils ont fait certaines études exigées pour ces deux professions.

Le bâtiment actuel n’a été commencé qu’en 4789, sur les plans de l’architecte Adam. Il y avait longtemps que la somme réunie par souscription pour sa construction (800,000 fr.), avait été dépensée, lorsqu’ en 4845 le < parlement vota 200,000 fr. par an jusqu’à son achèvement complet. Il n’est cependant pas terminé. Il lui manque un dôme qui, d’après le plan primitif, devait dominer la façade orientale, ornée d’un portique supporté par des colonnes doriques de 8 mèt. 60 cent, de haut, et d’un seul bloc de pierre. Les côtés N. et S. ont 4 48 mèt. de long, les côtés O. et E. 75 mèt. Au centre est une grande et belle cour .

Outre les salles de cours, l'Université renferme : 1° une bibliothèque (côté sud) de 400,000 volumes, dont la principale salle a 57 mèt. de long., 45 de large et 47 de haut. On peut la visiter les lundis, mercredis et vendredis, avec des billets que délivrent, soit le secrétaire de l’Uni-

vcrsité, soit un membre du conseil municipal; 2° un musée d'histoire naturelle (1 sh. d’entrée par personne), qui possède une magnifique collection d’oiseaux empaillés ; 3° un musée anatomique , qui intéressera les médecins et les chirurgiens; 4° un musée agricole, fondé par M. Low. le professeur d’agriculture.

Un peu au delà de l’Université, de l’autre côté de la rUC, CSt la Salle du collège royal des chirurgiens ( Hall of tlie Iloyal College of Surgeons), beau bâtiment d’architeclure grecque, construit en 1833, d’après un dessin de Sir W.-H. Playfair, et qui a coûté 500,000 fr. Le premier étage est occupé en partie par un riche musée do préparations anatomiques et pathologiques. Plus loin, au delà de Nicholson Square , on remarque l’Asile des Aveugles [Iilind Asylum), l’une des institutions les plus utiles d'Edimbourg, et dont l’entrée est gratuite.

Dans la rue de l'Infirmerie ( Infirmai’]/ Street ), qui vient aboutir dans South Bridge Street, en face do North College Street, se trouve l’Infirmerie royale ( Royal Infirmary). Elle date de 1738, contient plus de 400 lits, et reçoit près de 3,000 malades par an. Les médecins y font des cours pour les élèves de l’Université.

La première rue qui s’ouvre à droite dans North College Street, s’appelle College Wynd. C’est dans l’une des maisons situées à l’entrée de cette rue que naquit Walter Scott, le 15 août 1771 .

Celte excursion terminée dans South Bridge Street et Nicolson Street, il est temps de revenir au carrefour do High Street, pour l’élargissement duquel on a dû démolir une partie de l’Église du Trou ( Tron Church ), fondée en 1637, et terminée en 1647, ainsi nommée parce qu’il y avait autrefois à côté une balance publique (tron), aux solives de laquelle on clouait par les oreilles les notaires infidèles et les autres malfaiteurs. Son clocher ac-

tucl no date que do 1828. L’ancien fut brûlé dans l’incendie de 1824.

A 50 ou 60 pas environ de Tron Chureh, entre la Police et la Bourse, un pavage particulier indique l’emplacement de la Croix cl’Édimbourg, ancien édifice octogone, mélange d’architecture grecque et gothique, de 5 met. de diamètre, et de 4 met. 50 cent, de hauteur, démoli en 1756 par l’ordre des magistrats. La colonne de 6 mèt. SOcentim. qui la surmontait, a été transportée devant Drum H ou se, près de Gril mer ton, et Walter Scoot avait réuni à Abbotsford un certain nombre des pierres sculptées qui l’ornaient. La destruction de ce monument, dont le souvenir se liait si intimement à celui des principaux événements de l’histoire d’Édimbourg, avait inspiré à Walter Scott les vers suivants :

Dun-Edin’s Cross, a pillar’d stone Rose on a turret octagon ;

But now is razed that monument Wbence royal edict rang ,

And voice of Scoiland’s law was sent In glorious trumpet clang.

O ! bi- bis tomb as Icad to lead ,

Upon itsdull destroycr’s bead.

A Minsirel’s malison is said.

Marmion, c. V, st. 25.

La croix d’Edimbourg était une colonne de pierre dressée sur une tour octogone. Mais au|ourd’hui il est rasé ce monument d’où l’on proclamait les édits royaux et d’où retentissait la voix de la loi écossaise au son glorieux des clairons ! Oh que la pierre de son tombeau écrase comme du plomb la tête de son sot destructeur. La malédiction du ménestrel est prononcée !

la Police ( Police Office), contient un certain nombre de cellules où sont enfermés tous les individus arrêtés pendant la journée ( de 40 à 50 ). Les détenus sont interrogés, et quelquefois jugés, dans les vingt-quatre heures,

54 noure 4. — Edimbourg et ses environs.

par un des magistrats de la cité. Ces magistrats ont le droit de faire administrer jusqu’à 40 coups do fouet aux enfants mâles, au-dessous de 14 ans, que les policemen amènent à leur barre, sous l’inculpation d’un délit ou même d’un crime. D’après le texte de la loi affiché en gros caractères au-dessus du siège du président de la cour, ces coups doivent être appliqués avec une paire de lanières longues et épaisses sur le breech des suppliciés, de manière à leur causer une grande crainte de la répétition de ce châtiment. L’arrêt est exécuté, aussitôt qu’il a été rendu, par un constable, dès que le médecin a constaté que le condamné est en état de subir sa peine. La police d’Édimbourg se compose actuellement d’un directeur, de lieutenants et d’un corps d’environ 300 hommes ; elle est placée sous la surveillance d’un bureau de commissaires nommés par les habitants de la ville.

Le bâtiment qu’on remarque de l’autre côté de la rue est la Bourse Royale (Royal Exchange), fondée en 1733. C’est là que se réunissent les magistrats de la cité, que se règlent toutes les affaires municipales, et que les étrangers doivent aller demander ( au fond de la cour, en face do la porte d’entrée et à gauche à l’entresol ) la permission gratuite nécessaire pour visiter le château et l’hôpital d’Heriot.

Là, c’est-à-dire à la place de la cathédrale, (initia partie cela grande rue ou de la rue haute, appelée HJgh Street, cette rue où s’accomplirent tant d’événements fameux, qui a vu passer un si grand nombre de processions religieuses, de cavalcades royales, de cortèges de mort, d’émeutes populaires, et dont Walter Scott a fait une si intéressante description ( au xvi* siècle ) dans son beau roman de Y Abbé (ch. 17): « Elle était alors, dit-il, co qu’ello est aujourd’hui, une des plus grandes rues des villes de l’Europe. L’extrême élévation des maisons, la

ItOliTK 4. — ÉDI.HBOUHG KT SES EJIVIKOPiS. 55

variété des balcons, des pignons et des créneaux gothiques qui à droite et à gauche découpaient sur le ciel une ligne bizarre ; tout, jusqu’à la largeur de la rue ellemême, devait frapper d’étonnement un œil plus accoutumé à la vue de pareils objets que celui du jeune Graeme. La population, entassée dans l’intérieur des murs, et augmentée alors par le grand nombre des lords du parti du roi, qui étaient accourus à Édimbourg pour se mettre à la disposition du régent Murray, allait et venait comme des essains d’abeilles dans cette large et belle rue. Au lieu de boutiques vitrées, telles qu’on les fait actuellement pour étaler les marchandises à leur plus grand avantage , les marchands avaient des espèces d’étaux ou de devantures qui avançaient dans la rue , et sur lesquels ils exposaient, comme cela a lieu dans les bazars modernes, tous les articles de leur commerce. Quoique ces objets ne fussent pas de la qualité la plus chère, Graeme s’imaginait qu’il voyait toutes les richesses de l’univers en contemplant les diverses balles de toiles de Flandre et les échantillons de tapisserie ; ailleurs les ustensiles domestiques et les pièces d’argenterie excitaient son admiration. La vue des boutiques des armuriers, garnies d’épées et de poignards fabriqués en Écosse, et de pièces d’armure défensives importées des Flandres ajoutait à sa surprise, et à chaque pas il trouvait tant de choses à admirer et à regarder qu’Àdam Woodcock avait beaucoup de peine à le faire avancer au milieu d’une pareille scène d’enchantement.

« La vue de la foule qui remplissait les rues était aussi pour lui un sujet d’étonnement. Ici , une dame jeune et vive , la tète enveloppée d’un capuchon ou d’un voile de soie , se frayait gracieusement un passage à travers la foule, précédée d’un écuyer qui lui faisait faire place, et accompagnée d’un page qui portait la queue de sa robe

et d’une demoiselle d’honneur qui tenait sa bible , montrant ainsi quelle se dirigeait vers l’église ; là, il pouvait voir un groupe de citadins suivant le même chemin, avec leurs courts manteaux flamands , de larges haut-dechausses et des pourpoints à haut collet, mode à laquelle les Écossais furent longtemps fidèles , comme à leurs toques à plumes. Venait ensuite un ecclésiastique vêtu d’un manteau noir à rabat de Genève, prêtant bravement une oreille attentive aux discours de plusieurs personnes qui l’accompagnaient et qui, sans doute, avaient avec lui une conversation sérieuse sur le sujet religieux qu’il se proposait de traiter. Il ne manquait pas non plus de passants appartenant à d’autre classes et offrant un aspect différent. »

Xa cathédrale d’Edimbourg doit Son nom à SOn patron , saint Giles , le saint tutélaire de la ville. La date de sa fondation est inconnue. La première mention qui en ait été faite remonte à 4359, et se trouve dans une charte de David II. En 4 466 elle comptait 40 autels et possédait , entre autres reliques , un os du bras de saint Giles que lui avait donné Preston de Gorton. Lors de la réformation, on la divisa en quatre parties séparées, on vendit ses reliques, et la somme qu’elles produisirent servit à faire des réparations devenues nécessaires. John Knox y officia de 4550 à 4572. Jacques V y prit congé de ses sujets en larmes avant son départ pour l’Angleterre. Charles Ier la convertit en église cathédrale en f633, lorsqu’il créa l’évèché d’Édimbourg; enfin le 4 3 octobre 4 643 les comités des états du parlement, les commissions des Églises d’Écosse et d'Angleterre y prêtèrent serment de maintenir et de défendre la ligue solennelle et le Covenant. Le régent Murray et le marquis de Montrose sont inhumés près du milieu de l’aile méridionale, et on remarque à l'extérieur du mur septentrional un

monument élevé à la mémoire de Napier de Merchislon, l’inventeur des logarithmes.

De 4 830 à 1 832 Saint-Giles a subi une série de réparations et transformations qui ont altéré complètement son caractère primitif; c’est actuellement un édifice gothique massif , long de 62 mètres et large de 37 mètres , du centre duquel s’élève une tour carrée surmontée d’un petit clocher et haute de 49 mètres. Elle est divisée en 3 églises ou chapelles, Iligh Church , Old Kirk et West St.-Giles. On remarque dans High Church ou Iligh Kirk un trône surmonté d’un dais pour le souverain et des sièges privilégiés pour les membres du conseil municipal et les juges de la cour de session qui y assistent au service divin dans leur costume officiel. John Knox avait été inhumé dans le cimetière de St.-Giles qui s’étendait autrefois autour de l’église, sur l’emplacement qu’occupent aujourd’hui les édifices de la place du parlement. — Le vestibule de St.-Giles est décoré de 3 monuments érigés à la mémoire d’officiers écossais tués dans l’Inde en 4845 et 4846, aux combats de Sobraon et do Ferozepour et sur les bords de l’Indus.

Au centredela place du parlement, dont la cathédrale de St.-Giles forme le côté septentrional, s’élève la statue équestre de Charles II , en bronze , fondue en Hollande en 4 685. La police (Police Office), les chambres de la cour de l’Échiquier, le palais du parlement et les bibliothèques des avocats et des écrivains du sceau en occupent les côtés E., O. et S.

Le palais du Parlement {Parliament House), est situé à l’angle S. -O. La grande salle , appelée aujourd’hui Outer House fut, pendant 50 ans, le lieu de réunion des parlements écossais, avant l’acte d’Union. Elle a 37 mètres de long et 4 4 mètres de large ; son plafond ogival en chêne sculpté et doré ressemble à celui de Westminster Hall à

Londres. Commencée en 1631 , elle fut terminée en 1640. On y remarque les statues de marbre du président Dundas, du président Blair , du président Forbes de Culioden et de lord Melville. Les portes qui s’ouvrent au-dessous de la grande fenêtre conduisent aux tribunaux ou chambres où siégentles Lords Ordinaires ; une autre porte pratiquée dans le mur oriental aboutit aux salles d’audience des première et seconde sections de la cour de session , près desquelles Siège la haute-cour de Justice (High Court of Justiciary), le tribunal criminel suprême de l’Écosse. L ’Outer House est donc ce qu’on appelle en France une salle des Pas- Perdus ; aussi pendant les sessions et les heures d’audience, elle présente un aspect animé.

La cour de Session, instituée dans l’origine sur le modèle du Parlement français, fut constituée en corporation par Jacques V et appelée collège de justice ; elle comprend non-seulement les juges, mais les avocats , les écrivains du sceau ( Writers to the Signet), les solicitors de la cour suprême et les premiers clercs des avocats. Tous ses membres jouissent d’importants privilèges ; ils ne sont pas soumis à la juridiction des juges inférieurs; nulle charge publique ne peut leur être imposée dans l’intérieur de la cité ; ils ne payent aucune taxe locale, à l’exception des taxes des pauvres dont un statut de 1845 les a obligés à supporter leur part . — La nomination des juges appartient à la Couronne, mais elle ne les choisit jamais que parmi les avocats qui doivent avoir 5 années d’exercice ; les juges prennent le titre de Lord ; ils jugent tout à la fois en droit et en équité , et leurs arrêts peuvent être soumis à la révision de la chambre des Lords ; ils sont au nombre de 13 et forment deux sections ou chambres. Leurs appointements annuels ont été fixés, il y a peu de temps, à 120,000 fr. pour le Lord Justice General, à 115,000 fr. pour le Lord Justice Clerk, et à 75,000 fr.

noiTE 4. — EDIMBOURG ET SES ENVIRONS. 59

pour chacun des 4 4 autres juges. — Les avocats forment une société séparée, appelée la faculté des Avocats ; ils ont le droit de plaider devant tous les tribunaux écossais et même pour les appels de leurs arrêts devant la chambre des Lords. Avant leur admission dans cette société, ils doivent avoir suivi certains cours sur la loi civile et les lois écossaises, passé un examen sévère et payé une somme de 5,000 fr. Leur nombre total s’élève à plus de 400 ; mais les deux tiers au moins ne se sont fait recevoir que pour profiter des avantages attachés à leur litre. — Les écrivains du Sceau ( Writers to the Signet) forment aussi une corporation particulière; ils sont ainsi appelés parce qu’ils ont seuls le droit de préparer et de signer les actes ( vrits ) qui reçoivent le sceau royal en Écosse; on en compte 600, dont 400 environ pratiquent. — Les solicitors devant la cour suprême et les premiers clercs des Avocats, exercent des fonctions analogues à celles des écrivains du Sceau, seulement ils ne peuvent pas signer les actes destinés à recevoir le sceau royal ; ils remplissent le ministère d'attorneys devant la cour de Session, la cour de Justiciary et la cour du Jury.

La bibliothèque des Avocats ( Advocates ' Libranj ) est contiguë à YOuterHouse avec laquelle ellecommunique ; c’est la plus nombreuse et la plus riche collection de livresque possède l’Écosse ; elle renferme 4 50,000 volumes imprimés et plus de 4 ,700 manuscrits ; elle est l’une des cinq bibliothèques qui doivent recevoir de la Stationers Hall un exemplaire de tous les ouvrages publiés en Angleterre et en Irlande. Sir George Mackensie la fonda en 4682. Thomas Ruddiman, David Hume et Adam Ferguson en ont été les directeurs. Parmi ses principales curiosités, on remarque l’original de la Ligue solennelle et du Covenant souscrits en 4580, avec les signatures

autographes de Jacques VI et d’un grand nombre de nobles écossais ; plusieurs exemplaires du Covenant de 4638, un exemplaire complet de la première bible imprimée en noir par Faust et Guttemberg ; une bible manuscrite de la traduction de saint Jérome, qui remonte au xic siècle, etc. Le manuscrit de Waverley est exposé sous une montre, dans une des salles inférieures, près d’une belle statue en pierre de Walter Scott. Les étrangers y sont admis sur leur demande, et toute personne notoirement connue peut y aller lire, écrire et travailler. Les avocats ont le droit d’emporter chez eux 25 volumes à la fois, et d’en prêter, sous leur responsabilité, à leurs amis.

La bibliothèque du Sceau ( Signet Library ) est aussi contiguë à l ’ Ouler House ; elle possède deux belles salles qui méritent une visite. Le nombre total des volumes qu’elle contient dépasse 50,000, mais elle est riche surtout en ouvrages historiques.

La salle du Comté (County Hall) est située à l’ouest de ces deux bibliothèques; elle a été construite en 1817 (elle a coûté 375,000 fr. ), d’après le plan du temple d’Érecthée à l’acropolis d’Athènes. L’entrée principale est une imitation du monument choragique deThrasylle. L’intérieur renferme les cours des Shériffs et les salles nécessaires à l’administration des affaires du Comté ; la salle principale est ornée d’une belle statue du Lord Chief Justice Dundas, par Chantrcy.

Sur l’espace compris entre la salle du Comté et l’église de Saint-Giles s’élevait autrefois laTolboothplus connue SOUS le surnom du Cœur de Mid-X.othian ( H part of Mid-Lothian). C’était un sombre édifice, haut de quatre étages et construit en 1561 . Dans l’origine il servait tout à la fois de maison de détention, de salle de Parlement et de palais de Justice. En 1640, après la construction de

la Parliament House, il n’a plus servi que de prison ; on l’a démoli en 1817. Walter Scott acheta et fit transporter à Abbotsford, où elles sont encore, les pierres de l’entrée principale avec la porte et les verroux. Ce fut dans la Tolbooth que Jacques VI se vit attaqué par la populace qui l’accusait de favoriser les chefs du parti papiste ; ce fut de la Tolbooth que les Covenant aires sortirent pour aller à l’échafaud sacrifier leur vie à leur foi religieuse ; ce fut enfin de la Tolbooth que, la nuit du 7 septembre|1736, une émeute mystérieuse arracha de force le capitaine John Porteous de la garde de la ville, et le traîna au Grassmarket, où elle le pendit àla perche d’un teinturier.

Au delà de Bank Street (à droite) et de George IV Bridge ( à gauche ), — V. ci-dessous , — lawnmarket se rétrécit; mais bientôt elle s’élargit de nouveau, et l’on voit à gauche la salle de Réunion ( Assembly Hall), appelée aussi Victoria Hall. Cette église gothique, bâtie d’après les dessins de Sir S. Graham, aux frais du gouvernement et de la ville, est surmontée d’un élégant clocher d’environ 75 mètres de hauteur, qu’on aperçoit de tous les quartiers do la ville. L’assemblée générale de l’église d’Êcosse y tient au mois de mai ses réunions annuelles qui durent 10 jours. En face est le Collège de l'église Ilibre ( Free Churh College). Cet édifice fondé en 1 846 , achevé en 1 850 , bâti d’après les dessins de Sir W . H . Playfair, dans le style d’architecturo gothique du siècle d’Élisabeth, forme un carré de 26 mètres de longueur sur 17 mètres de largeur, et comprend la Free High Church (Rev. D. Gordon), des salles d’études, une salle du Sénat, une bibliothèque et des appartements pour le Principal. Le nombre des professeurs est de 8, celui des étudiants dépasse 400. La façade septentrionalo est ornée do trois tours carrées, la plus petite de ces tours a 29 mètres de hauteur; les deux autres, celles

du centre, ont 37 mètres ; elles ont été construites de telle sorte que lorsqu’on les voit de la ville neuve, elles encadrent et flanquent le clocher de l’Assembly Hall qui semble ainsi faire partie du Free Church College.

En remontant Castle Hill, — la continuation de Lawn market, — on peut visiter au sud l’école déguenillée ( Ragged School ), dirigée par le D. Thomas Guthrie, la 4 re école de ce genre ouverte à Edimbourg ; et à droite dans Ramsay Xane la petite maison octogone que le célèbre poète Allan Ramsay s’y bâtit, et où il mourut à 70 ans, en 4758, après l’avoir habitée 3 ans. Le Réservoir qui fournit à Edimbourg, l’eau amenée des collines de Pentland est du même côté de Castle Hill que Ramsay Lane ; il a 34 mètres de longueur, 27 mètres de largeur et 3 mètres de profondeur ; il contient 90 mètres cubes d’eau. — La plupart des maisons de Castle Hill étaient autrefois habitées par la noblesse ; celle qui porte le n° 390 fut pendant plusieurs siècles l’hôtel des Comtes de Dumfries. Quand on a dépassé les dernières maisons, on arrive sur une Esplanade de 454 mètres de longueur et de 90 mètres de largeur, entourée de murs construits en 4847 et en 4827. Cette esplanade n’a été formée qu’en 4753 avec les terres provenant des fondations du Royal Exchange ; c’était auparavant la crête étroite d’une colline escarpée où se faisaient au moyen âge les exécutions publiques. Sur la droite, près des murs du nord, on remarque une Statue colossale en bronze du dernier duc d’York, érigée en 4839 par souscription; le duc d’York est représenté tenant un bâton de Maréchal et portant le costume particulier de l’Ordre de la Jarretière.

Le Ch&teau d'Edimbourg ( Castle ) couronne à 446 mètres au-dessus de la mer, un rocher de basalte vert tellement escarpé qu’on ne peut l’escalader que du côté

do l’est, et dont le sommet offre une superficie de près de 3 hectares ; il se compose d’un grand nombre de constructions irrégulières et sans aucun style : casernes, hôpital, arsenal, maison du gouverneur, chapelle, tours, bastions, batteries, etc. Bien qu’il passât pour difficile à prendre avant l’invention de la poudre à canon, il ne résisterait pas longtemps à une attaque sérieuse. Il peut loger 2,000 hommes, et son arsenal est assez vaste pour contenir les armes nécessaires à 30,000 soldats. On ignore l’époque précise de sa fondation. Ce qui paraît positif, c’est qu’il est plus ancien que toute autre partie de la ville. On l’appela d’abord Castelh Mynyd Agned ou la forteresse de la colline d’Agnès, puis Castrum Puellarum (le camp des jeunes filles), parce que les filles des rois Pietés étaient élevées dans l’intérieur de ses murs. Son histoire remplirait un volume. Il servit de résidence à David Ier, à Malcolm IV, à Alexandre II, à Guillaume le Lion, à Alexandre III et à d’autres rois d’Écosse. En 1296, pendant que Bruceet Baliol se disputaient la couronne, il fut assiégé et pris par les Anglais. Il resta en leur possession jusqu’en 1313; mais cette année-là, Randolph, comte de Moray, guidé par un soldat nommé WilliamFrank,quien était souvent descendu la nuit pour aller rendre visite à sa maîtresse, en escalada pendant la nuit avec 30 hommes déterminés les rochers les plus escarpés, en surprit la garnison, et s’en rendit maître. Robert Bruce le fit démolir dans la crainte qu’il ne tombât de nouveau entre les mains de ses ennemis. Édouard III le fit reconstruire et y mit une forte garnison; mais il lui fut bientôt repris en 4341 , grâce à un ingénieux stratagème de Sir William Douglas qui s'introduisit, déguisé en marchand, avec des voitures chargées qu’il eut soin de renverser en entrant près de la porte. Durant le règne de Marie Stuart, W. Kirkaldy

de Grange le défendit héroïquement, en 4573, contre le régent Morton qui l’attaqua avec de l’artillerie et un renfort de troupes anglaises. Sa garnison s’étant révoltée le força de capituler, et, malgré les promesses qui lui avaient été faites pour le déterminer à se rendre, le régent le fit pendre avec son frère, du consentement d’Élisabeth. En 4650, Cromwell s’cn empara après 2 mois de siège. En 4745, bien que Charles Édouard se fut rendu maître de la ville, il n’osa pas essayer de l’attaquer. Pendant les guerres du Continent, des prisonniers de guerre y furent enfermés; enfin, il reçut en 4822 la visite de George IV, et en 4 842 celle de la reine Victoria.

Les principales curiosités intérieures du château d’Èdimbourg sont : 4° L’Arsenal ( Armory ) qui renferme quelques armes anciennes et des armes prises à l’armée Highlandaise en 4745. 2° Sur le bastion du roi, un énorme canon appelé Mons Meg, des noms delà femme du forgeron qui l’a fabriqué au xv® siècle. Ce canon fit explosion en 4 682, pendant qu’on le tirait en l’honneur du duc d’York, et depuis lors on ne l’a pas réparé. Il avait été transporté en 4754, à la tour de Londres, mais il a été rendu à Édimbourg en 4829, sur la demande de Walter Scott; il a 4 mètres do long sur 50 cent'mètres do oiamètre. Son poids dépasse 5 tonneaux. — 3° Dans les bâtiments de la place appelée la grande parade, la Chambre de Marie Stuart. C’est dans Cette chambre que naquit Jacques VI (Jacques Ier d’Angleterre), le 49 juin 4566 ; elle est très-petite, car elle n’a pas 3 mètres dans sa plus grande longueur ; elle a été réparée tout récemment et on la montre gratuitement. 4° dans la tour octogone (des écriteaux indiquent le chemin depuis la porte d’entrée), les Joyaux de la couronne d’JÉcos;e (the Hegalia), exposés dans la chambre de la couronne ( Crown Roorn ), tous les jours de midi à

Digitiza

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3 heures. Ils se composent d’uno couronne, d’un sceptre et d’une épée d’État. Ils avaient été déposés le 26 mars 1707, dans une armoire de chêne, où ils ont été retrouvés le 6 février 1818, à la grande satisfaction des Écossais qui les croyaient transportés secrètement à Londres, au mépris d’un article du traité d’Union. La couronne, qui date, à ce qu’on assure, du temps de Robert Bruce, consiste en 3 cercles d’or pur, richement ornés do pierres précieuses et surmontés d’un globe d’or et d’uno croix pâtée. La tiare ou "bonnet est en velours rouge, garni d’hermine. Le dernier roi qui en a été couronné est Charles II. Le sceptre, en argent doré, â 60 centimètres de large ; l'épée d’État, de 1 mètre 50 centimètres de longueur, offre un assez bel échantillon de l’art italien, à l’époque de la Renaissance ; elle a été donnée à Jacques IV par le pape Jules IL — On montre avec les joyaux de la couronne la verge de cérémonie du lord trésorier, et les joyaux légués par le cardinal York à George IV «t déposés dans cette salle en 1830 par l’ordre de Guillaume IV. Parmi ces joyaux on remarque la bague enrichie de diamants que portaient les rois d’Écossc à leur couronnement. Tous ces objets précieux sont placés sur une table ovale de marbre blanc et éclairés par quatre lampes. La salle qui les renferme a été restaurée en 1848.

Le château d’Édimbourg est l’une des quatre forteresses d’Écosse qui, en vertu du traité d’union, doivent être constamment fortifiées; les trois autres sont les châteaux de Dumbarton, de Blackness et de Stirling.

Les plates-formes du château o’Édimbourg offrent des points de vue magnifiques sur la ville et ses environs, le Firth ou golfe du Forth, la mer, le comté do Fife, les Lomond Hills, près de Kinross, et la chaîne des monts Gram pi ans.

Du château, plusieurs rues et escaliers descendent directement au Grassmarket, place carrée et oblongue, où tous les mercredis se tient un marché considérable pour les céréales, les chevaux et les fourrages. Le bâtiment qu’on y remarque du côté sud est la halle au blé (Corn Market). Les exécutions capitales avaient lieu autrefois sur cette place ; ce fut là que moururent, sous les règnes de Charles II et de Jacques II, tous les Covenantaires qui voulurent rester fidèles à leurs opinions politiques et religieuses; ce fut là que le 7 septembre 1736, une émeute mystérieuse pendit le capitaine Porteous. A l’angle S. -O. , s’ouvre le West Port dans l’une des Closes duquel l’Irlandais Burke a étouffé un si grand nombre do personnes, pour vendre leurs cadavres aux chirurgiens qui avaient besoin de sujets à disséquer. A l’angleN.-E. ; elle communique avec leWest Bow, rue circulaire qui conduit au pont de George IV, près de County Hall, et qui, avant la construction des ponts du Nord et du Midi, était la principale rue par laquelle les voitures pouvaient monter dans les quartiers les plus élevés de la ville. Anne de Danemark, Jacques Ier, Charles Ier, Cromwell, Charles II et Jacques II, entrèrentà Édimbourg par le West Bow, dont les vieilles maisons ontété presque outes démolies lors de la construction du pont de George IV. En descendant du château au Grassmarket, on traverse une nouvelle voie de communication, appelée KTew Western Approach et King’s Bridge, qui tourne autour des rochers du château, et le long de laquelle on remarque l’église libre de Saint>Jean, la chapelle épiscopale de St.-Columba et l’École normale, dont

les élèves professent les doctrines de l’Église d’Écosse.

Si on sort de Grassmarket par Candlemaker Row on ne tarde pas à voir à droite le cimetière des Moines Gris [Greyfriars lurying G round), les anciens jardins

du couvent des Greyfriars, dont Marie Stuart fit don à la ville d’Édimbourg. Ce cimetière renferme, outre les tombes des Covenantaires exécutés sur le Grassmarket, celles de George Buchanan, le célèbre poète latin et précepteur de Jacques VI; — d’Allan llamsay, le poète ; — de Robertson, l’historien; — du docteur Black, le chimiste ; — du docteur-médecin M. Crie, le biographe de Knox ; — du docteur Hugh Blair ; — de Colin Maclaurin, etc. Les deux églises qui s’élevaient autrefois dans son enceinte, Old Greyfriars et New Greyfriars, ont été détruites par le feu au mois de janvier 1 845 ; mais New Greyfriars a été rebâtie où du moins réparée. C’est dans la vieille église, aujourd’hui en ruines, qu’en 1638, la population d’Èdimbourg signa avec enthousiasme la Ligue solennelle et le Covenant.

Au carrefour où Candlemaker Row prend le nom de Bristol Street, s’ouvre au sud Forrest Road. En suivant cette large avenue, on laisse à gauche une élégante église gothique (Free New North ), puis une école Industrielle et un hospice d' Aliénés, établis dans des bâtiments qui furent construits en 1 695 pour emmagasiner les produits de la colonie du Darien ; à droite, on voit la Raison de Travail de Charité ( Charihj Workhouse ), édifice massif et sombre, pouvant loger environ 750 pauvres, dont la nourriture et l’habillement coûtent en moyenne, par an, 287 fr. à la ville, qui subvient à cette dépense au moyen d’impôts sur les maisons, de quêtes aux portes des églises, de souscriptions et de donations volontaires.

Laissant à gauche Tiviot Row et l’avenue qui conduit aux Meadows, et tournant à droite après avoir dépassé Charity Workhouse, on atteint en quelques minutes la porte de l’H&pital d’Heriot ( Heriot’s Hospital ).

George Heriot, le Geordie des Aventures de Nigel,

68 nOCTE 4. — EDIMBOURG ET SES ENVIRONS.

exerçait à Edimbourg la profession d’orfévre. 11 devint le joaillier d’Anne de Danemark, l’épo ux de Jacques VI, puis le joaillier et l’orfévre de son épouse à l’avénement de Jacques VI au trône d’Angleterre, et il suivit son maître à Londres où il amassa une immense fortune et où il mourut en 1624. Il avait, dans son testament, fait des legs considérables à tous ses parents et légué à la ville d’Edimbourg le reste de scs biens, sous la condition qu’elle les emploierait à la construction et à la dotation d'un hôpital « où seraient nourris, habillés et élevés, les fils des bourgeois pauvres d’Édimbourg. » La première pierre de cet édifice fut posée le 1er juillet 1628, ainsi que le prouve une inscription gravée à la base do l’angle du N.-O.; mais les guerres civiles ralentirent à diverses reprises les travaux, et il venait seulement d etre terminé en 1650 , lorsque Cromwell, s’en emparant, y établit un hôpital militaire pour ses soldats blessés à la bataille de Dunbar. Ce ne fut que neuf ans plus tard que le vœu de son fondateur put être rempli. De 30 qu’il était d’abord , le nombre des enfants a été successivement porté à 180. On les y reçoit de 7 à 10 ans, et ils y restent jusqu’à ce qu’ils aient atteint leur quatorzième année. On leur enseigne l’anglais, le grec, le latin, le français, l’écriture, l’arithmétique, la tenue des livres, la géographie, les mathématiques, le dessin, la musique vocale, la mécanique pratique et la danse. Ceux d’entre eux qui manifestent des dispositons pour les professions libérales sont, à leur sortie de l’hôpital, placés dans une université et il leur est alloué 750 fr. par an pendant quatre ans ; ceux qui choisissent de préférence des professions manuelles, reçoivent 250 fr. par an pendant cinq ans, et 125 fr. à l’expiration de leur apprentissage, s’ils se sont bien conduits. On leur donne en outre à tous, lors de leur sortie, une bible , quelques livres

utiles et deux habillements complets à leur choix.

Les legs faits par Ilcriot payés, il restait 590,625 fr. La construction de l’hôpital coûta 750,000 fr., mais les travaux avaient duré 26 ans, et, à cette époque, l’intérêt de l’argent était de <0 p. 0[0. L’édifice achevé, il y eut donc un excédant en caisse au lieu d’un déficit. Cet excédant fut employé à l’achat des terrains voisins. Grâce à cet heureux placement, l’hôpital d’Heriot jouit aujourd’hui d’un revenu de 375,000 fr. Cette somme étant de beaucoup supérieure au total de toutes les dépenses, le Parlement , en 4836, autorisa les administrateurs, le conseil municipal et le clergé de la cité à employer l’excédant à la construction et à l’entretien d’écoles gratuites pour les enfants des deux sexes. Dix de ces écoles ont déjà été établies dans divers quartiers delà ville, et elles réunissent plus de 3,000 élèves. Walter Scott a eu raison de faire dire à George Heriot : « Grâce à l’emploi que j’ai fait d’une partie de ma fortune, mon souvenir vivra plus longtemps que celui des plus grands hommes (1). »

On ignore quel fut l’architecte de l’hôpital d’Heriot, mais on attribue généralement à Inigo Jones la construction de cet édifice bâti dans ce style gothique mixte qui date du règne d’Élisabeth. Sa forme est quadrangulaire ; les quatre côtés, qui ont chacun 47 mètres de long, forment une cour de 28 mètres carrés ; il a trois étages, et il est flanqué à chaque angle de tours carrées ayant trois étages et ornées chacune de quatre tourelles. L’entrée principale est du côté du nord. Les armes du fondateur, avec une inscription latine, sont placées dans

(1) Une permission de l’un des gouverneurs est nécessaire aux étrangers qui désirent visiter l’intérieur de l'hôpital d'Ucriot. On délivre cette permission à la Bourse (F, page 54).

un enfoncement au-dessus de la porte, entre les fenêtres du premier étage. Au-dessus s’élève une tour carrée couronnée d’un dôme et ayant 34 m. de hauteur. On montre à l’intérieur : — la statue de lleriot dans le costume de son époque, par Robert Mylne ; — la chapelle qui a été élégamment restaurée, il y a quelques années ;

— la salle du conseil qui renferme un portrait d’Heriot copié par Scougall, d’après un portrait original aujourd’hui perdu ; — la bibliothèque qui possède 2,000 vol.,

— les dortoirs, etc. Chacune des 213 fenêtres sculptées de l’hôpital d’Heriot, deux seules exceptées , sont décorées d’ornements différents.

A peu do distance de l’hôpital d’Heriot, au S., est l'hôpital de George Watson [George Watson $ Hospital ), édifice simple, mais bien distribué , surmonté d’un petit clocher que couronne un vaisseau doré. Cet hôpital, ou plutôt ce collège , doit sa fondation à George Watson, employé de la banque d’Écosse, qui, en 1723, légua 300,000 fr. pour l’entretien et l’éducation des enfants et des petits-enfants des négociants ruinés d’Édimbourg. H fut ouvert en 1741 . On y compte actuellement 80 enfants qui y sont admis de 7 à 10 ans et qui y restent jusqu'à 15 ans. L’éducation qu’ils y reçoivent diffère peu de celle qui est donnée aux pensionnaires de l’hôpital d’Heriot. A leur sortie il leur est alloué 250 fr. par an pendant 5 ans, et à 25 ans , s’ils ne sont pas mariés, et si leur conduite à été bonne, on leur donne une somme do 1 ,250 fr. Ceux d’entre eux qui manifestent des dispositions pour l’étude des lettres sont envoyés à l’université pendant 6 ans, et ils touchent 500 fr. par an les quatre premières années et 425 fr. les deux dernières. — A l’O. de l’hôpital de Watson on peut aller visiter l’hôpital des filles des marchands [Merchant Maiden Hospital ), fondé en 1 695 en faveur des filles des marchands d’Édimbourg.

route 4. — Edimbourg et ses environs. 74

La promenade des Prairies (Meadows) se trouve située au S. de l’hôpital deWatson ; elle communique avec les Dunes de Bruntsfield (Bruntsfield Links ) où un grand nombre d’habitants d’Édimbourg vont jouer au jeu national du Golf. Ce jeu se joue avec un bâton de frêne garni de plomb et une balle de plumes entourée de cuir ; il consiste à lancer la balle, à l’aide du bâton , dans un certain nombre de petits trous éloignés l’un de l’autre d’un quart de mille. Celui des joueurs qui a dû lui donner le moins de coups pour lui faire parcourir la distance fixée gagne la partie. Un bon joueur lance une balle à près de 200 mèt. Le Thistle Golf Club of Edinburgh a ses armes, sa devise et son uniforme, qui se distingue surtout par un habit rouge avec un collet vert et des boutons dorés. C’est sur l’extrémité orientale des Meadows que la compagnie royale des archers s’exerco au tir du fusil. Les membres de cette compagnie, qui est très-ancienne, jouissent du privilège de servir de gardes du corps aux souverains de la Grande-Bretagne dans la ville d’Édimbourg et à 6 m. à la ronde. Ils appartiennent pour la plupart à la noblesse, et le duc de Buccleueh est actuellement leur capitaine-général. Ils se réunissent dans la salle des Archers ( Archers Hall) située entre Bqccleuch Place et les Meadows.

A l’est de l’avenue qui conduit aux Meadows et qui les divise en deux parties à peu près égales , on peut visiter la place George ( George Square), l’une des premières places d’Édimbourg bâtie sur un plan tracé à l’avance et dans de grandes proportions. Vers la fin du siècle dernier, elle était habitée par un certain nombre de familles nobles qui depuis ont émigré dans la villo neuve ; elle communique, par Charles Street ou Crichton Street, avec Bristol Street qui conduit à gauche au pont de George IV ( George IV Bridge), pont de dix

arches qui traverse la Cowgate et près duquel la Société highlandaise et agricole de l’Écosse s’est fait construire une salle et un musée ouverts tous les jours gratuitement ^ u public, excepté le lundi, de 10 à i h.

Si on traverse Lawnmarket ' V. ci-dessus), et si l’on suit la rue de la Banque, on se trouve bientôt en face de la banque d’Écosse ( Bank of Scotland) , bel édifice dont la construction a coûté 1,875,000 fr. et qui a été bâti en 1806 sur les dessins de Richard Crichton. La banque d’Écosse est le premier établissement de ce genre fondé en Écosse. L’acte du parlement qui l’a constituée date de 1695. Elle commença, en 1704, à émettre des billets de 25 fr. , exemple qui a depuis été suivi par toutes les banques écossaises. En descendant New Bank Street, on vient passer devant Free Church College; puis, en tournant à droite devant la façade nord de la banque, on gagne par le pont de Waverley le monument de Walter Scott, point de départ de cette longue mais intéressante promenade qui, du reste, peut être faite en deux ou trois fois.

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