‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 17 sur 75 · PROMENADE · texte numérisé non relu

PROMENADE

Rue St.-David. — Place St.-André. — Monument Je Meloville.

— Banque royale. — George Street. — Eglise St. -André. — Banque commerciale. — Musée des Antiquaires. — Statue de George IV. — Salles de réunion. — Statue de Prit. — Maison do Walter Scott. — Queen Street. — Eglise Saint-Etienne. — Salle des médecins. — Place Charlotte. — Eglise St.-Georgr. — Fontaine St— Bernard. — Pont Dean. — Chapelle de la Trinité. — Water of Leitli. — Hôpitaux des orphelins, de Jean Watson, Stewart et Donaldson. — Lothian Rond. — Débarcadère du chemin de fer Calédonien. — Port Hopeloun. — Canal de l’Union. — Académie navale et militaire. — Eglise de St.-Cnlhhert. — Chapelle de St.-Jcan. — Nouveau club.

— Institution royale. — Galerie nationale.

La rue de Saint-David (St. David's Street), qui s’ouvre dans Princes Street, en face du monument de Walter Scott, conduit à la place Saint-André (St. An -

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drew Square ), au centre do laquelle s’élève le Monument de Melville , colonne cannelée, de 41 mètres do hauteur, surmontée d’une statue de plus de 4 mètres. Celte imitation de la colonne Trajane de Rome a coûté 200,000 fr., souscrits en grande partie par la marine, en souvenir des services que lord Melville avait rendus à son pays, lorsqu’il dirigeait ses affaires navales. Au milieu, du côté Est, la Banque royale ( Royal Bank) occupe un élégant hôtel, bâti par Sir William Chambers, pour Sir Lawrence Dundas. Dans l’espèce de cour qui sépare ce bâtiment de la place, on a élevé une itatue équestre, par Campbell, au comte Jean de Hopetoun, qui s’est distingué dans la guerre de la Péninsule. Du côté Nord est Yhôtel Douglas, un des plus beaux hôtels d’Edimbourg. Du côté Sud, on remarque laBrîtish Xinen Company’s Bank, élégant édifice orné do 6 colonnes corinthiennes cannelées, qui supportent une architrave richement sculptée, et surmonté de 6 figures allégoriques: la navigation, le commerce, l’industrie, l’art, la science et l’agriculture. La salle principale, qui est fort belle, contient, outre des figures allégoriques, les bustes do George Buchanan, d’Adam Smith, de Fletcher, de Saltoun, de lord Kaimes, du docteur Duncan, de Napier, de Merchiston, de Sir Walter Scott, du professeur Wilson, de Rennie, de Watt, de Wilkie et de Paterson, le fondateur de la Banque d’Écosse.

La me George ( George Street ) qui vient aboutir à l’O. au milieu de la place Saint-André, en face du monument de Melville et de la Banque d’Écosse, est l’une des plus belles rues delanouvelle ville, beaucoup moins animée et moins intéressante que l’ancienne ; elle a 35 met. de largeur, et près d’un kilomètre de longueur ; elle est bordée de chaque côté de larges trottoirs, do magnifiques maisons en piorro de taille et do nombreux édi-

Gces publics et privés. On laisse, à droite, en venant do la place Saint-André, l’hôtel, à la façade grecque, d’une Compagnie d’ Assurance ( Standard Insurance Company) , puis l’église Saint-André [Saint- Andrew’ s Church), bâtiment ovale, orné d’un portique supporté par quatre colonnes corinthiennes, et surmonté d’un clocher de 51 mètres de hauteur. En face est la Banque commerciale d’Xcosse [Commercial Bank of Scotland), mélange bizarre d’architecture grecque et romaine. La Banque d’Édimbourg et de Glasgow forme l’angle nord-est de George Street et de Hanover Street, et presque vis-à-vis, à quelques portes au delà de la Banque commerciale,

UIIC Compagnie d’ Assurance, la Bibliothèque par souscription d’Edimbourg ( \Edinburgh Subscription Library) et le Musée de la Société des Antiquaires Écossais ( Muséum of lhe Antiquarian Society ofScotland ) occupent le môme bâtiment. Ce Musée, que les étrangers peuvent visiter avec une permission de l’un des membres de la Société, contient, entre autres curiosités, la maiden ou guillotine écossaise avec laquelle le comte de Morton, le marquis d’Argyle , Sir Robert Spottiswood et tant d’autres condamnés à mort furent décapités ; — les bannières que portaient les Covenantaires pendant les guerres civiles ; — le tabouret que, dans sa haine du papisme, une femme, nommée Jenny Geddes, jeta à la tète de l’évêque d’Édimbourg, le 23 juillet 1637; — acte de violence qui devint le signal d’un soulèvement populaire contre l’introduction de l’épiscopat en Écosse; — une chaire en chêne dans laquelle John Knox prêcha, le bâton de Riccio, etc.

Le milieu du carrefour que forme la jonction de George Street et de Hanover Street, a été décoré d’une assez mauvaise statue de George iv, par Chantrey, en commémoration de la visite que ce monarque rendit à

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l’Ecosse en 1822. Continuant à suivre George Street, on ne tarde pas à laisser à gauche ( côté S.-O. ), les salle* de Réunion ( A ssem b ly Rooms ), édifice massif et sombre, bâti par souscription en 1767, où se tiennent les réunions publiques et où se donnent les concerts et les bals. La salle de bal a 28 mètres de longueur et 13 de largeur. On a construit par derrière, il y a quelques années, une «allé de Concert ( Music Hall), de 33 mètres de longueur et de 28 mètres de largeur, richement décorée et ornée d’un bel orgue. L’orchestre peut contenir plusieurs centaines de musiciens. Sa construction et sa décoration ont coûté 250,000 fr.

Le carrefour formé par la jonction de George Street et de Frederick Street, est orné d’une statue de Pîtt, par Chantrey, bien meilleure au point de vue de l’art que celle de George IV. La première rue qui traverse ensuite George Street s’appelle Castle Street. La maison n° 39 de cette rue a été longtemps habitée par Walter Scott, et après sa mort, par Napier, l’éditeur de la Revue d’ Edimbourg. Castle Street aboutit au nord dans la rue de la Reine ( Queen Street ), belle et largo rue parallèle à Princes Street et à George Street, qui d’un côté est bordée par de grands jardins entourés de grilles, et dont les maisons dominant le versant septentrional de la troisième colline jouissent d’une vue admirable sur la plaine, le golfe du Forth, les rives du comté de Fife, les collines d’Ochill, et même, quand le temps est clair, sur les sommets les plus élevés des Grampians. Toute la partie de la nouvelle ville comprise entre Queen Street et le ruisseau de Leith offre à peu près le même spectacle ; de larges rues bien droites so coupant à angles droits, bien bâties, bien entretenues, mais désertes et monotones, des carrés (Squares), des croissants (Crescents), des places (Places), des terrasses

(Terraces) , des rangs (Rotvs) , un cirque (Royal Circus), etc. Les édifices publics y sont beaucoup plus rares. A l’extrémité de St. Vincent Street, prolongement de Howe Street, qui est elle-même le prolongement de Frederick Street , s’élève l’église de Saint-Étienne (St. Stephen’ s Church), construite en 1828, d’après les dessins de M. W. H. Playfair, et dont la tour carrée a 49 mèt. de hauteur. Derrière cette église se trouvent situées l’académie d’Édimbourg (Edinburgh Academy), l'institution des Sourds et Muets ( Deaf and Dumb Institution),et l’église de Saint-Bernard (.SL Bernard’ S Church). Enfin, on peut visiter dans Queen Street la salle des Médeoins (Physician’s Hall), bâtie en 1 845, derrière l’église de Saint-André. Dans son ouvrage intitulé The Recess (la solitude), le docteur James Johnson a dit que « la nouvelle ville d’Édimbourg était splendidement monotone et magnifiquement ennuyeuse. » Cette opinion est partagée par un grand nombre de ses visiteurs.

La grande et belle place qui s’ouvre à l’extrémité occidentale do George Street, s’appelle Charlotte Square. Au milieu du côté occidental, en face de George Street, on a bâti au commencement de ce siècle une église ouverte au culte en 4 844. Cette église, dédiée à saint George (St. George’s Church), est une espèce de copie réduite, mais peu heureuse, de celle de Saint- Paul à Londres. Elle a coûté 825,000 fr.

Une des tournées les plus agréables que l’on puisse faire dans la nouvelle ville, consiste à descendre do Charlotte Square par Glenfinlas Street, Ainslio Place, Moray Place, et Doune Terrace, au Stock Bridge, et à remonter le ruisseau de Leith jusqu’au delà du Dean Bridge, pour revenir à Princes Street par Lyndoch Place, Melville Place et Qucensferry Street. En suivant la rive

droite du ruisseau de Leith, dominée par le versant abrupt et boisé d’une colline couronnée de belles maisons, on passe auprès de la Fontaine de Saint-Bernard (St. Bernard’ s Well), renommée pour les propriétés médicinales de ses eaux salines et gazeuses. En 1790, lord Gardenstone y a fait construire un petit temple circulaire à colonnes élancées, et, sous cette rotonde ouverte, on a placé une lourde statue de la déesse Hygie. A quelques centaines de pas de la fontaine Saint-Bernard, on passe sous le pont Dean ( Dean Bridge ), une des merveilles d’Édimbourg. Ce beau pont, construit par Thomas Telford, et livré à la circulation en 1832, se compose de 4 arches de 29 mèt. d’ouverture. Son élévation au-dessus du lit pittoresque du ruisseau de Leith est de 32 mèt., sa longueur totale de 135 mèt. Après l’avoir admiré d’en bas, il faut aller l’admirer d’en haut, et contempler la belle vue qu’il offre, surtout du côté du N.-E. La route qui le traverse conduit à Queensferry sur le Forth , et à son extrémité septentrionale s’élève la ehapelle de la Trinité (Trinity Chapel ), bâtiment gothique appartenant à la communion épiscopale. A l’O. est le village appelé Water of leith, habité principalement par des meuniers et par des éleveurs de porcs. Plus à l’O., se dressent les tours de l’Hôpital des Orphelins ( Orphan Hospital ), construit en 1 833, d’après un dessin de M. T. Hamilton. Au delà de cet hôpital ou collège, où les enfants qui y sont admis apprennent à lire, à écrire, le calcul et la géographie, on trouve l’Hôpital de John Watson (/ohn Watson’s Hospital ), bâti en 1828, à l’aide de fonds légués en 1759 par John Watson, et qui nourrit et instruit 120 enfants pauvres; puis, au N., l’Hôpital de Stewart ( Stewart’s Hospital), que M. DavidStewart, mort en 181 4, a fondé pour les enfants des ouvriers honnêtes de la ville d’Édimbourg ; et enfin au

S.-O., l'Hôpital de Donaldson [Donaldson’s Hospital), construit, il y a peu d’années, d’après les plans de M. Playfair, dans le style d’architecture gothique du siècle d’Élisabeth ; un des plus beaux édifices, non-seulement d’Édimbourg, mais de l’Écosse. C’est un carré dont chaque côté a 81 mèt. La porte d’entrée, qui s’ouvre au milieu de la façade méridionale, est surmontée d’une tour carrée au toit ogival, et élevée de 37 mèt. Les murs sont crénelés à leur sommet et soutenus par des arcs-boutants. Des tours carrées, hautes de 4 étages et couronnées d’une coupole, en flanquent les 4 angles. Edimbourg est redevable de ce magnifique collège à M. James Donaldson, imprimeur, mort en 1830, et qui légua à ses concitoyens 5,250,000 fr. pour construire et doter un hôpital où seraient logés et élevés 300 enfants des deux sexes.

Du Dean Bridge on gagne Princes Street par Lyndoch Place, Melville Place et Queensferry Street. Au carrefour où Queensferry Street se réunit à Princes Street, viennent aboutir au N. Hope Street, qui conduit à Charlotte Square, au S.-O. et S.-S.-O. Maitland Street etRutland Street, et au S. tothian Road qui mène au Débarcadère du chemin de fer calédonien et au Port Hopetoun, bassin du canal de l'Union ( Union Canal). Ce canal qui va joindre le canal de la Clyde et du Forth, près de Falkirk (F. route 12), a 31 m. 1/2 de long. Il a été terminé en 1822, et il a coûté 10 millions de francs. Près du débarcadère du chemin de fer calédonien, sont groupées la Maison do charité de la paroisse Saint- Cuthbert , l’Académie navale et militaire écossaise ( Scottish Naval and Military Academy), où les jeunes gens qui se destinent à la marine ou à l’armée de terre reçoivent l’éducation qu’exige l’exercice de leur profession, et l’église libre de Saint-George ( Frce St. George Church ), bâtie en 1845 dans le style saxon. En face

de cette église, sur la route appelée terrasse du Château (Castle Terrace ), la continuation du King’s Bridge , on a bâti en 4 835 une jolie chapelle unitaire appelée Saint-Mark's, dans lo style flamand.

L’église paroissiale de Saint-Cuthbert (St. Cuthberth’s Church), appelée plus généralement l’église occidentale ( West Kirk), se trouve située à l’entrée opposée de Castle Terrace. C’est la plus grande église d’Édimbourg, car elle peut contenir 3,000 fidèles. Elle a été construite en 4775. Quand elle fut achevée, on la trouva si laide, que, pour l’embellir un peu, on y ajouta un clocher d’une architecture toute différente : « Commo si la délicatesse absurde d’un tel accessoire pouvait, dit Walter Scott, ôter de sa lourdeur au bâtiment principal, que ce contraste choquant rendit encore plus informe. »

Au nord de l’Église de Saint-Cuthbert, à l’angle de Princes Street et de Lothian Iload, la chapelle de Saint- John (St. John’ s Chapel) attire au contraire les regards par l’élégance de sa construction et l’heureuse exécution de toutes ses parties. Elle a été bâtie en 4848, d’après un dessin de M. Burn, architecte. Elle a 34 met. de longueur et 4 8 mèt. de largeur. Sa jolie tour gothique s’élève de 37 mèt. au-dessus du sol. L’intérieur mérite d’être visité. 11 est décoré dans le même stylo quo la chapelle de Saint-George, à Windsor. Les vitraux peints de la grande fenêtre qui domine l’autel, représentant les 42 apôtres, ont été exécutés par Egginton de Birmingham. Saint-John est l’une des églises d’Édimbourg qui appartiennent à la communion écossaise épiscopale.

La partie de Princes Street comprise entre St. John’s Chapel et lo monument de Walter Scott est celle d’où le château se présente sous son aspect le plus pittoresque. On passe devant le nouveau Club (Neio Club ), société

de noblemen et de gentlemen , dont les C60 membres payent 625 fr. d’entrée, et 123 fr. par an, avant d’atteindro, à l’extrémité septentrionale de YEarthenMound.

L’institution Royale (Royal Institution ), bâtie sur pilotis, l’un des plus beaux édifices grecs d’Édimbourg. Ello a été commencée en 1823, sur les dessins de M. W . H. Playfair ; la dépense totale, qui s’est élevée à 1 million, a été soldée par les commissaires du bureau des curateurs ( Board of Trustées) pour l’encouragement des pêcheries, des manufactures et des arts en Écosse. Chacune de ses quatre façades est ornée d’un portique ; uno statue colossale de la reine Victoria, représentée assise, une main appuyée sur un globe, et l’autre main tenant un sceptre, surmonte le portique du Nord.

L’Institution Royale renferme, outre les appartements du Board of Trustées , la Société Royale et Y Institution Royale pour l’encouragement des beaux-arts en Écosse. Le Board of Trustées , no donnant plus de prix pour les plus remarquables produits industriels soumis à son examen, consacre une partie do ses fonds disponibles à l’école de dessin qu’il a fondée. Cette école compte environ 150 élèves. Les galeries du centre contiennent un certain nombre de tableaux, dont la majeure partie sont de maîtres anciens, et une collection de tableaux et d’antiquités, léguée à l’Université d’Édimbourg par Sir James Erskino de Torry. On délivre gratis , à l’Institution, des billets valables les mardis et vendredis, aux personnes qui désirent voir ce musée. La galerie de sculpture, située dans la partie Est de l’édifice, possède une collection précieuse de plâtres moulés à Rome par la famille Alborini, — la seule de ce genre qui existe dans la Grande-Bretagne. Elle est ouverte en tout temps aux étrangers.

On construit en ce moment (juillet 1852), derrière

l’Institution Royale, sur VEarthen Mound, un bâtiment qui sera spécialement affecté à l’exposition des ouvrages des peintres, sculpteurs et architectes écossais modernes. La pierre do fondation a été posée par le prince Albert, le 31 août 1850. La Galerie nationale ( National Gallery) sera construite d’après les dessins de M. Playfair, dans le style dit germano-classique, c’est-â-dire sans fenêtres, et éclairée par le haut.

Promenades, Jardins publics, Cimetières.

Jardins de Princes Street ( Princes Street Gardens ), dans Princes Street (P. p. 29).

Colline de Calton ( Calton Hill) ( V . p. 33).

Pare de la Seine, Rochers de Salisbury, Trône d’Arthur ( Queen’s Park, Salisbury Crags, Arthur’s Seat) (K. p. 42).

Les Prairies ( Meadows ) ( V . p. 71).

Les Dunes de Bruntsfield [Bruntsfield Links) (K. P- 71).

La Terrasse Royale ( Royal Terrace ), au nord de Calton Hill, offre une belle vue sur le golfe du Forth et les rivages du comté de Fife.

Les Jardins Zoologiques ( Zoological Gardens) sont situés dans Claremont Street, qui s’ouvre au milieu du Croissant de Bellevue (Bellevue Crescent). Pour s’y rendre de Princes Street, il faut prendre St. Andrew Street , Duke Street et Dublin Street , qui en sont le prolongement; puis, à droite, London Street, au milieu de Drummond Place, et Mansfield Place, qui aboutit au Bellevue Crescent. On peut y aller aussi par Leith Street, Catherine Street et Broughton Street. En face de Claremont Street, dans Bellevuo Crescent, s’élève l’Æglise de Sainte-Marie (St. Mary’ s Church), une des

églises les plus jolies d’Édimbourg. Elle a été construite en 1824. Son clocher a 51 met. de hauteur. Les Jardin* Zooiogique$ (1 sh. d’entrée) ne datent que de 4840. Ils offrent une agréable promenade, et la ménagerie s’augmente chaque année.

Les Jardins d’Xssai ( Experimental Gardens of tho Royal Caledonian Horticultural Society) ne sont pas très-éloignés des Jardins Zoologiques ; si on veut les visiter, on doit revenir au Bellevue Crescent , et, en se dirigeant au nord, traverser le village de Canonmills, ainsi nommé des moulins à blé dont David Ier avait conféré le privilège aux chanoines d’Holyrood. On passe ensuite le ruisseau de Leith sur un pont rebâti en 1840* puis, suivant Howard Place, on laisse à gauche Tanfield Hall, salle qui sera célèbre dans l’histoire ecclésiastique de l’Écosse. C’est là, en effet, que les partisans de l’indépendance spirituelle, après avoir protesté contre l’assemblée générale de l’Église d’Écosse, le 48 mai 4843, dans l’église de Saint-André, se rendirent processionnellement accompagnés d’une foule immense, et conduits par David Welsh, professeur d’histoire ecclésiastique à l’Université d’Edimbourg ; c’est là qu’ils se constituèrent solennellement en corporation séparée et indépendante, sous le nom dÉglûe libre d’Écosse (Free Chwrch of Scotland). Les Jardins d’Xssai ont été créés en 4824, dans Inverleith llow qui est le prolongement de Howard Place ; ils ont une superficie de 4 hectares. La Société royale Calédonienne horticole, qui les a établis, existe depuis 4 809 ; son but est d'étendre et d’améliorer la culture des meilleures espèces de fruits, de fleurs et de légumes. Chaque année elle fait un certain nombre d’expositions, dans une vaste salle récemment construite au milieu de ses jardins, et elle distribue des médailles aux jardiniers qui ont exposé les plus beaux échantillons. Lu

verger des pommes compte 900 espèces distinctes, celui des poires 450 ; le nombro des variétés de groseilles dépasse 400. Les étrangers peuvent visiter gratuitement les Experimental Gardens, mais les jours d’exposition on paye t sh. pour y entrer.

Lçs Jardins Botaniques ( Botatlicdl Gardens) S0 trouvent aussi situés dans Inverleith Row, un peu plus loin que les Experimental Gardens. L’entrée en est libre, seulement les serres n’en sont ouvertes au public que le samedi, de midi à 4 heures. Plus vastes que les Experimental Gardens, ils sont aussi mieux plantés. Le docteur Hope a élevé au centre un petit monument à la mémoire de Linnée. Ils possèdent au moins 2,000 échantillons de plantes diverses, disposées et classées de manière à rendre aussi facile quo possible l’étude de la botanique. Les serres contiennent une riche collection de plantes exotiques. On découvre de la terrasse une belle vue sur Edimbourg. Inverleith Row, ou du moins son prolongement, conduit à Newhaven et à Leith ( V. ci-dessous).

Les principaux cimetières d’Edimbourg sont l’idinburgh Cemetery, Inverleith Row, près des Jardins Botaniques ; l’Edi nburgh and Iieith Cemetery, Bonnington Road; le Southern Cemetery, MeadoiVS, et le Western ' Cemetery, Water of Leith.

Excursions.

Leith, Newhaven, GrantonPier.

Chemin de fer. — Embarcadère, Wavcrley Bridge, 46 à 20 dcparla par jour, 6, 4 et a p. — Omnibus de 10 en 10 min. 3 p. intérieur, . extérieur. >

Une large rue, üeith Walk, bordée de chaque côté

84 ROUTE 4. — ÉDIMBOUUG et ses environs.

l'élégantes maisons ou d’actives manufactures, et éclairée au gaz, unit Edimbourg à (1 1/2 m.j leith, ville de 26,026 hab., le port d’Édimbourg, située à l'embouchure du Leith, dans le golfe du Forth, et divisée par ce ruisseau en deux parties, South et North leith, qui communiquent ontre elles par des ponts de pierre. Délivrée, on 1833, de la domination tyrannique et jalouse des magistrats de la métropole, administrée par un prévôt, quatre baillis, un trésorier et un conseil , elle a, surtout depuis quelques années, fait faire d’immenses progrès à son industrie et à son commerce. Elle fabrique des toiles à voiles, des cordages, des bouteilles, des cristaux, du savon ; elle possède des brasseries, dos fonderies, des raffineries, do beaux chantiers de construction ; et elle compte dans son port 210 bâtiments qui, réunis, donnent un total de 25,427 tonneaux. On y trouve encore, il est vrai, un trop grand nombre de rues étroites, sombres, malpropres, mais certains quartiers, surtout dans la partie nord, la plus moderne, sont maintenant suffisamment larges, aérés, bien bâtis et bien entretenus.

Leith est très-ancienne, et elle resta pendant plusieurs siècles le seul port de l’Ecosse. En 1313 et en 1410, les Anglais incendièrent tous les bâtiments qui s’y étaiept réfugiés. En 1544, le comte de Hertford la prit, la pilla et la brûla, après avoir détruit sa jetée et s’ être emparé de tous ses vaisseaux, pour venger l’insulte que les Écossais avaient, prétendait-il, faite à Henri VIII, en refusant de fiancer leur jeune reine Marie à son fils le prince Édouard. En 1547, le même général, devenu duc de Somerset, la prit et l’incendia de nouveau, tandis que l’amiral anglais, lord Clinton, anéantissait tous les bâtiments qui se trouvaient dans les eaux du Forth. En 1551, le général français Desse, envoyé par la cour de Franco au secours do la régento Marie de Lorraine,

-jp —

pour l’aider à arrêter les progrès de la réforme, l’ayant entourée de fortifications, Marie de Lorraine vint y fixer sa résidence ; mais elle s’y vit bientôt assiégée par ses sujets révoltés. Cependant, malgré un renfort de 6,000 hommes que leur envoya Élisabeth, ceux-ci ne purent triompher de 1; héroïque résistance des Français qui, décimés plus tard par la famine, furent contraints do capituler, et se réembarquèrent avec tous les honneurs de la guerre. Aussitôt ce traité conclu, le conseil municipal d’Édimbourg s’empressa do faire démolir les fortifications de Leith, dont il ne reste aucun vestigo aujourd’hui. Ce fut à Leith, le 19 août 1561, suruno jetée également détruite aujourd’hui, que Marie Stuart débarqua, lorsqu’après la mort de son époux, Henri II, elle quitta si tristement la France pour venir prendre possession du trône de ses pères ; elle s’était embarquée à Calais le 1 4 août , et comme l’a raconté Brantôme , « les deux bras sur la pouppe de la galerie, du costé du timon , quand on commença à faire voile, elle se mist à fondre à grosses larmes, jetant toujours ses beaux yeux sur le port et sur le lieu d’où elle estoit partio, prononçant toujours ces tristes paroles : « Adieu, France !... » jusqu’à ce qu’il commençât à faire nuit,.. Le lendemain matin, à son réveil, elle revit les côtes de France, et en les contemplant, elle prononça ces mots : « Adieu , France ! adieu, France ! je pense ne vous voir jamais plus ! »

Bien qu’elle craignît d’être surprise par les croisières qu’Élisabeth avait mises en mer, Marie Stuart parvint sans accident dans le golfe du Forth, après une traversée de cinq jours. Un grand brouillard, s’étant élevé la veille de son arrivée, avait empêché d’apercevoir la petite flotte qui la ramenait dans son royaume, et qui avait jeté l’ancre à quelque distance delà côte. Ce brouillard étant tombé le 19 août au matin, Marie Stuart en-

86 BOUTE 4. — ÉDIMBOl'HG ET SES ENVIRONS.

tra dans le port de Leith sans y être attendue. « Dès qu’on sut qu’elle était débarquée, dit M. Mignet, on accourut de toutes parts à sa rencontre, et la noblesse vint la prendre pour la conduire à Édimbourg dans le palais de ses pères. Cet empressement cordial la toucha sans la réjouir. Elle ne put s’empêcher de comparer avec tristesse la pauvreté du pays sauvage où elle revenait, après treize ans d’absence, aux splendeurs de la cour où s’étaient écoulés les jours heureux de son enfance et do sa jeunesse. On avait préparé un cheval pour elle, et l’on n’avait, pour les dames et les seigneurs de sa suite, que de petites haquenées des montagnes, « toiles quelles, dit Brantôme, et harnachées de même. » En les voyant, «lareyne, ajoute-t-il, se mist à pleurer et dire que ce n’estoient pas les pompes , les apprêts, les magnificences, ni les superbes montures de France. » Elle se rendit en cet humble équipage au palais d’Holyrood. Le soir, les bourgeois d’Édimbourg vinrent faire entendre sous ses fenêtres le bruit de leurs violons à trois cordes et chanter des psaumes pour célébrer son retour et lui montrer leur allégresse. Les sons de cette musique discordante, les cantiques de ce culte sombre, qui n’était pas le sien, ajoutèrent aux mélancoliques impressions qu’éprouva Marie Stuart en rentrant dans un pays où elle se sentait étrangère, dont elle n’avait pas pris les mœurs et ne partageait plus les croyances. »

En <650, Cromwell s’empara de Leith, mit ses habitants à contribution et y fit construire une citadelle, qui fut pendant quelque temps son quartier-général. Un des chefs principaux de l’insurrection de <715 occupa un instant cette forteresse, dont il ne reste aujourd’hui d’autres vestiges qu’une porte voûtée. Le fort de Leith, qui contient une caserne pour 350 hommes, et des écuries pour 150 chevaux, ne dato que de 1779. L’Embar-

cadère du chemin de fer d'Édimbourg est à l’ouest du fort, près de l’Égli*e et de l’École des Marini, bâties en <840.

Malgré son antiquité, Leith n’a pas d’édificeâ publics dont la construction remonte au delà de la fin du xv* Siècle. L’église gothique de South Leith date de <490, la vieille église de North Leith a été fondée en <493. Ses édifices publics modernes qui attirent le plus l’attention sont la Worth leith Churcb, commencée en <814; là Douane ( Custom House ), construite en <812, près des Docks, longs de 250 mètres, larges de <00 mètres, et pouvant contenir <00 bâtiments de dimension ordinaire ; la Bourse ; la Banque ; la nouvelle Cour ( NeiO CourtHouse ); St. JohnChurch, bâtie en <772, etc., etc.; mais ce qu’on va surtout visiter à Leith, c’est son Dort, trop petit, peu profond et d’un accès difficile, malgré les sommes considérables qu’on y dépense chaque an* née pour l’améliorer; c’est sa Jetée (Pt'er), réparée en <840, s’avançant d’un mille dans la mer, et d’où l’on découvre une vue si belle, si animée, si variée sur les côtes voisines, le golfe du Forth, la rive opposée du Fife, rilot de Keith et les nombreux bateaux à vapeur qui traversent , remontent ou descendent le golfe du Forth.

Leith nomme un député au parlement avec Musselburgh, Portobello et Newhaven.

A < mille environ de Leith, en remontant la rive méridionale du golfe du Forth, on trouve Newhaven, petit village de pêcheurs, assez triste d’aspect et assez malpropre, mais où l’on mange d’excellent poisson. Ce sont les femmes de ces pêcheurs qui approvisionnent Édimbourg de poissons. Elles sont renommées, ces fishwives, comme on les appelle, par la vigueur de leur marche, l’agilité de leur langue, le mordant de

leurs réparties, l’exagération fabuleuse du prix qu’elles demandent de leurs denrées et l’originalité de leur costume. Newhaven possède deux jetées : l’une en pierre, et l’autre en chaînes de fer; mais leurs bassins n’ont pas ass; z de profondeur pour que les, bateaux à vapeur d’un fort tonnage puissent y aborder. La plupart embarquent et débarquent leurs passagers à la Jetée de Granton ( Granton Pier ), construite aux frais du duc de Buccleuch. Cette jetée, commencée en 4835, livrée au public en 4838, et achevée en 4845, est à 4 m. environ de Newhaven en remontant le golfe du Forth. Elle a 515 mètres de longueur et de 24 à 48 mètres de largeur. Des bateaux à vapeur font un service régulier (8 à 40 fois par jour) entre Granton Pier et Burntisland, situé sur la rive opposée du golfe du Forth (4 shil. et 6 p.). Un chemin de fer relie Granton Pier à Édimbourg ( trajet en 7 minutes) ; il y a une station à Newhaven, près de la jetée de chaînes de fer ( Trinity Chain Pier). On peut, en arrivant à Édimbourg, au lieu d’aller §u débarcadère de Waverley Bridge, descendre à la station de Scotland Street, à l’entrée du tunnel, et visiter, si on ne les a pas encore vus, les Jardins Zoologiques, d’Essai et Botaniques (F. ci-dessus); car Scotland Street aboutit à l’extrémité septentrionale de la nouvelle ville, entre Bellevue Crescent et Royal Crescent.

Corstorphine.

3 m. 1/2 par le chemin Se fer d’Édimbourg i Glasgow. 5 départs par jour, 6 et ♦ p. — Omnibus, 10, Princes Street, 1 départ par jour. 6, 8 et 9 p.

Corstorphine est un village d’environ 2,000 habitants, situé à la base méridionale d’une chaîne de collines, à laquelle il a donné son nom, et qui domine Édimbourg

au N.-O., à une distance de 3 m. Les Corstorphine Hills sont boisées et parsemées d’élégantes villas. Elles offrent des points de vue charmants sur Édimbourg, ses environs et le golfe du Forth.

Braid Hill et Jlabbie’s Howe.

S m. cl 8 m. Il n’y a pas de voilure publique; il faut donc faire cette excursion à pied ou louer une voiture particulière.

Sortant d’Édimbourg par Bruntsfield Links, on no tarde pas à atteindre Berough Moor Head, sur la limite occidentale d’un vaste terrain communal, concédé aux habitants d’Édimbourg par David Ier. Ce terrain était autrefois couvert d’une épaisse forêt. Les magistrats d’Édimbourg résolurent de la défricher, sous le prétexte qu’elle servait de retraite aux voleurs, après avoir obtenu de Jacques IV, en 4 508, l’autorisation de l’affermer. Afin d’en hâter la destruction, ils permirent à tous les habitants qui en achèteraient des arbres d’avancer de 3 mètres sur la rue les parties supérieures de la façade de leur maison. Au delà, on laisse à droite Merchûton Castle où naquit le célèbre Napier, l’inventeur des logarithmes ; puis, à gauche et à une petite distanco de la route, Churchill, où mourut, le 31 mai 4847, le docteur Chalmers. Le mur qui borde la route, à quelques centaines de mètres plus loin, contient maintenant la Pierre Hare ( Hare Stone), pierre de l’Armée ou de la Limite, dans laquelle fut plantée, en 4513, la bannière royale, lorsque Jacques IV passa son armée en revue sur le Borough-Moor avant d’aller se faire battre et tuer à Flodden.

Le village do Morningside que l'on traverse ensuite est entouré de villas et do petites maisons de campagne ; à l’une de ses extrémités on remarque l’Asile royal des

Aliénés [Rgyal Lunatic Asylun) qui se compose do 2 bâtiments séparés, dont le plus ancien, achevé en 4843, est réservé aux malades aisés, et dont le plus moderne, terminé en 4842, contient les malades indigents. Lo nombre des aliénés qui y reçoivent des soins s’élève à 300.

A peu de distance de Morningside la route se bifurque ; l’embranchement de gauche doit être suivi de préférence, car il est plus pittoresque ; à droite s’élèvent lçs Collines de Braid ( Braid Hills), éminences rocheuses qui dominent Édimbourg, au S., à 2 m. environ, et qui sont séparées par un petit ruisseau appelé Braid Burn ; la plus septentrionale, celle sur laquelle Walter Scott fit contempler à Marmion le camp écossais, se nomme Blackford Hill. On y découvre une belle vue sur Édimbourg et le golfe du Forth. Du hameau de Braid’s Burn on peut aller visiter l’irmitage de Braid , situé au fond d’un petit vallon boisé. Autrefois les collines de Braid étaient couvertes de pâturages incultes ; elles ont été défrichées et elles produisent des céréales. Walter Scott se félicite de ce changement utile qu’il regrette pourtant en citant ces vers de Logan :

« The cruel plough has razed the green,

Where, when, a child, y play’d ;

. The axe has fcll’d the hawlhorn screcn,

The schoolboy’s summer shade. »

La cruelle charrue a rasé le gazon ob je jouais quand j’étais enfant ; la hache a abattu le dais d’aubépine qui ombrageait l’écolier pendant l’étê.

En côtoyant la base occidentale des collines de Braid on aperçoit à droite Comistone House, Breghorn Castle, dont les tours se dressent au milieu de groupes d’arbres, et enfin le village de Colinton et Colinton

Hotue. Après avoir rejoint l’embranchement de la route qu’on a laissée à droite peu de temps auparavant, on longe la base orientale des Collines de Fentland ( Pentland Hills ) qui atteignent une élévation de 480 mètres. Au-dessous est le village qui leur a donné son nom, 2 m. plus loin, on remarque à droite Woodhouselee, belle propriété, située au bord d’un ravin, on traverse le joli hameau de Upper Howgate, et au delà du Presbytère de Glencorse, on découvre à gauche le Crawtey Réservoir qui fournit à Édimbourg une grande partie de l’eau qu’elle consomme. Arrivé au Glencorse Burn, on ne traverse pas ce ruisseau, mais on prend la route de droite qui conduit à l'Etang de Compensation ( Compensation Pond), ainsi nommé parce qu’il fut construit par une compagnie d’Édimbourg pour fournir de l’eau aux moulins de l’est, en remplacement de celle dont les privaient les réservoirs destinés à l’approvisionnement d’Édimbourg. Commencé en 1819, il a été terminé en 1824. Dans ce trajet on a laissé à gauche, de l’autre côté du ruisseau, Rullion Green, où les Covenantaires, sous la conduite du général Wallace , furent défaits, malgré leur courage, le 28 novembre 1666, par les troupes royales que commandait le général Dalziel de Binns. En 1738 on a élevé, sur le champ de bataille, un petit monument à la mémoire de ceux qui succombèrent martyrs de leur foi dans ce combat.

Parvenue à l’extrémité de Compensation Pond la route s’enfonce dans une vallée profonde et solitaire , qu’arrose le ruisseau de Logan. Pendant l'été et l’automne cette vallée est très-fréquemment visitée par les habitants d’Édimbourg ; elle se resserre de plus en plus, et, à son extrémité appelée Habbie’* Howe, le ruisseau fait une petite chute perpendiculaire ( Waterfall ).

ROUTE 5. — D’ EDIMBOURG A HAWICK.

Château et chapelle de Roslin, Hawthornden (K. route 6).

Portobello, Musselburgh (V. route 4).

Château de Craigmillar ( V . route 6), Dalkeith, Melrose, Abbotsford , Drybugh (F. route 5).

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