‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 29 sur 75 · PROMENADE · texte numérisé non relu

PROMENADE

George Square. — Monomenls deWalterScott.de Moore et deWatt. — Université d'Anderson . — High Street. — Cathédrale de St.-Mungo. Necropolis. — Infirmerie royale. — Asile des aveugles, —Université.— Musée huntérien. — Cross Sleeple. — Town Hall.— Green. — Font do Hutchrson. — Monument de Nelson. — Jail. — Quai et ponts. — Douane. — Droomielaw. — Quartiers de la rive gauche. — Fonderies de Govan. — Jamaica Street. — ArgyleStreet. — Théâtre. — Poste. — Salle des métiers. — Hétel-de-Villc. — Hôpital de Ilutcheson.— F.glise de 8t- David. — Police. — Salle delà Cité et bazar. — Tron Steeple. — Queen Street. — Banques. — La Bourse royale. — La Banque royale. — La Banque de l’Union. — Les Salles de réunion. — George Square.

George Square, la pl us grande place de Glasgow, et où logent la plupart des étrangers, est un rectangle d’une grande dimension. Plusieurs rues spacieuses et régulières

(1) Les 2 promenades indiquées ci-dessous partagent Glasgow en 2 parties à peu près égales, par une ligne presque droite et tirée du N. au S. La lrc promenade est consacrée à la vieille ville ou à la partie E. ; la 2* promenade est bornée à la partie O. ou à la ville neuve.

y aboutissent ; aux angles N.-O. et N.-E., George Street; à l’angle S.-E., Cochrane Street ; à l’angle S. -O., St- Yincent Place. Tout à l’entour règne une large chaussée appuyée au trottoir qui longe les maisons. Le centre est semé de gazon et planté d’arbres.

Le premier objet qui attire les regards, en arrivant à George Square, est le Monument récemment élevé à Walter Scott, colonne dorique cannelée d’environ 24 mètres de hauteur, surmontée d’une statue colossale de l’immortel romancier. On vante l’expression et la ressemblance de la figure, mais on a remarqué avec raison que le plaid qui enveloppe à demi Walter Scott, n’est pas placé sur le bras qui devrait le porter. A l’angle S. -O. de la place, on avait déjà érigé en 1832, un Monument à la mémoire de James Watt ; ce monument se compose d’un piédestal de granit, de 4 mètres de hauteur, et d’une statue en bronze; Watt est représenté assis dans une chaise antique et commo livré à une méditation profonde. Sa main droite tient un compas, et sur ses genoux se déroule un papier qui laisse voir le dessin d’un modèle d’une machine à vapeur. Le piédestal porte cette inscription : James Watt, né le

janvier 1736, mort le 23 avril 1819.

Enfin, au milieu de celui des côtés de la place, qui fait face au N., se dresse une Colonne tronquée de granit, surmontée de la statue en bronze d’un militaire, et sur le piédestal de laquelle on lit ces mots :

To commemorate

lhe military service of the lient general Charles John Moore native of Glasgow his fellow cilizens hâve crccted ihis monument

En mémoire des services militaires du lieutenant général Charles- John Moore, né à Glasgow, ses concitoyens ont élevé ce monument.

Moore fut tué en Espagne sous les murs de la Corogne. Du village d’Elvina, où il était posté, il observait le mouvement de ses troupes pendant le combat. Un coup de canon lui fracassa l’épaule ; renversé do cheval et mortellement blessé, il ne s’occupait que des incertitudes de la victoire. Sa fermeté et son sang-froid no l’abandonnaient pas. Des soldats l’enveloppèrent dans une couverture et l’emportèrent du champ de bataille ; mais à plusieurs reprises il les fit arrêter pour le revoir encore. La mort le trouva comme il avait vécu, intrépide et résigné. « J’espère, disait-il à son dernier moment, que mon pays sera satisfait et approuvera ma conduite. » Il mourut heureux de penser que le succès avait couronné ses efforts. Le lendemain, avant le jour, les Anglais fuyaient sur les mers, poursuivis par leurs propres batteries, dont nous nous étions emparés. Soult commandait. Il érigea un monument au général ennemi, dont il estimait la bravoure, et fit rendre à sa tombe les honneurs militaires. Les belles strophes de Wolfe sur sa mort ont été souvent citées :

Not a drum was heard, not a funcral note,

As his corse to the rempart we hurried ;

Not a soldier dischargcd his farewell-shot

O’cr the grave where our hero was huried.

We buried him darkly atdcad ofnight,

The sods witli our bayonets turning, ,

Ry the struggling moon-beam’s misty light And the lantem dimly burning.

No useless coltin enclosed his breast,

Not in sheet or in shroud wc wound him

But lie lay like a warrior taking his rest,

Witli his maniai cloak arountl him.

Few and short were the prayers we said,

And we spoke not a word of sorrow ;

But we stcadfastly gazed on the face lhat was dead,

And we bitterly thought of the morrow.

Slowly and sadly we laid himdown,

From the field of his famé fresh and gory;

We carved not a line, and we raiscd not a stone,

But we left him alone with his glory.

On n’entendit ni un roulement de tambour, ni un chant funèbre, tandis que nous portions son cadavre vers le rempart; aucun soldat ne déchargea son fusil en signe d'adieu sur la tombe où nous ensevelîmes notre héros.

Nous l’ensevelimes dans les ténèbres elle silence de la nuit, creusant la terre avec nos baïonnettes, à la lueur brumeuse d’une lune souvent cachée parles nuages, et à la triste clarté d’une lanterne.

Un cercueil inutile n’enfermait pas son corps, nous ne l’avions enveloppé ni dans un drap, ni dans un linceul ; il est couché comme un guerrier qui se repose, avec son manteau autour de lui.

Nos prières furent peu nombreuses et courtes, nous ne prononçâmes pas une parole de regret, mais nous regardâmes fixement cette figure inanimée, et nous songeâmes amèrement au lendemain.

Lentement et tristement nous le primes pour le déposer dans sa tombe sur ce champ de bataille tout humide de son sang, où il venait de s’immortaliser; nous n’y gravâmes pas une ligne, nous n’y élevâmes pas une pierre, mais nous le laissâmes seul avec sa gloire.

Le monument le plus ancien et le plus intéressant de Glasgow est la Cathédrale de Saint-Mungo ( St. Mungo’s Cathédral ), située au sommet d’uneémineuce', à l'extrémité N.-E. de la ville actuelle, sur la rive droite du ruisseau appelé Molindinar Burn. Pour s’y rendre de George Square, il faut suivre la rue qui, à l’angle N.-E. , s’appelle simplement George Street , et du

no ROUTE <3. — GLASGOW ET SES ENVIRONS.

côté opposé, prend le nom de West George Street , à l’endroit où s’élève la Chapelle des dissidents du docteur Wardlaw. George Street ne possède qu’un établissement digne d’une mention et d’une visite, c’est l’Université d'Anderson, fondée, en 1795, par le professeur Anderson, pour l’étude des sciences physiques, et dont les cours sont suivis par un grand nombre d’élèves. Derrière on a construit, il y a peu d’années, la Nouvelle École supérieure ( New Iligh Schoul). Une autre institution non moins utile, l’Institution des Ouvriers ( Mechanics Institution ), se trouve dans Hanover Street, qui aboutit au milieu de George Square. Ces deux établissements sont surtout riches en modèles de machines à vapeur et d’autres machines. Parvenu au carrefour où George Street se transforme en Duke Street, on devra, si on veut aller à la cathédrale, monter, à gauche, Iligh Street, et bientôt on apercevra Saint- Mungo, la seule église d’Écosse avec Saint-Magnus de Kirkwall, dans les Orcades, qui ait échappé à la destruction et soit restée intacte lors de la réforme. John Achaius, évêque de Glasgow, en jeta les fondements en 4433, mais il n’y mit pas la dernière main, car ses différents styles d’architecture prouvent qu’elle n’a été terminée qu’un siècle et demi au moins après avoir été commencée. Elle a 96 mètres de longueur, 4 9 mètres de largeur et 27 mètres de hauteur dans la grande nef. Le clocher s’élève à 68 mètres au-dessus du sol. Pendant plus de quatre siècles la religion romaine y célébra ses solennités. Quand vint la réforme, des fanatiques se présentèrent pour la renverser ; mais les principaux citoyens la défendirent les armes à la main, jurant d’ensevelir sous ses ruines ceux qui y porteraient une atteinte sacrilège. Le temps l’a épargnée de môme, et des soins assidus veillent à sa conservation. Elle ne se distingue, du

reste, ni par la légèreté, ni par la richesse de ses ornements. L’intérieur manque de cette hardiesse gracieuse qui donne à nos temples gothiques un caractère si imposant; elle parait massive et lourde. Au-dessous s’étend une crypte de 33 mètres de longueur sur 23 mètres de largeur , éclairée par 40 fenêtres et soupiraux, soutenue par 60 piliers et divisée en trois galeries, le long desquelles sont disposées 69 stalles pouvant contenir chacune de 6 à 8 personnes. C’est là que saint Mungo a été enterré.

Walter Scott a fait des environs de la cathédrale, dans son roman de Rob Roy, une description qui n’est plus vraie aujourd’hui. « Cet édifice, dit-il, parait être dans la solitude la plus retirée. De hautes murailles le séparent des maisons, d’un côté; de l’autre, il est borné par une ravine, au fond de laquelle court un petit ruisseau, dont le murmure ajoute encore à la solennité de ces lieux. Sur l’autre bord de la ravine s’élève une allée touffue de sapins... » De grands changements se sont opérés depuis l’époque où vivait Rob Roy. L’allée de sapins n’existe plus; le ruisseau sert à l’industrie; il a perdu son murmure avec sa pureté.

Au dedans comme au dehors de la cathédrale de Glasgow , les morts sont tellement serrés qu’aucun autre ne semble pouvoir trouver place dans leurs rangs. Des tombeaux obtruent ses chapelles, ses nefs , et remplissent le souterrain sur lequel elle est fondée. Comme elle, le cimetière qui l’entoure est entièrement pavé de pierres tumulaires ; on ne marche que sur des armoiries, des épitaphes, des images plus ou moins grossières de personnages de professions diverses ; même contre le mur de clôture extérieur , des caveaux ont été construits et fermés de grilles do fer.

Un pont hardi d’une seule arche, le pont des soupirs

( Bridge of Sighs), jeté sur le Molindinar Burn, conduit du cimetière de la cathédrale à celui qui occupe la colline opposée , connue autrefois sous le nom de parc de* sapins {Fir Park) et appelée aujourd’hui la Necropole de Glasgow ( Glasgow Necropolis). Parmi les nombreux monuments qui couvrent cette colline dont la hauteur dépasse 90 mètres, on remarque surtout ceux de Knox (au point culminant), du révérend Dick de Glasgow, de M. William M’ Gavin (par M. Forrest), de M. Charles Tennant (par M. Patrick Park), du major Monteilh, de M. Alexandre Fletcher (par M. Ritchie, élève de Thorwaldsen), etc. De divers points des allées de ce curieux cimetière?, et surtout du pied de la colonne que couronne la statue de John Knox , on découvre , quand le temps est clair, une belle vue sur Glasgow, sa cathédrale, ses collines, ses rues, ses places, ses monuments, ses manufactures, son fleuve , ses faubourgs et ses environs. A l’angle N.-O. de la Necropolis de Glasgow un terrain particulier a été réservé aux Juifs.

En face de la cathédrale , une église beaucoup plus moderne, Barony Parîsb Church, choque par sa laideur la vue des touristes les moins difficiles, mais dejl’autre côté s’élève un bel édifice bâti vers la fin du siècle dernier, d’après les dessins de MM. Robert et James Adam l’Infirmerie royale ( Royal Infirmary), où plus de 6,000 malades sont traités chaque année. Derrière cet utile établissement qui aurait pu être plus convenablement situé , on peut aller visiter l’Asile des aveugle* ( Asylum for the Blind) dont les pensionnaires travaillent au profit de l’institution comme s’ils n’étaient pas privés de la vue.

High Street par laquelle on redescend de la cathédrale dans l’intérieur cïe Glasgow, est l’une des rues les plus anciennes de la ville ; ses maisons dégradées ou

malpropres, ses ruelles sombres et puantes, sont habitées aujourd’hui par les indigents et les Irlandais. On laisse à droite Rottenrow Street, l’ancienne ruo des processions, et à gauche Rrygate Street, avant d’atteindre la courbe appelée The Bell of the Brae. C’est là qu’en 1300 Wallace battit les Anglais commandés par Percy et l’évêque Beik et leur tua leur commandant. Duke Street, que l’on laisso ensuite à gauche, n’a que deux édifices publics dignes d’une mention : la prison du nord ( North Prison) et la Maison de refuge des condamnés libérés ( House o f Refuge).

Peu de temps après avoir dépassé Duke Street, on remarque, à gauche, dans High Street, une longue ligne de bâtiments noirs qui ressemblent beaucoup à une prison ou tout au moins à un couvent. C’est l’Université ( University) ou le Collège de Glasgow. Fondée en 1 451 par Jacques II, désorganisée par la réforme, reconstituée par Jacques VI, cette université a compté parmi ses professeurs, Black, Cullen, Adam Smith, Reid et Chalmers; mais c’est surtout dans l’enseignement théologique qu’elle s'est distinguée. Le nombre de ses élèves est actuellement de 800 à 900. La première cour, d’un aspect plus que sévère, a des fenêtres richement ornées dans le style flamand et un assez bel escalier ; la seconde est plus moderne mais non moins noire ; au fond de la troisième s’élève le Musée de Hunter ( Hunterian Muséum) , édifice d’architecture grecque bâti d’après les dessins de W. Stark. Ce musée, fondé par le célèbre William Hunter, docteur médecin, né dans les environs de Glasgow en 1710, renferme une riche collection de médailles et de monnaies, une bibliothèque de plus de 40,000 vol., quelques tableaux de prix, entre autres une Vue de Hollande par Rembrandt, uno Charge de cavalerie par Wouvermans, un masque pris sur la figure de Newton

après sa mort, un portrait de Watt, etc., de belles collections de coquilles, d’insectes et d’oiseaux, et des préparations anatomiques merveilleuses. L’entrée n’en est pas publique, il faut payer 4 shil. pour le visiter. L’Observatoire ( Observatory ) est situé à peu de distance du musée sur les terrains de l’université.

Si après avoir visité l’université on continue à descendre High Street qui devient de plus en plus peuplée, on ne tarde pas à arriver à un carrefour où aboutissent cinq rues, High Street, Trongate, Saltmarket, prolongement de High Street, London Street et Gallowgate. Le clocher de la croix (Cross Steeple ), forme l’angle de High Street et de Trongate. Ce clocher est une haute tour carrée , ornée d’un parapet crénelé et surmontée d’une couronne en pierre qui recouvre un carillon. Le bâtiment contigu , la salle de ville ( Toivn Hall ), ou la Tontine a été bâti de 4736 à 4740 dans le style de la renaissance. Les murs de la salle principale sont ornés d’armes, de trophées et de portraits en pied représentant les souverains de la Grande-Bretagne à partir de Jacques VI d’Écosse (Jacques Ier). On voit aussi dans ce beau bâtiment une remarquable statue de Pitt, par Flaxman. Sous les arcades de Town Hall et en face d’une médiocre statue équestre de Guillaume III, s’ouvre la vaste salle du Tontine-Coffee-Room . Cette salle, de 24 mètres de longueur sur 42 mètres de largeur, est voûtée et a l’air d’une église habitée. De distance en distance et tout autour, sont disposées de petites tables couvertes de journaux, de revues et de brochures. L’entrée en est publique.

Trongate est le prolongement d’Argyle Street, longue rue parallèle à la Clyde, la plus fréquentée et la plus commerçante de Glasgow, qu’elle traverse dans toute sa longueur. Gallowgate qui la continue, à l’E., n’offre,

à part le Marché au Bétail ( Cattle Market), situé à son extrémité orientale et remarquablement organisé, absolument rien d intéressant. x>ondon Street aboutit à Monteith Row, belle terrasse, séparée de la Clyde par le High Green ou pelouse. Quant à Saltmarket qui n’est plus la résidence des baillis et des autres dignitaires civils, mais celle des fripiers et des marchands de vieux habits , elle conduit a la Pelouse inférieure ( Low Gi een ), devant la Jail, en face du Font de Hutcheson ( Hutcheson’ s Bridge), commencé en 1 829 et achevé en 1833, d’après les dessins do M. Robert Stevenson, l’habile constructeur du phare de Bell Rock ( V. ce mot). On laisse, à gauche, en la descendant , St-Andrew’s Street qui aboutit à St-Andrews Square, dont le milieu est occupé par St- Andrew’* Church, la plus grande et à certains égards la plus belle église de Glasgow ; puis, à droite, Bridgegate, habitée autrefois par les- iasses riches et où logea, dit-on, Cromwell, lorsqu’il Vint à Glasgow. Saltmarket fut complètement incendiée, ainsi queTrongate et High Street, en 1652 ; les maisons brûlées étaient en bois, et on les rebâtit en pierre. Pendant leur reconstruction les habitants bivouaquèrent dans les champs voisins.

r.a Pelouse ( Green ) , la principale promenade de Glasgow, est un immense tapis de gazon, de 2 m. 1/4 de circonférence, que traversent quelques sentiers sinueux et ombragés par intervalles ; elle descend jusqu’au rivage de la Clyde, et offre un joli point de vue sur les deux rives du fleuve, ses quatre ponts et les innombrables cheminées dos manufactures qui le bordent. L’herbe y est malheureusement trop rare. Le seul ornement de cette promenade un peu nue consiste, outre quelques fontaines, en un Obélisque de pierres de taille, haut de 43 mètres, élevé à la mémoire de l’Amiral Nelson, et

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dont les inscriptions sont en lettres de bronze colossales ; celle de face indique sa consécration ; chacune des 3 autres se compose d’un seul nom : Copenhague, Aboukir, Tra/algar. La foudre frappa ce monument en 1810, mais il n’en fut point brisé. Les blocs disjoints, déplacés, écartés de leur base, restèrent en saillie de côté et d'autre, et comme retenus par une puissance secrète. 11 demeura pendant quelques années tel que le .ciel l’avait fait ; enfin, on le répara. Une autre année, on s’aperçut un matin que Vu de Copenhague et la première r de Trafalgar avaient été détachés pendant la nuit ; jamais les lettres dérobées ne furent retrouvées. L’opinion publique accusa des matelots français de ce vol, qu’elle regardait comme une vengeance nationale. « Les voleurs, dit un écrivain anonyme, ne furent intimidés ni par l’ombre du héros moderne de la marine anglaise qu’ils outrageaient, ni par le voisinage du Palais de Justice ( Court House) et de la Prison ( Jail ), édifice superbe, dont la principale façade est ornéed’un portique et de colonnes d’ordre Corinthien. »

Trois ponts, outre le pont Hutcheson, traversent la Clyde à Glasgow ; le premier que l’on trouve en descendant Clydc Street, le Vieux Pont ( Old Bridge), bâti en 1 345, a été élargi 2 fois, mais on doit le démoliret le reconstruire, le second, en bois, a été construit par M. Stevenson d’Édimbourg. On laisse, à droite, entre les deux, à peu de distance de Stockwell Street, l’Hôpital de la ville ( Toivris Hospital ), ancienne maison de travail, transformée en hospice lors de l’épidémie typhoïde de 1847; puis la Chapelle Catholique ( Calholic Chapel), édifice gothique, inauguré en 1816, et qui possède un orgue estimé. Au delà de Dixon Street qui conduit à la belle Église deSt-Enoch, sur la place du môme nom, on passe devant la Douane ( Custom

House ), avant d’arriver au Pont de Broomielaw ( Broo mielaw Bridge), ou de Glasgow. Ce pont, le dernier jeté sur la Clyde, de Glasgow à son embouchure, a été construit d’après les dessins de l’ingénieur Telford ; il a 7 arches, dont la courbe est presque iusensible, 450 mètres de long et 48 mètres de large. Commencé le 3 septembre 1 833, il a été terminé le 4 er janvier 4 836 , et il a coûté 860,000 fr. Jamaïca Street, qui coupe Argyle Street à angle droit, et qui se continue sous d’autres noms(Union Street, Renfield Street), jusqu’à l’extrémité de la ville neuve, y aboutit au N.; au S., il conduit par Bridge Street au terminus du chemin de fer de Greenock, Paisley, Ayr, Dumfries, etc., et aux quartiers manufacturiers de la rive gauche; à l’O-, il domine un magnifique bassin d’un mille de long et de 400 à 430 mètres de large, bordé de quais couverts de magasins et de hangars, et toujours plus qu’à moitié rempli de bâtiments de tous les tonnages qui y débarquent ou y embarquent des marchandises, tandis que de nombreux bateaux à vapeur partent, arrivent ou attendent le long de Broomielaw Street et du Steam Boat Quay qui en est le prolongement.

Les quartiers de la rive gauche de la Clyde, dont la population actuelle dépasse 75,000 hab. (dans les faubourgs de Laurieston, de Tradeston et de Hutchesontown ), n’offrent rien de particulièrement intéressant aux étrangers qui ne font pas une étude spéciale des questions industrielles ; mais on peut y visiter, outre la Caserne de Cavalerie et d’ Artillerie, et le port EglintOll OU le Bassin du Canal de Johnstone et Paislejr,

quelques-unes des manufactures les plus curieuses de Glasgow, et entre autres les Fonderies de ferdeGovan ( Govan Iron Works), appartenant à M. W. Dixon, qui y employé 6,000 ouvriers, auxquels il paye, chaque

année, 7 millions 500,000 fr. do salaires; elles sont situées dans Crown Street, la rue qui aboutit au pont Hutcheson, et faciles à reconnaître à leurs 5 tours circulaires qui vomissent constamment des tourbillons de flammes. On y remarquera surtout l’ingénieuse application du procédé découvert par M. Neilson, et appelé Hot Blast où le courant d’air chaud, et qui consiste à faire arriver à la base du fourneau de l’air chauffé à la chaleur rouge, dans des tubes de fonte, disposés d’une façon toute particulière, comme ces tubes de verres contournés dont se servent les chimistes pour leurs expériences.

Si on est revenu du pont de Glasgow par Jamaica Street dans Àrgyle Street, on pourra, tournant â droite et laissant à gauche Union Street, Mitchell Street et enfin Buchanan Street, en face d’Enoch Church, venir prendre, à gauche, Queen Street, qui conduit à la Bourse et à George Square. Toutefois, avant de s’engager dans cette dernière rue, on fera bien de remonter Argyle Street et son prolongement, Trongate, jusqu’à la Town Hall ( V . ci-dessus page 474). On a laissé, à gauche, une Galerie couverte (Arcade), qui va aboutir à Buchanan Street, et qui contient quelques beaux magasins; un peu plus loin on laisse, à droite, Dunlop Street, où se trouve le Théâtre, édifice d’une architecture plus que médiocre, et, à gauche, en face, Miller Street, habitée autrefois par les Lords of Tobacco. Virginia Street, à gauche, se vante de posséder un des plus élégants monuments de Glasgow, c’est la Banque de la ville de Glasgow (City of Glasgow Bank), bâtie d’après le modèle du temple de Jupiter Stator, à Rome. La Poste (Post Office) et la Salle des métiers (Trades’ Hall), sont situées dans Glassford Street , — à gauche , en face de Stockwell Street , — que coupe à angle droit , à peu de

distance , Wilson Street , où ont été construits les Bâtiments municipaux ( Municipal Buildings). Ce remarquable édifice, orné d’un portique héxastyle de l’ordre ionique, contient, outre toutes les salles nécessaires à l’administration des affaires de la ville, une Salle dû conseil ( Council Hall), élégamment meublée et décorée d’un portrait en pied de la reine Victoria, par Daniel Macnee , et la Salle des Marchands [Merchant’s Hall), à l’entrée de laquelle on a placé une belle statue, par Gibson, de M. Kirkman Finlay, Esq., un des membres les plus distingués de la corporation des marchands.

C’est au delà de Glassford Street qu’Argyle Street prend le nom deTrongate. La première rue qu’on laisse à gauche s’appelle Hutcheson Street. On y trouve, à son extrémité septentrionale, l’Hôpital du même nom, surmonté d’un clocher peu élevé. La seconde est Candlerigg Street, à l’autre bout de laquelle s’élève l’Église gothique de Saint-David {St. David’ s Church). A peu près au milieu de Candlerigg Street, s’ouvre, à droite, Bell Street, qui conduit à la Police {Police Buildings) et à la Salle de la Cité {City Haïï), vaste bâtiment, dont la salle principale, servant aux réunions publiques , peut contenir 4,000 personnes, et sous lequel on a établi un bazar, ou plutôt un marché aux légumes, aux œufs, au beurre et à la volaille.

Entre Candlerigg Street et la Cross (V. ci-dessus), Argyle Street n’offre plus rien de curieux, si ce n’est le Clocher de Tron(7Von Steeple ), bâti en 1638, et qui ne se trouve pas dans l’alignement.

Queen Street est la rue des bourses et des banques. Si on la remonte après avoir visité Argyle Street et Trongate, on y remarque d’abord, à gauche, Clydesdale Bank, puis, au centre d’une petite place, la Banque Nationale [National Bank), derrière laquelle est le

Stock Exchange Building. Cet édifice, construit dans le style italien, d’après les dessins de MM. Gibson et Macdowal, de Londres , se distingue par la profusion de ses ornements. Les clefs de voûte sculptées de la porte et des quatre fenêtres du rez-de-chaussée de la façade représentent les 5 principaux fleuves de la Grande-Bretagne : la Tamise, la Clyde, la Tweed, la Severn et le Huraber. Le panneau sculpté qui orne le dessus de la porte, contient les armes de Glasgow ; le groupe en pierre, sculpté comme le panneau, par M. Thomas, de Londres, artiste de grand renom, et couronnant la frise, se compose des armes royales et de deux statues do femmes, la Paix et le Commerce.

Un peu plus loin, toujours du même côté, au centre de Royal Exchange Square et en face d’ingram Street, s’élève la Bourse Royale ( Royal Exchange ), l’un des plus beaux monuments de Glasgow, malgré l’espèce de dôme-lanterne qui la couronne. M. David Hamilton , architecte, né à Glasgow, l’a fait construire d’après ses dessins. C’est un édifice grec au portique corinthien , et dont les côtés sont ornés de colonnes corinthiennes. L’intérieur , dont l’entrée est libre, mérite d’être visité. La grande salle, appelée la Salle des Nouvelles ( News Room), a 30 mètres environ de long sur 12 mètres de large. Des colonnes corinthiennes cannelées supportent son plafond richement décoré. Entre les colonnes et les cheminées, où l’on trouve toujours un bon feu quand il fait froid ou humide, sont disposées de distance en distance des tables de bois constamment couvertes de journaux, de revues, de magazines et de brochures. Les souscripteurs payent tous ces abonnements, et les étrangers, de mémo que les habitants do Glasgow non-souscripteurs, peuvent venir lire, quand bon leur semble, toutes les pu-

ROt TE 13. — GLASGOW ET SES ENVIRONS. 181

blications quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles et trimestrielles des trois royaumes.

Devant la façade on a érigé il y a peu de temps uno Statue équestre du duc de Wellington, par M. Marochetti. Deuxl ignés de constructions uniformes et simples, occupées par des magasins et des maisons de banque, forment la place. Derrière est la Banque royale ( Royal Bank), bâtie sur le modèle d’un temple grec , dont les connaisseurs admirent le style pur, et de chaque côté de laquelle s’ouvrent deux grcades doriques qui donnent accès dans Buchanan Street.

En face du Royal Exchange, la Brittsh Linen Company Bank, construite aussi par M. D. Hamilton, occupe l’angle N. -O. d’Ingram Street. Un peu plus loin, dans Ingram Street, la banque de l 'Union ( Union Bank), à droite, portique hexastyle de colonnes doriques romaines, et dont l’entablement est orné de six statues allégoriques, colossales, par un sculpteur de Glasgow, M. Mossman, témoigne encore, malgré certains défauts, du talent distingué de M. D. Hamilton. — De l’autre côté de la rue sont les Salles de Réunion ( Assembly Rooms), vaste et sombre édifice élevé, il y a cinquante ans, pour y donner des bals et des concerts, et qui depuis 1847 a été loué par l’Athenœum de Glasgow, inauguré lo 28 décembre 1 847, dans la City Hall, avec une grande pompe, sous la présidence de M. Charles Dickens. Plus loin encore , dans Ingram Street , en face de Glassford Street, la rue de la Poste, la Banque d’Écosse {Bank of Scotland) fait admirer son groupe emblématique de la Justice et de l’Abondance , supportant un bel écusson aux armes de Glasgow, composé et sculpté par M. Alexandre Ilandyside Ritchie, Esq. A. R. S. A. d’Édimbourg.

South Hanover Street ramène d’Ingram Street dans

George Square, point de départ et terme de cette pre mière promenade.

2e PROMENADE.

Buchanan Slrcet. — St. Vincent Street. — Eglise St. George. — Théâtre royal du Prince. — Clelland Testimonial. — Sauchiehal! Street. — Maison des pauvres. — Asile desaliénés. — Parliamentary Koad. — Cheminée de St. Rollox. — Garnct Ilill . — Port Dundas. — Canal du Forth et delà Clyde. — La ville neuve. — Woodside Creseent. — Elmsbank Crescent. — Greenhill Place. — Yulcan Foundrjr.

La seconde promenade étaflt consacrée à la ville neuve, c’est-à-dire à la partie O., N. -O. et S. -O. de Glasgow, en quittant George Square, on devra se rendre, soit par St. Vincent Place, soit par la bourse, dans Buchanan Street, la rue de Glasgow où se trouvent les plus beaux magasins d’objets de nécessité ou de luxe, et à l’extrémité méridionale de laquelle on aperçoit St. Enoch’s Church.

A l’O. de Buchanan Street s’ouvrent six grandes rues parallèles : Gordon Street, West St. Vincent Street, West George Street, West Regent Street, West Bath Street, et Sauchiehall Street, coupées à angles droits par d’autres rues parallèles qui forment ainsi un certain nombre de carrés. St. Vincent Street est la plus longue et la plus belle de ces six rues. Les familles les plus riches de Glasgow en habitent le milieu et l’extrémité occidentale. Le Western Club House, bâti d’après les dessins de M. D. Hamilton, forme l’angle de Buchanan Street et de St. Vincent Street. < 00 mètres plus loin environ s’élève au milieu d’une petite place appelée George’s Place l’Église Saint-George ( George Church ), écrasée par son clocher de 49 mètres. West George Street s’étend jusqu’à Blythswood Square qui couronne le sommet de Blythswood Ilill. C’est le quartier le plus aristocratique de Glasgow.

Au delà de West George Street, Buchanan Street commence à monter. Avant d’atteindre Bath Street on laisse à gauche le Théâtre royal du Prince (Prince’ s Theatre Royal), ouvert en 1849 dans une salle primitivement destinée aux expositions des œuvres d'art ; après l’avoir dépassée, on remarque à droite un vaste bâtiment portant cette inscription sur sa porte principale : tue clel- Land testimonial. Ce bâtiment a été construit au moyen d’une souscription publique et offert à M. Clelland, le statisticien de Glasgow, lorsqu’il crut devoir prendre sa retraite, en reconnaissance des importants services qu’il avait rendus à sa ville natale durant l’exercice de ses fonctions mal comprises et mal remplies par ses prédécesseurs. A gauche, s’ouvre Cathcart Street, appelée plus loin Sauchiehall Street, longue rue parallèle à la Ciyde, qui occupe le fond du vallon que forment Blythswood Hill au S., et Garnet Hill au N. Du carrefour de Buchanan Street et de Cathcart Street on aperçoit le dôme élevé de la Maison des Pauvres (Poor’s Home) ou New Town’s Hospital, vaste édifice construit dans le principe pour un asile d’aliénés, acheté par la ville quand il fut terminé, et approprié à sa nouvelle destination. L’Asile des Aliénés a été bâti dans le style saxogothique, à Gartnavel, à 2 m. à l’O. de la ville, sur une éminence où les malades ont plus d’air, de lumière et de calme. Si on veut aller visiter la maison des pauvres, il faut suivre Parliamentary Hoad, qui aboutit près de la cathédrale, et de laquelle on remarque l’immense cheminée de la fabrique de produits chimiques 9e St. Rollox, cheminée do briques, dont la hauteur atteint 4 40 mètres, et qui a 44 mètres de diamètre à sa base, et 4 mètres 30 centimètres à son extrémité supérieure.

Désire-t-on jouir d’un joli point de vue, il faut monter jusqu’au sommet de Gamet Hill ; on y découvre, outre

<84 hocte <3. — Glasgow et ses environs.

un grand nombre de villas et de cheminées, le Port Dundas, bassin occidental du canal du Forth et de la Clyde, qui réunit les deux mers , de Bowling sur la Clyde à Grangemouth sur le golfe du Forth.

Les plus beaux quartiers de la ville neuve, à Glasgow, n’offrent rien de plus particulièrement intéressant que ceux de la ville neuve, à Édimbourg. Les touristes qui aiment ce genre de spectacle ne devront pas manquer de visiter Woodside Cresceut et Elmsbank Crescent , Greenhill Place et Blystleswood Square ,

d’où ils reviendront, soit par Regent Street, soit par George Street, à George Square, à moins qu’ils ne veuillent aller visiter, dans Washington Street, qui donne, d’un côté, dans Argvle Street, de l’autre, sur le Broomielaw, la Fonderie Vulcain ( Vulcan Foundry ), appartenant à M. Robert Napier, l’un des plus curieux et des plus importants établissements industriels qui existent , non-seulement dans la Grande-Bretagne, mais dans le monde entier. M. Robert Napier possède aussi un magnifique chantier de construction de bateaux à vapeur en fer à Govan (F. route 15, et la belle fonderie de Lancefield).

Promenades, jardins publics.

Le Green (F. page 175).

Le Jardin Botanique ( Botanical Garden ) est situé à 2 m. environ, à l’O. de Glasgow, sur une éminence qui domine le Kelvin. L’entrée coûte 6 p. M. William Campbell, Esq. do Tillichewen, lui a fait don de 2,500 fr. de rente , à la condition qu’il serait ouvert gratuitement pendant cinq jours de la semaine sainte. La population ouvrière de Glasgow profite avec tant d’empressement do cette libéralité, que, chaque année, pendant ces cinq jours privilégiés, il entre au Jardin Botanique près de 200,000 personnes.

BOITE 14. — DE GLASGOW A LAA’ARK.

Excursions et environs (1).

Ayr. — Arran. — Balloch. — Bolhwell. — Bowling. — Govan. — Durabarton. — Greenock. — Gonrock. — Hamilton. — Inverary. — Kelvin. — Lanark. — Le lac Lomond. — Le Loch Awe. — Les chutes de la Clyde. — Oban. — Paisley. — Rothesay, etc.

DISUTI 0Æo

De GLASGOW a aux chutes de la clyde, par le château et le pont de Bothwell, Hamilton et Lanark. b à HAWICK.

a. — Aoi C B|l' T E S D E LA CLYDE, par le château et le pont de Bothwell, Bamiitoa et Lanark.

25 ta. Route de voiture. — On peut aller jusqu’à Ilamilton HO m.) par un embranchement du chemin do fer Calédonien (6 départs par jour) ; mais les piétons qui voudront visiter le château et le pont do Kotlnvell feront mieux,. pour ne pas être obligés de revenir sur leurs pas, de prendre le chemin de 1er jusqu’à Uddingston (3 dép. par jour).

2 m. — Hutherglen, Avant d’arriver à ce village, on laisse, à droite, celui de Langside où, le 13 mai 1568, se décida le sort do Marie Stuart, 11 jours après son évasion de LochLeven. Du haut d’une éminence voisine, Marie Stuart vit la marche, l’attaque, le trouble et la défaite des siens; elle vittomber ses derniers défenseurs; il ne lui restait personne ; elle n’avait plus qu’à fuir, c’est ce qu’elle fit dans un état de profonde consternation ; descendant en toute hâte du coteau où elle avait été lo douloureux, témoin do cet irrémédiable désastre , elle monta à cheval, et, suivie d’un petit nombre de serviteurs, elle se dirigea sur Dumfries, d’où elle gagna l'abbaye de Dundrennan ( V. route 17 ).

(1) V. à la table générale des matières et à la tab'e alphabétique.

4 m. — Cambuslang. C’est au delà de cette station que se détache du chemin de fer Calédonien, à droite, l’embranchement qui conduit par 8 m.— Blantyre — à — 40 m. de Glasgow, — Hamilton (V. ci-dessous).

7 m. — Uddîngston. Si, en quittant Uddingston pour gagner Hamilton, on veut visiter le château deBothwell, il faut traverser la route de terre qui conduit à Hamilton par le village et le pont do* Bothwell, car Bothicell Castle se trouve situé entre cette route et la Clyde.

Le Château de Bothwell , bâti en pierre rouge, formait un vaste carré oblong, flanqué, du côté du sud, par 2 grosses tours rondes, et couvrait un espace de 74 mètres de long et de 30 mètres de large. Son origine est inconnue. A l’époque de Wallace , il appartenait à Sir Andrew Murray de Bothwell, le premier noble écossais qui, avec Lord William Douglas, se joignit à Wallace, pour l’aider à délivrer sa patrie du joug étranger, le dernier qui l’abandonna quandil eut échoué dans cette noble entreprise. Édouard Ier l’avait donné à Aylmer de Valence, second comte de Pembroke, commandant de ses forces en Angleterre. Un grand nombre de nobles anglais s’y réfugièrent après la bataillede Bannockburn, mais ils furent bientôt forcés de se rendre. Bruce le donna alors à Andrew Murray, devenu son beau-frère. 11 eut ensuite pour possesseurs le comte de Douglas, les Crichtons, John Ramsay, le mignon de Jacques 111, les Hepburns, comtes de Bothwell, et, après la confiscation des biens du trop fameux Bothwell, il revint aux Douglas. Lord Douglas habite actuellement un château moderne, bâti, par le jeune comte de Forfar, qui fut tué à la bataille de Sheriffmuir, près des ruines du vieux château, parfaitement entretenu. Les environs de Bothwell Castle sont agréables ; la Clyde y baigne la base d’une colline semi-circulaire, appelée Bothwell Bank, et depuis long-

temps célébrée par les poètes écossais. En face de Bothwell Castle, sur la rive opposée du fleuve, les ruines de Blantyre Priory couronnent un rocher à pic.

Le village de Bothwell, 4 m. 4/2 environ du château, n’a rien de remarquable. Le fameux pont qui porte son nom et qui traverse la Clyde est très-arqué et repose sur des voûtes qui n’ont aucune symétrie. La porte flanquée d’une tourelle qui en barrait le passage n’existe plus. Après le meurtre de l’évêque Sharpe, les Covenantaires y perdirent, contre Charles II, une bataille à peu près décisive. Le 22 juin 4679, ils avaient pris position sur la rive gauche de la Clyde, dans le parc du duc d’Hamilton ; l’éminence qu’ils occupaient dominait le camp ennemi ; 300 de leurs meilleurs soldats défendaient la porte du pont qu’ils avaient barricadée. Emportés par les prédications sanguinaires des prêtres qu’ils avaient pris pour chefs, ils commencèrent l’attaque. Des généraux expérimentés et une discipline exacte n’eurent pas do peine à les repousser. Aussitôt l’armée royale s’élança sur leur propre terrain et les dispersa. Tue! tue! point de quartier! crièrent les vainqueurs. Le duc de Monmouth, qui les commandait, parvint à faire entendre la voix de l’humanité; mais Claverhouse en massacra plus de 400, pour se venger de sa défaite à Loudon Hill. De 4,000 combattants qu’étaient les Écossais, 700 avaient péri dans la mêlée. 4 ,200 furent faits prisonniers, dont les trois quarts se soumirent et obtinrent, sous serment, de rentrer dans leurs foyers ; l’autre quart, persistant dans son obstination et ne voulant point de grâce, fut exilé aux Barbades et mourut dans la traversée.

La bataille du pont de Bothwell a fourni à Walter Scott le sujet de l’un des chapitres les plus intéressants de son beau roman de Old Mortaliiy ( les Puritains d’Ecosse).

Les terres qui s’étendent du pont de Bothwell le long de la rive N.-E. de la Clyde, formaient autrefois le patrimoine d’Hamilton de Bothwellhauglv, l’assassin du régent Murray (K. Linlithgow et ci-dessous).

A i ni, t/2 environ du pont de Bothwell on arrive à

— 9 m. </4 de Glasgow par la route de terre, <0 m. par le chemin de fer, —

Hamîhon ( Hôtel : Bruce Arms), bourg royal, petite ville do 6,000 habit, dont la plus grande partie exercent la profession de tisserands, située au milieu d’une plaine fertile près de la rive gauche de la Clyde, à peu de distance du confluent de ce fleuve avec l’Avon. On n’a à y visiter quo le palais des ducs dout elle porte le nom et qui est bâti sur la plaine , entre la Clyde et la ville. Ce palais ou château réparé, agrandi et embelli par le duc actuel, d’après les plans de M. David Hamillon de Glasgow, est entouré d’un parc magnifique ; il contient en outre une curieuse collection d’antiquités , d’objets d’art et de tableaux. Léonard de Vinci , le Corrége , Rembrandt, Rubens, Titien, Salvalor Rosa, Téniers, Van Dick, Poussin, David et Gérard se font surtout remarquer dans la galerie de peinture. Le célèbre « Daniel dans la fosse aux lions » de Rubens , qui a été souvent reproduit par la gravure , a inspiré à Wordsworth le sonnet qui commence ainsi :

Amid a fertile région, green with wood...

Le portrait de Napoléon , par David, attire aussi l’attention des connaisseurs. Parmi les autres curiosités, le duc d’Hamilton conserve la carabine avec laquelle Bothvellhaugh assassina le régent Murray (K. Linlithgow et cidessous). C’est au palais d’Ilamilton que Marie Stuart vint se réfugier après s’ être échappée de Loch Leven.

La vallée boisée do l'Avon renferme, entre autres châ-

ROUTE 4 i. — DE GLASGOW A LANARK. 4 89

teaux anciens et modernes, Cadyow ou Cadzow Castle, ancienne résidence baroniale de la famille d’Hamilton, démantelée sous le règne do Marie Stuart, à la fin des guerres civiles. Ses ruines, entourées d’arbres, garnies de lierre et d’arbustes, dominent les bords escarpés de la rivière. On remarque dans les environs un bois de chênes immenses, les derniers débris de la forêt calédonienne qui couvrait autrefois le midi de l’Écosse d’une mer à l’autre. Quelques-uns de ces arbres ont près do 8 mètres de circonférence. Ils sont si vieux qu’ils ont dû voir les cérémonies des druides. On trouve dans celle forêt des vaches et des taureaux sauvages, à la robe blanche , à la tète , aux cornes et aux sabots noirs. En 4760 on en avait expulsé tous ces animaux à cause do leur férocité , mais on les y a réintégrés depuis. On les chasse et on les tue à coups de fusil comme lo gibier. Ils sont très-dangereux. C’est la race la plus ancienne non-seulement de l’Écosse, mais de l’Angleterre.

Le Minstrelsy of theScottish Border contient une ballade remarquable intitulée : Cadyoïv Castle , que le château de Cadyow et l’assassinat du régent Murray par Bothwellhaugh ont inspirée à Walter Scott. — Le duc d’Hamilton vient de tuer un taureau sauvage ; tous les hommes de son clan sont étendus autour de lui sur la bruyère ; tandis que s’achèvent les préparatifs du festin, il remarquo l’absence du guerrier le plus vaillant qui porte le nom d’Hamilton ; il demande pourquoi Bothwellhaugh n’est pas venu à la chasse. Un chasseur lui répond avec tristesse qu’il ne le verra plus et il lui fait le récit suivant :

Fcw suns hâve set since Woodhouselee -,

Saw Bothwellliaugh’s bright goblcts (bain,

VVlien to his heanhs, in social glce,

The war-worn soldier lurn’d him hoinc.

There, wan from her maternai throes,

. His Margaret, beautiful and mild,

Sate in her bower, a pallid rose,

And peaccful nursed her new born child.

O change aecursed ! past are those days ;

False Murray’s ruthless spoilers came,

And for lhe lieartn’s domcstic blaze

Asccnds destruclion's volumcd (lame.

What sheeted phantom wanders wild,

Wherc mountain Este through woodlaud flows, lier arms enfold a shadowy child —

Oh ! is it site, the pallid rose?

The wilder’d traveller sees her glidc,

And hears hcr feeble voi'.e with awe —

• Revenge ! she cries, on Murray’s pride. !

And woe for injured Bothwellhaugh !

Le soleil s’est couché peu de fois depuis que Woodbousetec (1) a vu se remplir d’écume les coupes brillantes de Bothwellhaugh, lorsque le guerrier, harassé de fatigue et heureux de revoir sa famille, revenait dans ses foyers.

Là, affaiblie par les douleurs de la maternité, sa Marguerite, aussi belle que bonne, se reposait dans son bosquet — rose pile — et nourrissait tranquillement son enfant nouveau-né.

O changement maudit ! ils sont passés ces jours. Les cruels satellites du perfide Murray sont venus, et la flamme du foyer domestique s’est transformée en incendie destructeur.

Quel est ce fantôme à demi nu qui erre avec un désespoir sauvage sur cette plaine qu’arrose l’Esk en sortant des montagnes. Scs bras tiennent enlacé un enfant pâle comme une ombre.... Oh ! est-ce elle ?... la rose pâle ?

I jc voyageur troublé la voit passer rapidement prbs de lui, il entend avec terreur sa faible voix. «Vengeance! s’écrie-t-cllc, vengeance sur I’orgeuil de Murray ! et malheur à Bothwellhaugh offensé !•

A ce touchant récit, des cris de rage et de douleur se

1) La propriété de Botliweliliaugh.

ROUTE 'U. — DE GLASGOW A LANAIlk. '191

font entendre ; déjà Hamilton s’est levé et il a tiré à demi du fourreau sa redoutable épée. Tout à coup un cavalier accourt éperdu , hors d’haleine , sa main est armée d’un poignard sanglant dont il aiguillonne les flancs de son cheval : c’est Bothwellhaugh ; il met pied à terre, laisse tomber sa carabine, et d’une voix farouche il s’écrie que s’il est doux d’entendre le cor retentir dans les forêts, il est plus doux d’écouter le dernier râle d’un tyran ; il raconte comment il a attendu Murray à Linlithgow pour l’assassiner.

Mid pennon’d spears, a steely grovc,

Proud Murray’s plumage floated higli ;

Scarce could bis trampling charger move,

So close tbe minions crowded nigh.

From the raised vizor’s shade, his eye Dark roliing, glanced the ranks along.

And his Steel truncheon, waved on high,

Seem’d ir.arshalling the iron throng.

But yet his saddcn’d brow confess’d A passing shade of doubt and awe ;

Some fiend was whispering in his brcast;

Bewarc of injured Bothwellhaugh 1

The death-shot parts — the charger springs,

Wild rises tumult’s startling roar !

And Murray’s plumy helmet rings—

— Rings on the ground, to rise no more.

What joy the raptured youth can feel,

To hear her love the lovcd one tell —

Or lie who broaclies on his Steel

The wolf, by whom his infant fell î

But dearer to my injured eye

To sce in dust proud Murray roll ;

Aud mine was ten times trebled joy To hear him groan his félon soûl.

My Margaret’s spectre glided near;

With pride her bleeding victim saw ;

And shriek’d in his death deafen’d car,

Remcinbcr injured Bothwellhaugh!

Then speed thce, noble Cliailerault I

Spread to the wind thy banner’d tree !

Each warrior bcnd his Clydesdale bow !

Murray is fall’n and Scotland frec !

Du milieu des piques ornées de banderoles— une forêt de fer — flottait, à une grande hauteur, le panache de l’orgueilleux Murray.

A peine son coursier, qui frappait la terre du pied, pouvait-il se mouvoir, tant il était entouré de scs favoris.

Dans l'ombre de sa visière levée scs yeux promenaient sur tous les rangs des regards sombres ; et son glaive, qu’il agitait au-dessus de sa tête, semblait donner des ordres à cette foule bardée de fer.

Et cependant son front triste trahissait une ombre passagère de doute et de crainte ; quelque démon murmurait dans sa poitrine : Méfie-toi de Bothwellhaugh offensé.

Le coup de la mort part — le coursier bondit, un tumulte assourdissant s’élève, et le casque empanaché de Murray tombe et résonne sur le pavé pour ne plus sc relever.

Quelle joie peut ressentir le jeune homme enivré quand il s’entend dire qu’il est aimé ! ou un père quand il transperce de sa lance le.loup qui lui a dévoré son enfant 1

Mais mon œil offensé fut plus heureux de voir le fier Murray rouler dans In 're, et ma joie fut dix fois plus vive quand je l’entendis rendre a vh eu son âme coupable avec un douloureux gémissement.

Le spectre de ma Marguerite glissa près de moi, elle vit avec orgueil sa victime sanglante ! elle cria dans son oreille déjà assourdie par la mort : « Méfie-toi de Bothwellhaugh offensé ».

Hâte-toi donc, noble Châtellerault !. . déploie an vent ta bannière ! que chaque guerrier bande son arc de la Clydesdale : Murray a cessé de vivre, l’Ecosse est libre.

En face de Cadyow le duc d’IIamilton a fait bâtir Chàtellerault en souvenir du château de ce nom que ses ancêtres avaient possédé en France.

D’Hamilton on peut aller à Lanark et aux chutes de

DigitizéU

la Clyde en venant prendre, à (2 m.) Motherwell ( V . route 3), un des convois du chemin de fer Calédonien qui conduit à peu de distance de Lanark, ou en suivant, soit à pied, soit en voiture, la route de terre indiquée ci-dessous. A 4/2 m. d’Hamilton on traverse l'Avon et on aperçoit, de l’autre côté de la Clyde, Dalzicl House. 1 m. plus loin on laisse à droite la route de Carlisle, et bientôt on descend sur la rive gauche de la Clyde dont Cambusnethan House embellit la rive opposée. Ce pays a été appelé le verger de l’Écosse. Traversant ensuite la route d’Édimbourg à Ayr on ne tarde pas à atteindre

7m. 4/4 dllamillon, 16m. de Glasgow, lalserf, village dont les fruits sont renommés, et près duquel on remarque , à gauche Dalserf House, à droite Milbum House, et, sur l’autre rive de la Clyde, Brownlee, Mauldslic Castle; puis Milton Lockhart, belle construction du stylo Tudor, située sur un promontoire à peu de distance de la jonction du Nethan et de la Clyde. Avant de traverser le Nethan , on aperçoit à droite les ruines du château de Craignethan, dominant un rocher isolé. Marie Stuart a habité ce château pendant quelques jours après sa fuite de Loch Leven, et Walter Sc< • ’> décrit dans Old mortality sous le nom de Tillietuüitin. 11 appartient à Lord Douglas.

22 m. 3/4. Nethanfoot. On laisse à gauche Carfin House et on entre dans les plantations de Stonebyres. Le lit de la Clyde se resserre , ses bords deviennent escarpés ; bientôt un sentier ouvert par Robert Owen conduit à gaucho à la chute de Stonebyres ( Fall of Stonebyres ), la première des chutes de la Clyde. Après avoir repris la route, on laisse à gaucho Sunnyside Lodge , à droite Kirkfield et d’autres villas ; puis , traversant la Clyde, on monte à

25 m. — . lanark ( Hôtel : The Clydesdale) , bourg

royal, chef-lieu du comté de ce nom, ville industrielle de 6,000 hab. qui n’offre rien d’intéressant par elle-même, si ce n’est à 4 / 4 de mille à l’E. les ruines de sa vieille église. Avant l’établissement de ses filatures elle était si peu peuplée que le boucher — il n’y en avait qu’un — ne tuait jamais un mouton avant de s’être assuré de la vente de tous les morceaux ; quand il était bien déterminé à tenter la spéculation , il envoyait le sonneur faire à haute voix, dans les rues, quelque annonce du genre de celle que M. Chambers a publiée dans ses Rhymes of Scotland.

Bell ! en ! ell !

Three’s a fat sheep to kil! !

A leg for lhc provost,

Another for the priest,

The bailics and deacons They’ll lak the neist ;

And if Uicfouth leg we cannot sell,

The sheep il maun leevc and gae back to the hilL

Din ! din ! din ! il y a un mouton gras à tuer. Un gigot pour le prévôt ! un autre pour le prôtre ; le bailli et les diacres prendront le troisième 1 et si nous ne pouvons pas vendre le quatrième, nous laisserons vivre le mouton et nous le renverrons à la pâture.

C’est àLanark que Wallace fit ses premières tentatives pour délivrer sa patrie du joug de l’Angleterre. Uno statue du héros écossais a été placée dans une niche, au-dessus de la principale entrée do l’église paroissiale.

On peut visiter, dans les environs de Lanark, plusieurs belles propriétés : Carstairs House , Lee Ilouse (3 m. au-dessous de Lanark), Cleghorn, Jarwiswood ; mais leurs principales curiosités, celles qui y attirent chaque année un grand nombre d’étrangers, sont les

Cartland Crags et Corra Xiinn.

KOUTE 44. — UE GLASGOW A LANAKk. 193

II faut environ 20 min. pour aller à pied de Lanark aux Cartland Crags (I m. à l’O.), rochers escarpés de 120 mètres de hauteur, entre lesquels coule un ruisseau appelé Mouse Water. Sur ce ravin profond, formé en apparence par un tremblement de terre , on a jeté, il y a pou d’années, un pont de trois arches, qui ont 39 mètres de hauteur. Un peu au-dessous de ce pont, il en existe un plus étroit, dont la construction est attribuée aux Romains. Sur la rive septentrionale du ruisseau, à quelques mètres au-dessus du nouveau pont, la paroi du rocher est percée d’une grotte, appelée Grotte de Wallace {Wallace s Cave), parce que, selon la tradition, c’est là que Wallace se cacha, après avoir tué, à Lanark, où il demeurait, un Anglais qui lui avait reproché insolemment la recherche de sa mise. Pendant qu’il s’y dérobait à toutes les poursuites, sa femme fut arrêtée et mise à mort par l’ordre du gouverneur de la ville, nommé Ilazelrigg. A cette nouvelle, Wallace furieux sortit de sa retraite, réunit un certain nombre d’hommes de cœur, attaqua et tua Hazelrigg ; puis, voyant grossir sa petite troupe, résolut de chasser les Anglais de l’Écosse.

Les Chutes de la Clyde sont à 2 m. 4 /2, ou à 45 min. de marche do Lanark ; pour y aller, on passe généralement par New Lanark. Quelquefois cependant on se rend directement par la rive gauche du fleuve à la dernière, et l’on revient par la rive droite. Il y a un pont entre les deux chutes.

New Lanark, fondé en 4785, par David Dale, de Glasgow, est un gros bourg de 3,000 habitants environ, dont toutes les maisons sont pareilles. «Qu’on se figure, dit M. Frédéric Mercey ( Scotia ), qui l’a visité en 4840, un bâtiment cubique de 40 pieds de haut sur 40 pieds de profondeur et 40 pieds de façade, en briques bien polies, dont les interstices sont remplis de ciment jaune

IlOUTE 14.— DE GLASGOW A LANARK.

recouvert en ardoise, et percé de nombreuses fenêtres, aux vitres luisantes et garnies de rideaux blancs ou nankin ; qu’on mette à côté les unes des autres une centaine de maisons de cette espèce, soigneusement alignées, et on aura une parfaite imago de New Lanark. Ces maisons forment quatre ou cinq rues, aboutissant toutes au rivage de la Clyde. L’intérieur de ces maisons est uniforme comme leur extérieur; du grenier à la cave, toutes se ressemblent, il y a plus, ce que l’on fait dans l’une on le fait dans toutes les autres ; de sorte qu’on pourrait dire de New Lanark que ce bourg n’a qu’une seule maison, comme on a dit d’un original (lo marquis Lita), qui faisait chaque jour les mêmes choses, aux mêmes heures, qu’il n’avait vécu qu’un seul jour.

« Au point do jonction do ces mêmes rues avec la Clyde, s’élève un vaste bâtiment, le seul qui sorte de la ligne uniforme et qui ne ressemble pas aux autres. Ce bâtiment est occupé par la fabrique-modèle de Robert Owcn. Une roue de 30 pieds de diamètre, adaptée à la partie de l’édifice qui fait face à la Clyde, donne l’impulsion aux machines à filer le coton ; cette rouo est mise en mouvement par un filet d’eau détourné de la Clyde, qui tombe de 40 pieds sur ses augets. Cette filature, comme le reste du village, est occupée par une singulière population industrielle.|Toussont affiliés à l’institution de Robert Owen, le propriétaire de l’établissement, et la même règle les régit tous. New Lanark est un couvent sans oisiveté, occupé par une population de moines mariés, dont le travail est la prière, et dont le bien-être uniforme et tranquille est le but. Levés aux mêmes heures, travaillant aux mêmes heures, n’ayant l’air de se connaître que lorsque la cloche du repas a sonné , tous sont volontairement soumis à l’empire d’une règle que sa simplicité même doit rendre fort austère. A

Lanark, comme dans les institutions de ce genre, l’homme est saisi par la règle et utilisé dès sa première enfance ; on l’occupe, on l’instruit, on l’amuse, si l’on peut; on le parque, on amortit ses passions et on lui commande d’ètre heureux. Les habitants de New Lanark sont peutêtre heureux, mais ils n’ont pas l’air de l’être; leur bonheur calme et sans imprévu parait bien voisin de l’ennui... Après tout, celui qui a dit que le bonheur était le contentement de son état, est peut-être plus près du vrai... » L’établissement fondé à New Lanark, par Robert Owen, et dont on vient de lire la description, n’a pas tenu tout ce qu’il promettait. Il est aujourd'hui possédé et dirigé par la New Lanark Spinning Company. Ce n’est pas ici le lieu de juger cette tentative de révolution ou de rénovation sociale, il suffira d’ajouter aux détails précédents la conclusion de l’étude de M. Louis Reybaud sur Robert Owen (4): « Malgré sa persévérance, M. Owen nous semble atteint do cette lassitude qui frappe les esprits les plus patients et les plus fermes, quand ils voient le but reculer incessamment devant leurs efforts. Entré dans la lice avec des résultats décisifs, avérés pour toute l’Europe, il n’a jamais pu les dépasser, ni même les atteindre une seconde fois. Aussi, s’en prend-il aux instruments de la stérilité de son œuvre; et, ne pouvant accuser sa méthode, accuse-t-il le3 hommes rebelles à ses fins. Certes, si la bienveillance, la charité, le désintéressement, la sincérité, suffisaient pour rehausser la valeur d’une conviction, et pour lui créer des titres de succès, il n’en aurait jamais existé dont les chances fussent plus belles ; mais, en pareille matière, les qualités do l’homme ne peuvent pas suppléer au mérite de la doctrine, et il y a au fond de

(1) Etudes sur les réformateurs, 1. 1.

celle de M. Owen plus d’impossibilités qu’il ne le suppose. »

C’est derrière New Lanark, et à peu près à un mille de l’établissement d’Owen que sont situées les Chutes de la Clyde, cascades fort secondaires si on les compare à celles des Alpes. On traverse le beau parc de Bonnington, et bientôt le bruit de la Clyde retentit au fond du ravin qu’on laisse à droite.

« Tout à coup, dit un voyageur anonyme, un gouffre de 80 pieds de profondeur s’ouvre devant vous, hérissé de rochers qui s’élèvent en amphithéâtre. La rivière s’y précipite avec un fracas épouvantable. Arrêtée à trois reprises différentes, elle se divise en mille courants chargés d’écume, et des nuages roulent à sa surface, jusqu’àce que, libre de tout obstacle, elle reprenne sa transparence et son paisible cours. Un kiosque est bâti vis-à-vis ; des sièges vous y attendent. . A quelque place que vous vous asseyiez, des glaces réfléchissent cette cascade magnifique, qui semble jaillir tout autour de vous, et menacer de vous engloutir dans le déluge de ses flots ; on la nomme Corra-Linn , d’un vieux château dont les restes la couronnent, et sont comme ébranlés par le poids de ses eaux, lorsque les pluies, les orages ou la fonte des neiges en augmentent le volume. A droite de ce château est Corra House , à demi cachée dans les arbres. »

4/2 m. plus haut, la Clyde fait une autre chute appelée Bonnington Linn ; elle tombe d’un rocher perpendiculaire de 9 mètres, dans un bassin profond, puis elle court avec rapidité au fond d’un lit étroit et rocheux dont les bords sont très-escarpés.

On conserve à Bonnington House , possédée aujourd’hui par Sir Charles Ross, deux reliques de Wallace, un portrait et une chaise curieuse qui, d’après la tradition, lui auraient appartenu.

ROUTE 45. — DE GLASGOW A GREEXOCK. 4 99 b. — k iAWICI.

83 in. 1/2. Route de voiture.

25 m. — Ztanark ( V. ci-dessus A).

35 m. 4/2. — Biggar (V. route 3, page 46).

42 m. 4 /2. — Broughton.

44 m. — Stobo Castle.

44 m. 4/2. — Stobo Kirk.

50 m. 4 /2. — Peebles (V. route 6, page 423).

74 m. 4/2. — Selkirk ( V. route 6, page 429).

83 m. 4/2. — Hawick ( V. route 5, page 449).

ftotynns a®.

I)C GLASGOW à GREENOCK o par la Clyde. — b Par le ehemin de 1er. a, -PAR LA CLYDE.

26 m. Bateaux à vapeur, 16 à 18 fois par jour (P, les Time Tables), trajet en 2 h. 30 min. Prix : 1 shil.

C’est au Broomielaw, c’est-à-dire au-dessous du beau pont de Glasgow (voir page 477), qu’il faut aller prendre, pour faire cette intéressante excursion, un des innombrables bateaux à vapeur qui naviguent constamment sur la Clyde. Rien de plus animé que ce bassin, toujours garni, le long de ses deux bords, d’un triple ou quadruple rang de navires de différents tonnages ; toujours sillonné de bateaux à vapeur qui partent ou qui arrivent. La Clyde, personne ne l’ignore, est le premier fleuve de l’Europe qui a porté un bateau à vapeur; il est, après la Tamise, celui qui en possède la collection la plus riche et la plus variée. En 4842, Henry Bell, appliquant l’em-

ploi do la vapeur à la navigation, essai déjà fait par Fulton aux États-Unis, lançait, au port Glasgow, un petit steamer de la force de 3 chevaux, qu’il y avait fait construire par MM. John Wood et compagnie. Le 1 8 jan- x vier, la Comète, ainsi s’appelait ce steamer, commença un service entre Glasgow et Greenock ; elle faisait cinq m. à l’heure, vent debout ; par la suite, on parvint à lui en faire faire sept. Ce fut son maximum de vitesse. Le ta bleau suivant suffira pour donnlr une idée de l’importance qu’a prise, depuis ce premier essai, la navigation à vapeur dans les eaux de la Clyde. Il est entré, dans le port de Glasgow :

vaisseaux ù Toile. bateaux à vapeur.

En 1828 214,815 tonn. . . . 48i,946tonn.

En 1840 271,942 894,387

En 1850 392,033 873,159

La légère différence en moins que l’on remarque pour les bateaux à vapeur, de 1840 à 1830, provient de l’établissement des chemins de fer riverains, qui font une concurrence redoutable à la navigation.

Ces progrès merveilleux n’auraient pas pu se réaliser, si la Clyde était encore aujourd'hui dans l’état où elle se trouvait au commencement de ce siècle ; mais depuis cinquante ans d’immenses travaux ont été faits pour élargir et creuser son lit. Elle avait, en 1800, 1 mètre 50 centimètres de profondeur, marée haute ; en 1820, 2 mètres 70 centimètres; en 1840, 4 mètres 20 centimètres; en 1850, près de 5 mètres. Près de Glasgow, la largeur a été presque triplée. En 1800, le quai avait à peine 60 mètres de long, et on n’y voyait guère que des barques à charbon et des bateaux pêcheurs. Aujourd’hui, son développement total a dépassé 3,000 mètres, et des bâtiments do 1,000 tonneaux peuvent y venir charger et décharger leurs marchandises. Ces travaux ont coûté

déjà plus de cinquante millions j mais les négociants de Glasgow’ sont convaincus, et ils ont raison de l’être, que jamais pareille somme d’argent n’a été plus utilement employée, et n’a rapporté des bénéfices plus considérables.

La plupart de ces bâtiments, qui naviguent sur les eaux de son fleuve, et qui la mettent en communication avec les principaux ports du monde entier, c’est Glasgow qui les a construits. En s’éloignant du Broomielaw’, en voyant disparaître dans le brouillard et la fumée la forêt de mâts qui en désigne de loin l’emplacement, on entend retentir, le long des deux rives, des milliers de marteaux qui frappent du fer ; car les grands chantiers des environs de Glasgow lancent plus de navires en fer qu’en bois, depuis que MM. Tod et Mac-Grégor ont eu l’heureuse idée d’employer exclusivement le fer à la construction des bateaux à vapeur, dont on voit se dresser de tous côtés les coques inachevées.

Quelques minutes après avoir quitté Glasgow, on laisse à droite l’embouchure du Kelvin, sur la rive droite duquel est bâti le village de Partick. On remarque dans ce village, outre de beaux moulins, une énorme filature, située près du Kelvin Dock, appartenant à MM. Tod et Mac-Grégor, le plus grand et le plus intéressant de tous les chantiers de construction de bateaux à vapeur en fer que l’on puisse visiter à Glasgow. Un bac, qui traverse la Clyde toutes les 5 minutes pour un demi-penny, met Partick en communication presque constante avec Govan, situé sur la rive opposée. D’agricole qu’il était, Govan se fait aussi industriel. M. Robert Napier y a ouvert un chantier pour la construction des navires en fer, où il a construit, pour le gouvernement, entre autres bâtiments, la frégate le Simoon, du port de 2,000 tonneaux. Ce magnifique bâtiment, à hélice et à roues,

avait 73 mètres de longueur, \ 3 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur. Sa quille, composée d’énormes plaques de fer de 8 mètres de longueur, avait été forgée dans le vaste établissement de MM. Fulton et Neilson, la Lancefield Forge, d’où sont sorties les pièces les plus importantes des machines de tous les bateaux à vapeur qui font actuellement un service régulier entre Liverpool et l’Amérique.

A mesure qu’on s’éloigne de Glasgow, la fumée se dissipe, les usines deviennent de plus en plus rares; le bruit des marteaux cesse de retentir, et bientôt on ne voit, sur les deux rives du fleuve, que de charmantes maisons de campagne, dont les vertes pelouses s’étendent jusqu’aux digues élevées pour les protéger. Malgré ses élargissements successifs, la Clyde est encore si étroite, en certains endroits, que, lorsque deux bateaux à vapeur viennent à se croiser, ils ralentissent leur marche afin de ne pas se heurter. Çà et là on passe auprès des bateaux dragueurs, qui sont constamment occupés à retirer les sables qu’apportent les marées. Le chenal est indiqué par des bouées flottantes, par des fanaux allumés au sommet des biggins (1), par des colonnes de pierre élevées sur les rochers et sur les bancs de sable.

Parmi les maisons de campagne qui bordent la Clyde dans cette partie de son cours, on remarque à gauche Shteldhall, à droite Jordanhill, puis Scotetoun; et à gauche Elderslie. Au delà de cetle dernière propriété, on laisse à gauche Rentre w, ancien bourg royal, chef-lieu du comté de ce nom, petite ville de 3,000 hab. environ, aux rues désertes et à l’aspect désolé, ruinée par le voisinage de Glasgow et de Paisley. La baronie de Renfrew fut la première propriété que possédèrent les

(t) Mot écossais signifiant petite construction.

ROl'TE 15. — DE GLASGOW A GIIEENOCK. 203

Stuarts en Angleterre ; elle donne le titre de baron au prince de Galles. Entre le bac de Renfrew et l’embouchure des deux Carts et du Gryfe , on passe devant Blythsivood House , et sur la rive gauche du Black Cart, on aperçoit le village d’ Inchinnan, village près du pont duquel le duc d’Argyle fut fait prisonnier en 1685 (F. route 19).

Déjà la Ciydo s’élargit, et, quand on admire à gauche la belle propriété d ’Erskine House , appartenant à la famille Blantyre, les regards sont attirés, à droite, par une chaîne de charmantes collines boisées, Kilpatrick Hills, au pied desquelles est le village de Kilpatrick, où l’on suppose qu’est né Saint-Patrick, le saint tutélaire de l’Irlande. La baie qui s’ouvre devant lui a dû son nom à Bowling, le village où débarquent les voyageurs qui se rendent par le chemin de fer à Dumbarton et à Balloch, sur le lac Lomond (F. route 21). Près de Bowling Inn, on aperçoit l’embouchure du grand canal, qui néunit, par la Clyde et le Forth, les deux mers de l’est et de l’ouest de l’Écosse. Un peu au-dessous, le petit promontoire de Dunglas, — l’extrémité occidentale du mur d’Antonin, — porte les ruines de Dunglas Castle, et un Obélisque de pierre élevé à la mémoire de Henry Bell, qui (F. ci-dessus page 199), a fait le premier naviguer un bateau à vapeur sur la Clyde.

Cependant, la Clyde s’élargit toujours ; ce n’est plus un fleuve, c’est un lac bordé de coteaux boisés ou de rochers sauvages, et dont les rives, couvertes de jardins, de villas et de villages, ne sont pas moins animées que son magnifique bassin, sans cesse sillonné par des navires à voiles ou par des bateaux à vapeur. On laisse, à gauche, VÉglise et le Presbytère d’Erskine,e t Bishopton House , et , à droite, 171e de Milton, Milton House, Printtvorks, Dumbuck House , au pied de Dumbuck

Hill, Garshake , et enfin Silverton Bill , avant d'atteindre Dumbarton, dont le rocher et le château se dressent à 170 mètres au-dessus du niveau de la Clyde.

14 m. — Dumbarton ( Hôtels : The King’s Arms, The Eléphant) , bourg royal , chef-lieu du comté de ce nom, petite ville de 4,500 habitants environ, située à l'embouchure de la Leven et de la Clyde, se compose d’une longue rue irrégulière, et n’offre absolument rien d’intéressant que son château, son rocher et ses chantiers de construction récemment créés. Son rocher, que couronne son château, a 1 m. de circonférence, il est isolé, de formation basaltique et divisé en deux parties coniques, dont Tune est plus .haute que l’autre. L’arsenal, la caserne et les batteries occupent l’espace compris entre les deux cônes. L’arsenal peut armer 4,500 hommes, les casernes en logent dé 450 à 200. D’après un article du traité d’Union, c’est une des quatre places de l’Écosse qui doivent rester fortifiées. Son cône le plus élevé, d’où l’on découvre une vue étendue, s’appelle le Trône de Wallace [Wallace’ s Seat), parce qu’après avoir été trahi par Sir John Menteith, et avant d’être envoyé en Angleterre, le héros écossais y fut enfermé dans la tour qu’il y avait fait bâtir. On montre, dans l’un des appartements, une épée qui, d’après la tradition, lui aurait appartenu.

Dumbarton Castle remonte à une haute antiquité. Selon toute probabilité, les Romains avaient élevé une tour sur ce rocher, car on remarque au sommet du cône occidental les débris d’une construction qui doit leur être attribuée. Il ne devint une forteresse royale qu’en 4238. Avant l’invention de la poudre à canon il passait pour imprenable ; il fut pris cependant une fois sans le secours de l’artillerie. Ce hardi coup de main a été souvent raconté. On en relira peut-être le récit avec in-

ROUTE <5. — DE GLASGOW A GREE.NOCK. 205

térêt sur les lieux où il a été accompli. En 1 551 , les partisans de Marie Stuart, qui l’occupaient, s’y croyaient ù l’abri de toute attaque, lorsqu’un soldat, qui y avait servi, dégoûté par quelques mauvais traitements, proposa au régent un moyen do s’en emparer, s’efforça do lui en démontrer l’efficacité, et demanda à marcher à la tète de ceux qui seraient chargés de le mettre à exécution. La sagesse conseillait de braver le plus grand danger pour le succès d’une telle entreprise. On prépara promptement et dans un secret impénétrable, des échelles et tout ce qui était nécessaire pour cette attaque, tandis que les avenues du château étaient exactement gardées, afin que le commandant ne pût recevoir aucun avis de ce qui se faisait au dehors. Vers le soir, le capitaine Crawford de Jordanhill, homme courageux et entreprenant, partit de Glasgow avec un peloton d’hommes résolus. A minuit ils arrivèrent au pied du rocher. La lune était couchée, et le ciel, très-clair jusqu’alors, se couvrit d’une brume épaisse. Ce fut sur le point le plus inaccessible que les assaillants firent leur tentative, parce qu’en cet endroit il y avait peu de sentinelles, et qu’ils espéraient les trouver moins sur leurs gardes. La première échelle était à peine posée, que le poids et l’empressement de ceux qui montaient la renversèrent. Personne ne fut blessé, et aucun soldat de la garnison n’entendit de bruit. Le guide et Crawford montèrent seuls ensuite, et attachèrent l’échelle aux racines d’un arbre venu dans une crevasse. Les autres suivirent avec de grands efforts ; mais on était encore bien loin du pied de la muraille. L’échelle fut dressée de la môme façon sur ce premier plateau. Au milieu de l’ascension, un obstacle imprévu survint. L’un des soldats, saisi d’un vertige , se cramponna aux échelons , immobile, comme privé de sentiment et de vie. Il y avait impossi-

206 ROCTE 15. — DE GLASGOW A GÏIEENOCK.

bilité de passer outre. Le jeter en bas était un acte de barbarie, et pouvait trahir cet assaut presque insensé en apparence. La présence d’esprit de Crawford ne l’abandonna pas; il fit lier le soldat à l'échelle, afin qu’il ne tombât pas quand il reprendrait ses sens. On la retourna, et les autres montèrent sans difficulté. Le jour alors commençait à paraître, et ils avaient encore le mur à escalader. Après avoir triomphé de tant d’obstacles, celui-ci ne les arrêta pas. La sentinelle, en voyant le premier homme qui enjamba le parapet, n’eut que le temps de donner l’alarme avant d'être frappée à la tête. Aussitôt, officiers et soldats de la garnison sortirent nus, sans armes, et plus inquiets de leur propre sûreté que capables de résistance. La troupe de Crawford, au contraire, s’élançant avec fureur, et poussant des cris horribles, s’empara des canons et les tourna contre les ennemis. Lord Flemming, qui commandait, se sauva dans un esquif et s’enfuit seul dans le comté d’Argyle.

Ce fut à Dumbarton, où elle avait été mise à l’abri d’un enlèvement politique, que, le 7 août 1548, Marie Stuart s’embarqua pour venir en France épouser l’héritier de la couronne , François II ; enfin ce fut à Dumbarton que le ministère Castlereagh se proposa d’enfermer Napoléon avant de s’être décidé à l’envoyer à Sainte-IIélène.

De Dumbarton au lac Lomond {F. route 24).

De Dumbarton à Aberfoylc, par Drymen. — 22 m. route de voiture.— La route, remontant la rive gauche de la Leven, passe à Bon— hill, ancienne résidence de Smnllett, puisa Kilmaconnel, traverse la Bhne Wsicr avant d’atteindre Drymen où elle laisse à droite la route de St<!rl:ng [F, route 29) et franchit le Forth entre Garlmore et 22 m. Aberfoyle (F. route 30).

En face du château de Dumbarton on voit la propriété de West Sea Bank ; et au delà de la Leven , sur la rive droite de la Clyde, on dépasse bientôt Levengrove. Un demi-mille plus loin on laisse à gauche Finlayston, à

droite Clyde Bank , Clyde Cottage , et enfin les ruines du vieux château de Cardross où mourut Robert Bruce, en face de Port Glasgow, port fondé en 1668 par les négociants de Glasgow pour le chargement et le déchargement de leurs marchandises et qui aurait dû changer son nom depuis que la Clyde a été élargie et creusée, car il n’a plus la même destination. A l’extrémité orientale de sa baie sont les ruines du château de Newark. Le bateau à vapeur longe la rive gauche dont les collines sont parsemées de maisons de campagne. Sur la rive droite on remarque de loin A rdarden House, A rdmore House, Camis-Eskan , Kilmaheiv Castle et Drumfork House; puis, à l’ouverture du Gare Loch que dérobe à la vue la presqu’île boisée de Roseneath, le village de Helensburgh. ( Hôtels : Tontine, Baths Inn), où les habitants de Glasgow viennent prendre des bains de mer et qu’un service de voitures publiques met en communication avec Luss. ( V . route 24) sur le lac Lomond. A l’extrémité de la presqu’île de Roseneath qui sépare le Gare Loch du Loch Long, la famille d’Argyle s’est fait construire, dans le style italien , une jolie villa entourée de magnifiques jardins sur l’emplacement d’un vieux château incendié en 1802 (F. route 23). Tandis qu’on contemple ces charmants paysages , le bateau à vapeur s’arrête à

12 m. de Dumbarton, 26 m, de Glasgow. — Greenock ( Hôtels : The Tontine, The Buck’s Head), ville de 36,936 hab., située sur la Clyde, près de son embouchure, dans le golfe auquel elle donne son nom ( Firth of Chjde). On y remarque de larges quais, toujours animés, une vaste douane, un peu trop grecque, des bassins qui peuvent contenir 500 navires, un hôpital, une prison, une bourse, un théâtre, des banques^ des écoles, dos églises, de belles librairies, des manufactures, etc. ;

mais ce qu’elle offre de plus curieux aux touristes, c’est la vue qu’ils y découvrent, soit sur le rivage de la Clyde, soit sur les collines qui la dominent. Watt, l’inventeur, ou du moins le metteur en œuvre de la machine à vapeur, est né en 1736 à Greenock.

De Greenock à Oban ( V . roule 19), à Arran (F. roule 18), à Inverary ( V . roule 23).

b. — PAR LE C fl E H I IV DE FER.

22 in. 1/2. 13 départs par jour. 4re cl., 2sh. 6 p.— a* cl., 1 eh. 6 p. — 3e cl. 1 eh.

6 m. 3/4. — Paisley (F. route 16).

9 m. 3/4. — Houston.

12 m. — Bishopton . Au delà de cette station, le chemin s’approche de la Clyde, sur laquelle on découvre, surtout en face de Dumbarton, de jolis points de vue. On traverse un tunnel de près de 700 mètres, divisé en deux parties par une tranchée à ciel ouvert de 1 00 mètres.

loin. 1/2. — langbank ( F . ci-dessus A). Le chemin de fer est souvent encaissé entre les deux murs d’une longue tranchée taillée dans le roc.

20 m. — Port-Glasgow (F. ci-dessus A).

22 m. 1/2. — Greenock (F. ci-dessus A).

!K©yTE 0(3»

De GLASGOW a AYR.

*0 m. — Chemin de fer. — Embarcadère an pont de Glasgow, 5 convois par jour, trajet en 2 h. — Prix: lr« classe, 6 sh. 8 p. — 2e classe, 5 sh .; — 3* classe, 3 sh. 3 p.

Au sortir de Glasgow on dépasse successivement un grand nombre de filatures, do fonderies et d’élégantes

villas appartenant aux riches négociants de la ville. A 3 m. 1/2 environ, on remarque sur une éminence dominant le Whitc Cart, les ruines du château de Crookston, ancienne propriété des Stuarts de Lennox. Darnley y fit sa cour à Marie Stuart. Elle y passa avec lui les premières semaines qui suivirent la célébration de leur mariage ; et ce fut des hauteurs voisines qu’elle assista à la bataille doLangside ( V . route 14).

7 m. — Paisley [Hôtel : The Saracen’s Head), ville industrielle do plus de 60,000 hab., qui nomme un député à la chambre des communes, doit sa fondation à un établissement religieux qu’y créa vers 1 1 60 Walter Stuart, l’ancêtre de la famille royale d’Écosse ; mais eüo n’acquit une certaine importance que vers la fin du siècle dernier. Ce ne fut, en effet, qu’en 1760 qu’on commença à y fabriquer ces gazes de soie, qui ont fait sa réputation et sa fortune. Aujourd’hui elle possède surtout des fabriques de mousseline, de châles, de tapis, de batiste, de crêpe, de velours, de toiles peintes, etc.

Le White Cart la divise en ville vieille et ville neuve, qui communiquent entre elles par trois ponts do pierre, et le canal d’Ardrossan la met en communication par eau avec la mer et avec Glasgow. Du reste, à part ses manufactures, elle n’offre d’intéressant que l’église qui renferme tout ce qui reste de la belle abbaye détruite lors de la réforme. Dans la chapelle gothique attenante à cette église, on entend « écho des plus surprenants, et on voit la tombe de Majory, fille do Robert Bruce, et mère de Robert II, roi d’Écosse, l’ancêtre des Stuarts. Majory ayant fait une'chute do cheval, lorsqu’elle était enceinte do sept mois, se tua sur le coup, et on l’accoucha morte par l’OfGration césarienne (1316).

De Daisley à Greenock [V. rout.’ 13).

A peu de distance de Paisley, on laisse à gauche le village d 'Elsderlie, près duquel on montre le chêne où, selon la tradition, Sir William Wallace, qui était né dans les environs, se cacha pour échapper aux soldats anglais qui le cherchaient.

10 m. — Johnstone est une ville manufacturière d’environ 6,000 hab., située sur les bords du Black Cart , (filaturesde coton). On remarque au S. Johnstone Castle , à l’O. Milliken House, au N. -O. Houston House, et plus loin le village de Kilbarchan (3,600 hab.) , qui eut autrefois pour seigneurs les Sempills de Beltrees , famille dans laquelle le talent poétique fut longtemps héréditaire.

41m. 4/2. — Cochranemill. Deux convois seulement s’arrêtent à cette station, au delà de laquelle on traverse une vallée fertile. À droite, s’étendent les parcs de Çastle Semple; à gauche, au-dessus de la route de Beith, sont les ruines d ’Elliston Tower.

45 m. 3/4. — Xochwinnoch , ( Hôtel : The Black Bull), est situé près du Castle Semple Loch, au pied d’une chaîne de collines. A peu de distance, à l’O., on remarque Barr Castle, qu’on suppose avoir été bâti au xvc siècle, et Barr House. Le lac (loch) de Castle Semple a 1 m. de long ; il contient 3 petites lies boisées, dont l’une porte les restes d’un fort construit par lord Sempill.

47 m. 3/4. — Beith ( Hôtels : The Saracen’s Head, The Commercial, The Railway), est une petite ville industrielle et commerciale, d’environ 5,000 hab., non loin de laquello se voient les ruines de Giffen Castle, qui appartenait autrefois à la famille Eglinton. Après l’avoir quittée, on remarque à la droite du chemin de fer, près de la rivière Garnock, les ruines de l’ancien château de Glengarnock , propriété du comte de Glasgow, et le joli

lac de Kilbirnie, qui n’a pas moins de 2 m. de long et de 4/2 m. de large.

49 m. 3/4. — Kilbirnie est éloigné de 4 m. 4/2 de la station de ce nom.

22 m. 4/2. — Dalry ( Hôtel : The Blair Arms), bâti sur une éminence dont le Garnock, la Rye et le Caaf baignent la base, contient 4,300 hab., qui exercent presque tous la profession de tisserands. A 4/2 m. au delà de la station, on laisse à gauche le chemin de fer qui conduit à Carlisle par Kilmarnock et Dumfries (K. route 4 0).

26 m. — Kilwinning ( Hôtels : The Eglinton Arms, The Wintown Arms), doit son nom à un saint nommé Winning, qui au vin0 siècle y habitait une cellule (kil). Il contient 3772 hab., qui ont l’habitude de tirer tous les ans un oiseau à un popingay ou papingo, coutume décrite par Walter Scott dans Old Mortality. Une compagnie d’archers y existe depuis 4488. En 4407, Hugh de Moreville, Lord de Cuningham, y fonda une abbaye dédiée à saint Winning, détruite lors de la réforme, et dont on voit encore les ruines. Des ouvriers francs-maçons qui vinrent du continent pour construire ce monastère, fondèrent à Kilwinning la première loge maçonnique instituée en Ecosse. A 4 m. environ de Kilwinning est le Château d’ Eglinton, la magnifique résidence du comte d’Eglinton et Wintown, qui y donna au mois de septembre 4 839 un brillant tournoi. Ce château, entouré d’un parc immense, fut bâti au commencement de ce siècle.

De la station de Kilwinning part un embranchement qui conduit à Saltcoats, 4 m., et à Ardrossan, 5 m. 4/2. Il y a deux cents ans Saltcoats n’était habité que par quatre familles qui gagnaient leur vio en fabriquant du sel. C’est aujourd’hui un village de 4,000 hab. Ardrossan ( Hôtel :

The Eglinton Arms) doit sa prospérité croissante à la famille Eglinton. Le dernier comte y a fait commencer un port magnifique, achevé par le comte actuel. Ses bains de mer sont très-fréquentés. Des bat eaux à vapeur font un service régulier entre Ardrossan et Arran (K. route >18), et entre Ardrossan et Belfast (Irlande).

Quand le temps est parfaitement clair, on peut, du chemin do fer, après avoir quitté la station de Kilwinning, apercevoir à droite les montagnes élevées et escarpées do l’île d’Arran. On traverse leGarnock, puis l’Irvinc avant d’atteindre

29 m. I /2. — Irvîne ( Hôtel : The King’s Arms), petite ville de 7,000 hab. environ, qui, avecAyr, Campbeltown, lnverary et Oban, nomme un député au parlement, et dont le port ne compte pas moins de 4 24 navires, montés par 1 ,000 marins. Elle fut la résidence temporaire de Burns, et elle vit naître James Montgomery le poète, et John Galt le conteur. Un embranchement du chemin de fer conduit d’Irvine à Kilmarnock ( V . route 40). Après avoir quitté cette petite ville, on aperçoit à gauche les restes du château de Dundonald , qui couronne une hauteur à 2 m. environ. Ce château, qui donne le titre de comte à la famille Cochrane, appartint dans l’origine à Robert Stuart, devenu plus tard roi d’Écosse sous le nom de Robert II. On remarque dans le voisinage une ancienne église dédiée à la Vierge et appelée Our Ladifs Kirk.

34 m.— Troon ( Hôtels : Mrs. Douglas’ Maitland’s), est situé au fond de la baie à laquelle il a donné son nom , à 4 /2 m. de la station. Ses bains de mer sont très-fréquentés. Un embranchement le met en communication directe avec Kilmarnock (route 40). Au delà le chemin de fer se rapproche de la mer, et on remarque à gaucho Fullarton House, résidence du duc de Portland, située au mi-

Jgle

lieu d’une vaste pelouse et entourée par derrière de bois étendus.

36 ni. — Monkton.

37 m. t/2. — Preswick. Au delà de ce village, on voit les ruines de Kingscase , institution charitable dotée par Robert Bruce. Après l’avoir dépassée, on ne tarde pas à arriver à

40 m. — Ayr ( Hôtels : The King's Arms, Tho Star, The Ayr Arms), bourg royal de 7,000 hab., chef-lieu du comté de ce nom, bâti dans une plaine sablonneuse, sur le golfe de la Clyde, à l’embouchure de l’Ayr qui y forme un assez beau port, et qui le divise en Newton et Wallace Town. Le poème de Burns, intitulé The Twa Brigs, a pour sujet les deux ponts d’Ayr. Le vieux pont ( The auld Brig ) fut, dit-on, bâti sous le règne d’Alexandre III (1249-1285), par deux sœurs du nom de Lowe, dont les portraits furent sculptés sur une pierre du parapet oriental. Le nouveau date [de 4788. La Dungeon Clock , à laquelle Burns fait allusion dans son [poème, se trouvait placé eau haut d’un vieux clocher de laSandgate, détruit en 4826. La « Wallace Tower » était un vieux bâtiment situé dans la partie orientale de High Street, à l’entrée d’une Lane (ruelle) appelée The MM Vennet. D’après la tradition locale, Wallace fut enfermé dans cette tour qu’on abattit en 1835, parce qu’elle menaçait ruine. On a construit à la place un monument gothique au haut duquel on a mis l’horloge et les cloches du Dungeon Clock, et dont la façade est ornée d’une statue do Wallace, par M. Thom. Un propriétaire d’Ayr a décoré la façade de sa maison d’une autre statue du héros écossais. Cette maison est bâtie sur l’emplacement qu’occupait l’ancienne Court- House, où, selon Blind Harry, les lords écossais des provinces de l’Ouest, invités par le gouverneur anglais d’Ayr à venir se concerter avec lui

sur les affaires de la nation, furent pendus à mesure qu’ils entraient dans la salle. On connaît la terrible vengeance que tira Wallace de ce crime atroce. Après avoir barricadé les portes du bâtiment où les soldats anglais passaient la nuit, il y mit le feu, et ceux qui parvinrent à échapper aux flammes furent massacrés sans pitié. Le fort d’Ayr date de 1652 ; c’est Cromwell qui le fit bâtir entre la ville et la mer. On voit encore quelques vestiges des anciens remparts avec une vieille tour, qui appartenait à l’église de Saint-Jean, fondée au xn* siècle. Cromwell mit dans sa citadelle cette église, qu’il transforma en arsenal, et, comme indemnité due aux habitants de la ville , il contribua pour 150 livres sterling à la construction de l’église actuelle, bâtie sur l’emplacement du couvent de dominicains dans lequel Robert Bruce tint le parlement qui régla sa succession. Cette église renferme encore quelques boiseries de l’ancienne. A l’angle N.-E. du fort, près du port, s’élevait jadis le vieux château d’Ayr, bâti par Guillaume-le- Lion, du moins on le suppose, car il n’en reste aucun vestige.

On peut aller visiter, dans les environs d’Ayr, à 2 m. 1/2 au S., le long de la côte, le vieux château de Greenan; et 5 m. plus loin, près de l’embouchure du Doon, les ruines du château de Dunure , où, en 1570, Gilbert, 4e comte de Cassillis, fit rôtir à petit feu Allen Stuart, bénéficier de l’abbaye de Crossraguel, pour l’obliger à lui donner toutes ses propriétés; mais c’est surtout le Monument de Burns , qui attire tous les ans à Ayr un si grand nombre d’étrangers. Ce monument est à 2 m. 3/4 au S. de la ville. En y allant, on passe près de la colline de Barniceil. Selon la tradition, cette colline serait ainsi appelée parce que, après avoir, pour ve ngr les lords écossais, traîtreusement pendus par le

gouverneur, mis le feu aux granges ( Barns ) où il avait enfermé, pendant leur sommeil, les soldats anglais, Wallace s’arrêta en ce lieu et dit en contemplant l’incendie : « The Barns o’Ayr hum tvell (Les granges d’Ayr brûlent bien. » Plus loin , aux environs d’AUoway, on remarque les diverses localités mentionnées dans la route de Tarn o'Shanter( 1 ). Audelà de Slaphouse Bridge, après avoir laissé, à gauche, la belle propriété de Roselle, on atteint (2 m. d’Ayr) le cottage où Burns naquit, le 25 janvier 1759, et qui, vendu depuis par son père à la corporation des cordonniers d’Ayr, a été transformé en cabaret. On montre, dans l’intérieur de la cuisine, un enfoncement où couchait la mère de Burns lorsqu’elle lui donna le jour. Le bois de lit a été transporté à Brownhill Inn, près de Thornhill, dans le Dumfriesshire. A 1 m. 1/2 au S.-E., sur une éminence, se trouve la ferme du mont Oliphant, que le père du poète alla habiter en quittant son cottage, à la Pentecôte de l’année 1766. A

peu de distance du Burns cottage s’élève

Atloway’s auid haunted Kirk ,

dont la toiture a été depuis longtemps détruite, mais dont les murs sont assez bien conservés; tout le bois qu’on y a trouvé a été enlevé pour confectionner des tabatières ou autres souvenirs analogues. Près de la porte du cimetière est la tombe du père de Burns. Telle est la vénération des Écossais pour leur poète favori, que la pierre tumulaire qui recouvrit, lors de son inhumation, la dépouille mortelle de son père, a été enlevée, brisée et emportée par morceaux par des visiteurs enthousiastes, et qu’un grand nombre de ses admirateurs , domiciliés pendant leur vie dans des pays

(1) V. le poème de Burns.

fort éloignés, ont imposé à leurs héritiers l’obligation de les faire enterrer dans le cimetière d’Alloway Kirk.

A 200 ou 300 mètres de l’église d’Alloway, est le AuldBrig du Doon, qui joue un si grand rôle dans le conte de Tain o’Shanter; ce pont est très-ancien; le New Bridge, bâti depuis la mort de Burns, se trouve placé à 100 mètres environ au-dessous" de l’ancien. Le charmant cottage, situé entre l’église et le pont, appartient à M. David Auld, qui a embelli avec un zèle infatigable et un goût parfait les abords du monument de Burns. Près de l’extrémité du pont, on a établi une petite auberge fort proprement tenue. Au-dessus du pont s’élève le monument de Burns, rotonde corinthienne de neuf colonnes, reposant sur une base triangulaire. Ce fut le 23 janvier 1 820 qu’on posa la pierre de fondation de ce monument, dont Sir Alexandre Boswell d’Auchinleck conçut lo premier l’idée, et qui, construit d’après les dessins de Sir Thomas Hamilton, Esq., architecte d’Èdimboyrg, a coûté près de 80,000 francs. Dans la pièce circulaire qui se trouve sous la rotonde, on a réuni diverses éditions des œuvres du poète, une tabatière fabriquée avec du bois provenant d’Alloway Kirk, une copie des portraits originaux de Burns par Navsmith , et les bibles données par Burns à sa Marie des hautes terres. Le possesseur de ces objets précieux ayant émigré en 1834, au Canada, les y vendit pour 623 fr. à des habitants de Montreal, qui les envoyèrent au prévôt d’Ayr, chargé de les offrir en leur nom aux administrateurs du monument, ce qui eut lieu le 23 janvier 1841, jour anniversaire de la naissance du poète. De la baso des colonnes on découvro une jolie vue du pays environnant. Enfin, une petite grotte, située au S. du jardin qui entoure le monument, contient les statues trop

vantées de Tam o’ Shanter et de Souter Johnnie, par M. Thom, d’Ayr.

Le Doon, auquel les poèmes de Burns ont donné une si grande célébrité, est l’écoulement du lac du même nom , d’environ 8 m. de long, situé sur les frontières des comtés d’Ayr et de Kirkcudbright. Au sortir de ce lac, il traverse le Ness Glen, défilé sauvage et boisé, et il va se jeter dans la mer à 48 m. de sa source, près d’Alloway, après avoir séparé les districts de Carrick et de Kyle. A l’extrémité supérieure du Loch Doon s’élève une petite lie qui porte les ruines d’un ancien château, où fut pris Sir Chrystal Seton, le beau-frère de Robert Bruce, qui s’y était réfugié après la défaite de Methven, en 4306, qu’Édouard 1er fit exécuter à Dumfries. Le colonel Mac- Adam deCraigengillan permet aux étrangers de traverser ses propriétés pour aller do Dalmellington au Loch Doon.

A la mort du propriétaire de sa ferme, le prévôt Façguson, Williams Burns abandonna le mont Oliphant, en 4779, et se retira à Lochlee, à 3 m. du village de Tarbolton , situé à peu près à moitié chemin entre Ayr et Mauchline. Pendant sa résidence à cette ferme, Burns établit un club des célibataires à Tarbolton, vers la fin de 4780, et ce fut là qu’en 4783 il se fit recevoir francmaçon. A 4/2 m. de Tarbolton est la propriété de Coisfield, appelée par Burns le « Castle o’ Montgomery , » parce qu’elle était alors habitée par le colonel Hugh Montgomery, devenu depuis le comte d’Eglinton. C’était laque Mary Campbell, la Highland Mary de Burns, servait en qualité de laitière quand Burns la vit et l’aima. Elle aussi l’aimait, et ils s’étaient mutuellement promis de s’épouser; mais Mary Campbell résolut d’aller d'abord rendre une visite à ses parents du comté d’Argyle. Avant de se séparer, les deux amants passèrent une journée — un dimanche de mai — près de la jonc-

tion du Faile et de l’Ayr... Quand ils se dirent adieu, ils se placèrent chacun sur l’un des bords du Faile, lavèrent leurs mains dans l’eau du ruisseau, et, tenant une bible entre eux, ils se jurèrent une constance étemelle. Cedoux serment fut inutile, ils ne devaient plusse revoir. A son retour, Mary Campbell tomba malade et mourut à Greenock. Burns fut inconsolable. Bien qu’il eût épousé une autre femme, il ne cessa jamais de regretter sa chère Mary. Ce tendre souvenir lui inspira quelques-uns de ses plus beaux vers. Son chef-d’œuvre peut-être, son élégie à Mary in Heaven (Marie dans le ciel), fut composée à Ellisland, en 1789, l’anniversaire du jour où il avait appris la mort de sa fiancée. Ce jour-là, racontait Mrs. Burns à M. Lockhart, Burns, bien que fort enrhumé, avait travaillé à la moisson comme les jours précédents, sans paraître plus triste que d’habitude; mais, vers la tombée de la nuit, il devint mélancolique et sombre; enfin, il sortit dans la cour où sa femme inquiète pour sa santé le suivit, en le priant en vain de prendre garde au froid et de revenir s’asseoir auprès du feu; quoiqu’il lui promît de rentrer, il n’en faisait rien; il resta dans la cour, s’y promenant de long en large et contemplant le ciel, qui était clair et étoilé. Une dernière fois Mrs. Burns revint auprès de lui et l’ayant trouvé étendu sur des bottes de paille, occupé à regarder attentivement une belle planète, elle le détermina à rentrer. A peine eut-il franchi le seuil de la porte, qu’il demanda son pupitre et qu’il écrivit tout couramment, comme s’il les eût copiés de mémoire, ces beaux vers que tout le monde a lus :

l’hou lingering star, witlt lessening ray,

Ttaat lovest to greetjüie carly mont,

Again thou usherest in the day

My Mary from my soûl was torn.

ROUTE 47. — d’ayr a portpatrick. 219

Mary ! dear departed shade

Where is thy place of hlissful rcst ?

See’st tliou thy lover iowly laid,

Hear’st thou tUe groans that rend bis breast ?

Etoile tardive, qui l’éteins lentement et qui aimes à saluer l’aube matinale, lu ramèues une fois encore le jour où ma Marie fut arrachée de mon âme.

O Marie, chère ombre partie pour ne plus revenir, dans quel lieu jouis-tu de ton bienheureux repos ? vois-tu ton amant abattu, entends-tu les gémissements qui déchirent son sein ?

Après la mort de Williams Burns, sa veuve et sa famille se retirèrent à Mossgiel, ferme située à 1 m. au N. de Mauchline, petite ville que traverse le chemin de fer de Carlisle à Glasgow, par Dumfries { V . route 10).

D’Ayr à Portpatrick, à Wigtown et à Kirkcudbriglit (F", route 17}.

ia®yTE vs.

IPAYR à: a PORTPATRICK, b à VVIGTOWJV, cet à KIRK- CUDBRIGHT.

a D’AIR â PORTPATRICI.

GO rn. 1/2. Route de voiture. — Diligence tous les jours pour

Girvan Des bateaux à vapeur font unservice régulier entre Ayr,

Girvan et Stanraer (F. les Time Tables).

2 m. 1/2. — Alloway K.lrk (F. route 4 6). Après avoir traversé le Doon sur le pont nouveau, on longe la base de Brown Carrick Hill , et on laisse, à gauche (3 m. 4/2), Grange House.

9 m. — Maybole, petite ville de 1,000 hab., possède d’actives et prospères fabriques de couvertures de laine. On comptait autrefois, dans les environs, 28 propriétés

220 BOUTE 47. — d’ayk a portpatrick, etc.

de familles nobles et baroniales. Maybole Castle, appartenant à la famille Cassilis, est la plus belle de celles qui existent encore aujourd’hui. A 2 m. 4/2 de Maybole — 4 4 m. 4 /2 — on passe près des ruines du Crossraguel Abbey, fondée en 4244. Une partie des cloîtres a été heureusement conservée jusqu’à ce jour, et la maison de l’abbé est entière. Le dernier abbé s’est illustré par sa discussion avec John Knox.

43 m. 4/2. — Kirkesivald , village où Burns alla, pendant quelques mois, à l’école dans sa dix-neuvième année, et à 2 m. duquel on peut aller visiter, à droite

OUàl’O., Colzean Castle, OU Colyean Castle , la principale résidence du marquis d’Ailsa, douzième comte de Cassilis. Ce magnifique et pittoresque château fut construit en 4777 par David, dixième comte de Cassilis, au sommet d’un rocher basaltique qui domine la mer presque à pic. Il renferme à l’intérieur, outre de superbes appartements, une riche collection d’armes. Au-dessous, s’ouvrent les Coves ou grottes de Colzean. On en compte six. Selon la tradition populaire, elles sont habitées par des fées. Burns fait allusion au château de Colzean et à ses grottes, dans son Ilalloween.

lipon that niglit when fai ries light.

On Cassillis Downan’s dance,

Or for Colzean the route is ta’en Bcneatli the moon’s pale bcams,

There up the Covc, to stray and rove.

Aniong the rocks and streams,

To sport that night.

Celte nuit oit les fées légères dansent sur Cassillis Downan’s, ou se dirigent vers Colzean, à la pâle clarté de la nuit, pour aller s’égarer et jouer dans ses Coves au milieu des rochers et des ruisseaux.

A 2 m. de Colzean Castle, se dressent, sur un rocher

ROUTE 17. — d’aïR A l’ORTPATRICK, ETC. 221

qui domine la mer d’environ 5 mètres , les ruines du Turnberry Castie, ancienne résidence de la puissante famille des comtes do Carrick. La plaine cultivée qui les entoure formait autrefois le parc de ce château, qui appartient au marquis d’Ailsa, et qui est encore énuméré sous la dénomination de Carrick parmi les châteaux royaux d’Écosse. De toute cette côte, on aperçoit Aîlsa Craig, énorme rocher de 331 mètres de hauteur, et de 2 m. de circonférence à sa base, qui s’élève du milieu de l’Océan, à 10 m. environ de Girvan, le point le plus rapproché, et que couronne une tour en ruine de trois étages. Cet ilôt appartient au marquis d’Ailsa, qui en tire son titre de pair. Ses principales productions sont les oies, les chèvres et les lapins ; il est affermé 750 fr. par an.

En 1271, Robert Bruce, fils de Lord d’Annandale, épousa la veuve du comte de Carrick. De cette union, naquit Robert Bruce, roi d’Écosse, qui passa les premières années de sa jeunesse à Turnberry Castie. Quand Robert Bruce, forcé d’abandonner sa patrie, qu’il avait déjà tenté vainement de délivrer du joug des Anglais, vivait réfugié dans l’ile d’Arran , il y entretenait des intelligences avec la côte do Carrick, par un homme de sa suite nommé Cuthbert. « Si les habitants du pays se montraient disposés à se soulever en faveur du roi d’Écosse, raconte Walter Scott dans son Histoire < i' Écosse , Cuthbert devait allumer un grand feu sur un cap élevé nommé Turnberry, en face de l’ile d’Arran. A ce signal, le roi devait s’embarquer avec sa petite troupe, qui ne se composait que de 300 hommes environ, et aborder sur la côte de Carrick pour se joindre aux insurgés. Bruce et ses soldats guettèrent impatiemment le signal pendant quelque temps, sans rien apercevoir. Enfin ils virent briller une flamme sur le cap de

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