‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 34 sur 75 · ROUTE 22. — ISLAY, JURA ET COLONS AY · texte numérisé non relu

ROUTE 22. — ISLAY, JURA ET COLONS AY

lie méridionale, et 2 m. seulement dans sa partie septentrionale. Le Loch Tarbert, qui court de l'O. à TE., la coupe presque en deux parties. Ce n’est qu’un vaste rocher surmonté de trois énormes pitons, qu’on appelle les Paps of Jura ; le plus élevé de ces pitons a 750 mètres de haut. Recouverts à leur base d’une bruyère noirâtre, ils sont complètement dépourvus de végétation à leurs sommets, composés de roches fracassées. La côte occidentale de cette île de pierre ne produit rien et est inhabitée. Du côté de l’E. et du N., une plaine étroite s’étend entre la mer et les pentes plus douces des derniers escarpements des montagnes. C’est la seule partie cultivable et cultivée ; aussi, la population ne dépasset-elle pas 800 habitants. On y élève du bétail et des chevaux, on y pèche une grande variété de poissons à coquilles, et ori y recueille du beau sable propre à la fabrication du verre. Bien que son nom signifie abondance de daims — Jura de Dhuira ou Dera, — ces animaux n’y sont pas nombreux ; les aigles et les chèvres peuplent seuls ses solitudes rocheuses. Près de la baie des petites îles, on voit les traces d’un camp retranché.

CO LO Si S A ¥ et 0 ROSSAT.

Colonsay et Oronsay, situées au N.-O. du détroit d’Islay, sont, après Iona, celles des îles de l’O. où se trouvent les restes les plus considérables d’édifices religieux. Elles ont 12 m. de longueur et ne forment qu’une seule île à la marée basse, car le détroit, qui les sépare à la marée haute, reste alors complètement à sec. Oronsay, la plus méridionale, est beaucoup plus petite que Colonsay. Elles durent leur nom : Colonsay, à saint Columba; Oronsay, à son compagnon saint Oran. Leurs pâturages sont assez bons, surtout du côté du S.; les lapins

y abondent. La population s’y élève à 600 habitants.

On peut visiter, à Oronsay, les ruines bien conservées d’un prieuré ou d’un monastère de l’ordre de Cîteaux ou de Saint- Augustin, dont l’abbaye , aujourd’hui détruite, était à Colonsay. L’abbaye et le prieuré furent fondés vers le milieu du xive siècle, par les Lords des Iles. Le prieuré a 1 8 mètres de long, sur 5 mètres 50 centimètres de large ; à côté est un cloître d’une construction particulière ; il forme un carré de 4 2 mètres à l’extérieur, et de 6 mètres à l’intérieur. Le prieuré contient les tombes de plusieurs guerriers, et, dans une chapelle du cloître, on remarque la pierre tumulaire d’un abbé nommé Madufie, portant cette date : Anno >3 3. A côté de ces ruines s’élève une grande croix.

rouve g®.

De GLASGOW à OBAN *

Par Inverary et 1° le Loch Fyne, 2° le Loch Eck, 3° le Loch Long et le Loch Goil, 4° leGareloch, 5° le Loch Lomond.

De GLASGOW à 1 N Y E K A G Y 1 o par le Loch Fyne.

409 m. bateau ù vapeur ‘1 fois par semaine [V . les Time Tables).

85 m. de Glasgow à Lochgilphead (K. route 49).

De Lochgilphead à Inverary, on ne compte que 22 m. 4/2 par terre, et il y a 24 m. par eau. Le Loch Fyne, que l’on remonte, n’ofTre par lui-même aucun intérêt. On laisse successivement, — à gauche, Kilmory et Castlelon ; — à droite. Gordon bank, Oiter House, près de laquelle est le bac d’Otter ; — à gauche, Lochgair

House et Minardi ; — à droite, les ruines du Château de Lachlan et la propriété moderne du même nom ; — à gauche, Crara lnn, Goatfieldet le bac de Creggans, en face de Strachur Park; — enfin, à droite, le bac de Sainte-Catherine (F. ci-dessous 3°).

409 m. — Invrrary (K. ci-deSSOUS, p. 256).

2n Par le Loch Eck.

Des bateaux à vapeur partent plusieurs fois par jour de Glasgow, de Greenock et de Gourock, pourStrone et pour Kilmun (K. route 49), qui sont situés sur le Holy loch, baie du Firth of Clyde, entourée de montagnes élevées, et dont les bords sont parsemés de maisons de campagne. De Kilmun, une route de voiture conduit au bac de Sainte-Catherine (F. ci-dessous) en longeant la rive orientale du loch Eck, lac de 8 à 9 m. de long , mais très-étroit, bordé de touscôtésde collines abruptes, gazonnées et même boisées, au delà duquel on traverse une vallée cultivée, avant d’atteindre Strachur House et Strachur lnn, à 4/2 m. du Loch Fyne, que l’on côtoyé pour gagner St. Catharine’s lnn (F. ci-dessous).

3o Par le Loch Long, le Loch Goil et Lochgoilhead.

30 m. environ. Bateaux à vapeur et diligences tous les jours pendant l'été. Trajet en 6 h.

29 m. — De Glasgow à Gourock (F. routes 45 et 49). En quittant Greenock ou Gourock, le bateau à vapeur se dirige, au N., dans le loch long, qui s’ouvre entre la presqu’île de Roseneath, à l’E., et celle de Strone, à l’O. Ce lac, très-étroit, s’étend, en inclinant au N.-K.,

sur une longueur d’environ 24 m., jusqu’à Arroquhar

Inn, où il n’est séparé que de 1 m. 1 ji du lac Lomond. Les montagnes qui le bordent des deux côtés y forment un grand nombre de baies et de promontoires irréguliers ; leur base est couverte de taillis ou de champs cultivés, tandis que leurs sommets offrent un agréable mélange de rochers, de bruyères et de pâturages.

4 ou 5 m. après avoir dépassé la pointe de Strone, on remarque, sur la rive occidentale, Ardintenny Ilouse, belle propriété du comte do Dunmore, et le joli village du même nom, situé au bord d’une petite baie, qu’entourent des collines boisées ; puis, laissant à droite le bassin principal qui conduit à Arroquhàr Inn (K. cidessous), on s’enfonce, à gauche, quand on est parvenu à peu près au milieu, dans la baie appelée loch Goll, à l’entrée de laquelle se dressent, à l’O., les murs massifs du Carrick Castle, en face du promontoire appelé Argyle’s Botcling Green.

On débarque à lochgoilhead, village où l’on trouve Un bon hôtel, et près duquel les beaux bois de Drumsainy House promettent d’agréables promenades. Une voiture, qui correspond avec le bateau à vapeur, conduit les voyageurs par la Vallée de l’Enfer ( Hell’s Glen ), à (8 m. environ) St. Catherine’* Inn, hôtel situé sur là rive orientale du Loch Fyne, en face de la ville d’Inverary (4 m.), avec laquelle elle communique par un petit bateau à vapeur qui fait le service de bac.

4o Par le Gareloch et Arroquhàr Inn.

Bateaux à vapeur 5 ou 6 foi» par jour de Glasgow, de Greenock et deGourock, au fond du Gareloch.

Le Gareloch est un bras de mer de 6 m. de long environ, qui s’étend du S.-E. au N. -O., entre le lac Lo-

mdnd, à l’E., et le Loch Long, â l’O. Ses bords sont parsemés de jolies maisons de campagne. À son entrée, on remarque, à droite, Heiensburgh, en face de Roseneath, belle propriété du duc d’Argyle, construite dans le goût italien [V. route 15). Les villas bâties le long des deux rives par les habitants de Glasgow Sont si nombreuses, qu’elles forment de petits villages aux promontoires d’Ardincâple, dé Row et de Shandon. Du village de Ôareloch Btead, situé àson extrémité supérieure, ori compte iOm. jusqu’au hameau d’Arroquhar. 2 tti. après l’avoir quitté, on franchit un petit col d’où l’on découvre, en face de Carrick Castle (K. ci-dessus 3°), le Loch Long, dont on côtoyé la rive orientale.

Arroquhar Inn (F. ci-deSSOUS 5°).

5° Par le Loch Lomond, Tarbet et Ârroqubaf.

59 m. 3/4. Baletu k valeur, — Cliemin de fer et diligences.— Serrices quotidiens (V. les Time Tablet).

r 34 m. 4/2. — Dé Glasgow S Tarbet, par la Ciyde, UowÜng, Bàlloch ét le lac Lomond (F. route 4 S et 24).

L’isthme qui sépare l’hôtel de Tarbet de celui d’Arrôquhar, ou le lac Lomond du Loch Long, n’a que 4 m. 4/2 de largeur. Lorsqü’eh 4263 les Norvégiens envahirent t'Édbsse, sous là conduite dé leür foi Ilaco, ils transportèrent sur cette langue de tèrre un grand nombre de barques du Loch Long dans les eaux du lac Lomond, dont ils ravagèrent les bords. Lrèsde l’extrémité du Loch Long s’élève une montagne terminée par deux pics aùx formes bizarres : on l’appelle Ben Arthur, et ori l’a surnommée le Cobbler, parce qu’on prétend qu’elle ressemble à un cordonnier assis et à l’ouvrage. L’ascension en est difficile.

36 m. — Arroqubaf Inn. La propriété de ce nom

était autrefois la résidence du chef du clan Macfarlane ; elle appartient aujourd’hui à Sir James Colquhoun de Luss. Au delà de l’hôtel, la route va passer à l’extrémité du Loch Long, traverse le Taing, entre dans le comté d’Argyle, côtoyé la rive occidentale du lac, puis, tournant brusquement à l’O., remonte entre Ben Arthur, au N., et Ben Donieh, au S., la vallée solitaire, sauvage et nue, de Glencrœ, qui plus haut s’appelle Glen Lochan. A 8 à 9 m. d’Arroquhar Inn, on atteint le point culminant du passage, où l’on trouve un banc de pierre avec cette inscription, datée de <748 :

Rest and be thankful. 1

Repose-toi et sois reconnaissant.

Cette inscription a été gravée par les soldats qui ont ouvert la route sous la direction du général Wade. Une descente facile conduit de ce col, par le vallon de Glen XLinglas*, sur les bords du Loch Fyne, à

50 m. — Cairndow Inn, auberge près de laquelle on remarque la ferme de Strowan et Ardkinglass House. Un bac conduit de Cairndow Inn à Inverary, éloignée de 6 m. </2 par eau; par terre la distance est de 9 m. t /2. La route va traverser, à l’extrémité du Loch Fyne, le ruisseau qui descend du Glen Fyne, vient passer sur la rive occidentale au-dessus du Dunedara Castle, tour carrée encore habitée, contourne la petite baie où aboutissent deux vallées appelées, la plus septentrionale Glen Shira, la plus occidentale Glen Aray, et laisse à droite Inverary Castle, avant d’entrer à (59 m. 3/4) Inverary (F. ci-deSSOUS).

lit V E R A RT.

Inverary ( Hôtels : The Argyll Arms, The George), le chef-lieu du comté de ce nom, est une petite ville de

4,052 hab., située sur le Loch Fyne, à l’extrémité de la baie de l’Aray.Charles Ier l’érigea en bourg royal en 4 648. Les ducs d’Argyle ont dépensé des sommes considérables pour son embellissement ; mais elle ne compte guère plus de soixante maisons qui s’étendent en demi-cercle sur la rive du lac. Son église, de construction récente, est surmontée d’un petit clocher protégé par un paratonnerre contre la foudre, qui a brûlé l’ancienne église. Le bâtiment, construit en face, contient le tribunal et les administrations publiques. Le jardin attenant à l'église est orné d’un petit obélisque élevé en mémoire de plusieurs individus, nommés Campbells, qui furent exécutés, sur ce lieu même, en 4685, pour avoir combattu le papisme. Enfin, on a placé près du quai une croix de pierre apportée de l’île d’Iona. — Inverary nomme un député au parlement avec Oban, Campbelltown, Irvine et Ayr.

Inverary n’a qu’une industrie et qu’un commerce, la pêche et la vente des harengs. Elle possède environ huit cents barques, qui passent la nuit sur le Loch Fyne, quand le temps est favorable, pour y prendre des herrings. Les harengs du Loch Fyne sont préférés à tous ceux que l’on pêche dans les autres contrées de la Grande-Bretagne ; aussi les exporte-t-on dans les trois royaumes.

Inverary est depuis plusieurs siècles la principale résidence de la puissante famille d’Argyle, qui y possède un magnifique château. Ce château consiste en un grand et imposant édifice de forme gothique, qui rappelle l’architecture d’Heriot’s Hospital, et qui ne date cependant que du dernier siècle. Le principal corps de bâtiment est flanqué de grosses tours aux quatre angles. Ces tours, comme le reste de l’édifice, sont construites avec une pierre ollaire d’un bleu d’ardoise. L’aspect sé-

858 BOUTE 23,r^DE GLASGOW A OBAN.

vère et majestueux que donne à l’habitation des ducs d’Argyle la couleur sombre de cette pierre, est du reste parfaitement en harmonie avec le paysage qui l’entoure. L’intérieur du château répond aussi à son extérieur ; les vastes salles, revêtues de boiseries armoriées, sont ornées d’attributs militaires et de trophées disposés avec goût; une magnifique galerie conduit, des salles d’armes, — où l’on a réuni les armes que portaient les Campbell à la bataille de Culloden, — aux appartements décorés avec une magnificence royale. Quelques-uns des ducs et des comtes d’Ârgyle ont aimé et protégé les arts : aussi trouve-t-on dans les galeries du château un assez grand nombre de tableaux, parmi lesquels on remarque des por-> traits de famille, les portraits du comte d’Argyle, qui eut la tête tranchée sous Charles II, et de l’infprtuné duc qui périt, sous Jacques VII, du supplice de la maiden (guillotine). On voit encore, dans les petits appartements du château, d’assez bous paysages de Williams et de Nasmyth. Enfin, les tapisseries qui revêtent la muraille du salon principal sont aussi de fort curieux ouvrages. Les parcs et les terres du château, comprenant un espace de 30 m. au moins de circonférence, peuvent rivaliser avec les plus beaux parcs anglais , et les arbres y sont aussi vigoureux que ceux des parcs de Windsor, de Kenilworthet deWarwick. Quelques-uns même, comme le tilleul qu’on a nommé V arbre du mariage, à cause d’une singularité que présente son embranchement, peu? vent être mis au nombre des plus beaux arbres de toute l’Angleterre.

On découvre un beau point de vue du sommet de la montagne escarpée, conique et boisée de Duniquoich , qui s’élève entre les deux vallées d’Aray et de Shira : l’ascension de cette montagne est facile et ne prend paa beaucoup de temps.

ü’iNVERARY A OBANt

a. — P« PORT SONâCHAS.

32 ra. 11$. — Route de voiture.

La route'd’Inverary à Oban remonte le Glen Aray, où elle traverse d'abord une partie des Policies ducales, puis, après avoir franchi un col d’un aspect désolé, elle descend à Cladich (9 m. environ), où l’on trouve une auberge et un certain nombre de maisons noires. Là elle se bifurque; celle de droite, plus longue de 6 m., va passer à Dalmally ( V. ci-dessous B ) ; celle de gauche conduit à, r— 3 m. de Cladich, — Port Sonachan (il faut traverser le Loch Awe en bac), et rejoint la première à, . —7 m. 4/4 de Port Sonachan, 24 m. 4/4 d’Inverary, — Taynuilt ( V. ci-dessous), éloigné de 44 m. d'Oban.

b. -Par D1L HALL Y.

39 m. — Route de voiture.

9 m. — Cladich ( V. ci-dessus A ), où l’on deeeend; après avoir franchi le col du Glen Aray est situé sur la rive orientale du loch Awe, l’un des plus beaux lacs, non-seulement de l’Écosse, mais des trois royaumes, car il a 30 m. de long et 4/2 m. à 2 m. 4/2 de large; ses bords sont en grande partie boisés ou cultivés ; il est à son extrémité N.-E. parsemé de petites îles, et il voit se mirer dans ses eaux, sur sa rive occidentale, la belle montagne, appelée Ben Cruachan, dont le sommet atteint 4025 mètres, et dont la base occupe une superficie de 20 m. carrés. La langue de terre qui s’avance dans le lac au delà de Cladich, se nomme fnnisirynich ou l’île des Druides. Sur l’une des îles du lac {Inishail ou la belle lie ), on remarque les ruines d’un petit couvent de l’ordre de Cîteaux, supprimé lors de la réforme, et un certain

nombre de tombes ornées de sculptures curieuses. Fraoch Elan, ou l'ile de Bruyère, conserve encore des ruines d’un château, donné en 1267, à Gilbert MacNaughten, par Alexandre III. Les MacNaughtens formaient autrefois une riche et puissante tribu des Highlands. Le chef de ce Clan avait donné de telles preuves de dévouement à Charles Ier et à Charles II, qu’à la restauration il fut élevé au rang de chevalier, mais il s’endetta, et les anciennes propriétés de sa famille furent saisies par ses créanciers.

En allant de Cladich à Dalmally, on laisse, à gauche, entre la route et le lac, sur un promontoire rocheux, les ruines du célèbre château de Kilchurn ou Coalchuirn, chanté par Wordsworth.

Child of loud-ihroated War ! the mountain stream Roars in thy hearing ; but tliy hour of rcst Is corne, and thou art silent in thy âge.

Enfant de la guerre à ta voix éclatante ! le torrent de la montagne mugit tout près de toi ! Mais l’heure de ton repos a sonné ! et tu es silencieux dans ta vieillesse.

Ce château, où, jusqu’en 1745, un corps de troupes royales a tenu garnison, forme un carré oblong avec un angle tronqué, et une grande tour carrée, flanquée de petites tours rondes, s’élève à l’un de ses angles. Tous les murs extérieurs et une partie des murs intérieurs sont encore debout. La tour carrée fut bâtie en 1 440, sur l’emplacement de l’ancien château des MacGregors, par l’épouse de M. Colin Campbell, le chevalier noir de Rhodes, et le fondateur de la famille Breadalbane.

Les ruisseaux le Strae et YOrchy, qui descendent des Glensdes mômes noms, confondent et versent leurs eaux dans le Loch Awe, à son extrémité orientale, à la base de Ben Cruachan. La rivière Awe sort du lac au fond d’une

Laie qui s’ouvre auN.-O., et, longeant le Ben Cruachan, va se jeter, à 7 à 8 m., dans le Loch Etive.

16 m. — A Dalmally, on rejoint la route de Glasgow, de Perth et de Stirling à Oban, décrite dans la route 24. 28 m. — Taynuîlt (F. route 24).

39 m. — Oban (F. route 20 , p. 239).

De GLASGOW à OBAN.

Par le lac Lomond.

97 ni. — Bateau à vapeur jusqu’à Bowling. — Chemin de fer de Bowling à Balloch. — Bateau à vapeur sur le lac Lomond. — Diligence du lac liomond à Oban. — Services quotidiens. — /r. les Time Tables pour les heures de départ et les prix. — On peut aller en un jour visiter le lac Lomond et revenir à Glasgow. Billets d’aller et de retour. Isolasse 4 sh. Les samedis il y a de nombreux trains de plaisir, aller et retour, 2 sh. G p et 2 sh.

Dc'Glasgow au Fort William. 409 m. 4/2 ( F . rente 24 de Glasgow à Tjyndnnn) et la route 43 de Tyndruni au Fort William.

10 m. de Glasgow à Bowling, par la Clyde , ou une heure en bateau à vapeur (F. route 15). Les bateaux à vapeur en correspondance avec le chemin de fer partent 6 fois par jour.

A Bowling on débarque pour prendre le chemin de fer qui conduit à Balloch , sur le lac Lomond , par Dumbarton. Il y a 6 convois par jour. La distance est de 9 m., le trajet se fait en 30 minutes. 1re classe, 1 sh. 6 p.; 2e classe, 1 sh. 4 p. ; 3L‘ classe, 11 p.

14 m. — Dumbarton 'F. route 15 , p. 204).

Au delà de Dumbarton , le chemin de fer , s’éloignant de la Clyde , remonte la rive droite de la Lcven , petite rivière qui apporte à la Clyde le trop plein du lac Lomond. La vallée qu’elle arrose est fertile, bien cultivée,

suffisamment boisée , parsemée de villages , de maisons de campagne et de manufactures diverses. Il y a des stations à Dalreoch , à Renton, où on a élevé un monument à la mémoire de Smollett , né dans la ferme de Dalquhurn ; à Alexandrie , village en face duquel on remarque Bonhill , sur la rive gauche de la Leven. Laissant à gauche le château gothique de Tillechetven, à droite le pont suspendu sur la Leven, et, près des ruines à peine visibles du Château de Balloch , le château moderne du même nom, on vient s’arrêter, au, — 19m., — village de Balloch , à l’extrémité même d’une jetée, construite sur le lac Lomond, et contre laquelle stationnent les bateaux à vapeur qui font tous les jours un voyage d’aller et retour , et les samedis deux voyages, outre une excursion de plaisir (V. les Time Tables). On compte 30 m. de Balloch à l’extrémité septentrionale du lac Lomond. Le trajet se fait en 2 heures 30 minutes. On débarque et on prend des voyageurs à Balmaha (6p.), àLuss(4 sh.), à Bowardennan (1 sh.6 p.), àTarbet (2 sh.) et â lnversnaid (2 sh. 6 p.). De Balloch à l’extrémité du lac, le prix d’une place est de 3 sh.

Le lac Itomond [Loch Lomond ), le plus beau , sans contestation, de tous les lacs de l’Écosse, car il est plein d’iles, comme son nom l’indique, a 30 milles de long. Sa largeur varie ainsi que sa profondeur. On compte o m. d’une rive à l’autre dans sa partie méridionale ; à son extrémité septentrionale ce n’est plus qu’un fleuve étroit, resserre par deux chaînes de montagnes. Près de Luss, il n’a que 45 mètres de profondeur ; il en a plus de 200 dans d’autres parties. Sa superficie totale est de près de 9,000 hectares. Ses eaux sont douces; cependant il éprouve l’influence des marées, et, en 4755, pendant le tremblement de terre de Lisbonne , il fut si violemment agité , que des vagues lancèrent des bateaux à

80 pas du rivage. Il offre des paysages variés aux voyageurs qui naviguent sur sa surface ou qui parcourent ses bords, car il est tantôt encaissé entre de hautes montagnes, tantôt il vient se confondre avec une plaine fertile dans de nombreuses baies aux formes gracieuses ; plusieurs belles vallées s’ouvrent ou débouchent sur ses bords ; enfin, parmi ses trente lies, les unes sont plates, les autres escarpées ; celles-ci ont un aspect sauvage, aride et nu, celles-là présentent les végétations et les cultures les plus opposées, des champs, des bruyères et des bois.

En quittant Balloch, on laisse successivement, adroite, Balloch Castlc , puis les ruines de Buturich Castle et Ross Priory; et, à gauche, les propriétés de Cameron House, de BelRetiro, d’Ardert. Au delà d’Arden, s’ouvre la vallée de Fruin , qui, au commencement du xviii0 siècle, fut le théâtre d’un combat acharné entre les MacGregorset les Colquhouns. Vers l’année 1590. des jeunes gens, du clan Macdonald du Glencoe, ayant commis un délit dans la forêt royale de Glen Artney, située au N. du lac Achray, furent poursuivis par le sous-intendant des forêts, Drummond de Drummondernoch , et condamnés à avoir les oreilles coupées. Un jour que Drummond était occupé, sur l’ordre de sa Majesté, à chasser et à tuer des daims pour célébrer l’arrivée de la reine Anne de Danemarck en Écosse, les parents des victimes de sa surveillance un peu trop sévère le surprirent, le massacrèrent, lui coupèrent la tête, et allèrent demander l’hospitalité à sa sœur, Mrs. Stewart d’Ardvorlich, sur le bord du lac Earn. Son mari étant absent, Mrs. Stewart leur fit un accueil assez froid et ne leur servit que du pain et du fromage. Dès qu’elle eut quitté la chambre où elle les avait reçus, ils placèrent sur la table la tête de son époux, et lui mirent dans la bouche

un morceau de pain et de fromage. À son retour, elle éprouva un tel saisissement qu’elle perdit immédiatement la raison, et qu’elle s’enfuit dans les montagnes. Cette malheureuse femme était sur le point d’accoucher. Les meurtriers se rendirent alors à l’église voisine de Balquhidder, où les MacGregors, leurs chefs, étendant la main sur la tète de Drummond, jurèrent, au pied de l’autel, de les défendre et de leur fournir un asile en cas de besoin. Instruit de ces faits odieux, le gouvernement ordonna les poursuites les plus sévères, et les Colquhouns traquèrent les MacGregors comme des bêtes fauves. Cependant les deux clans ennemis manifestèrent un jour le désir de se réconcilier ; un rendez-vous fut indiqué, pour traiter des conditions, dans la vallée de la Lèvent 603). Alexandre MacGregor du GlenStrae s’y rendit avec 200 hommes. A son retour, sir Humphry Colquhoun, de Luss l'assaillit, avec 800 de ses voisins et amis, dans le Glen Fruin. Les MacGregors étaient sur leurs gardes; ils se défendirent avec tant de valeur, qu’ils remportèrent la victoire, tuèrent plus de 200 de leurs ennemis, et en firent un grand nombre prisonniers ; mais, soit par accident, soit par vengeance, ils mirent le feu à une grange dans laquelle on avait renfermé, pendant le combat, 80 enfants en pension à Dumbarton, qui étaient venus pour assister, par simple curiosité, à l’entrevue des deux partis. Ils périrent tous au milieu des flammes de l’incendie.Soixante veuves desColquhouns tués dans le combat, vêtues de noir, montées sur des chevaux blancs, et portant au bout de longues perches deux cents chemises ensanglantées des victimes de cette rencontre, allèrent demander vengeance à Jacques VI, qui confisqua toutes les terres du clan victorieux, proscrivit leur nom, et ordonna, à quiconque pourrait atteindre un MacGregor, de le livrer à la justice ou de le massacrer sans pitié. A

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dater de cette époque, les MacGregors, obligés de se cacher, ne vécurent , pendant longtemps , que de rapines, et se livrèrent aux plus affreuses représailles. Leurs droits légaux ne leur furent rendus qu’en 1755.

Le vieux château de Banachra domine l’entrée de la vallée do Fruin, et, de l’autre côté, s’élève la colline du Dunfion, ou de Fingal ; car, selon la tradition, ce héros y avait établi une de ses résidences de chasse. Sur la rive orientale, à une certaine distance dans l’intérieur des terres, on aperçoit un obélisque élevé à la mémoire du célèbre George Buchafcan, le poète et l’historien.

Cependant le lac s’est élargi de plus en plus, et sa surface est parsemée de

AU the fairy crowds Of Islands that together lie As quietly as spots of sky Among tbe eveniog clouds.

Ces beaux groupes d’Ues qui reposent ensemble aussi paisiblement que les fragments du ciel bleu parmi les nuages du soir.

La première île que l’on dépasse se nomme Inch Murrin ; c’est la plus grande de toutes, elle a 2 m. de longueur ; elle est boisée, et le duc de Montrose, qui possède toute la rive orientale du lac, l’a peuplée de daims. A son extrémité méridionale, on jvoit encore les ruines d’un vieux fort appelé Fort Lennox , ancienne résidence des comtes de Lennox, où se retira Isabelle, duchesse ^“M’Àlbany, lorsque Jacques Ier eut fait décapiter à Stirling, en 1624, son père, son mari et ses deux fils. On laisse ensuite derrière soi l’ile beaucoup plus petite de Clar lnch, qui donna son nom pour cri de guerre aux Buchanans. Puis, dépassant Inch Cro et Ton Inch, on vient débarquer sur la rive orientale, à

B aima ha, hameau où descendent les voyageurs qui

veulent ou se rendre à pied à Rowardenan Inn ( V . cidessous) par le passage de Balmaha, ou aller directement à Stirling par Drymen (K. route 29). Un étroit canal sépare ce petit port de la pointe N. E. de Inch Cailliach, ou l’île des femmes, ainsi nommée parce qu'elle contenait autrefois un couvent de femmes. L’église de ce couvent servait d’église paroissiale au village de Buchanan ; il n’en reste presque aucun vestige aujourd’hui. Mais on continue à enterrer les morts de la paroisse dans le cimetière où sont inhumées plusieurs familles des clans voisins. Parmi ses monuments funéraires, on remarque les tombes des Lairds de MacGregor.

En quittant Balmaha, le bateau à vapeur se dirige au N. -O. sur Luss. Ce trajet offre les points de vue les plus variés et les plus intéressants de toute la traversée du lac Lomond. On découvre successivement Inch Cardach, Buck Inch , Inch Carachan , Inch Lanaig, où la famille Luss élève des daims , Inch Tavcuiagh, au sud de laquelle se dressent au-dessus de l’eau les ruines de Galbraith Castle, Inch Fadn, l’île longue, Inch Moan , Inch Cruin, ou l’ile ronde, où l’on avait établi autrefois un asile pour les aliénés.

lus* est un joli village situé sur un promontoire à l’entrée d’un petit vallon dont l'extrémité supérieure ne se trouve pas éloignée du Loch Long. Il possède des carrières d’ardoises qu’il exploite avec profit. On découvre une belle vue de la colline appelée Stonehill, qui le domine au N. Sur la rive occidentale, on remarque au S. les propriétés de Camstradden et de Rossdow , la splendide résidence de sir James Colquhoun, Bart, près de laquelle s’élève une vieille tour, seul vestige de l’ancien château de Luss, dont la dernière héritière a épousé Colquhoun de Colquhoun.

Au delà de Luss on se dirige directement au nord en

facedeBetiLomond, qui depuis longtemps déjà attire l’attention, puis, après avoir dépassé Inch Lonaig , on double un long promontoire , de l’autre côté duquel le lac Lomond se rétrécit de plus en plus , et bientôt, laissant à gauche ou à l’O. Nether Inveruglas , on atteint

Bowardeonao Inn , excellent hôtel où s’arrêtent en général les voyageurs qui veulent faire l’ascension de Ben Lomond (2 h. à 2 h. 30 m., 5 h. aller et retour), ascension facile et nullement dangereuse.

Le Ben Lomond , qui appartient tout entier au duc de Montrose, s’élève de 965 mètres au-dessus du niveau du lac dont il porte le nom , et qui est lui-même à près de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est le dernier anneau de la chaîne des Grampians, qui traversent les comtés de Perth , de Forfar et d’Aberdeen. Audessous des roches stériles qui le couronnent, il est successivement enveloppé de zones de verdure , parmi lesquelles on distingue les nuances des bruyères, des sapins, des chênes , des mélèzes et des bouleaux. Le coq de bruyère se plaît dans ses retraites les plus cachées. Des troupeaux de moutons et de bétail paissent les pelouses où l’herbe a remplacé la bruyère. Des rives du lac, mais surtout de la rive occidentale , on le voit se dessiner comme un immense cône tronqué , avec une légère projection vers le S.-E., tandis que du côté du S.-E. il se montro tout à fait séparé des montagnes qu’il domine. Au N. il se termine par un escarpement brusque ; c’est du côté du S.-E. qu’est sa pente la plus douce.

Du sommet de Ben Lomond , on embrasse d’un seul regard les deux tiers de l’Écosse , de l’embouchure du Forth et de la mer Germanique au golfe de la Clyde, et à l’Océan Atlantique; de Ben-Nevis et des dernières chaînes des monts Grampians, dans les comtés d’Inverness et d’Aberdeen , aux montagnes du Cumberland et aux

côtes bleuâires de l’Irlande et de l’île de Man. Du côté de l’est, on découvre une tache blanchâtre qui couvre le pied d’une colline : c’est Édimbourg et la colline Arthur’s Seat ; du côté du sud , sous un dôme de vapeurs roussâlres, brillent les maisons neuves de Glasgow. Ce château , dont on aperçoit les formes confuses au milieu de la plaine , c’est Stirling sur son rocher. Du côté du nord-ouest, le spectacle est plus extraordinaire encore ; là terre, coupée de lacs, la mer, semée d’iles nombreuses, se partagent également l’espace et y forment des découpures bizarres. « Sous vos pieds, le lac Lomond s’étend comme un miroir qui reflète le ciel ; plus loin , le Loch Long et le golfe de la Clyde dessinent un Y. ‘Par delà le Loch Long, le Loch Fvne s’allonge tortueusement dans les terres, comme un serpent bleuâtre qui semble poursuivre le Loch Awe aux eaux plus vertes. Enfin, par delà ces lacs et ces grands bras de mer , s’étendent les terres de Jura, de Mull, d’Arran et tout l’archipel des Hébrides, dont les îles, au nombre de plus de deux cents, couvrent au loin l’Atlantique. La vue que l’on a du haut do Ben Lomond est plus remarquable par son étendue que par sa magnificence, ajoute M. Mercey. Ces grands bras de mer plombés, ces montagnes nues et brunes, ces collines déboisées, couvertes de bruyères rougeâtres, et la sombre végétation des plaines, donnent un aspect un peu triste au paysage , qu’égaient à peine les nombreuses habitations qu’on aperçoit sur les premiers plans. »

Les voyageurs qui se rendent à Inverary débarquent à l’Hôtel de Tarbet (K. route 23), situé sur la rive occidentale ; ceux qui veulent aller à Callander par les Trosachs ou à Stirling par Aberfoyle, débarquent à l’Hôteld’Xnversnaîd, surla rive orientale (F. routes 25 et 30). A mesure qu’on approche do son extrémité , le lac Lomond devient plus étroit et plus sauvage ; les montagnes

qui le resserrent s’élèvent ; on dépasse successivement une petite île boisée nommée Inveruglas, et un îlot appelé Eilan Whou sur lequel on voit encore les ruines d’une forteresse de la famille de Macfarlane. Près de Tarbet, on a remarqué à l’O. la montagne de Ben Arthur, surnommée le Cobbler{V. route 23); au delà d’Inversnaid on laisse à droite la Grotte de Rob Roy, qui ne vaut pas une visite. Deux blocs énormes, écartés dansée bas, s’arc-boutent à leur sommet, et laissent entre eux une ouverture triangulaire, par laquelle on pénètre dans l’intérieur jusqu’à une certaine distance. Cette ouverture se prolonge, tantôt large, tantôt étroite, sous une voûte naturelle plus ou moins surbaissée. Les abords en sont assez difficiles. Enfin, le bateau s’arrête — à l’extrémité du Loch Lomond, où conduit une bonne route de voiture qui longe la rive occidentale, — à

— 30 m. de Balloch, 49 m. de Glasgow, — Ardlieu Inn, hôtel au delà duquel on remonte une vallée assez large, mais nue, arrosée par le Falloch, qui lui a donné son nom, et d’où l’on passe dans le Strathfillan.

S8 m. — A Crianlarîch Inn, on rejoint la route de Stirling (F. route 34) et on découvre une belle vue sur le Ben More, à l’E., A 1 m. 4/2 environ, près de l’église de Fillan , le Fillan a, jusqu’à ces derniers temps, vu se renouveler trop souvent une abominable coutume. A certains jours de l’année, les habitants des pays voisins avaient l’habitude d’y amener des aliénés ou des idiots, de les plonger au milieu du Fillan, et de les déposer pieds et poings liés dans le cimetière de Saint- Fillan, où ils les laissaient toute la nuit, attachés, en outre, à deux bâtons, qu’ils avaient solidement plantés en terre ; si le lendemain matin ces malheureuses victimes de la superstition n’avaient pas détaché les cordes qui les liaient, on désespérait de leur guérison. Un peu

270 ROUTE 24.— -'DK GLASGOW À OBAN.

plus loin, on passe sur le Dalrigh , ou le champ du roi, qui fut le théâtre de l’un des exploits les plus mémorables de Robert Bruce, ainsi raconté par Walter Scott :

« Chassé de montagne en montagne, Bruce essaya de pénétrer dans Lorn ; mais partout il trouva des ennemis. Les MacDouglas, seigneurs puissants qui prenaient le titre de Lords de Lorn, étaient attachés au parti de l’Angleterre. Lorsqu’ils apprirent que Bruce cherchait à entrer dans leur pays, ils firent prendre les armes à tout ce qui était sous leur dépendance, et attaquèrent ces malheureux fugitifs. John de Lorn, le chef des Douglas, nourrissait une haine envenimée contre Bruce, à cause du meurtre de Gomyn-le-Roux, son proche parent. Bruce, accablé par la supériorité du nombre, essuya une nouvelle défaite près d’un endroit appelé Dalry ; mais il montra, dans cette nouvelle infortune, cjuels étaient sa force et son courage. 11 dit à ses compagnons de se retirer par un étroit défilé , et, se plaçant le dernier de la troupe, il combattit et mit à mort tous ceux qui le pressaient de trop près. Trois des guerriers de Douglas, MacAndrosser et ses fils, connus pour leur force prodigieuse, voyant avec quel succès Bruce protégeait la retraite de ses gens, firent vœu de le prendre mort ou vif. Ils se jetèrent sur lui tous ensemble. Le roi était à cheval dans l’étroit passage dont nous avons parlé, entre un roc escarpé et un lac profond. Un des deux fils ayant pris la bride de son cheval. Bruce lui donna un si terrible coup d’épée, qu’il abattit la main de son audacieux adversaire, qui tomba baigné dans son sang. Pendant ce temps, l’autre frère lui avait saisi la jambe et s’efforçait de le renverser; mais, le roi, enfonçant ses éperons dans le ventre de son cheval, le fit se dresser si brusquement que le montagnard tomba sous les pieds du superbe animal ; et, comine il s’efforçait de se relever,

ROUTB 24.— DE GLASGOW A OBÀN. 274

Robert lui fendit la tète. À la vue de ses deux fils expirants, Androsser se précipita sur Bruce et le saisit par son manteau, qu’il serra de si près autour du corps du roi, que celui-ci ne pouvait plus brandir sa longue épée ; mais se servant du pommeau, ou suivant d’autres, d’un marteau d’armes suspendu à l’arçon de sa selle, Bruce en asséna un coup si terrible à ce troisième assaillant, qu'il lui fit sauter la cervelle. Cependant, comme la main du montagnard, roidie encore par la mort, n’en serrait que plus étroitement son manteau, le roi, pour se débarrasser du cadavre, fut obligé de détacher l’agrafe qui fermait le manteau, et d’abandonner l’un et l’autre. Cette agrafe est encore aujourd’hui conservée soigneusement par la famille des MacDouglas de Lorn, comme une preuve irrécusable que le célèbre Robert Bruce fut une fois bien près de tomber entre les mains d’un de ses ancêtres. »

64 m. 4/2. — A Tyndrim», où l’on trouve un bon hôtel, on laisse, à droite, la route qui conduit à Fort William (K. route 43). On traverse l’Orchy, qui descend du Glen Orchy, peu de temps avant d’arriver à

74 m. — Dalmaiiy, où on laisse, à gauche, la route qui conduit à Port Sonachan et à Inverary (K. route 23).

2 m. au delà, on traverse le Strae, qui descend du Glen Strae, et, contournant le Loch Awe, sur la rive orientale duquel on aperçoit le château deKilchurn ( V. route 23) , on vient longer, sur la rive droite de l’ Awe la base de Ben Cruachan, au delà de la ferme de Corry. Les rochers qui dominent la route étaient autrefois garnis de bois, qui ont été coupés pour alimenter une fonderie établie à Bunawe, sur le Loch Etive. La vallée a un aspect désolé et sauvage, surtout vers le pont qui traverse l’Awe, et près duquel on laisse, à droite, une route qui conduit à Inveraice House et à Bunawe, situé sur le Loch Etive,

272 ROOTE 24. — DK GLASGOW A OBAN.

et d’où l’ascension de Ben Cruachan est le plus facile. Ce fut dans les environs de ce pont que Robert Bruce, attaqué par John de Lorn, défit et décima le clan des Mac Douglas.

86 m. — Taynuilt im», hôtel au delà duquel on longe le bord méridional du Loch Etive, qui est çà et là garni de bois. Le i*od» Etive est une baie navigable de 45 m. de long, divisée en deux parties bien nettement tranchées, par le bac de Bunawe, à 4 m. environ de Taynuilt. La partie occidentale ou- inférieure, entourée de collines basses, n’a rien de pittoresque, mais la partie orientale ou supérieure, dominée par Ben Cruachan et ses satellites, offre quelques paysages d’un aspect imposant et sévère; parfois pendant l’été les bateaux à vapeur d’Oban y font des excursions. Sur la rive septentrionale on aperçoit, en allant de Taynuilt à Oban, les ruines du Prieuré Ardchattan et la maison du prieur encore habitée. Ce prieuré, bâti par Duncan MacDougal, vers l’an 4230, fut incendié par Colkitto pendant les guerres de Montrose. Robert Bruce y tint un parlement, un des derniers parlements où les affaires publiques se traitèrent dans la langue gaélique. On y remarque quelques tombeaux curieux.

On ne tarde pas à découvrir les montagnes noirâtres de Mull et de Morvern, et l’île verdoyante de Lismore. A Connel Ferry ( Bac de Connel), à moitié chemin de Taynuilt à Oban, on laisse, à droite, la route qui conduit par terre d’Oban à Fort William ( V. route 48 ), et 4 /2 m. plus loin les ruines du Château de Dunstaffhage se dressent à l’entrée du Loch Etive, au sommet d'un rocher à pic.

« Les ruines du château de Dunstaffnage, ce berceau de la monarchie écossaise, rappellent, dit M. F. Mercey, mais sur une échelle beaucoup plus grande, les débris

de tous ces nombreux châteaux qui s’élèvent au sommet de chaque éminence et sur chaque promontoire du duché d’Argyle. Une partie de ses murs m’a paru avoir une grande analogie avec les restes de la muraille d’Adrien ( Graham’s-Dyke ). Je serais donc fort disposé à croire que cette résidence des premiers rois du pays fut, dans le principe, une forteresse romaine. Le château, dont les murs extérieurs sont seuls restés debout, couvrait un grand espace de terrain ; sa forme était un carré long, flanqué de tours rondes à ses angles, comme le palais d’Holvrood, à Édimbourg ; la porte principale du château s’ouvrait du côté de la mer. Les chefs ou rois des tribus galliques de l’ouest habitèrent le château de Dunstaffnage jusqu’ au milieu du ix® siècle. Dansl’année 843, Kennet, fils d’ Alpin, roi de l'Albanie occidentale ou des Galls et des Scots, ayant soumis les Pietés, habitants de la plaine, les mangeurs de pain , comme les montagnards les appelaient par dérision, déserta le pays natal, et, abandonnant la vieille forteresse de Dunstaffnâge, fixa son séjour dans ce pays, où croissaient les moissons, et que, naguère, méprisaient ses ancêtres. Scone et Dunfermline devinrent les capitales des Scots, et Kennet fit transporter dans la première de ces deux villes la pierre sacrée sur laquelle les rois des îles et des montagnes de l’ouest montaient le jour de leur couronnement. Debout sur cette pierre, de 7 pieds carrés environ, le nouveau roi qu’allait sacrer l’évêque d’Argyle» assisté de sept prêtres, jurait, en brandissant l’épée royale, de conserver à chacun ses droits et de rendre à tous bonne justice. Cette cérémonie avait lieu en présence de tous les grands chefs des îles et du continent, réunis et assis en cercle sur des sièges taillés dans le roc.

« La pierre de Dunstaffnage, le plus simple de tous les trônes, resta à Scone jusqu’au xme siècle. A cette

274 ROUTE 23i— DE GLASGOW A OBÀN.

époque, le roi d’Angleterre, Édouard Ier, ayant conquis l’Écosse à l’aide de ses archers qui, montrant leur douze flèches, disaient qu’ils portaient douze Écossais dans leùrs trousses, s’empara de la fameuse pierre, et la fit transporter à grands frais dans l’église de l’abbaye de Westminster, où on la voit encore aujourd’hui, et sur laquelle le roi d’Angleterre s’assied encore le jour du couronnement. Si la conservation de la pierre royale de Dunstaffnage n’avait rien d’extraordinaire, celle des ornements et attributs de la royauté ( regalia ), jusqu’au commencement du dernier siècle, était beaucoup plus merveilleuse, surtout quand on songe aux nombreuses guerrès et révolutions qui, depuis la conquête d’Édouard, avaient agité le pays : le châtelain de Dunstaffnage en avait la garde. Dans les premières années du dernier siècle, des domestiques infidèles, profitant de sa vieillesse et de sa cécité, les volèrent et les vendirent à des juifs, qui firent fondre le vieux sceptre d’argent, l’épée à poignée richement travaillée, la couronne et les autres joyaux* Il n’est resté de ces monuments curieux qu’tiüè hallebarde, ou lochaber axe, d’une dizaine de pieds dé longueur. Le travail en est remarquable, et les incrustations d’argent dont elle est ornée sont d’un goût excellent. Cette hallebarde était trop longue et trop lourde pour être facilement emportée ; c’est à cette particularité seulement qu’on doit sa conservation. Plus tard, M. Campbell, l’un des derniers propriétaires du château de Dunstaffnage, a trouvé, sous ses décombres, une petite statue d’ivoire représentant un roi assis sur son trône, la couronne en tête, et tenant de la main gauche un livre de lois. La figure du monarque exprime la méditation ; sa barbe est longue ; son habillement, et surtout son manteau, bordés de fourrure, ressemblent aux anciens costumes danois. Cette statue, qu’on fait

remonter au vi* siècle, c’est-à-dire au temps de la domination des Galls et des Scots dans cette partie de l’Écosse , a fort occupé les antiquaires depuis que M. Pennant en a donné une description. Tous s’accordent à la classer parmi les plus curieux monuments galliques, et cependant, nous le répétons, le costume du roi qu’elle représente n’a rien de commun avec les costumes des habitants de l’Albanie ou des Scots et des Pietés, tels que Claudien ou Tacite les ont décrits.

« Dunsiaffnage devint, vers le xive siècle', la résidence des Lords des Iles ; c’était à la fois leur forteresse et leur maison de plaisance. La situation en était, du reste, admirablement choisie ; car elle commande à la fois la belle péninsule de la haute Lorn, la terre de Morvern et les îles de Lismore, de Mull, et de ferrera.

« A peu de distance du château s’élève une petite chapelle gothique d’un précieux travail. Plusieurs rois d’Êcosse furent enterrés dans cette chapelle, dont le faite, en s’abîmant, a encombré l’intérieur et recouvert les tombes d’une épaisse couche de débris. Non loin de cette chapelle, si l’on se tourne du côté d’un roc isolé qui s’élève à une grande hauteur, et si l’on se parle à demi-voix, on entend un écho répéter intelligiblement chaque syllabe. »

En face de Dunstaffnage, sur l’autre rive du Loch Ètive, les géologues vont admirer de magnifiques rochers appelés Cragan Righ , ou les roches du roi, et un beau fort vitrifié appelé Dun Mac Snichan , à peu de distance de l’emplacement où , selon les antiquaires les plus compétents, aurait été bâtie l’ancienne capitale des Pietés, Berigonium. On croit que cette localité est le Selma d’Ossian. Un peu plus loin sont les ruines de Bercaldine Castle.

97 m. — Oban ( V. route 20, p. 239).

276 BOUTE 25. — d’inversnaid a callander.

R®y!rE

D’INVKRSNAID à CALLANDER

Par le lac Katrinc et lea Trosachs.

22 m. 1/2. — Route do char. — D’inversnaid an lac Katrinc, S ni. — Il faut faire ce trajet à pied ou bien louer soit de petits chevaux, soit un cart. — Bateau à vapeur sur le lac Katrine, 8 in. 1/2; trajet en! h. Prix: 2 sh. — Du lac Katrine à Callander, 8 m. 1/2; bonne route de voiture, service public pendant l'été correspondant avec le bateau à vapeur qui fait plusieurs voyages par jour.

En partant le matin à 7 h. de Glasgow on peut facilement aller coucher à Callander et même à Stirling, après avoir visité les lacs Lomond et Katrine et les Trosachs.

Inversnaid (V. TOUte 23, p. 268).

Près de ce bon hôtel, on peut aller visiter le lit pittoresque d’un petit torrent qui fait quelques petites chutes sur des rochers agréablement boisés, et qui va se perdre dans le lac comme le Giessbach, auquel il ne ressemble guère. C’est là que Wordsworth a placé la scène de son poëmo intitulé : The Highland, Girl.

Au delà d’inversnaid Inn, la route gravit une côte escarpée, heureusement ombragée par quelques bouquets de petits arbres. En se retournant, on découvre de beaux points de vue sur le lac Lomond, le Ben Lomond, le vallon d’Inveruglas, situé en face d’inversnaid, et les montagnes d’Arroquhar, qui le dominent à l’O.. Bientôt, cependant, on franchit un petit col et on descend dans un vallon supérieur, entouré de tous côtés do montagnes, qui, de leur base à leur sommet, sont couvertes d’ajoncs, de bruyères, de pâturages, de vaches, et surtout de moutons. On n’y découvre pas un arbre, mais çà et là quelques misérables huttes attestent que cette contrée est habitée. Près des premières, que l’on laisse à droite dans un enfoncement marécageux , on

Di^obb^oo^le

ROUTE 25. — d’inversnaid a callander. 277

voit sur la gauche les ruines du fort d’inversnaid, construit en 1713 par le gouvernement pour tenir en respect les MacGregors ; car c’est dans ces vallées, et sur ces montagnes, qu’a le plus souvent retenti l’appel hux armes de ce clan fameux, dont Walter Scott a fait une paraphrase si poétique.

The moon’s on the lake, and the mist's on the brae,

And the clan has a name that is nameless by day;

Then galber, gather, gather. Grigalach 1 Galher, gather, gather, etc.

Our signal for light, that frotn monarchs we drew,

Must be heard but by night in our vengeful haloo I Then haloo, Grigalach 1 haloo Grigalach 1 Haloo, haloo, haloo Grigalach, etc.

Glen Orchy’s proud mountains, Coalchuirn and her towers, Glenstrae and Glenlyon no longer are ours;

We’ re landless, landless, landless Grigalach ;

Landless, landless, landless, etc.

But doom’d and devoted by vassal and lord,

MacGregor has still both bis heart and his sword I Then courage, courage, courage, Grigalach !

Courage, courage, courage, etc.

If they rob us of name, and pursue us with beagles,

Give their roof to the flarne, and their flesh to the eagles ! Then vengeance, vengeance, vengeance, Grigalach 1 Vengeance, vengeanee, vengeance, etc.

While there’s leaves In the forest, and foam on the river, MacGrogor, despite them, shall flourish for ever 1 Corne then, Grigalach, corne then, Grigalach I Corne then, cotne then, corne then, etc.

Through the depths of Loch Katrine the steed shall career,

O’er the peak of Ben Lomond the galley shall steer,

And the rocks of Craig-Royston like icicles nielt,

Ere our wrongs be forgot, or our vengeance unfelt !

Then gather, gather, gather, Grigalach !

Gather, fgather, gather, etc.

278 ROUTE 25. — D’mVERSNATD A CALLANDBR.

La lune est sur le lac, le brouillard est sur la bruyère, et le clan porte un nom qui ne peut plus être prononcé le jourl Allons, rassemblez-vous, rassemblez-vous, rassemblez-vous, Grcgalich I

Notre signal pour le combat, que nous tenons de monarques, né peut plus retentir que la nuit dans notre cri de Vengeance 1 crions donc, Grcgalich î crions, Gregalich I

Les hautes montagnes d’Orchy, Coalchuim et ses tours, Glenstraé et Glenlyon ne nous appartiennent plus. Nous sommes sans terre, sans terré, sans terre, Gregalich i

Mais, bien que voué au trépas et proscrit par le vassal et par le seigneur, MacGregor a encore et son coeiir et son épée ! allons, courage, courage, courage, Gregalich I

S’ils nous dépouillent de notre nom, s’ils nous poursuivent avec leurs limiers, livrons leurs toits aux flammes et leur chair aux aiglesl allons vengeance, vengeance, vengeance, Gregalich 1

Tant qu’il y aura des feuilles dans les forêts ou de l’écume sur la torrent, MacGregor, en dépit d’eux, prospérera toujours! venez donc, Gregalich I venez donc, Gregalich 1

Le coursier fournira sa carrière dans iè'à profondeurs du lac Katrine, les navires vogueront sur le pic du Ben Lomond, et les rochers de Craig-Boyston fonderont comme des glaçons, avant que nous oublions les injustices commises envers nous, ou que nos ennemis ne sentent plus les effets de notre vengeance. Allons, rassemblons-nous, rassemblons-nous, Gregalich 1

Après avoir côtoyé le petit lac Arklet, on laisse à droite la route qui conduit à Stirliûg par les lacs Chon et Ard, et Aberfoyle (V. route 30), ët bientôt on découvre à gauche une partie du lac Katrine ; continuant à descendre, on né tarde pas à voir le chemin sô bifurquer ; celui de droite mène à l’ancien cabaret, près duquel stationnait le bateau à. vapeur ; celui de gauche aboutit à un hôtel qu’on vient de construire pour les voyageurs qui voudraient s’arrêter sur les bords du lac, ou que le mauvais temps y surprendrait. Le Rob Roy, petite, laide et incommode barque, mue par la vapeur, fait la traversée en une heure et quelques minutes. Il a pour

BOUTE 2b. — D’iNVEBSNAID A CALLANDER. 279

pilote un Highlander, ou soi-disant tel, qui porte le costume traditionnel, et qui joue deux ou trois airs avec son piper bag. En \ 843, on §.vait, pour 1^ première fois, lancé un bateau à vapeur sur le lac Kalrioe ; mais, pendant la nuit du 4 8 juillet, ce bateau disparut sans qu’on pût savoir ee qu’il était devenu ; les bateliers rameurs, jaloux de la concurrence qu’il leur faisait, l’ avaient coulé à fond . Les coupables échappèrent aux recherches de la justice.

Le Uc Katrina, dont l’orthographe varie, car on F écrit aussi Catrine, Katterin et Catherine, — le lac Çeam, en gaélique, ou le lao des Héros, — a 40 ra. de long, et, en certains endroits, % m. de large, et 1 46 mètres dans sa plus grande profondeur. Il ne gèle jamais. La rivière qui en sort à son extrémité orientale forme le Teith, un affluent du Forth, après s’ètre mêlée avec celle qui descend du passage deLeny. Les Écossais l’ont, à cause de ses sinuosités, comparé à une anguille et à un serpent. Les collines qui l’entourent, et les montagnes qui les dominent, sont malheureusement plus nues que boisées, mais elles offrent une succession de paysages tour à tour gracieux et sévères. Le principal défaut du lac Katrine, qui a été trop vanté, c’est de manquer de vie ; il n’est pas assez sauvage pour être inhabité. Sa forme et ses nombreux promontoires, qui ne le laissent jamais voir en entier, lui donnent la variété qu’il n’a pas par luimême. Il doit surtout la célébrité dont il jouit à Walter Scott, qui a placé sur ses bords les principales scènes du roman poétique la Dame du Lac. C’est sur ses eaux que naviguaient les guerriers du clan d’ Alpine, quand ils ebantaient le Boat Song.

Mail to che chief wlio in triumph advances l Honour’d and bless’d be the ever green Pine ! Long may the tree, in his banner that giances Flourisb, the shelter and grâce of our line !

280 ROUTE 25. — d’inversnaid a callander.

Heaven send it happy dew, j Earth lend it sap anew,

Gayly to bourgeon, and broadly to grown While every Highland glen Sends our shout back agcn,

Roderigh Vich Alpine Dhu, bo! ieroe 1

Là, Filz James aperçut, pour la première fois, Hélène Douglas. Ici furent célébrées les cérémonies qui précédaient le départ de la croix de feu. Voici nie, un peu agrandie par le poëte, où la Dame du Lac conduisit son hôte. Dans ces parois abruptes qui lui font face., s’ouvre Coir-Nan-Uriskin , la caverne du Lutin, où Douglas cacha sa fille, et au-dessus de laquelle s’étend le sombre ravin de Beal-ach-nam-bo.

La partie la plus belle du lac Katrine est son extrémité orientale. A gauche, se dresse le Ben-An, haut de 540 mètres, dont la tête pyramidale, sillonnée par la foudre, est dépouillée de toute végétation. A droite, le Ben-Venue montre, à 840 mètres d’élévation, son front majestueux, où le combat des éléments a laissé de profondes cicatrices. La première de ces montagnes est nue, décharnée; la seconde, couverte jusqu’aux deux tiers, d’arbres antiques, de taillis, de buissons, de halliers, d’une sombre forêt. « Toutes deux, a dit un voyageur anonyme, prêtent aux rêves de l’imagination. Les découpures de leur cime ressemblent, tantôt à des villes de guerre, cernées de murailles, de tourelles et de créneaux, tantôt à des cités paisibles, couronnées des dômes et des flèches de leurs églises. La stérilité , dont l’une est comme frappée, inspire aux Écossais du nord une sorte de terreur. L’autre est, pour eux, un objet de superstition. Des traditions anciennes leur ont persuadé que des génies habitent la grotte creusée à sa base. Quelques-uns supposent une influence funeste à ces êtres surnaturels, qu’ils nomment Urisks. La plupart pen-

* BOUTE 25. — d’inversnaid a callandeb. 284

sent, au contraire, qu’ils sont bienfaisants, laborieux, et qu’ils secondent les travaux des laboureurs. Quand uno ferme prospère, ils les croient amis de la famille qui l’exploite, et comme leur providence domestique (4). » Le bateau à vapeur va débarquer ses passagers au fond d’un petit bassin qui n’a pas d’écoulement apparent ; des voitures les attendent pour les conduire, soit à l’hôtel voisin, soit à Callander. Bien que le passage des Trosachs ait été beaucoup trop vanté, il mérite d’autant plus d’être visité à pied, que la partie traversée par la route n’en est pas la plus belle, et que, pour le bien voir, il faut, de temps à autre, entreprendre des excursions à gauche ou à droite.

Les Trosachs, dont le nom signifie région hérissée, sont de vastes rochers amoncelés au fond d’une gorge boisée, que dominent Ben- An, au N., et Ben-Venue auS. Walter Scott y a placé la grande scène où Fitz James ose témoigner à son guide inconnu le désir de se trouver en présence de Roderic et de son clan rebelle, et où Roderic, se nommant, fait, d’un coup de sifflet, sortir du milieu du taillis et de la bruyère une armée de montagnards prête à combattre. Il a décrit, sous des images peut-être un peu générales, cette masse confuse de rochers, de montagnes et de bois.

The western waves of ebbing day Roll’d o’er the glen their level way ;

Each purple peak, each flinty spire,

Was bathed in floods of living lire.

But not a setting bearn could glow Within the dark ravines below,

Where twined the paih, in shadow hid,

Round many a rocky pyramid,

(1) Il faut de 2 ii. à 2 h. 50 min. ponr monter jusqu’au sommet de Ben-Venue.

282 ROUTE 25. — • d’inversnaid a càllànber

Shooting abruptly from lhe dell Ils thunder-splinter’d pinnacle ;

Round many au insulated mass,

The native bulwarks of the pass, lluge as the tower which builders vain Presomptuous piled on Shinar’s plain.

The rocky summits, spiit and rent,

Fonn’d turret, dôme, or hautement.

Or seem’d fantasticatly set,

With cupola or minaret,

Wild crests as pagod ever deck’d,

Ormosque of eastern architect,

Nor were these earth-borne castles bare,

Ror lack’d they many a banner fair ;

For, from their shiver’d brows disptay'd.

Far o’er the unfathomable glade,

Ail twinkling with the dew-drops sheen,

The briar rose fell in strcamers green,

And creepiug shrubs of thousand dyes,

Waved in the west wind’s sumraer sighs.

Les dernières vagues du jour mourant se déroulaient en lignes droites au-dessus du vallon ; tous les pics dorés, toutes les aiguilles rocheuses, étaient inondés des flots d’une lumière éclatante, mais aucuu rayon ne pouvait pénétrer au fond des sombres gorges qui s’ouvraient au-dessous, où le sentier serpentait caché dans l’ombre, autour de roches pyramidales, qui dressaient brusquement, des profondeurs de la ypllée, leur somipet sillonné par la foudre, autour de masses isolées, les remparts naturels du passage, plus vastes que la tour élevée par des architectes présomptueux sur la plaine de Shinar. Les sommités rocheuses, fendues, déchirées, avaient la forme de tours, de dômes, de bastions, ou ressemblaient, par leurs dispositions fantastiques, à des coupoles, à des minarets, aux toits bizarres des pagodes sauvages, ou aux mosquées de l’Orient. Ces châteaux, construits par la nature, n’étaient pas nus, ils ne manquaient pas, pour la plupart, de nobles bannières ; car on voyait de leurs fronts dentelés, pendre au-dessus des grands précipices, des guirlandes d’aubépines étincelantes de rosée, et des plantes grimpantes de mille couleurs flottaient à la chaude brisé du vent du couchant.

On ne compte qu’un mille et demi du lac Katrine à

ROUTE 25. — [d’inversnaid a callander. 283

l’Hôtel des Trosachs ou d’Ardcheanoohrocban, situé sur la rive septentrionale du loch Achray , charmant lac parfaitement encadré, d’un mille et demi de longueur, que bien des amateurs préfèrent au lac Katrine. L’Hôtel des Trosachs est bon, mais triste, malgré sa position avantageuse. On a eu la malheureuse idée de remplacer l’ancien cottage par une espèce de château à tourelles, où l’on manque d’air et de lumière. G’est de là qu’on part généralement pour faire l’ascension de Ben- Venue. On peut aussi aller à Aberfoyle rejoindre la route 30 (5 m. environ).

A peu de distance de l’extrémité orientale du lac Achray, que la route a côtoyé sous de frais ombrages , on traverse le Pont de Turk ( Bridge of Turk), près duquel on a construit un nouvel hôtel, un peu plus gai d’aspect que celui des Trosachs. Ce pont traverse le torrent descendu de la vallée appelée OlenBnlas, qui s’ouvre, au N. C’est dans cette vallée que Walter Scott a placé la scène do la ballade intitulée : Glenfinlas ou Lord Ronald’ s Coronach, qui a commencé sa réputation poétique , et que tombe la cascade où Brian fit la cérémonie mystérieuse du Taghaim , pour consulter les oracles sur les destins de Roderic. Un sentier, qui la traverse, conduit à Lochearnhead. On peut descendre, dans le Strathire, soit par le GlenFinlas, soit par le Glen Main, soit par le Glen Cashaig. Le premier chemin aboutit au Loch Voil ; le second, à l’église de Balquhidder, près de l’extrémité inférieure dece lac ; le troisième, le plus court, à l’extrémité occidentale du Loch Lubnai On compte six heures de marche des Trosachs à Lochearnhead. Du col, qui est très-élevé, on découvre une belle vue sur les plus hautes montagnes de l’Écosse, — Ben Voirlich, Ben More et Ben Lawers. — La descente est très-roide, et il faut incliner sur la gauche. ]

284 ROUTE 25. — d'inversnaid a callander.

Après avoir gravi une petite éminence, on ne tarde pas à apercevoir le lac Venachar, au bord duquel on descend pour traverser le Bois lamentable ( Coillebroine ). Ce nom vient d’un des vieux contes dont les nourrices s’amusent à effrayer l’enfance, pour lui inspirer la crainte du danger. Doutant de l’empire de la raison qu’elles ne connaissent guère elles-mêmes, elles s’adressent à l’imagination, à la folle toujours prête à recevoir les impressions qu’on veut lui donner. Le kelpie est le génie malfaisant des eaux. Il ne se plait que dans les naufrages et les inondations. Un jour il se montra, sous la forme d’un joli cheval blanc comme du lait, à des enfants qui jouaient sous la feuillée. L’envie leur prit de monter dessus. II se baissa pour se mettre à leur portée. Quand ils furent assis sur sa croupe moelleuse et docile, lentement pas à pas, il s’approcha de la rivière ; puis, tout à coup s’y élança et les emporta tous dans son repaire, hors un seul qui lui échappa, afin que la mémoire de cet événement terrible ne fût pas perdue.

Le lac Venachar a 4 m. de long et 3/4 de m. de large. Il appartient au très-honorable comte de Moray, qui ne veut pas qu’on en approche et surtout qu’ou y pêche, car il promet 25 1. st. de récompense à tous ceux qui lui dénonceront les délinquants. Bien que monotone, il présente, surtout quand on va aux Trosachs, quelques tableaux agréables. Sur sa rive septentrionale se trouve Xianrick Mead (la prairie de Lanrick), rendez-vou3 fixé du clan d’ Alpine, lorsque la croix de feu parcourut la montagne à l’ordre de Roderic Dhu. A son extrémité orientale, près du Coilantogle Ford, eut lieu le terrible combat corps à corps de Roderic Dhu et de Fitz James, dont le roi-chevalier sortit vainqueur, après avoir vainement tendu une main amie au farouche fils de Gaul (V. la Dame du Lac, ch. v).

Au delà du Loch Venachar, la vallée que l’on traverse est nue et triste. Après avoir laissé à droite le hameau de Carchonzie, on descend dans la plaine de Bochastle , puis, passant sur un pont de pierre le torrent qui descend du Loch Lubnaig, presque en face de la belle propriété de Leny, on rejoint la route 34, à 4 m. au N.-O. de — 8 m. 4 /2 du lac Katrine, 23 m. d’Inversnaid, — Callander. (Hôtel : M’Gregor’s) (F. route 34).

nouvi sa.

De GLASGOW à ABERFOYLE

Par Campsie. ,

Chemin de fer jnaqn'à Lennosetown. * convois par jour, trajet. *5 min. Pris : 1 sti. 8 p. et 10 p. — De Lennosetown à Aberfoyle diligences pendant l'été partant le matin et revenant le soir. Prix . A sli. et 3 sli.

3 m. 4/2. — Bishopbridge (route 43).

6 m. 4 /4. — Campsie Junction, station ou on laisse à droite le chemin de fer de Glasgow à Edimbourg.

8 m, — Birklntilloch, ville de 5,000 hab., situee sur le Kelvin. Fabriques de coton.

9 m. 3/4. — Miltown.

4 4 m. 4/2. — I«ennoxtown.

La route qui conduit de Lennoxtown à Aberfoyle, traverse Campsie, bourg industriel de plus de 5,000 hab., et les Campsie Fells , chaîne de collines volcaniques, passe à Fintry, à Newtown , village au delà duquel elle franchit YEndrick, laisse à droite les Fintry Hills , croise au hameau de Kepp la route do Stirling au lac Lomond et à Dumbarton par Drymen (route 29) ; et enfin rejoint à Port of Monteith celle d’Aberfoyle à Callander

286 ROUTE 28. — DÉDIMBOURG A STIRLING.

et à Stirling (V. route 30). Les voitures font en 2 heures 3/4 ou 3 heures ce trajet, qui est d’environ 20 m. Aberfoyle (F. route 30).

De GLASGOW à STIRLING.

29 m. 1/2. — Chemin de fer; embarcadère do Queen Street, 6 départs par jour, trajet en I h. 15 min. — ir* classe, 5 sb. 2p.— 2e classe, 3 sb. 3 p. — 3e classe, 2 ah. 5 p.

3 m. 4/4. — Bishopbridge ( F . route 42).

6 m. 4 /4. — Campsie Junction (K. TOUtO 42).

44 m. 4/2. — Croy (F. route 42).

45 m. 4/4. — Oastlecary (F. route 42).

47 m. 4/2. — Greenhill Scottisb central Junction.

47 m. 3/4. — Calédonien Junction (F. route 28).

24 m. 4/2. — larbert (F. route 28).

23 m. 4/2. — Alloa Junction (F. route 28).

26 m. — Bannockburn (F. route 28).

29 ra. 4 /2 — ? Stirling (F. rpute 28).

* D’EDIMBOURG à STIRLING

a Par lç chemin de fers b |Par le Forth. a. — Par le CDEXlif DE FER CEÜTR AL ÉCOSSAIS.

42 m. — Scottish central Railway, embarcadère au Waverley- Bridge, 6 convois par jour; trajet en t h, 15 min. — !»• classe, 6 sb.; — 2* classe, 4 sh. 6 p.; — 3eclasse, 3 sb.

3 m. 4/2. — Corstorphine (F. route 42).

5 m. 4 /2. — Gogar (F. route 42).

8 m. 4/4. — Batbo (F. route 42).

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