ROUTE 42. — DE BLAIR ATIIOLL A BRAEMAR
la colline de Craig -an-darroch (le Rocher des Chênes), qui n’a que 240 mètres de hauteur, mais d’où l'on découvre un beau panorama, et à la base septentrionale de laquelle on remarque le défilé de Ballater ; — gravir une autre colline rocheuse située à 4 m. auN.-E., et qui a fait dire à Byron :
AVlieii I sec sonie dark hill point its crest to the sky
1 think ot lhe rocks that o'ershadow Culblccn.
lorsque je vois quelque colline noirâtre dresser sa crête vers le ciel, je pense aux rochers qui dominent Culblccn.
— et enfin escalader Xochnagar. Cette ascension demande une journée entière, mais on peut se servir de poneys. Le chemin remonte le Glenmuick, qu’il quitte à 7 m. environ de Ballater, pour se diriger au S.-O. Le sommet du Lochnagar est à 1 ,140 mètres au-dessus du niveau de la mer, et il domino presque à pic le Loch Muick de plus de 300 mètres. On y découvre une vue étendue. On peut, en revenant à Ballater, aller visiter le Dhu Loch, situé au-dessus du Loch Muick , le Loch Muick et la chute que fait le Muick dans la vallée à laquelle il donne son nom. On peut aussi descendre directement à Braemar, soit le long du Garrawault Burn, au pont d’Invercauld (10 m.), soit par Whitemount et Cairntaggart, et le Loch Calatcr (1 1 m.).
La route de Ballater à Aberdeen longe presque toujours la rive gauche de la Dee. On laisse, sur la rive droite, les Bains de Pananich , la ferme de Ballatrich , que Byron a habitée ; — à gauche, une autre roule qui conduit par Tarland à Aberdeen ; — à droite, Dee Castle ;
— et, à gauche, le Loch Kinnord, contenant deux îles artificielles, et recevant les eaux d’un ruisseau qui fait une chute dans une grotte naturelle, semblable à uno vaste cuve (l'ai), et qui s’appelle le Ruisseau de la Cuve
ROl'TE 42. — DE BLAIR ATHOOI. A BRAEMAR. 385
[The Burn of The Vat), avant de traverser le Marais Dinnet , au delà duquel on atteint 25 m. — Cfaarlestown of Aboyne ( Hôtel : The Huntly Arms), village près duquel on remarque Aboyne Castle, l’une des résidences du marquis de Huntly. On passe devant Carslogie cottage, avant d’arriver à 28 m. — Kincardine O’ Neil [Hôtel : The Gordon Arms). Au nord de ce village, s’ouvre la vallée stérile de Lumphanan, où Macbeth fut tué. Une petite éminence de pierre y porte encore le nom de Cairn Beth. Au N.-E. est Kincardine Lodge.
Au pont do Potarch, où le lit de la Dee se trouve trèsresserré entre des rochers, s’embranche, à droite, la vieille route qui conduit par Cairn-o-Mount et Fettercairn à Brechin (V. route 40). On laisse ensuite, à droite, Woodend Cottage, puis Blackhall , et, à gauche, Inchmarle House.
36 m. — Banchory Temaa. De ce village, entouré de maisons de campagne, jusqu’à Aberdeen, la route n’offre rien d’intéressant que les propriétés qui la bordent. On aperçoit successivement, à droite, 7*7whilly Castle, et la curieuse colline de Ciochnabcn ; — à gauche, Crathes Castle ; — à droite, House of Parie, puis Durris House; — à gauche, Drum House; — à. droite, Drumoak Church, puis le camp romain des Norman Dykes (on suppose que ce camp occupe l’emplacement de la ville romaine de Devana, mais ses remparts ne sont ni assez étendus, ni assez forts pour justifier cette hypothèse) et l’église de Mary Culter, en face de cello de Peter Culter, située près du Culter, que l’on traverse ; — à gauche, Culter House; — à droite, Iungcaussie, le collège catholique romain de Blairs, et enfin le village do Banchory Devenick.
56 m. — Aberdeen (F. route 38, page 350).
ROUTE 43. — DE PERTn A OBAN.
. nOISJTE «s.
De perth a à oban, b au fort William Par Criefk et Locheabnhead.
a.— A OBAN.
86 ra. — Route de voiture. — Services publics do Perth à Cricff, de CricfT à Lochearnhead, et de Lochearnhead à Oban (P”, les Time Tables). — Un service est aussi établi entre Crieff et la station de Grecnloaning sur le chemin de fer de Stirling à Perth (F. route 34, page 317).
A un mille à peu près de Perth, on passe devant la blanchisserie de Tulloch, et un mille et demi plus loin, on laisse, à gauche, Ruthven Castle, château où eut lieu le mémorable épisodo do l’histoire d’Écosse, connu sous le nom de The Raid of Ruthven. En 1 582, les nobles écossais formèrent un complot pour soustraire le roi Jacques VI à la déplorable influence de ses favoris. Le comte do Gowrie invita le jeune roi à une partie de chasse, dans son château de Ruthven, où s’étaient rassemblés le comte de Mar, Lord Lindsay, le Maitre de Glammis et d’autres seigneurs qui favorisaient le parti de la reine Élisabeth. Quand Jacques VI, devinant le piège qui lui était tendu, manifesta le désir de se retirer, les nobles lui firent entendre qu’il était leur prisonnier, et le Maitre de Glammis se plaça en travers de la porte pour l’empêcher de sortir. Indigné d’un pareil outrage, il fondit en larmes. « Laissez-le pleurer, dit le Maitre de Glammis, il vaut mieux voir pleurer les enfants que les hommes qui ont de la barbe. » Quelque temps après, Jacques VI échappa à ses geôliers, et, bien qu’il leur eût pardonné, il fit arrêter Gowrie et le fit exécuter à Stirling. Les autres parvinrent à se sauver en Angleterre.
Ruthven Castlo s’appelle aujourd’hui Huntington Tower.
Il a été, il y a peu de temps, transformé en une maison d’ouvriers.
Un mille et demi au delà de Ruthven Castle, on laisse, à droite, une route qui conduit, à travers les bois et par les bords du Loch de Methven, à Methven Castle, char mante résidence dont le parc contient le chêne Pepperwell , qui a 6 mètres de circonférence. De ce beau château, deux routes conduisent à Lyncdoch Cottage; l’une passe par le pont de Dalcrue, l’autre traverse le vieux ■ pont de l’Almond. Le parc de Lynedoch renferme Hum Braes, lieu retiré, situé sur les bords du Brauchieburn, rendu célèbre par le poème de Burns, intitulé : Bessy Bell and Mary Gray. Les jeunes et belles héroïnes de ce poème s’étaient enfuies en 4 666, dans ce désert, parce qu’elles redoutaient une maladie épidémiquo qui exerçait alors de grands ravages àPerth; mais elles eurent la faiblesse d’y recevoir la visite d’un jeune homme qui les aimait toutes les deux, et qui leur communiqua cette espèce de peste, dont ils moururent tous trois. On montre encore leurs tombeaux à un mille et demi à l’O. de Lynedoch Cottage. La pierre qui le recouvre porte cette inscription un peu effacée : Elles vécurent, elles aimèrent, elles moururent (They lived , they loved, they died ).
6 m. — Metbven, village de 2,000 habitants, près duquel, le 4 9 juin 4 306, Robert Bruce fut battu par Eymer de Valence, comte de Pembroke. Après l’avoir dépassé, on laisse, à gauche, Tippermaloch ; — à gauche Balgowan et Gorthy , puis les ruines de X Abbaye d’Inchaffray, fondée en 4200 par un comte de Strathearn; — à droite, Foulis; — à gauche, Abercairne y, Inchbraikic et Cultaquhey; — puis, à droite, au delà de la route d’Aberfeldy par Amulreo , Fern Tower , où l’on conserve
388 route 43. — de perth a oban.
une épée de Tippoo Saib, donnée à Sir David Baird, à Seringapatam, et un tableau de Wilkie.
47 m. — Crieff [Hôtel: Drummond Arms), petite ville de 5,000 habitants, est considérée comme le chef-lieu du Strathearn, dans lequel elle se trouve située. Elle se compose de trois rues principales, aboutissant à une jolie place, ornée d’une fontaine qu’entourent des tilleuls. Abritée des vents d’E. par une colline boisée, elle jouit d’un climat renommé pour sa salubrité, et possède une eau d’une limpidité particulière. On n’y voit de curieux qu’une antique croix de pierre, dont l’histoire est inconnue, et le collège de Sainte-Marguerite, institution de jeunes personnes. Mais ses environs offrent plusieurs excursions intéressantes. On va surtout visiter, à 3 rn. au S. (l’entrée de l’avenue n’est qu’à 2 m.), Drummond Castle, l’ancienne résidence do la famille de Perth, représentée aujourd’hui par Lady Willoughby d’Eresby. La partie inhabitée couronne une éminence rocheuse, au S. de laquelle sont les jardins admirés ou connus de tous les amateurs de fleurs. Le parc, qui s’étend à la base de la colline boisée de Turleum est très-grand, très-beau, très-accidenté. On peut aussi monter soit sur le Turleum , soit sur le Knock of Crieff, soit enfin sur le Tommachastle (3 m.), autre éminence boisée, au haut de laqbelle on a élevé un obélisque de granit de 26 mètres, à la mémoire de Sir David Baird.
Deux routes desservies par des voitures publiques mettent Crieff en communication avec le chemin de fer de Stirling à Perth (K. route 34) ; l’une va aboutir à la station d’Auchterarder (un départ par jour), l’autre conduite Greenloaning, par Muthill , ville de < ,300 habitants (3 départs par jour); enfin, une route qui part de Crieff, au N. môme, à Dunkeld (P. route 41), ou à Aberfeldy (P. route 44), par Amulree. En allant do Crieff à Amul-
ROUTE 43. — 1)E l’ERTIt A OBAN. 389
reo, on laisse, à gauche (3 m.), le château do Momie, qui possède une riche collection d’armes et de lableaux, et dont le parc renferme les premiers sapins exportés do la Suisse en Écosse. 4 m. 4/2 plus loin, après avoir gravi une collino du haut de laquelle on découvre une belle vue, on descend dans le Glen Almond, où l’on remarque des traces d’un camp romain , et où on laisse, à droite, une routo qui conduit à Pertli par Logic Almond; puis on passe dans un défilé étroit qui, d’après la tradition, contient la Tombe d’OssîaD, large pierro presque cubique, entourée d’un cercle élevé que contourne la route. A 2 m. 4/2 au delà de ce lieu consacré, on atteint Curriemucklach Inn, et 1 m. 1/2 plus loin (12 m.) — Amulree, hameau situé près du Brnan, au milieu d’un désert de bruyères, et d’où l'on peut gagner soit Aberfeldy, par la montagne ( V . route 44), éloigné de M m., soitDunkeld (E. route 42), en descendant le Strath Braan (10 m.).
De Cricff à Callnndcr par le Glenartney (F. roule 31) .
Entre Crieff et Comrie, le Strathearn se rétrécit peu à peu. On laisse, à droite (2 m.), Ochtertyre, et plus loin, Strovan, Clathie et Lawers House, Ochtertyre doit la réputation dont elle jouit à la beauté de sa situation et aux poèmes qu’y a composés Burns pendant son séjour. Le Glen Turrit, qui s’ouvre par derrière, renferme le Loch Turrit.
23 m. 1 /2 — Comrie ( Hôtel : Comrie Inn) est un village manufacturier situé sur la rive gaucho de l’Earn, près d’un ruisseau qui descend du Glen Lednock. A un demi-mille au S. sur la plaine de Dealginross sont les ruines d’un camp romain, assez grand pour contenir 8,000 fantassins et 3,000 chevaux. On suppose que c’est le campd’Agricola, qui fut battu dans les environs, par Galgacus. Al m. 1/2au N., un monument de 21 mètres
390 ROUTE 43. — DE PEHTH A OBA.N.
de haut a été élevé sur Dunraore Hill, à la mémoire do Lord Melville, au-dessus du Humble Bumble, qui fait en ce lieu même une petite cascade, appelée le Chaudron du Diable. On découvre une belle vue depuis ce monument. Les environs de Comrie sont exposés à des tremblements de terre. La secousse la plus forte qu’on y ait ressentie, do mémoire d’homme, est celle du 23 octobre 4839.
De Comrie à Saint-Fillans, la route remonte la rive gauche de l’Earn, et laisse, à gauche, Aberuchill Castle, construit en 4 602, Dalchonzie, et à droite, Dunira , où Lord Melville se retira quand il renonça à la vie publique, et qui renferme une curieuse cassette d’Hyder Ali. A gauche se dressent les Aberuchill Hills , dont le sommet le plus élevé se nomme Birron Hill.
29 m. — St. Fiilans [Hôtel : St. Fillan’s Inn), situé à l’extrémité orientale du Loch Earn,est l’un des villages les plus propres des Ilighlands. 11 doit son nom à saint Fillan, ancien prieur de Pettenweem, le saint favori de Robert Bruce, et dont l’un des bras, actuellement dans l’Amérique du Nord, fut porté par l’abbé d’Inchaffray à la bataille de Bannockburn. Une société higlandaise s’v est formée en 4849. Elle a fondé des jeux commémoratifs des anciennes mœurs montagnardes. Le jour de la fête est le 30 août do chaque année. On s’y rend do plusieurs lieues à la ronde, et des prix sont distribués aux vainqueurs.
Le loch Eam a de 6 à 7 m. de long et 4 m. de large. Deux routes conduisent de l’une de ses extrémités à l’autre extrémité. Celle qui longe la rive septentrionale est suivie par la diligence, parce qu'elle est moins montueuse. On y voit mieux Ben Voirlich (mots qui signifient la Grande montagne du Lac), dont le sommet atteint près de 4,000 mètres. La route méridionale
HOUTE 43. — DE PERTII A OBAN. 391
doit être préférée par les piétons. Elle est plus boisée et plus agréable; elle passe à Ardvoirlich , le Darlinvaroeh de la Légende de Montrose, puis, après avoir traversé de beaux bois d’essences variées, a Edinample, ancien château appartenant au marquis de Breadalbane, et audessous duquel Y Ample fait deux jolies chutes. Pour voir ces cascades, il faut descendre le long do la rive orientale du ruisseau.
37 m. — Xiochearnhead ( Hôtel : Walker’s), est un petit village où on laisse, à gauche, la route qui conduit à Stirling, par Callander (F. route 31). En le quittant, on s’éloigne du lacEarn, et on remonte, auN.-O., un vallon étroit et sauvage, le Glen Ogle, au point culminant duquel se trouve un petit lac solitaire. L’aigle ( earn ) a depuis des siècles construit son aire au sommet de ces rochers abruptes et déserts. On redescend ensuite dans le Glen Dochart, et, avant d’en atteindre le fond, on laisse près du hameau de Leeks, à droite, la route qui mène à Dunkeld, par Killin et Kenmore (F. route 44), pour prendre, à gauche, celle qui remonte le Glen Dochart, vallée large et nue que domine le sommet conique de Ben Moro, et dans laquelle on ne remarque que Achhjne, propriété du marquis de Breadalbane.
47 m. 1/2. — Xmib Inn. Au delà de cette auberge, on longe deux petits lacs, Loch-an-Our et Loch Dochart, avant de rejoindre à
54 m. 1/2 — crianlarîch inn, la route de Balloch et du lac Lomond (F. route 24).
59 m. 1/2. — Tyndrum, on laisse, à droite, la route du fort William (F. ci-dessous B).
63 m. — Dalmally (F. route 24, page 271).
75 m. — Taynuilt (F. route 24).
86 m. — Oban (F. route 20, page 239).
b. — AU FORT WILLIAM.
107 m. 1/2. — Roule de voiture. — Service public.
£9 m. 4/2. — Tyndrum ( Hôtel : Tyndrura Inn) (V'.
ci-dessus A).
A 7 m. 4/2 ds Tyndrum, on traverse l’Orchy, qui va arroser la vallée à laquelle il donne son nom, et, 2 m. plus loin, on atteint, à l’auberge d’inverouran, les bords du Loch Tulla, sur lesquels on remarque quelques beaux sapins. Après avoir gravi ensuite Blackmount, où le marquis de Breadalbanc a ses plus belles chasses, et d’où l’on découvre une vue étendue sur le Moor'de Rannoch, vaste étendue de terrain couverte de rochers et do mousses, ou ne tarde pas à arriver à 77 m. -T- King’s Home, auberge isolée, à peu do distance de laquelle on laisse, à droite, près d'un petit hameau nommé Altsnafcdh, le chemin appelé l'Espalier du Diable ( Devil’s Staircuse), et conduisant au fort William. Ce chemin, praticable seulement pour les piétons, est difficile à trouver pendant les deux premiers milles. La distance de King’s House au Fort William est de 23 m. En face de l’Escalier du Diable se dresse la montagne nommée Buchael Etive. On entre dans la vallée sauvage et pittoresque de Glencoe, que certains voyageurs, un peu trop enthousiastes, ont osé préférer aux plus belles gorges des Alpes. Nulle part, dit le capitaine Basil Hall, la nature n’a entassé, dans un désordre plus heureux, de plus grands blocs de rochers. Au milieu de Glencoe, qui est sans contredit une des plus belles vallées de l’Ecosse, se trouve le petit lac Treachlan, d’où sort le torrent de Cona, chanté par Ossian, né, dit-on, sur ses bords, où l’on voit une ferme solitaire. Plus bas, la vallée fait un coude, et, avant d’avoir
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atteint la ferme d Invercoe, on aperçoit quelques arbres et des champs cultivés. L’histoire a conservé le souvenir des atrocités qui furent commises dans cette vallée sous le règne de Guillaume et de Marie, en 4691 .
Pendant les guerres jacobites d’Écosse, Macdonald, l’un des partisans les plus zélés des Stuarts, avait ravagé les terres du comte de Breadalbane, qui combattait dans les rangs opposés. Une haine implacable les divisait. Le dernier, présumant trop de son influence, ou méconnaissant le caractère des Highlanders, offrit de dompter le pays par la corruption. Une somme lui fut remise à cet effet. Accusé d’en vouloir prendre la plus grande partie, sinon la totalité, pour s’indemniser des pertes qu’il avait éprouvées, ses démarches n’eurent aucun succès. Il résolut de s’en venger sur son antagoniste, et l’occasion ne tarda pas. Guillaume avait prescrit un serment de fidélité, qui devait être prêté dans un délai très-court sous peine d’exécution militaire : d’abord Macdonald le refusa ; il s’y résigna ensuite, et retourna avec confiance à son domaine de Glencoe. Dans l’intervalle, le comte de Breadalbane l’avait représenté comme un ennemi irréconciliable du nouvel ordre de choses. Sa soumission resta ignorée, et l’on décida qu’il serait fait un exemple sur lui, sa famille et ses vassaux. Un détachement commandé par le capitaine Campbell est chargé de cette expédition. Les soldats, accueillis avec inquiétude et logés chez les habitants, déclarent sur l’honneur qu’ils viennent en amis. « Il ne s’agit, disent-ils, que de faire rentrer des recouvrements arriérés. » Sur cette assurance, l’hospitalité leur est donnée, et quinze jours s'écoulent dans les sentiments d’une cordialité réciproque. Cependant on les surprend s’entretenant avec mystère ; leurs regards expriment tantôt la menace et tantôt la pitié. Un dessein funeste les préoccupe; on les