ÉDIFICES PUBLICS
Pierre : à <1r. de la grande porte, en- I révélé l'existence d'anciennes décoracastré dans le mur. le tombeau d'A- lions peintes, dont quelques traces de
couleur jaune ou rouge sont
grippa d'Aubigné, l'ami de Henri IV et le grand-père de Mme de Maintenon, mort en 1G0.*i; dans l'ancienne chapelle de la Vierge, le tombeau (restauré récemment) avec l'armure, qui se trouvait autrefois h l'arsenal, du duc de Rohan, chef des protestants français sous le règne de Louis XIII, tué au siège de Rheinfelden, en 1638; une chaire en bois sculpté dans laquelle on a placé récemment le siège de Calvin , de belles stalles ; la porte de la sacristie; les sculptures des chapiteaux (outre les ornements les plus variés du style byzantin, on y voit des figures en haut relief et des inscriptions); les vitraux du fond du chœur (XV s.), ceux «les fenêtres des bas côtés et de deux grandes rosaces (1835).
— Le chœur a été restauré en 1850, sous la direction de M. Blavignac.
Contrele flanc droitde la cathédrale s'appuie la grande Chapelle des Mathabces, fondée en 1408 par le cardinal de Brogny qui présida le concile de Constance; elle sert de local au gymnase et à la faculté de théologie.
L'une des églises les plus anciennes de Genève, celle de la Madeleine, a été restaurée en I84fi.
Véghse de Saint Gervais n'est pas ancienne : elle a été, comme le constate une inscription de son clocher, bâtie en J435. Mais, sous le sanctuaire, il existe une crypte qui doit être étudiée avec soin , dit M. Blavignac.
« On voit à dr. et à g. les couloirs et les escaliers qui permettaient l'accès depuis l'église supérieure; l'entrée actuelle, donnant dans la rue, n'ayant été pratiquée qu'à une époque plus récente. Il est a regretter que la plus grande partie de cette construction souterraine, qui parait s'être étendue sous l'église entière, soit comblée, et que, parsuitedecettecirconstance, des recherches dans les localités les plus intéressantes soient presque impossibles. Celles que nous avons faites dans les parties abordables nous ont
unique
souvenir. » En résumé, M. Blavignac pense que le choix de l'emplacement, les dispositions et le genre de construction de ce monument lui assignent la plus haute date parmi les anciens édifices religieux de Genève.
Un voit derrière l'église de Saint- Gên ais le modeste tomb?au des dixsept héros de l'Escalade.
Une chapcllt anglicane a été bâtie rue du Mont-Blanc, entre la rue Lévrier et la rue Bonnivard. Enfin, le 4 octobre 1857, a eu lieu l'inauguration d'une nouvelle église catholique, construite par M. Grigny,d?Arras, près de l'embarcadère du chemin de fer, sur l'emplacement des anciens remparts, et consacrée le 8 sept. 1859. Cette église, dédiée à Notre-Dame, n'est pas encore terminée; il lui manque un clocher. Elle a été bAtie dans le style gothique. L'intérieur offre un aspect plus satisfaisant que l'extérieur. Il se compose d'une nef et de deux lias côtés qui se continuent autour du sanctuaire et se termine par trois chapelles absidales,dont la principale, consacrée à la Vierge immaculée, renferme une belle statue de la Vierge, par Forzani, don du pape Pie IX (1859). Dans l'église luthérienne et dans l'église évangélique allemande le service se fait en allemand.
Une Synagogue a été construite en 1 858 entre le Conservatoire de musique et la Coulouvrenière; enfin une chapelle russe, située sur les Tranchées en avant de l'Observatoire, a été récemment terminée.
L'hôtel de ville , situé dans la partie la plus élevée de la ville, rue de l'Hotel-de-ville , monument massif et lourd, construit à diverses époques, et restauré en 1848, n'offre de vraiment curieux que son escalier principal, hati vers l'an 1570, et qui. composé d'un certain nombre de plans inclinés sans marches, permettait aux membres du conseil, presque toujours
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très-avancés en âge , de monter à chc- I val ou en litière jusqu'à l'étage le plus élevé. C'est devant l'hôtel de ville que l'Émile fut lacéré et brûlé le 1 1 juin 1762, par le bourreau, en vertu d'un arrêté du conseil, onze jours après l'exécution de la sentence du parlement de Paris.
La sentence déclarait les écrits de Rousseau « scandaleux, impies, tendant à détruire la religion chrétienne et tous les gouvernements. Cette condamnation, aussi injuste que maladroite dans une république organisée comme Genève, cachait un mystère expliqué maintenant par les dépêches secrètes échangées entre le gouvernement de Genève et M. de Sellon, son chargé d'affaires à Paris. Les magistrats de Genève sévirent contre Rousseau uniquement pour plaire a M. de Choiseul, qui méditait alors la construction de Versoix. Aussi, quand des partisans de Rousseau reprochèrent au procureur général sa condescendance envers le ministre français, celui-ci répondit : « Eh! messieurs, si notre démarche est forcée par les circonstances , la politique et la sûreté de l'Etat, il y a peu de justice de votre part à en faire la matière d'un reproche. »
L'Arsenal, situé en face de l'hôtel de ville, est un bâtiment d'une architecture semblable, et probablement de la même époque , supporté par des arcades. On y voit une collection d'armes anciennes et modernes, les échelles à l'aide desquelles les Savoyards essayèrent d'escalader les murs de Genève en 1602, les pétards qu'ils avaient préparés pour enfoncer la porte (s'adresser au bureau militaire à l'hôtel de ville, à 11 h. 1/2), etc.
L'Observatoire, construit en 1834, à l'angle extérieur du bastion Saint- Antoine, est pourvu d'excellents instruments.
Le Musée académique (Grande- Rue, 1 1)quiestouvertau public les jeudis et les dimanches, et où les étrangers sont admis tous les jours (le con-
cierge est dans la cour), possède^ les collections géologiques de de Saussure , les plantes fossiles de MM. Brongniart , Jurine,de Candolle, et les collections de M. Necker. On y remarque : des chamois ; des bouquetins ; des chiens du Saint-Bernard j toutes les espèces de poissons des rivières et des lacs suisses, entre autres, une truite pesant 22 kil. ,et pôchée dans le lac de Genève, un éléphant qui, s'étant échappé d'une ménagerie, fut tué d'un coup de canon sur l'un des bastions, etc. ; dans le cabinet des antiquités, une momie de Thèbes; des médailles trouvées à Saint-Genix; un bouclier rond d'argent, découvert en 1721 dans le lit de l'Arve, et portant cette inscription: Largitas D. N. Valentiniani Augusti: quelques instruments de sacrifice trouvés près de la pierre de Niton dans le lac; le buste de Vcspasien en marbre*, trouvé dans la vallée de la Maurienne* un buste de Silène en terre cuite; la lanterne de la sentinelle qui, en 1602, découvrit les Savoyards au moment où ils essayèrent de pénétrer furtivement dans la ville. Le Musée contient, en outre, une collection d'anatomie, un laboratoire de chimie et un beau cabinet de physique. I*i Société' de lecture , établie dans le môme bâtiment que le Musée, possède une bibliothèque de 70000 volumes et reçoit 125 journaux. On y est admis gratuitement, pendant un mois, sur la présentation d'une carte d'entrée délivrée par l'un des membres.
Les représentations théâtrales, si longtemps interdites à Genève par l'une des lois sévères de Calvin, y sont maintenant tolérées, et, malgré les célèbres protestations de J. J.
Rousseau, une Salle de spectacle avait été construite en 1782 près de la Porte-Neuve (porte démolie depuis plusieurs années). Cette salle contient ouze cents spectateurs. Un nouveau théâtre (des Variétés) a été ouvert en 1863. rue Lévrier, près de l'église anglicane.