MUSÉES
En face du théâtre, à l'extrémité de la rue de la Corraterie, est le Musée Rath (ainsi nommé du nom de son fondateur, le général Rath), qui renferme une collection de tableaux, de bustes et de bas-reliefs antiques, et d'autres ouvrages d'art. Il est ouvert au public le jeudi, de 11 h. a 3 h. , et le dimanche de 1 1 h. à 2 h. Les étrangers y sont admis tous les jours. Nous y signalerons surtout :
Parmi les œuvres de l'école genevise ou fuisse :
Artaud. Miniatures ; — Calamt, Orage i ta Handeck ; — Diday, le Lac de Brienz ; des Chênes battus par l'orage ; Pissevache :
— Hornung . les Derniers moments de Calvin, et Catherine de Médicis recevant la tète de Colîgny, deux tableaux médiocres;
— Hubert, Paysage et Portrait ; — Gros- Claude, des Buveurs ; — Liotard, Portrait au pastel ; — Lugardon, Délivrance de Bonnivard ; Arnold de Melchthal; De la Rive, deux Paysages; — Saint-Ours, les Jeux Olympiques ; Tremblement de terre ; Tttpffrr, Scène d'hiver.
Parmi les tableaux des peintres étrangers :
Batsano, Adoration des Bergers; — Btrghem, l'Enfant prodigue et Abraham recevant Sara ; — Bordone (Paris), Portrait ; — Mme Lebrun, Portrait de Mme de Staël ; — Caravagey Quatre Chanteurs ;
— Le Dominiquin, le Triomphe de David;
— Van Os, Vases de fruits et de fleurs ;
— Saltator Rosa, Paysages ; — Téniers, Un Fumeur ; — Paul Véronèse, Une Descente au Tombeau; — Wouwermons, l'Incendie dune flotte anglaise; — Van der Uelst, beau Portrait.
Au delà du grand théâtre et du musée ïtath, M. Bartholony a fait construire à ses frais un assez bel édifice destiné au Conservatoire de musique.
Derrière le Conservatoire, les francsmaçons ont bâti leur Temple unique.
Un peu plus loin, à g., s'élève, depuis 1855, le bâtiment électoral, pouvant contenir 8000 personnes et servant aussi pour des expositions , des bals et des banquets.
La Bibliothèque publique, créée avec les livres de Bonnivard et augmentée surtout par Ami Lullin, occupe
depuis 1702 un bâtiment attenant au collège fondé par Calvin en 1588 (entrée par la nie Verdaine, 15). Elle contient environ 65000 volumes et 600 manuscrits. Parmi les objets les plus remarquables, on peut signaler plusieurs cartons renfermant des lettres autographes et des sermons de Calvin; des lettres de Théodore de Bèze; — le manuscrit de la Nobla Leiçon; des tablettes de cire faisant partie du registre des comptes de Philippe le Bel (1308); les Homélie* de saint Augustin, manuscrit sur papyrus du vie s.; — plusieurs manuscrits, des xnr,xiv'et xv# s., magnifiquement enluminés, entre autres une traduction de Quinte-Curce } faite pour Charles le Téméraire, et trouvée dans ses bagages à la suite de sa défaite à Grandson ; — une riche collection d'incunables, entre autres la belle édition des Offices de Cicéron, imprimée en 1465. à Mayence; — parmi les autographes, une lettre de Newton adressée au peintre genevois Arlaud; — environ 200 portraits de personnages historiques, notamment du xvr et du xvn* s. , ainsi que des plus distingués d'entre les savants, théologiens et magistrats genevois.
La bibliothèque est ouverte tous les jours de 11 h. à 4 h. (vacances «lu 15 juillet au 15 août). — C'est par erreur que les guides anglais mentionnent une lettre de Jane Gray.
Cette lettre n'a jamais existé parmi les autographes de la bibliothèque.
V Athénée, bel édifice construit aux frais de Mme Kynard, est destiné à la Société des arts et à une exposition permanente de tableaux modernes.
V hôpital cantonal, au pied du coteau de Champel, à 10 min. de la ville, a été ouvert en 1856. Il contient 250 Hts.
V ancien hôpital de Genève, place du Bourg-dc-Four , rebâti en 1709, sert aujourd'hui de palais de justice.
Le Conservatoire industriel est actuellement placé à l'Athénée.
La nouvelle machine hydraulique (rive g. du Rhône) mérite d'être visitée. — Les cartes se délivrent à l'hôtel de ville, rampe 18, au hureau du conseil administratif.
César nous apprend, dans ses Commentaires , qu'il s'arrêta à Genève ( Extremum oppidum Allobrogum , proximumque lielveliorum finibus est Geneva) , et qu'il fit construire, sur la rive g. du Rhône, un mur de 10000 j>as de long et de 16 pieds de large, pour s'opposer au passage des Helvéliens.
Quoi qu'en aient dit certains écrivains, la tour du quartier de l'Ile, qui sert d'horloge, n'a point une origine romaine. Elle faisait partie du château du vidame ou représentant des comtes de Genevois avant la Réformation.
Une fontaine monumentale en granit (les figures et les reliefs sont en bronze) a été érigée en I8f»7 d'après les plans d'un sculpteur de Munich, nommé Jean Lceb, à l'extrémité O.de la rue des Allemands, en mémoire de VEscalade. — Le duc de Savoie, ne pouvant se résoudre a renoncer à Genève et désespérant de s'en emparer par la force, chercha à s'en rendre maître la nuit du 11 déc.
1602. par un coup de main hardi, connu sous le nom de VEscalade.
Celte tentative échoua et ne fut plus renouvelée. Deux cents Savoyards y périrent. Du côté des Genevois, il y eut dix-sept hommes tués et trente de blessés. Le célèbre Théodore de Bèze, qui vivait encore accablé d'années, et qui n'avait rien entendu des événements de la nuit, monta en chaire le jour suivant (1602, 12 décembre) et fit chanter le psaume cxxiv , qui a toujours été répété depuis l'anniversaire de l'Escalade, aujourd'hui célébré seulement dans les familles. .
La maison n° 1 1 de la rue des Chanoines, à PO. de la cathédrale, a été construite sur l'emplacement de celle qu'habita Calvin, de l.Vi3 jusqu'à sa mort(i:,G4).
La maison où, selon la tradition, est né Jean Jacques Rousseau, rue
de ce nom, quartier Saint-Gervais, n'existe plus aujourd'hui. La maison neuve, bAtie sur le même emplacement , porte sur sa façade la frise de marbre et l'inscription en lettres d'or qui figuraient depuis l'année 17ô3 à l'entrée de celle qu'elle a remplacée.
Il e*t constaté aujourd'hui que Jeau- Jacques Rousseau naquit dans une maison de la Grande-Rue, 40, près de l'hôtel de ville.
Les Aiqles — ces représentants «les armoiries nationales que la ville entretient à ses frais — occupent une cage en fer dans l'avant-cour de la boucherie de Plie.
Le grand plan en relief de la chatne du Mont-Blanc, auquel M. Sené , mort en 1 H.'j 1 , a travaillé pendant tant d'années, est exposé dans le kiosque du Jardin anglais. Il est visible tous les jours de 11 h. à 3 h., moyennant 50 c. par personne. Sa superficie est de 2,*> nièt. carrés ; il comprend une étendue de 243 lieues carrées. Le nombre des arbres plantés [dépasse 600000; celui des maisons atteint 0000. L'échelle des longueurs est de 1 pour 10000; celle des hauteurs de 1 pour 6000.
Institutions publique», sociétés
Genève possède de nombreux établissements publics ou privés de charité, de bienfaisance ou d'utilité publique. Leur énuraération n'aurait aucun intérêt pour un étranger.
Les établissements d'instruction publiquenet sont pas moins nombreux.
Outre V Académie (vingt-quatre chaires, trois facultés : théologie protestante, droit, sciences et lettres), le collège, réformé en 1834 et en 1848 (600 élèves), l'école industrielle, le gymnase, l'école secondaire des jeunes filles et 173 écoles primaires gratuites, fréquentées par plus de 5000 enfants, Genève possède des écoles fondées par la Société des catéchumènes, des écoles enfantines, industrielles, d'horlogerie, de théologie évangélique, de dessin et d'architec-
[route 3] Genève. — promenades
ture. gymnastique, une institution de sourds et muets, un conservatoire de musique, un manège et enfin un grand nombre de bons pensionnats et d'irstituts particuliers. L'enseignement est entièrement libre ; mais les étrangers ne peuvent enseigner qu'avec l'autorisation du conseil d'État. Au nombre des Sociétés qui ont pour but le développement des arts et des sciences, on distingue celles :
des arts, fondée en 1777 ; de physique et d'histoire naturelle, fondée en 1790 ; d'histoire et d'archéolo- I gie , de lecture, la Société médicale, etc. \jt grand conseil a voté, en 185*2, la création d'un Institut genevois des sciences , des lettres , des beaux-arts, de l'industrie et de l'agriculture.
L'institut genevois est le seul corps savant officiellement organisé que possède la Suisse. Divisé en-cinq sections : 1° des sciences physiques et naturelles; 2" des sciences morales et politiques, d'archéologie et d'histoire; 3* de littérature; 4° des beaux-arts; 5* d'industrie et «l'agriculture, il publie, grâce à une dotation de l'État, un Bulletin de ses séances et une collection de ses plus importants Mémoires. 11 peut aussi ouvrir des concours et distribuer des prix. — La Société d'histoire et d'archéologie, fondée en 1841 , a déjà publié plus de 10 volumes de Mémoires.
Indus f c omxnorc© .
Toutefois Genève est, avant tout, une ville industrielle et commerçante.
La liberté de l'industrie la plus complète règne dans le canton. Sous l'ancienne république, l'imprimerie occupait un grand nombre d'ouvriers, car c'était à Genève que s'imprimaient alors les ouvrages dont la publication était interdite en France. Mais l'horlogerie et la bijouterie sont maintenant les seules branches d'industrie qui y fleurissent. La première mon- ' tre y fut apportée en 1587, et, à la fin du siècle dernier, l'horlogerie oc-
cupait à elle seule plus de 7000 ouvriers tant dans l'intérieur de la ville que dans la banlieue et les contrées environnantes. En 1843, on comptait à Genève 1924 horlogers, 634 bijoutiers et 384 graveurs. Il s'y fabrique environ 100000 montres par an.
L'une des plus importances fabriques d'horlogerie est celle de MM. Patek, Philippe et C'°, Grand-Quai, 22. On peut suivre dans ce vaste établissement, complaisamment ouvert à tous les étrangers, les différentes phases du travail long et compliqué qu'exige la fabrication d'une montre. Les produits de cette maison, honorée de récompenses spéciales aux expositions universelles de Londres, de New-York et de Paris, se font remarquer par leur précision et leur élégance. Nous recommanderons aussi la maison Bovet et Fol, place de la Petite-Fusterie , n° 2, les maisons Rossel-Bautte, Gola v-Leresche, etc.
Promenades Intérieures.
Dès leur arrivée à Genève , les étrangers s'empressent d'aller sur les ponts contempler les bine waters of the arroinj Rhône, comme a dit lord Byron (les eaux bleues du Rhône rapide comme une flèche) — elles ont une vil esse moyenne de 1 m- 1.
24 par seconde — qui , à 20 min.
environ au-dessous de Genève, souillées par les eaux grisâtres et sablonneuses de l'Arvc, perdent cette b"Ue couleur dont la science n'a pas encore pu trouver la cause, et que sir Humphrey Davy attribue à la présence de l'iodine.
La nie du Mont-Blanc , qui s'ouvre, comme nous l'avons déjà dit . en face de la gare, aboutit au
l'ont du Mont-Blanc, inauguré le 31 décembre 18G2. <"c pont, long de 2 G0 mèt., large de 16, se compose de 12 arches, très-surbaissées, en 1er, reposant sur des piles en pierre. — On y découvre de charmants points de vue sur la ville, le lac, le Jura et les Alpes. Les montagnes qui attirent prin-
cipalement les regards quand on se tourne du côté des Alpes, sont : le Salève, les montagnes du Rcposoir; le Mont-Blanc au-dessus du Brezon, l'Aiguille du Midi, le Géant, le Môle, l'Aiguille Verte, derrière laquelle apparaît l'Aiguille du Dru, le Buet, l'Aiguille de Tanniuges et les Voirons.
(Voir la gravure.)
Pour mieux voir le Mont-Blanc, il faut longer le quai du Mont-Blanc (à la g. de la rue du Mont-Blanc), sur la rive dr. du Rhône. Ce beau quai est relié par le quai des Pâquis à l'une des jetées nouvelles (1859) qui forment le port de Genève et qui servent de promenades.
Le pont des Bergues, long de 185 mèt., et large de 8 mèt., a été construit eu ] 832. Unpetitpont suspendu le relie à l'Ile J. J. Rousseau.
Le quai des Bergues (à la droite do la rue du Mont-Blanc), achevé en 1843, est bordé de belles maisons neuves. Par derrière s'étend le quartier Saint-Gervais.
L'Ile de Jean-Jacques Rousseau, jadis des Barques , située à l'entrée du port , à l'endroit où le lac se change en fleuve, est un pentagone irrégulier qui faisait autrefois partie des fortifications. Ou y a établi une promenade au milieu de laquelle s'élève, sur un piédestal de granit des 4lpes poli , une statue en bronze de Jean-Jacques Rousseau, par Pradier (1835). L'été, on y prend des glaces en écoutant de la musique. La construction du pont du Mont-Blanc a malheureusement gâté la belle vue que l'on y admirait autrefois.
Au-dessous de l'Ile de Jean-Jacques Rousseau, le Rhône est partagé en deux bras par une lie couverte de maisons.
Le Grand-Quai , auquel aboutissent les ponts du Mont-Blanc et des Bergues, n'a été terminé qu'en 1863.
Avant cette époque , Genève n'avait pas de quai. A l'extrémité est un limnimètre près duquel on remarque plusieurs rochers ou blocs de granit,
dont deux seulement sont en tout temps élevés au-dessus des eaux. Le plus grand porte le nom de Pierre du Niton. On y voit un creux carré d'environ 325 mil. de largeur, mais peu profond , qui passe pour avoir été un autel consacré à Neptune. Indépendamment de son but scientifique ou de simple agrément, ce limnimètre rend des services à la navigation; car il indique la profondeur de l'eau dans la passe, profondeur obtenue exactement en ajoutant 45 pouces au nombre marqué par le limnimètre, le fond de la passe étant de 45 pouces plus bas que le zéro.
Au delà de la place du port, audessous de V hôtel de la Métropole , a été créé, depuis quelques années, sur les débris d'un bastion considérablement agraudi aux dépens du lac, un jardin anglais, la promenade du lac (2 hect. env.), qui contient un pavillon de rafraîchissements et le relief du Mont-Blanc. On y découvre une vue charmante sur le lac.
Entre le pont du Mont-Blanc et le jardin anglais on a élevé (1865) un monument commémoratif de l'admission de Genève dans la Confédération suisse en 1814.
A l'extrémité de la promenade du lac, commence le quai des Kaux- Vires, construit en 1858. — Les deux grandes jetées , qui forment un vaste port entre les Eaux- Vues et les Pâquis, offrent une agréable promenade et de beaux points de vue.
Si, après avoir traversé le Rhône sur les ponts du Mont-Blanc ou des Bergues, on tourne à dr. , on ne tarde pas à atteindre la place du Bel-Air, conquise sur le Rhône, en 1670, à la suite d'un affreux incendie. — La tour voisine date du xm* s. Bâtie probablement sur d'anciennes constructions romaines, elle faisait partie du château de l'Ile, possédé parles ducs de Savoie comme fief de l'évêché.
Quatre ponts en bois (c'est sous ces ponts que le Rhône coule plus rapide et plus bleu qu'ailleurs) mettent la
place du Bel-Air en communication avec le quartier Saint-Gervais.
Au delà de la place du Bel-Air, à l'entrée de la Corraterie, s'élève Y hôtel des postes, contenant, outre la poste, le bureau des messageries fédérales, le télégraphe, la gendarmerie et deux écoles primaires. Le petit quai qui le borde conduit au pont de la Coulourrenière, voté, comme le rappellent les inscriptions qu'il porte, le 6 décembre 18ô6, commencé en février 1857, et achevé au mois de décembre de la môme année. Ce pont relie au chemin de fer Plain-Palais et Carouge, dont les habitants communiquent directement avec la gare.
rue de la Corraterie aboutit à la place Neuve, où le grand théâtre fait face au musée Rath. Entre le musée et le théâtre on aperçoit le bâtiment électoral , le Conservatoire de musique et le temple unique des francs-maçons; derrière s'étend la plaine de Plain-Palais. A l'extrémité de la rue de la Corraterie commence la Treille, la plus renommée de toutes les promenades de Genève. De cette jolie terrasse, située au midi, plantée de marronniers et dominée par une rangée de belles maisous, on découvre une belle vue sur les deux Salèves, le mont de Sion, le mont Vuache, le Jura et le bassin de Genève, que bornent et encadrent ces montagnes. On distingue dans ce bassin : à dr. les falaises du Rhône et les hauteurs de Saint-Jean, audessous de soi Plain-Palais que domine le clocher du temple protestant, Carouge et Saint-Julien.
La. Treille touche pour ainsi dire à l'hôtel de ville et à l'arsenal , voisins de la cathédrale et de la bibliothèque.
Au-dessous de la Treille est le Jardin botanique, établi en 1816 et 1817 par l'illustre professeur de Candulle (buste par Pradier). [On y remarque Y orangerie, ornée des bustes des six botanistes genevois : Chabrey, Trembley, Rousseau, Bonnet, de Saussure et Senebier (Rousseau et Bonnet par
Pradier), et à son extrémité, l'hôtel Kynard, prés duquel s'élève l'Athénée.
Les bastions de l'Oye, Bourgeois et du Pin, qui servent d'enceinte au Jardin botanique (on y a placé la statue en bronze de David triomphant, par Chaponnièrc) ont été disposés en promenades.
Près du bastion du Pin une belle ligne de belles maisons, formant un coté de la rue Neuve-de-Beauregard , conduit à la place et promenade Saint- Antoine, d'où l'on jouissait d'une vue magnifique avant la construction des maisons qui bordent le quai du lac. A dr. s'élève l'Observatoire. Tout l'espace occupé par les fortifications , entre l'extrémité du uai et le faubourg des Eaux-Vives, a té nivelé dans l'hiver de 1849-50.
Il forme un quartier nouveau.
De la place Saint-Maurice, ou cours Saint-Antoine, on redescend au cours de Rive et sur les quais du Lac ou des Eaux-Vives, à la jonction desquels s'élève l'Entrepôt du commerce ou le port franc.
Promenades extérieures
Les deux rires du lac sont bordées de charmantes maisons de campagne d'où leurs propriétaires découvrent de beaux points de vue. Les étrangers, qui ne peuvent pas y pénétrer, n'en voient guère que les murs ou les haies. Au pied du Grand-Sacconnex cependant on jouit de quelques belles échappées. Sur la rive droite, au bord de l'eau, se trouvent les Pdquis, Secheron, la Perrière, dominés par Montbrillant (la campagne Beaulieu, voisine de Montbrillant, contient deux cèdres magnifiques dont l'un a plus de 33 mèt. de haut et 4 mèt. de circonférence à sa base), Varembé, Morillon, première habitation de Voltaire, Pregny, le Château de Tournât/ et Chambésy; plus haut, le Petil-Sacconncx et le Grand- Sacconnex. Parmi les belles propriétés qui bordent le lac, on cite surtout celles de MM. Bartholony , Rothschild (la villa de ce nom est vi-
GEXfcVE. — PROMENADES.
siblc lesdimancheset lesjeptlis, île raidi à 3 h. , avec des cartes qui se délivrent { à Genève), Robert Peel, Du Houx, de la Rive, etc. Sur la rive gauche, on trouve les Eaux-Vives (belle villa Favrc Sarazin) , Frontenex Dessus, Coloyny, où l'on renia rque la Villa Vivdati habitée par lord Byron et devenue un établissement orthopédique; Chougwj, f'andœuvres, la Tour de Trunchin (admirable panorama), Bessinyes, etc. On peut aller à pied jusqu'à. (1 h.) Vestnaz (belle j vue) et revenir par Cologny ou par Chougny. — A'. B. Pour les environs de Genève consulter du reste les roules partant de Genève.
On appelle le Tour-dcs- Jardins un sentier qui, partant de la Coulouvrenière, fait, le long du Rhône, puis de l'Ane, au delà de son confluent avec le Rhône, .le tour d une longue presqu'île triangulaire entièrement couverte de jardins potagers. (Bains d'eau froide.) C'est une promenade d'une demi-heure environ qui se termine à la tête du pont de Carouge.
Plain-Palais est une vaste pelouse de 648 uièl. de longueur et de 2.Y2 met. de largeur, bordée de plusieurs rangs de tilleuls et d'ormeaux, située au delà de la place Neuve, et servant aux exercices militaires. A l'extrémité nord est le cimetière protestant, sir Humphrcy Davy, de Candolle et Tœpfler y sont enterrés. — Le cimetière catholique, devenu insuffisant, a été transféré près de Châtelaine. — A côté du cimetière se trouvent le Stand pour le tir à la carabine, reconstruit en 1855, et l'usine à gaz.
Carouge (omnibus américain; hôt.:
VÉcu de Savoie, V Olivier de Provence] est un ancien village savoyard, situé sur la rive gauche de l'Ane, a 20 min. de Genève, élevé au rang de ville en 1 780 par le roi de Sardaigne, qui, voulant en faire la rivale de Genève, y fonda un bel hôpital et une école, permit aux Suisses de s'y établir, et accorda divers privilèges à ceux qui y construisirent des mai-
sons. Depuis 1816, il fait partie du canton de Genève. Sa population se monte à 5817 hab. (1228 prot.; 4549 cath.; 1 sectaire, 39 israéK
La colline de lu Bâtie (25 min.) domine la rive gauche du Rhône et de l'Arve. On y découvre une belle vue sur la ville* de Genève, les Voirons, le Salève, le Môle, le Mont- Blanc, et la jonction de l'Arve et du Rhône, etc.
En face de la Bâtie, sur la rive ' droite du Rhône, entre le fleuve et la route de Lyon , les liauteurs de Samt Jean (de 15 à 20 min.) offrent peut-être le plus beau point de vue des environs de Genève. On embrasse d'un coup d'oeil le confluent du Rliône et de l'Arve, Genève, le lac, les Alpes et le Mont-Blanc. Parmi les belles maisons de campagne qui couvrent ce plateau on remarque la maison Constant et les Délices , propriété habitée par Voltaire. On appelle cette promenade le Tour-de-Sousterre.
« La maison est jolie et commode, a dit Voltaire; l'aspect en est charmant, il étonne et ne lasse point.
C'est d'un côté le lac de Genève, c'est la vallée de l'autre: le Rhône eu sort à gros bouillons et forme un canal au bas de mon jardin; la rivière d'Arve, qui desceud de la Savoie, se précipite dans le Rhône; plus loin on voit encore une autre rivière. Cent maisons de campagne, cent jardins riants ornent les bords du lac et des rivières; dans le lointain, s'élèvent les Alpes, et à travers leurs précipices on découvre vingt lieues de montagnes couvertes de neiges éternelles. »
EXCURSIONS
Ferney.
t h. 25 min. — Omnibus d heure en heuic, à la place du Bci-Air, et place Cornavin. — Prix : GO c.
La route qui conduit à Ferney est la route de poste de Genève à Paris par Gex et la Faucille. Au delà du chemin de fer, qu'elle traverse, cette
[Route 3]