‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 111 sur 865 · FERNEY · texte numérisé non relu

FERNEY

route monte par Montbrillant, bordée des deux côtés de charmantes villas, à (45 min.) Sacconnex-le-Grand, d'où Y on découvre une vue magnifique sur le Mont-Blanc et le lac de Genève.

— 15 min. plus loin on sort de la Suisse (canton de Genève) pour entrer en France (départ, de l'Ain).

25 min. Ferney ou Fernex, — (hôt. : la Couronne), b. de 1166 bab., situé à la jonction des routes de Genève, Gex, Versoix et Meyrin.

Personne n'ignore que Voltaire fut en quelque sorte le fondateur de ce bourg, où il se retira en 1758, après s'être échappé de la cour de Frédéric, et où il vécut jusqu'en 1778. «* C'était, disait-il, l'horreur de la nature. »

Ferney, qui, à son arrivée, se composait "de 7 ou 8 cabanes, comptait, à sa mort , 80 maisons et 1200 bab.

— Les maisons qu'il y avait fait construire coûtaient 500000 fr.

Jadis avant d'entrer au château on remarquait une petite chapelle avec cette inscription :

Deo erfixil Voltaire.

qu'il expliquait ainsi : « L'église que j'ai fait bâtir est la seule de l'univers en l'honneur de Dieu. L'Angleterre a des églises bâties à saint Paul, la France à sainte Geneviève, mais pas une à Dieu. » Cette chapelle ne sert plus aujourd'hui au culte. Une nouvelle église a été bâtie en 1825 à peu de distance. Les réformés ont un temple à l'extrémité du bourg.

Jusqu'en 1845 on avait conservé dans le château de Ferney, peu intéressant par lui-même, la chambre à coucher et l'antichambre de Voltaire, telles qu'elles se trouvaient lorsque, en 1778, il le quitta pour aller triompher et mourir à Paris.

Mais à cette époque des réparations intérieures y firent disparaître presque entièrement les dernières traces de son long et célèbre séjour. (La chambre à coucher a même été changée de place récemment.) Ces deux pièces

SUISSE

sont cependant montrées aux étrangers tous les jours de midi à 4 h. , le dimanche excepté. Ils y peuvent voir encore r quelques vieux fauteuils et de vieux rideaux en tapisserie; le mausolée qui devait renfermer le cœur de Voltaire, sur lequel et au-dessous duquel on lit ces inscriptions de M. de Villette :

« Son esprit est partout et son cœur est ici*

« Mes mânes sont consolés puisque mon cœur est au milieu de vous; »

un poêle en faïence, décoré de curieux ornements dorés; le portrait de son ramoneur et de sa blanchisseuse; un lit en assez bon état; les portraits de Lekain, de l'impératrice Catherine, de Frédéric, de Mme du Châtelet; une tapisserie brodée par Catherine; des gravures représentant des hommes célèbres de son temps; un pastel qui le représente en buste, etc. Dans le parc, un ormeau planté par Voltaire est protégé au moyen d'une barrière contre la curiosité destructive des visiteurs.

Voltaire nous a laissé la description suivante de sa retraite chérie :

O mai»©» d'ArUtlppe! «jardin d'Epicuret Voua qui me prosontea dans vo» caoloe divof»

Ce qui souvent manque k ma» Tan , La mérita da l'art eoutnla à la nature : Empire da Poraone at da Flora ta ««Dur ,

R>eev*s votre po»te»sour ; Qu'il toit ainii «juo voua solitaire at tranquille.

Que tout plaît an ee* lieux à me» ton» étonné»! D'un tranquille océan l'eau pure at transparente Baigne le» bord» fleuri» d* ce» champ» fortuné»; D'innombrable» coteaux ce» champ» «ont ©ouron-

Baechui le» embellit t leur in»eimible panla Voua conduit par degr s à eet monta aoureilleu» Qui preeaent le» enfer» et qui fendent la» cieux. La voilà ce théâtre et de neige et d« gloire , Eternel boulevard, qui n'a point garanti

De» Lombard» le beau territoire.

Voila ce» mont» affreux, célébré» par l'blatoira, Caa monta qu'ont trav«r»é», pai un vol ai hardi, La» Charte*, les Otbon, Ceiiuat et Coati,

Sur les aile» de la Victoire.

Le château de Ferney appartient aujourd'hui à M. David, qui l'habite une partie de Tannée et qui possède à Lajoux, dans le Jura, un bel établissement de lapidai rerie,

Le Salôve esl cette montagne calcaire-, allongée dans la direction du N.-E. au S.-0., qui s'élève au N.-E.

et à 6 kil. de Genève (Savoie), et qu'une gorge appelée le creux de Monnetier, sépare en petit et en grand Salève. Elle offre du côté de Genève de grandes assises horizontales et parallèles de rochers arides, presque à pic et accessibles sur quelques points seulement. Le versant opposé présente au contraire une pente douce et en partie boisée. On y remarque un certain nombre de roches primitives qui n'y ont point été lancées par des explosions souterraines, car, comme l'a dit avec raison de Saussure, des masses d'un poids aussi éuorme, venant d'aussi loin que le centre des Alpes, et par conséquent par une trajectoire prodigieusement élevée, auraient fracassé les rochers et auraient formé des enfoncements considérables ; mais, au contraire, elles reposent sur la surface du roc et ne le touchent que par un petit nombre de points. Ces blocs erratiques paraissent avoir été apportés et déposés I>ar les glaces aux endroits où ils se trouveut aujourd'hui.

Le Petit Salève.

A Monnetier, u h. — Au sommet du Petit-Salève, 2 h. 30 min. — Le tour du Pelit-Salève (4 h. 4$ min.) e»t uoe excursion qui consiste à aller de Genève au Peiit- Salève par une toute, et à en revenir par une autre, de manière à contourner toute la montagne. La plus grande partie de cette excursion peut se faire eo voiture, — de MornexàVeirier seulement, ou viceversd, le chemin n'est praticable que pour les chevaux ou pour les piétons. On peut envoyer sa voilure de Veirierà Mornex, ou bien se faire conduire d'abord à Mornex. et envoyer sa voiture & Veiner. En partant par Mornex, on a l'avantage de descendre le pas de l'Échelle au lieu do le monter. — Des omnibus font plusieurs fois par jour le trajet de Genève à Mornex (l fr. au c).

De Genève à Mornex, il faut 2 h.

à pied. On suit la route de Chaino-

nix jusqu'à (50 min.) MoiUestdaz, v. situé à 15 min. de Chêne , sur un ruisseau qui forme les limites du canton de Genève et de la France (Savoie). Dans cette première parue du trajet on voit presque constamment devant soi le Buet et le Mont-Blanc, séparés par le Môle. Le Foron franchi, on quitte la route de Chamonix pour prendre celle qui, s'ouvrant à droite, conduit à (30 min.) Étrembières, ham. situé au bord de l'Ane.

Traversant alors cette rivière, on se dirige vers la base boisée du petit Salève, que l'on ne tarde pas à gravir (sur la g.), en dominant la rive g.

de l'Arve. La vue devient de plus en plus belle et de plus en plus étendue à mesure que l'on s'élève. A 20 min.

du pont se présentent deux chemins.

Il faut prendre celui de dr. qui coutinue à monter, et en 20 min. on atteint Mornex (Écu de Savoie, pension à 5 fr. par jour, si l'on mange à table d'hôte; à G fr., si l'on se fait servir en particulier: café le matin, dîner à 2 h. , souper à 8 h. ; — Écu de Génère, pension Boiet, près des ruines du château; — nombreuses pensions; dncs pour la promenade, l fr. par heure, les heures suivantes se payent moins cher, 1 fr. pour Monnetier et les ruines), v. si bien situé à 551 met. et si bien abrité a la base méridionale du petit Salève, que les médecins y envoient un grand nombre de convalescents. Les promenades suivantes sont recommandées aux personnes valides qui y séjournent : 15 min., au mont Gosse , propriété fermée aux étrangers; — 1 h., Eseri, v. qui possède un château et d'où l'on découvre de beaux points «le vue; — 2 h. (1 h. au delà d'Aizeri) les bois d'Yvres, la Pierre aux fées et la Pierre des rocailles, près du château de Chàtelard, etc.

Ou compte 30 min. de marche de Mornex à Monnetier (aub. à la Reconnaissance et à r Union), v. situé à 712 mèt. dans la gorge qui sépare le l>etit Salève du grand Salève. Si l'on

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