PAR DOLE , SALINS, CHAMPAGNOLE ET LES ROUSSES
515 ka. — Chemin de fer de Paris à Salins.
— Chemin de fer concédé de Salins à Champagnole.— Route de postede Salins à Genève.
DE PARIS A SALINS
m kil. — Chemin de fer de Paris à la Méditerranée. — 6 convois par jour. —
— Trajet en 9 h. et 10 h. par les trains express ; en ts h. 15 min. par les trains omnibus. — 1" cl., 45 fr. 05 c; 2« cl., 33 fr. 75 c.;3* cl., 24 fr. 75 c.
394 kil. de Paris à Mouchard (R. 1 et lli).
Laissant à dr. la ligne de Pontariier-Neuchâtel et celle de Lons-le- Saunier-Bourg , on croise la route de Lons-le-Saunier à Besançon. Les ruines du château de Vaugrenans, qui dépend du village de Pagnox, se dressent à g. , au sommet d une colline boisée (158 mèt. d'altit.). Marnoz, qui se trouve à dr. , tire son nom de ses marnes irisées.
Le chemin de fer, pénétrant dans une gorge profonde et rocheuse y traverse le tunnel de Marnoz, long de 130 mèt. Au sortir de ce souterrain, il domine à g. le vallon de la Furieuse, qu'il franchit sur un beau viaduc de 6 arches et de 140 mèt. de long. On découvre une jolie vue sur ce vallon; mais presque immédiatement ou s'enfonce dans un second souterrain. Les forts Saint-André et Belin attirent déjà l'attention des deux cotés de la voie, sur les rochers qui dominent Salins. On longe à g. la base du Mont-Poupet.
402 kil. Salins (hôt. : des Messageriet (50 chambres meublées à neuf} ,
— du Sauvage; établissement des
l . Pour la description détaillée de cette route, V. Y Itinéraire de Pari* en Suisse, par Ad. Joanne.
bains; nombreuses maisons garnies; libraire, M. Billet), ch.-l. de c, V. de 7361 hab., longue de plus de 3 kil. et presque entièrement incendiée en 1825 (du 27 au 30 juillet) est située sur la Furieuse, au milieu de riches vignobles, à 315 mèt. d'alt., entre les montagnes de Saint-André à TO. (586 mèt.), de Belin à l'E.
(648 mèt.), couronnées toutes deux par des forts, et le Mont-Poupet au N. (858 mèt.).
Les tours et le mur d'enceinte de Salins ont cessé d'être entretenus en 1790; les forts seuls de Saint-André, du Haut et du Bas-Belin, et la redoute de Grelimbach, démantelés par les Alliés en 1814, ont élé remis en bon état.
Salins possède un monument historique, l'église Saint- Anatoile, qui domine la ville au-dessous du fort Belin. Fondée au xi* s. par Hugues de Salins, endommagée maintes fois par l'incendie et maladroitement restaurée, elle offre un singulier mélange des styles roman et gothique.
Elle se compose de trois nefs, d'un transsept, d'une abside et d'un chœur. Le vaisseau mesure 33 mèt.
20 de longueur dans œuvre, sur 14 mèt. 70 aux collatéraux et 24 mèt. 50 à la croisée. La grande nef est séparée des bas côtés par douze arcades ogivales que supportent quatorze piliers, dont huit cylindriques ; audessus règne, entre deux cordons, une charmante galerie romane, composée de cinquante-six arcades. On remarque à l'intérieur : les boiseries du chœur, l'orgue, la chaire, le baldaquin du maltre-autel et plusieurs pierres tombales des xive et XV s.
Véglite Saint- Maurice (xui# s.) a été mutilée pour élargir la Graad'- Rue. La chaire, une Descente de (croix en marbre, un beau vitrail et plusieurs tableaux méritent l'attention des visiteurs. — L'église Notre-Dame t ruinée par l'incendie de 1825, a été rebâtie en 1833. — Véglise Notre- Dame Libératrice, qui se trouve si-
DE PARIS A GENÈVE
luée dans l'hôtel de ville , contient une Mater dolorosa d'un statuaire de Dôle, nommé Hugucnin. — La bibliothèque, établie dans l'ancienne église des Jésuites, possède 8000 à W00 vol., deux tapisseries faites à Bruges, en 1501, et un tableau représentant Salins au xvir siècle. — Sur la place d'armes, à dr. en regardant Vhôtel de ville (1750), on remarque une fontaine monumentale du statuaire Devosge, construite en 1720 (une Naïade assise dans une niche rustique). — Les vieilles tours ou portes de l'enceinte, encore debout, fourniront des dessins pittoresques aux artistes. — Le jardin public, nommé Barbarine, est fort bien planté, mais mal entretenu.
Les salines, vendues par l'État, en 1843, à M. de Grimaldi, intéresseront les étrangers. Pour les visiter, il suffit de s'adresser au concierge (pourboire). Elles produisent 60 000 quintaux de sel par an. Les souterrains sont moins effrayants que ne les a dépeints Pélisson. On y voit des sources salées sortir d'une roche dolomitique, et de grandes roues mettre en mouvement des pompes aspirantes qui montent l'eau au moyen de tubes sur un banc de sel gemme, ayant 23 à 24 degrés de salure. Trois trous de sonde, commencés en 1845, et terminés en 1849 par M. Degousée, ont atteint le terrain salifère a 223 mèt.; ils ont été poussés à 243 mèt., 240 mèt. 40, et 265 mèt.
23. Chacun d'eux fournit par jour 500 hectolitres. La moitié des eaux est dirigée par un conduit en fonte, de 17 kil. de long, sur la saline d'Arc, établie en 1775, tandis que l'autre, élevée par le même mécanisme hydraulique, va remplir les réservoirs d'où elle se rend, selon les besoins, aux chaudières à évaporation , maintenant au nombre de six. Le réservoir du Tripot, presque entièrement dallé avec des pierres tombales, a 11 mèt.
de profondeur, 10 mèt. de largeur et 40 mèt. de longueur. Deux chau-
dières sont affectées à la fabrication du chlorure de potassium et du sulfate de soude; la première produit environ 300 quintaux par an, et la seconde 200. Les bâtiments couvrent une superficie de 22 hectares.
En 1855, M. de Grimaldi a fondé dans la petite saline un établissement de bains ( eaux-mères iodo bromurées), constamment agrandi et amélioré depuis, et appelé à un brillant aveuir. En 1859, cet établissement comptait 55 cabinets de bains. La piscine, une des \ lus belles qui existent, contient 86 000 litres d'eau (de 28 à 30°). On peut s'y livrer à la natation; 17 cabinets l'entourent. Les eaux de Salins sont froides, car elles ont 11° 5 à la source, chloruréessodiques et bromurées. Limpides, incolores et généralement inodores, elles ont une saveur plus ou moins salée, suivant les sources, et plus intense après les grandes pluies. Elles se réunissent dans trois puits, dont le plus important, avant les forages pratiqués récemment , était le Puits-à- Muire. On les emploie en bains, en boisson et en douches. Leur action sur l'économie est analogue à celle de l'eau de mer. Elles sont excitantes, toniques, résolutives, reconstituantes et particulièrement utiles aux tempéraments lymphatiques.
Un établissement hydrothérapique a été eu outre creé, en 1858-59, dans le princii»al corps de bâtiment, qui renferme une vaste salle à manger, de beaux salons de lecture et de conversation richement meublés, une salle de concerts (4 concerts par semaine), des appartements pour les baigneurs.
La saison des bains de Salins dure du 1er juin au 1" octobre. On peut être logé et nourri à rétablissement pour 7 , 8 ou 10 fr. par jour, tout compris. Dans les hôtels de la ville, la pension est de 6 ou 7 fr. par jour. Un petit jardin, agrandi en 1859, permet aux baigneurs de passer au grand air une partie de la journée sans sortir de la ville.