DE GENÈVE ET DE LAUSANNE A NEUCHATEL. [ROUTE 16J
Nord. A l kil. en deçà de Pompaples se trouve Orny, v. ancien de 303 hab.
réf., dont le vieux clocher, bien conservé, se termine par une pyramide à base quadrangulaire, et aux faces légèrement convexes.
Au delà de la station d'Êclépens, le chemin de fer pénètre dans la montagne de Mauremont par un tunnel de 260 met. , point culminant du tracé, à 15 met. 65 c. au-dessus du lac de Neuchâtel et 77 met. 89 c.
au-dessus du lac Léman (453 mèt.
de hauteur absolue). Au sortir de ce tunnel on franchit le ravin au fond duquel passait l'ancien canal d'Entreroches (V. R. 14), puis on entre dans un second tunnel de 160 mèt. de longueur et Ton se trouve sur une vaste plaine marécageuse, parcourue par le Nozon et le canal d'Entreroches. Après avoir laissé à dr. Bavois et à g. Arnex, on traverse le Talent et on aperçoit à g. Romainmotier et Orbe.
27 kil. Chavornay, v. de 847 hab.
réf., situé à 451 mèt., au pied d'une colline de la rive dr. du Talent, était autrefois la résidence de prédilection des rois bourguignons. On y a trouvé une pierre milliaire romaine avec une inscription en l'honneur de Septime-Sévère. La vue s'étend au loin jusqu'au Jura.
De Chavornay à Orbe, à Salins, à Pontarlicr, R. il et 12.
Au delà du Salaz et du Combes, cours d'eau qui se perdent dans les marécages de la vallée de la Thièle, on laisse à dr. Essert-Pitet, puis à g. le château féodal de Champrent.
32 kil. Épcndes, v. de 295 hab.
oath., situé au débouché d'un ravin à 445 mèt. On y remarque un ancien château; à dr., sur la hauteur, se montrent Belmont , puis Gressy.
38 kil. (87 kil. de Genève). Yverdon ou Yverdun (hôt.: de Londres, en lace de I:i poste, de la Cfoix-Fédérale, de la Maison-Rouge); en ail.
Iffcrten, Y Eburodunum des Romains,
V. de 4986 hab., dont 4547 réf. et 412 cath. , est bâtie sur la rive dr. de l'Orbe ou Thièle, à quelques centaine ; de pas de l'endroit où cette rivière se jette dans le lac de Neuchâtel, dont les eaux baignaient autrefois les murs de la ville. Yverdun se compose de trois grandes rues parallèles, qui aboutissent à une belle place entourée de divers édifices, construits, ainsi que la plupart des maisons, engrèsjaune.
Parmi ses monuments publics, on remarque : le château , flanqué de quatre tours, élevé en 1135 par Conrad de Zaehringen, et agrandi en 1260 par Pierre de Savoie ; Vhôtel de ville et Véglise , qui datent du siècle dernier. Plusieurs ponts font communiquer la ville avec les faubourgs, et de magnifiques promenades, plantées de tilleuls et de peupliers, l'entourent presque entièrement ; l'une d'elles renferme une place d'armes. — Des collines voisines on découvre de belles vues sur le lac et les Alpes. — Yverdun possède de nombreux établisse ments d'instruction publique et de bienfaisance; un musée renfermant diverses collections; une bibliothèque de 12000 vol., fondée en 1763.
Les Romains ayant fortifié la ville gauloise d'Werdun, dont ils reconnurent l'importance commerciale , y établirent un préfet des bateliers, on commandant de la flottille du lac de Neuchâtel, charge de surveiller le transport des bois de construction coupés dans le Jura. On a découvert, à une faible distance des murs de la ville actuelle, les restes de l'ancienne citadelle, une pierre milliaire, des médailles -, en 1 769, en creusant les fondations d'une cave dans un banc de sable, on a trouvé un nombre considérable de squelettes humains, tournés du côté de 1*E., et qui avaient entre leurs jambes de petites urnes d'argile, et de verre avec des plaques rouges également d'argile, et sur lesquelles on voyait encore des restes d'os de volaille. Ces antiquités sont conservées dans la bibliothèque de la ville. Après avoir subi au moyen âge le sort des autres villes de la Transjurane, Yverdun passa, en il 35, sous la domination des comtes de Zehringen, et, eu 1259, sous celle de Pierre de Savoie, qui la prit par