AIGLE. — BEX
Croix-Blanche, Victoria, bon restaurant à la gare), b. de 2582 hab. réf.. YAquilea des Romains, construit eu marbre noir sur la Grande-Eau qui descend du Val des Ormonds, et que le chemin de fer traverse. Le château (belle vue), a été transformé en hôpital. — Une eicursion au Val des Ormonds (R. 138) est recommandée.
À 15 min. d'Aigle se trouve Yvorne , v. de 789 hab. réf., au vin blanc renommé. Au commencement de mars 1584, et à la suite du tremblement de terre qu'on ressentit tout autour du Léman, ce village fut, ainsi que celui de Corbeyrier, situé plus haut, euglouti par la chute de la montagne Luau; deux cents personnes perdirent la vie dans cette catastrophe.
[D'Aigle od peut faire en 4 ou 5 h l'ascension de la Tour d'à y (2313 met.) et de la TOUR de M a yen <23i3 mèt.) *. On monte à Veyge, puis sur le plateau de Ltysin, et de ce plateau au pied des deux Tours jumelles, formées de couches horizontales. A Ouchy, on les nomme les Jumelles; à Chexbres, les T*menaux (les cheminées); ailleurs, les Tites, ou les Colonnes. Chacune des Tours a son petit lac dans lequel elle réfléchit son image, et ses chalets, où, chaque année, le troisième dimanche du mois d'août, se fait une abondante distribution de crème aux pauvres qui s'y rencontrent en foule. La Tour de Mayen est d'un accès plus facile que la Tour d'Ay. On peut redescendre par les rochers qui forment le cirque de Lutan et qui dominent le village de Corbeyrier, d'où un sentier conduit à Yvorne. La Tour de Fa me Ion, arête de rochers stériles qui se dresse au N. E. de la Tour de Mayen, a 21 S8 mèt. ; elle ressemble de loin à une tente de soldat. Ses pâturages sont réputés les meilleurs de cette chaîne des Alpes. Ces trois pics paraissent n'avoir fait qu'une seule masse; mais une grande révolution a sans doute ouvert les larges brèches qui les séparent et qui sont jonchées de débris , au milieu desquels se trouvent les chalets d'Ay. L'ascension du
1. On peut aller coucher au Sepey, V. R. m (hôtel de V Etoile, bon), situe à 2 h. i/2 d'Aigle (omnibus deux fois par jour), d'où 2 h. 1/2 à S h. suffisent pour ces hautes
Chamossaire, qui domine le versant opposé de la vallée de la Grande-Eau (2113 mèt. \ exige 4 a S h. On y découvre aussi un admirable panorama. Le Chamossaire est le point culminant des montagnes d'OUon, qui se prolongent à l'E jusqu'à la pointe de Meilleret (1972 mèt.), et jusqu'au passage de la Croix qui les lie aux Diablerets; à 10. elles tombent en pentes arrondies, renfermant dans leurs sinuosités le vallon de Panex, et se terminent par des assises de marbre et par le gradin i qui porte les vignes d'Aigle et d'OIlon. Dans les vallons supérieurs se cachent trois lacs charmants, le lac de Bretaye, à 1791 mèt., le Noir, à 1720 mèt., et le lac des Chavannes , à 1697 mèt.J
D'Aigle à Château-d Œx et à Gsteig par le val des Ormonds, R. 138 et 139; — à Monthey, 2 h. (K. ci-dessous).
105 kil. Ollon Saint-Triphon , station desservant les deux villages que sépare la route de poste. La colline de Saiut-Ti iphon est couronnée d'une tour carrée de 19 mèt. de haut, dont la construction est attribuée aux Romains et qui offre une belle vue. Un sentier, taillé dans le roc et appelé des Donnes, ou des Dames, conduit à d'autres ruines. Une carrière de marbre noir est exploitée entre la tour et le village. Des antiquités romaines et de nombreux objets antiques ont été découverts sur ces collines, et l'église d'OIlon renferme un tnilliaire de l'empereur Licinius, indiquant 10700 pas depuis Martigny.
Un poteau indique la route de Colombey (V. ci-dessous), où un pont suspendu a été jeté sur le Rhône.
La vallée du Rhône devient de plus en plus belle près de
109 kil. Bex (buffet à la gare, hôtel de Y Union, bains d'eaux mères, d'eau salée et d'eau naturelle, pension 4 fr.; plusieurs pensions parmi lesquelles nous recommanderons Vkôtel et pension des Bains, la pensioo Crocltet daus le village et la pension Comte, à Mon-Chalet, à 15 min. sur la route de Frenières, cures de raisin, de petit-lait et de lait d'dnesse, 4 fr. par jour, nourriture et logement,
20 cent, pour le service; en hiver 100 fr. par mois), b. de 3552 hab.
réf. , situé sur l'Avençon et dominé à l'E. par les ruines du vieux château de Duin, que les Bernois démantelèrent en 1465. L'église, qui ressemble à une maison, a conservé une tour du style ogival. — Au N.
s'élève le Monta, éminence boisée et cultivée.
Les étrangers qui séjournent à Bex peuvent faire dans les environs un grand nombre de promenades et d'excursions. Nous mentionnerons les principales : Champagne (15 min.) (belle vue); — la Combat (20 min.); la tour de Duin (30 min. ) : — le Signal (40 min., point culminant du Montet, beiic vue); — le bloc erratique (45 min. V. ci -dessous); — Saint- Triphon (1 h. V. ci-dessus); — IVglite de Choex (1 h. V. ci-dessous); le Tour du Montet, par le Devens et le Bovieux (1 h. 30 min.): — la vallée de Frenières (1 h. 30 min.); — Chatillon (3 h.); — le plateau de Veyrossaz (2 h.); — le pont du Nant (3 h.); — Grion (2 h. 30 min.); — Villard (3 b. 30 min.); —le Val (VUliex, les Diablerets, Ollon, Grion, le col de la Croix , les Ormonds , la Dent de Mordes, le Grand-Moveran, Argentin (F. ci-dessous et R. 49, 61, etc.). Mais, de toutes les promenades des environs, la plus fréquentée est le tour des Salines (3 ou 4 h.).
Les Salines de Bex, appartenant aujourd'hui au canton de Vaud, ont été découvertes Pan 1554. Jusqu'en 1823, on n'exploitait que des eaux salées, dont la diminution constamment progressive inspirait des craintes sérieuses sur la durée de l'exploitation; mais cette année môme, l'habile directeur des mines découvrit une veine de roche salée, connue aujourd'hui sur une longueur de près de 1299 met., une épaisseur de 1 à 16 mèt., et une hauteur de 194 mèt.
Cette découverte a non -seulement assuré l'existence de l'établissement, menacé d'une ruine prochaine, mais
elle en augmente chaque jour les produits. En 1822, la fabrication n'était que de 670700 kil. ; elle dépasse maintenant 40000 quintaux.
On va d'abord au Devin ou Devens (45 min. par la route de chars, 35min. par le sentier), saline située dans une jolie plaine, à peu de distance de l'entrée du vallon de la Grionne, (belle vue.) Outre la maison d'habitation du directeur des mines , et divers magasins et ateliers, cette saline comprend une maison de cuite à deux chaudières, pour l'extraction du sel des groubes, et enfin un bâtiment de graduation à double paroi d'épines de 89 mèt. de long sur 9 mèt. de haut, où l'on gradue les eaux faibles du troisième lessivage des pierres salées.
Les sources salées sont, ainsi que le roc salé, situées dans de l'annydrite, ou chaux sulfatée anhydre, dont les dépôts s'étendent depuis la Savoie, par le Val d'Illiez, jusqu'au lac de Thun. On exploite le roc salé au moyen de la poudre à canon:
puis, après avoir rempli, avec les blocs détachés ainsi de la masse principale et concassés grossièrement , de vastes salles appelées dessaloirs , et creusées dans Tanhydrite privée de sel, on y fait passer un courant d'eau douce. On opère ordinairement trois lessivages : le premier et le second fournissent une eau à 25 ou 26 p. 0/0 de salure, et le troisième de 5 à 6 p. 0/0 seulement. Les pierres sont ensuite tirées des dessaloirs, et transportées hors de la mine. Quant aux eaux salées provenant, soit des sources naturelles, soit des dessaloirs, elles sont immédiatement conduites aux chaudières par des tuyaux en mélèze, lorsqu'elles donnent au moins 20 p. 0/0 de salure. Dans le cas contraire, on les soumet préalablement aux procédés de la graduation.
Du Devens (534 mèt.) on monte, en 15 min., au Bouillrt (605 mèt.), et du Bouillet, en 20 ou 25 min., aux Fondéments (827 mèt.), sous la conduite
^ route 25]