‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 198 sur 865 · LES SALINES DE BEX · texte numérisé non relu

LES SALINES DE BEX

d'un mineur. Après s'être muni d'une lampe, on commence une excursion souterraine plus ou moins longue.

La mine du Fondement comprend une multitude de galeries dont plusieurs, de niveaux différents, communiquent entre elles par des puits, des escaliers et des rampes. Ces galeries ont été établies dans le but, soit de découvrir de nouvelles sources salées , soit d'exploiter celles qui avaient été découvertes, soit enfin <Vaérer la mine. Le Fondement communique avec la mine du Bouillet par un puits vertical de 160 mèt., et par un escalier taillé dans le roc de plus de 730 marches. La mine du Bouillet consiste principalement en une galerie de 2213 mèt. de long, sur 2 mèt. 50 c. de large. On y remarque : 1° à 120 mèt. de l'entrée, le réservoir rond, vaste salle creusée dans te roc (1826), parfaitement circulaire, de 27 met. de diamètre et de 3 mèt. de hauteur. Le plafond n'est supporté par aucun pilier. Ce réservoir sert d'entrepôt aux eaux qui ont besoin de passer à la graduation. On y entend un écho fort curieui ; 2* un second réservoir de forme irrégulière, ayant env. 1580 mèt. de surface carrée et 3 mèt. de hauteur, et dont le plafond est supporté par plusieurs piliers. 11 sert d'entrepôt aux eaux fortes, à celles qui sont conduites immédiatement aux chaudières; 3° le puits du Bouillet, h 172 mèt. de l'entrée; il s'abaisse de 285 mèt. au-dessous du sol de la galerie, y compris un trou de sonde de 49 mèt.

De la mine du Bouillet on peut revenir à Bex par Bévieux et visiter le Bloc-Monstre. Près du Devens, sur le flanc septentrional du Montet , colline qui sépare Bex du vallon des Salines, se trouve un bloc calcaire provenant des montagnes qui bordent la vallée de l'Avençon. Sa longueur moyenne est de 18 mèt. ; sa largeur, de 16; sa hauteur, de 20; son volume de plus de 54000 mèt. cubes. Les arê-

tes et les angles en sont un peu émoussés. M. de Charpentier l a nommé le Bloc-Monstre. C'est le plus grand bloc erratique découvert dans les Alpes. On l'appelle aussi Picrra-bessa. Il est fendu verticalement du sommet à la base. A 320 mèt. de ce bloc, on en voit un second de 14000 mèt. cubes, qui provient de la môme vallée.

De Bex à Sion par le col de Cheville et les Diablerets, R. 51; — à Osteig et à Saanen par le col de la Croix et le Pilon, R.138 et 139;— à (45 min.) Monthey ( V. cidessous), par (*20 min.) Massonger.

Ascensions d'Argentine, du Orand- Moveran et de la Dent de Mordes.

Argentine est une montagne haute de 2418 mèt., qui s'élève entre les Diablerets et le (irand-Moveran.

Pour en gagner la base il faut remonter la rive g. de l'Avençon jusqu'à (1 h. 15 min.) ïrenières, hameau pittoresque (1080 mèt.) où la vallée, plus boisée, se resserre. 15 min. plus haut, on remarque une belle cascade. Le défilé franchi, on entre (20 min.) dans le joli vallon des Plans (pension Bernard), où l'on peut au besoin passer la nuit (à 1120 mèt.). Des Plans 3 h. 15 min. sont nécessaires pour atteindre, par le chalet Richard (1850 mèt.) et des pâturages, le sommet de l'Argentine (belle vue).

Le Grand et le Petit Moveran sont deux montagnes situées entre Argentine et la Dent de Morclos au N. de la pointe aux Favres (2924 m* t.). Leurs sommets atteignent 3061 mèt. et 2818 mèt. Pour y monter il faut passer par (1 h. 50 min. à 2 h.) les Plans (V. ci-dessus) où l'on vient coucher. — (30 min.) le pont du Nant (1260 mèt.); — (45 min.) les chalets de la Larze; — (30 min.) la fin des pâturages; — (15 min.) le roc du Chasseur; — (30 min.) le col de la Saille, situé entre le Grand et le Petit- Moveran et formant les limites entre Vaud et Valais. De ce col on monte en 3 h. au sommet. On gravit des rochers et des pentes escarpées

de débris après une descente nécessaire pour pouvoir escalader le flanc oriental de la montagne, qui est le seul praticable.

La Dent de Morcles(2884 mèt.), quoique moins élevée que le Grand- Moverau, offre un plus beau panorama. On peut y monter de trois côtés :

lu Par Bex. On va d'abord aux Plans (T. ci -dessus), où l'on passe d'ordinaire la nuit ; car il faut encore " h. environ d'une marebe pénible pour atteindre le sommet par(30 min.) le pont du Nant; — (45 min ) la montagne de Nant; — (1 h. 30 min.) le glacier des Martinets. De ce glacier, situé sur le flanc 0. et fort abrupte de la Dent de Morcles, on découvre déjà une très-belle vue sur le lac de Genève; — (1 h.) la Grand' Vire, couloir rocheux creusé à la base S. de la Dent, le seul passage praticable et dont l'escalade demande 2 h. De l'extrémité supérieure de la Grand'- Vire au sommet il faut 1 h. 30 min.

à 2 h. — La vue est admirable;

2° Par les Bains de Lavey. — On monte en 4 h. par le Saut du Chien ou Chien-Saut, et le hameau de Morcles (1165 mèt.) aux chalets de haut de Morcles, où l'on passe la nuit, et d'où, en se dirigeant à l'E., on peut atteindre en 2 h. la Grand'Vire à 2 h. env. du sommet ;

3* Par Fully. — Ce dernier chemin, intéressant surtout pour les botanistes, monte aux chalets de Fully, passe à côté des deux petits lacs de ce nom (plantes rares) et rejoint celui de Lavey près de l'endroit où il pénètre dans la Grand'Vire.

En quittant la station de Bex (la route de terre offre une agréable promenade dans un beau parc) , le chemin de fer se dirige vers le Rhône qu'il traverse un peu au-dessous du pont de Saint-Maurice, pont d'une •eule arche de 22 mèt. d'ouverture, construit en 1482, peut-être sur des fondations romaines, formant les li-

mites des cantons de Vaud et du Valais, appuyé d'un côté sur la Dent de Morcles, et de l'autre sur la Dent du Midi , dont lçs bases sont tellement rapprochées, qu'elles laissent à peine un passage au fleuve. Ce pont, que fermait jadis une porte, est défendu par deux petits forts valaisan et vaudois.

Le Rhône franchi, le chemin de fer passe dans un souterrain, derrière la ville de Saint-Maurice, à l'extrémité de laquelle se trouve la station.

114 kil. Saint- Maurice (hôt. :

YÉcu du Valais, la Dent du Midi), en allemand Saint-Moritz , V. de 1543 hah. cath. , qui appartenait autrefois à la Savoie et qui fut conquise en 1475 par les Hauts-Valaisaus. Elle est située, à 435 mèt., sur l'emplacement qu'occupait jadis l'ancienne Agaunum ou Tarnada , cette ville où les Romains avaient coutume de transporter leurs morts pour leur donner la sépulture. A en croire une tradition contestée, elle doit son nom actuel à saint Maurice, qui y souffrit le martyre par l'ordre de l'empereur Maximien, l'an 302, pour avoir refusé d'abjurer le christianisme, avec les 6000 hommes de la légion Thébaine qu'il commandait.

Les principaux édifices publics de Saint-Maurice, V église paroissiale, le couvent des Capucins, V hôtel de ville et un vieux château transformé en fabrique d'acier, n'offrent aucun intérêt, mais on ne doit pas manquer de visiter ï abbaye, regardée comme le plus ancien monastère des Alpes; car la fondation en est attribuée à saint Théodore, le premier évôque du Valais qui occupa le siège épiscopal de 351 A 391. Cette abbaye, plusieurs fois pillée et détruite au moyen âge, se releva de ses ruines.

Les Augustins s'y établirent en 1188.

Leur abbé, c rossé et mitré, porte le titre de comte, et relève immédiatement du saint-siége. 11 y a quelques années , le pape l'a nommé é'éque de Bethléem in partibus.

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