ROUTE 44] CORMAYEUR. — LE GRAMONT
avant d'atteindre le col, on prend à dr. un sentier par lequel on monte en 1 h. 30 min. (2 h. 30 min. de Cormayeur) au sommet, haut de 2338 met. , et d'où l'on découvre une vue analogue, d'un coté seulement, à celle du Cramont.
On peut monter directement à la Montagne de la Saxe au N. E. de Cormayeur , en 2 h. 1/2, par les bains de la Saxe et les Trous des Romains, ancienne mine d'argent creusée dans les flancs de la montagne, et redescendre par un chemin un peu plus long , mais plus commode pour les mulets, à l'entrée du Val Ferret. De la montagne de la Saie on découvre aussi une fort belle vue sur le Mont-Blanc , le Val Ferret , les montagnes du Grand et du Petit-Saint-Bernard, le col de la Seigne, V Allée-Blanche, etc. Le plus beau point de vue est à la Croix de Bernada.
2° Tous les touristes désireux de jouir des grandes
Mont Blanc et en face de Cormayeur, est tellement escarpé de l'un et de l'autre de ces côtés, que l'on est obligé de le gravir par derrière, et de faire ainsi un immense détour pour parvenir au sommet. On descend d'abord pendant 45 min. la grande route d'Aoste jusqu'au delà de Verran et de
Col du Géant.
Cormayeur. — D'après une photographie de M Braun
de Dornach.
scènes de la nature devront entreprendre l'ascension du Cramont, l'une des plus belles courses, san* contredit, que l'on puisse Caire dans toute la chaîne des Alpes. 11 faut àjh. 30 min. à 6 h. pour y monter; 4 h. pour en descendre.
Le Cramont, situé au S. E. du
Palevicux. Franchissant alors la Doire, et i «.'montant la vallée de la Thuille, le long du torrent de ce nom qui sort d'une gorge étroite, on suit la route du Petit-Saint-Bernard jusqu'à (15 min.) Pré-Saint- Didier (R. 9), v. près duquel jaillissent des eaux thermales, puis on gagne (1 h. env.) le v. d'J?-
LE TOUR DU MONT-BLANC. [ROUTE 44
levay à 1343 mèt. De là aux derniers mélèzes, d'abord entre des champs, puis par une pente pierreuse et inculte, on compte 2 h., et, des derniers mélèzes (les mulets ne montent pas plus haut) par des pâturages, au sommet, 1 h. 30 min. La montée est très-roide , mais nullement dangereuse.
Le sommet du Cramont (2731 mèt.) offre run des plus beaux panoramas de toute la chaîne des Alpes. A ses pieds une chaîne de montagnes plus basses, dont la principale sommité se nomme le Chétif, cache la vue de la vallée de Véni et de l' Alice-Blanche ; mais en face de soi, « on embrasse le Mont-Blanc d'un seul coup d'œil, dit de Saussure, de sa base à la cime; il se présente de la manière la plus brillante et la plus commode pour l'observateur, et il semble avoir écarté et* rejeté sur ses épaules son manteau de neige et de glace, pour laisser voir à découvert la structure de son corps. Sa forme parait être celle d'une pjramide ayant une de ses faces au s! E. , du côté du Cramont, et dont l'angle au sommet serait d'environ 130 degrés; coupé presque à pic sur une hauteur d'environ 3000 niet. , il montre de ce côté, au lieu de pentes couvertes de neige et de glace, une muraille verticale de granit. Les grands glaciers de la Brenva et de Miage attirent surtout l'attention. On remarque aussi les glaciers du Fresnay, du Broglio, de l' Allée-Blanche, le col du Géant, par lequel un passage difficile conduit à Chainonix (K. 46), les Grandes et les Pelites-Jorasses, les vallées d'Entre ves et de Cormayeur, le col Ferre t, le col de la Séréna, la vallée d'Aoste, le Mout-Vertosan, le Vélan, les montagnes du Saint-Bernard, la belle et magnifique vallée de la Thuille, (pie domine l'immense glacier qui descend du mont Ruitor, réuni à ceux des vallées de Cogne, de Savaranche et de Grisauche. — Les six heures que je passai en deux fois sur le sommet du Cramont
sont certainement, ajoute de Saussure, celles de ma vie dans lesquelles j'ai goûté les plus grands plaisirs que puissent donner Ta contemplation et l'étude de la nature. »
3° Les glaciers de Miage et de la Brenva méritent aussi une visite particulière (un jour chacun). On peut, pour ne pas prendre le même chemin, si l'on est venu à Cormayeur par l'Ai— lée-Bhnche, s'y rendre par le col de Chécruit, situé entre le Mont- Chétif et le Cramont. On franchit la Doireenface de Cormayeur, et, après avoir suivi, pendant 30 min., la rive g. d'un torrent, on gravit le versant escarpé d'un ravin jusqu'à (30 min.) une chapelle perchée sur un rocher , puis on monte par des prairies en pente douce au col (2 h. de Cormayeur) , d'où l'on découvre, d'un rocher qui s'élève à dr., une vue admirable sur toute la chaîne du Mont-Blanc, l'Allée-Blanche et, au-dessous de soi, sur les forêts du Mont-Chétif. Du col on peut descendre directement dans la vallée de Véni, ou gagner, ce qui est préférable, les chalets situés audessus du lac Combal, en suivant la montagne à mi-côte. — On peut aborder facilement le glacier de la Brenva un peu au-dessous de la chapelle de Notre-Dame de Guérison, escalader (avec précaution) l'énorme moraine qui barre la vallée et s approcher de la Iwise du Mont-Péteret (belle vue). Le côté N. du glacier est facile à descendre, mais on éprouve quelquefois, dit M. Bail, d'assez grandes difficultés à traverser les torrents qui descendent des petits glaciers situés entre le Mont- Blanc et le Géant. Un peu plus bas, on trouve un sentier conduisant à En trêves, mais il vaut mieux faire un petit détour pour visiter la belle grotte de glace d'où sort la Doire. Le glacier de Miage est d'un abord beaucoup plus difficile que celui de la Brenva, qui s'est considérablement augmenté depuis un siècle.
Les tou listes qui ne veulent pa* faire la dépense de la traversée du