‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 262 sur 865 · DE CHAMONIX A ORSIÈRES. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE CHAMONIX A ORSIÈRES. [ROUTE

gnards, qui l'ont découvert, en cherchant à atteindre le glacier d' A ^entière, n'en avaient jugé la descente impraticable du côté du X.

La dernière partie de la descente se fait par la longue et ennuyeuse moraine qui s'étend à g. du glacier de Laneuvaz — car ce glacier est très-crevassé et les pentes gazonnées qui tenteraient les voyageurs sont sillonnées de couloirs profondément creusés par les eaux, — puis sur des éboulis de pierres à l'extrémité inférieure desquels M. Winkworth franchit la Dranse pour atteindre la Folly (R. 44).

12 h. du col, Orsières (R. 44 et 50).

L'Aiguille d'Àrgentière a été gravie pour la première fois le 15 juillet 1864 par MM. Reilly et Whyinper avec les guides Michel Croz, et Michel Pavot de Chamonix. Partis à 3 h. 15min. des chalets de Lognant, ils traversèrent le glacier d'Argentière jusqu'au pied du glacier latéral qui conduit au col du Chardonnet, remontèrent l'affluent g. de ce glacier en se dirigeant vers l'Aiguille, atteignirent à 10 h. 5 m. (pendant la dernière heure ils durent tailler des pas dans un couloir escarpé) , l'arête qui relie le col du Chardonnet à l'Aiguille, où ils montèrent en 1 h. 1/4. M. Reilly redescendit à Chamonix par la route ordinaire et M. WhymperàArgentière par la rive dr. du glacier.

B. Par le col de le Tour-Noire.

Ce passage, découvert à la suite d'une erreur en 1863 par M. U. B. George et Mac Donald ( V. V Alpine Journal, n° <>), et les guides Mclchior Andcregg et Christian Aimer, offre des difDcultes telles qu'il ne doit être recommandé à aucun touriste.

MM. George et Mac Donald, partis d'Argentière avant le jour, entrèrent à 5 h. 30 min. sur le plateau supérieur du glacier d'Argentière qui était uni et peu crevassé et d'où ils jouirent d'une belle vue sur l'Aiguille Verte. | Leur intention était de passer le col d'Argentière, mais ils ne purent le découvrir {leur carte était défec-

tueuse), car un contre-fort de rochers le dérobait alors à leur vue. Sur leur g. ils crurent voir au contraire deux espèces de cols très-rapprochôs.

Après délibération, il fut décidé que l'on tenterait d'escalader le premier; le second, du reste, n'existait pas. La montée se fit sans trop de difficultés, mais, au sommet de l'arôte (le temps était couvert), la pente opposée parut excessivement roide. A 10 h. 45 min.

on commença à descendre une paroi presque abrupte en taillant des pas dans la glace qui la recouvrait et d'où sortaient à des intervalles irréguliers de petites arêtes de rochers. Cependant la -pente devint de plus en plus roide; il était fort difficile d'y tailler des pas; les guides employèrent 1 h.

à en tailler 59, et 2 h. de ce travail pénible furent nécessaires pour atteindre les rochers les plus bas qu'il avait été possible de voir. On n'était pas encore au pied de cette terrihle muraille de glace qui, de plus en plus escarpée, ne permettait pas d'apercevoir sa base. On descendit avec la corde M. Mac Donald (le plus léger) à l'ouverture d'une bergschrund1 qu'il était chargé de reconnattre. La distance n'était que de 10 met. et pourtant l'inclinaison était si forte, qu'on ne le voyait plus. Les deux guides descendirent M. George et demandèrent ce qu'ils devaient faire. Grand était l'embarras ; on se parlait sans se voir ; Anderegg descendit Aimer avec la corde, essaya de descendre seul, glissa et tomba auprès de ses compagnons sans se blesser grièvement. La crevasse fut traversée assez facilement, et, à 5. h. 10 min. du soir, les quatre voyageurs se trouvèrent sains et saufs sur le glacier de Salenaz qu'ib prenaient pour le glacier de Laneuvaz,

1. V. dans l'Introduction le paragraphe consacré aux glaciers : crevasse particulière qui se forme à la ligne de séparation entre le névé qui participe au mouvement du glacier et celui oui reste attaché à U partie rocheuse de la montagne; c'est la rimaye de la Suisse française.

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