ROUTE 50] L'HOSPICE DU GRAND SAINT-BERNARD
de cette pièce sont couverts de gravures et de dessins offerts à l'hospice par des voyageurs reconnaissants, et le petit cabinet voisin contient des collections curieuses des plantes, des insectes et des minéraux des Alpes, des médailles, des anneaux, des lam-
pes sépulcrales, des tablettes votives, en bronze, couvertes d'inscriptions en l'honneur de Jupiter Pennin, etc.
Dans un corridor voisin du réfectoire (dîner et souper à 11 h. 1/2 ou midi et b h.), on remarque une grande tablette de marbre noir dont l'inscrip-
Hospice du Grand Saint-Bernard, d'après une photographie de MM. Ferrier et Soulier*
lion eu lettres d'or exprime la reconnaissance des Valai sans pour Napoléon.
« On ne recueille absolument rien dans les environs du couvent, dit de Saussure. Les jardins des religieux, situés sur de petits terre-plains, entre les rochers les mieux abrités du voi-
sinage, ont peine à produire, à la fin d'août, quelques laitues et quelques choux de la plus petite espèce, et ils les cultivent pour leur amusement, pour le plaisir de voir croître quelque chose, bien plutôt que pour l'utilité qu'ils en retirent. Ils sont donc obli-
gés de faire venir du fond des vallées voisines toutes les denrées nécessaires. Le bois à brûler, dont ils font une consommation immense , doit être transporté à dos de mulet de la distance de quatre lieues, et par un sentier escarpé qui n'est praticable que pendant quelques mois. »
La température moyenne du Saint- Bernard est de 0° 5/10 au-dessus de zéro. Le thermomètre y monte rarement au-dessus de 16° pendant les jours les plus chauds (18° en 1857); en hiver, il descend à 29° (mars 1854). En hiver, il tombe parfois jusqu'à 10 et 13 met. de neige.
Le Saint- Bernard fut d'abord appelé Mon s Jovit (montagne de Jupiter), et plus tard Mont Joui, nom qu'il a porté jusqu'à ce que la grande célébrité de l'hospice fondé par saint Bernard ait fait oublier celui de son ancien patron. Le grand nombre d'es-roto que I on a trouvés en fouillant les ruines du temple situé sur le Plan-de-Jvpiter prouve que ce passage était très-frëquenté, et en même temps qu'il était regardé comme une entreprise périlleuse. A en croire quelques antiquaires, Annibal pénétra en Italie par le Mons Jovis. Depuis Auguste, ce passage fut le chemin que prirent les légions romaines pour se rendre en Helvétie, dans les Gaules et dans la Germanie. L'armée du féroce Cécina le franchit l'an 69, pour marcher contre l'empereur Othon; une armée de Lombards en 547, une partie de l'armée de Charlemagne, commandée par son oncle Bernard, en 773, Frédéric Barberousse en 1166, etc. Enfin, à dater du printemps de 1798, époque à laquelle les Français pénétrèrent en Suisse, plus de cent cinquante mille soldats passèrent le Saint -Bernard , et le couvent eut, pendant plus d'une année, une garnison de cent quatre-vingts Français. En 1709, les Autrichiens tournèrent l'hospice et, après un combat sanglant, qui dura un jour entier, les Français demeurèrent maîtres de la montagne. Du 15 au 21 mai 1800, l'armée de réserve française, forte de 3O00O hommes et commandée par Bonaparte, alors premier consul, franchit le Saint-Bernard avec des canons et de la cavalerie. On fit passer vingt canons, qui, démontés à Saint-Pierre, furent traînés à force de bras jusqu'au haut du pas-
sage. Est»il besoin de rappeler ici que cette armée battit, le 14 juin suivant, dans les plaines de Marengo, les Autrichiens commandés par Mêlas?
Les environs du couvent du Saint- Bernard offrent aux amateurs de courses de montagnes plusieurs excursions intéressantes. On peut faire .l'ascension du Vélan (V. ci-dessus), (12 h. aller et retour); celle dufainde-Sucre, pointe de la chaîne des Vents Aigoz (2900 mèt.); de la Pointe de Dronaz, 2 h. (2949 mèt.); du Mont- Mort, 2 h. (2866 mèt.); de la Tourdes Fours (2930 met ); et enfin de la ChenaleUt, 1 h. (2889 mèt.).
A Cormayeur, par les cols de la Fenêtre, de Ferret, de la Séréna et de Saint-Remy, R. 44, 48 et ci-dessous.
Au sortir de l'hospice, la route longe la rive dr. du lac, et passe au PlandC'Jupiter, ainsi nommé à cause d'un temple et d'un hospice qui existaient en cet endroit du temps des Romains.
Le milieu du lac forme les limites du Valais et de l'Italie. Traversant un étroit défilé, on découvre le vaste bassin de la Vacherie, où sont situés (45 min. du couvent) les chalets du môme nom. Parmi les montagnes qui dominent ce bassin, on remarque surtout le Pain-de-Sucre , au-dessus du col de la Fenêtre. A l'extrémité de la Vacherie on tourne brusquement au S. E. , pour descendre en zigzag.
1 h. 15 min. Saint-Remy (hôt des Alpes Pennines), petit v. de 894 hab., protégé contre les avalanches par une forêt. On y trouve souvent des chars de retour pour Aoste. — Douane italienne.— AT. B. La route de voitures recommence à Saint-Remy.
A Cormayeur, par le col de la Séréna,
Laissant à dr. la vallée de Bosses qui a conservé un ancien château, on descend par : — (1 h.) Saint Oyen; — (30 min.) Élroubles (aub. Écu de France), où Ton traverse le Buttier; — (40 min.) Chevenox; — (30 min.) la Cluse, passage autrefois fermé par une porte et
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