LA JUNGFRAU. [ROUTE
son plus haut sommet. On y monte par le versant sud ; le versant nord , celui qui regarde la Wengernalp, est trop escarpé pour qu'on puisse même essayer de l'escalader. Les points de la Suisse d'où l'on voit le mieux cette magnifique montagne sont la "Wcngernalp, le Lauberhorn, la Waldeck, MUrren, le Schilthornet l'Eggischhorn. On l'aperçoit du sommet du Saentis, du wéissenstein et de toute la chaîne du Jura, du Hohenswand, des Vosges, du Feldberg.
Le 5 août 1805, MM. R. et H. Meyer, d'Aarau, firent les premiers l'ascension de la Jungfrau. Ils étaient partis du Valais.
Le 3 septembre tSl 1 , M. G. Meyer, fiUde M. H. Meyer, monta au sommet delà Jungfrau, avec deux guides valaisans, pour prouver que la relation de son père et de son oncle méritait plus de confiance qu'on ne lui en avait généralement accordé.
La troisième ascension date de 1828 ; elle eut lieu le 10 septembre. Six guides de Grindelwald , Peter et Christian Baumann, Ulrich Wittwer, Hildebrand Burgener, Peter Roth et Peter Moser, âgé de soixante ans, y prirent part. A la fin du mois d'août précédent, M. Rohrdorf de Zurich avait fait avec la plupart de ces guides une tentative inutile.
M. Hugi , en 1828 et en 1832, des Anglais, en 1828, M. Callander en 1835, M. Cowan, en 1841, firent des tentatives inutiles. Le 28 août 1841, MM. Agassiz, Forbes, Duchâtelier, Desor, accompagnés des guides Jacob Leuthold, Johann Jaun, Melchior Rannholzer et André Abplanalp, furent plus heureux.
Depuis cette époque l'ascension de la Jungfrau a été faite souvent, même par des femmes, non-seulement du côté du glacier d'Alelsch mais du côté de Lauterbrunnen, comme nous le rappellerons ci - dessous. Beaucoup moins difficile que celle du Finsteraarhorn, elle serait tentée plus souvent si les guides de rEggischhorn ne de-
mandaient pas des prix ridicules (80 fr. par guide et 40 fr. par porteur).
Gomme on doit passer la nuit dans la grotte du Faulberg, il est nécessaire d'emporter des provisions et des couvertures ; en certaines saisons, une échelle est même indispensable pour franchir la Bergschrund.
Après avoir passé la nuit, soit à l'hôtel de FEggischorn, soit à celui de la Riederalp, on entre près du lac Merjelen (R. 105) sur le glacier d'Alelsch dans lequel vient tomber au N. O. de la base de l'Aletschhorn le glacier d'Aren ou Mittler Aletsch, entre YObnenhorn (3308 mèU au N. et le Sattelhorn (3270 mèt.) au S. Devant soi on voit se dresser, au fond du glacier, les grandes cimes de la Jungfrau, de l'Eiger et du Mœnch; en se retournant, on aperçoit au S. 0. la Dent Blanche, le Mont-Cervin, le Mont-Rose et le Strahlhorn.
Le Glacier d' Aletsch a plus de 6 1.
de long et souvent près d'une demi-1.
de large ; il est encaissé dans toute sa longueur entre des montagnes tresélevées, qui sont, sur la rive g., du S. au N., les Viescherhœrner du Valais, les Strahlhœrner , 3034, 3080 mèt, le Wannehorn, 3717 mèt. et d'autres sommités sans nom, 38G4 3905 mèt.
le Faulberg, le Grûnhorn (3287 mèt.), leTrugberg, leMu-nch, l'Olmenhorn, le Dreicckhorn (3822 mèt.), et, sur la rive dr. , l'Aletschhorn, le Kranzberg (3662 mèt.) et la Jungfrau. Il faut 6 h. env. pour aller du lac Merjelen au point où la pente commence à devenir rapide. Ce trajet se fait facilement, car le glacier est en général très-uni. La région des crevasses n'a qu'une lieue de large, et le névé est le plus beau de la Suisse.
4 h. 1/2 env. après avoir quitté le lac Merjelen on atteint la grotte du Faulberg située à la base 0. du Kamra (3870 mi t.). Les touristes qui veulent faire l'ascension des pics voisins y passent d'ordinaire la nuit.
Le Faulberg dépassé, on se trouve en face d'un immense amphithéâtre,