‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 529 sur 865 · PAR ART ET SCHWYZ · texte numérisé non relu

PAR ART ET SCHWYZ

De Lucerne à Schwyi par Art.

7 1. 3/8. — Route de voitures. — Deux diligences tous les jours, en 4 b. — Ar. B. On peut aller en bateau à vapeur à Kussnacbt et y prendre la diligence.

La route, côtoyant la rive dr. du lac. de colline en colline , entre de belles maisons de campagne, offre de charmants points de vue sur le Pilate, le Rigi, et une partie des Alpes des cantons de Berne et de PUnterwalden. Après avoir franerri le Wurzenbach, on laisse à dr. (30 min.) Seeburg, villa (asile d'aliénés), près de laquelle on remarque les ruine.3 pittoresques d'un signal construit du temps de l'empereur Albert. — 30 min.

plus loin, à peu de distance de la chapelle de Meggen, on aperçoit, à dr. , sur une langue de terre qui s'avance dans le lac, les ruines du château de Neu-flabsburg , tour ronde, résidence d'été du comte de ce nom, détruite, en 1352, par les Lucernois, aidés des cantons primitifs.

15 min. Meggen, v. lucernois de 8G3 hab. cath. , est situé sur le flanc du Meggenhorn (belle vue). On entre dans le canton de Schwyz.

25 min. Marlûchachen, hameau.

35 min. (2 h. 15 min. de Lucerne).

Kûssnacht (hôt. : Seehof (pension), Adler), bourg de 2633 hab. cath., situé à la base N. 0. du Rigi, au fond du golfe du lac des Quatre -Cantons, auquel il a donné son nom. — L'hôtel de ville sert d'école et de prison. Depuis 1843, une statue de Guillaume Tell orne la fontaine.

A Lucerne par eau, R. 168 -, — au Rigi, R. 169.

Au-dessus de Kûssnacht, à TE., s'élève l'antique tour du château de Gessler, détruit en 1308, et dont les sombres ruines contrastent avec la riante couleur des bois qui l'environnent.

« A 15 min. de Kûssnacht, sur le chemin qui conduit au lac de Zug, écrivait, il y a quelques années, un voyageur français, le terrain s'abaisse entre deux collines agréablement ombragées, le sentier devient étroit et profond. C'est là que Guillaume Tell, échappé de la barque de Gessler, vint attendre le tyran, et délivra sa patrie comme il avait délivré son fils. En cet endroit, on a bâti une chapelle, appelée chapelle de Tell. » dette description n'est plus complètement exacte aujourd'hui. Le chemin creux (Hohlengasse) s'est trouvé en partie détruit par la route nouvelle récemment construite; la chapelle y rebâtie déjà en 1644 et 1767, a dû être reconstruite de nouveau en 1834. Le tableau qui la décore est du peintre Beutler.

On découvre le lac de Zug, et on le côtoie, le long du Rigi, sous une allée de noyers, des deux hameaux dlmmensee (Unter et Ober) 1 — chemins pour le Rigi (R. 169) — à

1 h. 30 min. (4 1. 3/8 de Lucerne), Art (hôt. : de Y Aigle noir, bon; du Rigi, cher) , bourg de 2192 hab. cath.,

1. A l'auberge de Zur Eiche, on laisse à g. le chemin d 'Unter Immensee (hôt.

R>yi) où touche le bateau à vapeur du lac de Zug.

bien situé, à l'extrémité S. du lac de Zug, entre la base du Rigi et le Rossberg. L'église ( 1677 ) possède, outre de belles chapes, divers objets pris à la bataille de Grandson, et ayant appartenu à Charles le Téméraire.

A Zug, R. 212 ; — au Rigi, R. 16».

10 min. Oberarf.

15 min. Neu-Goldau (hôt. Rcessli).

En approchant de la chapelle et de l'auberge construites sur l'emplacement occupé jadis par le village de ce nom , on aperçoit des traces de l'horrible éboulement qui eut lieu le 2 septembre 1806.

On nomme Rossberg ou lknflberf le

chaînon des Alpes situé en face du Rigi, et qui sépare le canton de Schwyi des lies de Zug et d'Egeri. Ses principales sommités sont le WildspiU (1582 met., leGnypenspitz (r>67 mèt.\ le Kaiserstoek (1417 met.?, vers le lac d'Egeri et le Walchwylerberg dans le canton de Zug. Or, la partie supérieure de cette montagne est formée d'un poudingue composé de diverses roches cimentées ensemble, et appelé par les Allemands nagelfluh ou roche d? clou, a cause des aspérités énormes que présente sa surface. Cette espèce de terrain se fend très-aisément, et, si les eaux tombées du ciel ou provenant des sources voisines pénètrent dans quelques-unes de ces crevasses, elles ne manquent pas de dissoudre les lils d'argile qui séparent la nagelfluh des couches de terrain inférieures, et en détachent ainsi d'énormes blocs de la masse principale. En 1354, nn village nomme Unrothen avait été détruit par une chute de la Nollfluh. En 1712 et 1795, des éboulemcnts considérable* avaient eu lieu ; mais la plus importante et la plus terrible de toutes ces catastrophes a été celle du 27 septembre 1*06.

dont le docteur Zay, d'Art, témoin oculaire, a publié le récit suivant.

« L'été de lSOtf avait été très-pluvieux, et le t" et le 2 septembre, la ploie ne cessa pas un seul instant. On remarqua de nouvelles crevasses sur le flanc do Rossberg, dans l'intérieur duquel un craquement sourd se fit entendre. Des pierres furent séparées violemment de la terre qui les entourait ; des fragments de rochers détaches glissèrent le long de la montagne. A deux heures de l après-midi,

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