‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 537 sur 865 · WASEN · texte numérisé non relu

WASEN

10 min. plus loin, à Dœrfli ou Ober- Silenen, près de la chapelle connue sous le nom des quatorze Nothhelfern (sauveurs), et bâtie en 1081 , on remarque les derniers débris de Fancien manoir des nobles de Silenen, célèbres dans l'histoire de la Suisse. A g., on aperçoit les ruines d'un vieux château qui, selon quelques écrivains, fut la forteresse Zwing- IJri, construite par Gessler, et détruite en 1308.

20 min. (3 h. d'Altorf) Àmstœg (hôt. : la Croix -Blanche, llirsch, Stem, Lœwe), village situé à 636 met., au confluent du Kaerstelenbach avec la Reuss, à rentrée du Maderanerthal et au pied du Bristenstock et de la petite Windgelle.

D'Amsteg dans le Maderanertbal , à Dissentis et dans les Grisons, R. 235 et 236 ; — à SUchelberg par les Clarides , R. 222; — au Bristenstock, R. 236.

La route , commençant à monter, traverse le Kaerstelenbach , passe sur la rive g. de la Reuss où elle s'élève, taillée en partie dans le roc, en partie soutenue par des terrasses, le long des flancs escarpés de l'Arniberg, et franchit le torrent du Leutschachthal, en laissant sur la rive opposée le hameau de Hied, l'ancienne route de mulets, la chapelle de Saint-Loy et les couloirs d'avalanches du Bristenstock. On traverse ensuite le hameau (Thischi (30 min.), et, sur un beau pont de 25 met. de hauteur, la gorge de Zgraggen, d'où se précipite le torrent d'Inschi, en faisant au-dessus une belle cascade. Repassant alors sur la rive dr. de la Reuss (30 min.) , on gagne Meitschlingen, hameau avec une chapelle, près duquel le torrent de Felli forme de jolies cascades audessus du pont de Felli; puis, longeant la base S. du Bristenstock, au milieu de la belle forêt de Wasen, et laissant à dr. Gurtnellen, on monte à (30 min.) Wyler, hameau situé à 770 mèt. et à dr. duquel s'ouvre la vallée du Gorner, d'où descend le

ruisseau du même nom. Continuant à monter, on atteint (30 min.) le pont du Pfaffensprung (le saut du Moine), sur la Keuss, ainsi nommé parce que, selon la tradition, un moine, fuyant avec une jeune fille qu'il enlevait, traversa la Reuss d'un seul bond.

Enfin, après avoir franchi, sur un beau pont près duquel on trouve un petit sentier qui abrège, le fougueux torrent du Meienbach et gravi les rampes fort roides du SchluchenhùgeL on arrive à

30 min. (2 h. 30 min. d'Amstaeg) Wasen (hôt. Ochs), v. de 1305 hab.

cath., dont les ressources sont Pelé ve du bétail et le transit. L'église est située à 935 mèt. sur une colline en face du sauvage Dïedenbarg d'où tombent chaque année de nombreuses avalanches.

A dr., chemin pour Meiringen , par le Meienlhalet le Susten,R. 160; — àEngelberg, par le col du Grassen, R. 172.

Au-dessus de Wasen, près de la cha pelle de Saint-Joseph, on peut jeter un dernier regard sur la belle vallée que 1 on vient de remonter, et, passant à (15 min.) Wattingen, hameau sur la rive dr. de la Reuss, où se voit une maison décorée de fresques (le serment des trois Suisses), on s'enfonce dans un vallon resserré qui devient de plus en plus sauvage. Près du pont, le Rohrbach, qui descend delà liohralp, forme une belle cascade.

15 min. Le Schœnenbrùcke (le beau pont) ramène la route sur la rive g. , où se trouve (30 min.) Gœschenen (hôt. Rœssli, bon), v. de 250 hab.

cath., situé à dr. de la route, près de la jonction de la Gœschenerreuss et de la Reuss.

Avant d'arriver à Gosschenen, on remarque un bloc de granit plus gros que tous ceux qui l'environnent, et que les habitants appellent Teufelstein (Pierre du Diablr), parce qu'à l'occasion d'un démêlé qui eut lieu entre leurs ancêtres et le diable, celui-ci l'apporta là dans l'intention de ren-

verser un des ouvrages qu'il avait eu la complaisance de construire.

La vallée deOœscbenen, qui s'ouvre à l'O.. se bifurque à(i h.env.)Saint-Niclaus (1336 met.)- Le bras de dr., ou du N. O., remonte jusqu'au glacier de WallêtibûMjirn (2o82 mèt.) qui descend du Gletscherhorn ; l'autre bras, celui du S. O., qui incline ensuite au N. O'. , remonte jusqu'au glacier KthU (1924 mèt. à la base) descendu du Thierberg. Il contient les magnifiques pâturages de la Gœscheneratp (1715 met.), au milieu desquels est un petit village de seize ménages avec une chapelle. La Gœschenerreuss y roule paisiblement ses eaux à travers de belles prairies ; à dr. et à g., des rochers escarpés entourent ce charmant vallon, dans lequel descendent du Winterberg de superbes glaciers, le Dammfirnje Rothûrn et le glacier de Winter. Dans les rochers tournés au midi , à côté du village, les habitants ont établi des terrasses où ils cultivent des pommes de terre. En hiver, ils restent des semaines entières sans communication avec Gœschenen. Au plus fort de l'été seulement, ils peuvent se rendre À Realp, dans la vallée d'Urseren, par le col du LochUerg (2778 met.), où pas sèrent, en août 1799, une trentaine d'Autrichiens traqués dans ces montagnes.

Ces soldats, épuisés par la fatigue et la faim, abandonnèrent leurs armes , dont les habitants firent des instruments aratoires. L'alpe elle-même, à l'exception d'un seul arole , est complètement dépouillée de bois, qu'il faut aller chercher à Gwûest sur le chemin de Gœschenen.

Les montagnes qui entourent la Gœschencralp sont riches en cristaux ; on en a extrait jadis plus de mille quintaux d'une seule caverne, appelée Sandbalm.

Le 16 juillet i86t , M. F. F. Tuckett monta en 2 h. 45 min. de Gœschenen à la Gœscheneralp , puis en 30 min. à la base du beau glacier de Damma. Il atteignit en 1 h. 30 min. la partie centrale et presque unie de ce glacier; en 20 min. le pied de la grande falaise du glacier ; en 2 h. 45 min. la Bergschrund ; en 10 min. le pied des rochers ; en 1 h. 30 min. un col qu'il lui fut impossible de descendre ; H dut revenir en 7 h. à Gœschenen.

Le 14 août 1864, M. Brooksbank, avec Kaspar Blatter de Meiringen , et Kaspar Luchs deStein, passèrent de l'auberge Zum Stein à Gœschenen en 8 h. 30 min. par les glaciers de Stein et Kehle.

Le 6 du même mois, M. Jacomb , avec Johann Tannler de Meiringen et un porteur, partit à 3 h. 30 m. de la Gœscheneralp et monta par le glacier de Damma à une arête qu'il atteignit à 9 h. 15 min., et d'où il espérait descendre sur le glacier de Trift. Mais il reconnut qu'il dominait un glacier descendant du S. E. du Galcnstock. Il descendit avec de grandes difficultés sur ce glacier, qu'il atteignit à 1 h. et qu'il traversa pour gagner la route de la Furka. A 5 h. il arriva à l'auberge D'après la carte fédérale, ce glacier est le glacier de Tiefen, auquel succède celui de Siedeln.

Au sortir de Gœschenen, on franchit la Reuss sur (15 min.) le pont de Ilœdcrly, et l'on entre alors dans la gorge sauvage des Schellinen ou SchœUenen, au fond de laquelle la Reuss se précipite avec un tel fracas au travers des rochers, qu'on a surnommé cette partie de la vallée Krachenthal (vallée bruyante). Cette gorge est, pendant l'hiver et le printemps, exposée aux ravages des avalanches. Quand ils la traversent à ces époques de l'année , les muletiers remplissent de foin les sonnettes de leurs animaux, et défendent aux gens de leur caravane de prononcer un seul mot. Le moindre ébranlement de l'air pourrait déterminer la chute de l'avalanche. — La route traverse une galerie «le 80 pas de long.

De nombreuses terrasses, construites

en zigzag, conduisent d'abord par (lô min.) le beau pont de granit Sprengibrùcke^ sous lequel la Reuss fait une belle chute, sur la rive g. de la Reuss, et de là à la (25 min.) Teufelsbrùcke (Pont du Diable), situé à 1358 mèt., et formé d'une seule arche reposant sur deux blocs de granit. Cette arche a 18 mèt.

d'ouverture sur 7 de hauteur. La clef est à 31 mèt. au-dessus de la Reuss, qui bondit de rochers en rochers, et lance à une hauteur prodigieuse ses eaux réduites en poussière.

Pendant des siècles, aucun être humain ne put passer par cette gorge, ce fut en 1118 seulement qu'un pre-

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