‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 584 sur 865 · ROUTE 192] ZURICH. — HISTOIRE · texte numérisé non relu

ROUTE 192] ZURICH. — HISTOIRE

choisit pour son général d'armée, le comte Rodolphe de Habsbourg, qui l'aida à conquérir et à détruire les châteaux de plusieurs seigneurs du voisinage, et qui, devenu empereur, lui accorda le privilège de n'avoir que des juges pris parmi ses concitoyens , et de n'être gouvernée que par ses propres lois.

A la mort de son protecteur et à l'avénement d'Albert, fils de Rodolphe, au trône impérial, Zurich, etTrayée, se ligua avec l'évéque de Constance , l'abbe de Saint-Gall , le comte de Savoie et d'au-

tres seigneurs, pour s'opposer aux desseins du nouveau souverain. Mais Albert l'ayant assiégée, elle le reconnut pour son maître, à condition qu'il confirmerait tous ses droits et toutes ses franchises.

Le gouvernement se trouvait alors entre les mains d'un petit nombre de familles nobles et militaires , appelées les gentilshommes En 1335, Rodolphe Brunn souleva le peuple et chassa cette aristocratie, qui, quinze ans plus tard, essaya vainement de reprendre 1 autorité dont elle avait été dépouillée. L'année suivante

(1351), le duc Albert d'Autriche menaçant a son tour de venger les exiles et les vaincus, Brunn s'adressa aux Confédérés des cantons forestiers (WaldsUetden) pour obtenir des secours et pour faire recevoir Zurich dans la Confédération. Uri , Schwyz , Unterwalden et Lucerne , dévouées à Zurich, qui était leur rempart et leur marché, s'empressèrent d'accueillir sa demande, et conclurent avec elle une alliance perpétuelle, le 1er mai 13*1.

A cette nouvelle , le duc vint assiéger Zurich avec une armée de 3400 hommes ; mais il fut bientôt obligé de se retirer,

après avoir été battu dans plusieurs sorties. — L'empereur , saisi de sa plainte, condamna l'alliance des Confédérés, conclue sans son consentement, et, venant lui-même en Suisse avec une armée considérable, il campa sous les murs de Zurich. «Mais, dit un historien national,* voyant la force , l'union , la loyauté des Confédérés, et voyant que le duc n'avait en vue que l'agrandissement de l'Autriche , il changea de dessein , laissa les Suisses en repos, fit la paix et ratifié la Confédération.» Il serait trop îong de raconter en détail

tous les événements particuliers de l'his- I toirc de Zurich ; ses guerres avec Schwyz ' et d'autres cantons; les horribles excès I dont son bourgmestre Stilssi fut la vie- j Urne; ses alliances avec l'Autriche; son j siège par les Confédérés avant la bataille | de Saint Jacques; sa rentrée dans la Con- , fédération après la paix de 1450; sa diète ; de 1474, dans laquelle la guerre de Bourgogne fut résolue; la part qu'elle prit aux guerres d'Italie, à la Réformation, prëchée par Ulrich Zwingle , aux guerres de religion, etc.

Vers la fin du xvm* s. , les habitants du canton étaient divisés en bourgeois et en paysans. La révolution de 1798 leur donna des droits égaux. Pendant les années suivantes, Zurich et ses environs devinrent , ainsi qu'on le verra ci-dessous , le théâtre principal de la guerre.— En 1802 , son gouvernement prit part au mouvement contre- révolutionnaire des petits cantons , et le parti aristocratique obtint une grande prépondérance dans la reconstitution de 1803. — Plus tard, après la chute de Napoléon, il fit cause commune avec les cantons de l'acte de médiation , et ce fut sous sa présidence directoriale que se signa le fameux pacte du 7 août 1815. — Le 20 mars 1831, 40 503 citoyens contre 1721, adoptèrent une constitution aristocraticodémocratique, revisée en partie au mois de mai 1837, et remplacée , en 1839 , par une constitution plus démocratique.

Le canton de Zurich est le cinquième par l'ordre de son admission dans la Confédération , le septième par son étendue (33 mil. carrés), le deuxième par sa population ( 266 265 bab. , dont 253 793 réf. et 11 256 cath.). — Il parle la langue allemande. — Sa plus grande longueur est de 8 h. 15 min. , du Schnebelhorn (à TE.) à Ottenbach (à 10.;; sa plus grande largeur de io h. 15 min., deFeuerthaleni.au N.) à Richterschwyl (au S.j. — Il touche: — au N., au grand-duché de Bade, aux cantons de î*chaflhou*e et de Thurgovie; — à TE., aux cantons de Thurgovie et de Saint-Gall; — au S., aux cantons de Saint-Oall, de Schwyx et de Zug; m — à l'O., au canton d'Argovie.

Bataille de Zurich.

A l'époque où Bonaparte revint d'Egypte, c'est-à-dire au mois d'août 1799, la 'ligne d'opération des Français , qui s'étendait encore du Zuyderzee au golfe de Gènes , était menacée , au centre par

l'arrivée de Korsakof en Suisse; à g., par le débarquement des Anglo-Russes en Hollande ; à dr. par la défaite de Novi. Heureusement la discorde s'étant mise entre les cours et les ai mecs de la Russie et de l'Autriche, on modifia le plan de campagne : il fut convenu que Souwarow quitterait l'Italie avec ses Russes , en laissant Je commandement des Autrichiens à Mêlas, et irait se réunir en Suisse à Korsakof ; que l'archiduc Charkquitterait la Suisse avec 36 000 Autrichiens, en laissant les corps de HoUe et de Jellachich sur la Linth, pour favoriser la jonction des deux généraux russes, et qu'il irait sur le Neckar repousser une armée française qui menaçait l'Allemagne.

Souwarow se mit en marche sur Bellinzona pour franchir le Saint-Gothard, deboucher par Schwyz derrière la Linth.

et prendre à revers l'armée française que HoUe et Jellachich devaient attaquer de front. Il amenait 20000 hommes, Korsakof en avait 30 000, Hotte et Jellachich 25 000 : avec toutes ces forces il devait écrasor Masséna, et pénétrer en France par Bal*.

Masséna avait 60 000 hommes. Lecourbe , avec 12000, gardait le Saint- Gothard , la Reuss et la Haute • Linth : Soult, avec !5 0«o, était posté entre les lacs de Wallenstadt et de Zurich ; Masséna, avec 30000 , allait de Zurich à Brugg. Tous les regards étaient fixés sur cette armée, d'où dépendait le salut du pays : une bataille perdue conduisait les Barbares du nord dans la Bourgogne et jusqu'aux portes de Paris. Le danger semblait plus grand qu'à l'époque du comba de Valmy.

« Masséna, quoique inférieur en forte*, avait, dit M. Thiers, l'avantage de pouvoir réunir sa masse principale sur le point essentiel. Ainsi, il avait devant la Limmat 37 000 hommes qu'il pouvait jeter sur Korsakof. Celui-ci venait de s'aJlàîblir de 4000 hommes envoyés en renfort à HoUe , par derrière le lac de Zurich, ce qui le réduisait à 26 000. Le corps de Condé et les Bavarois, qui devaient lai servir de reserve , étaient encore fort ee arrière à SchafThousc. Mas^ena pouvait donc lancer' 37 000 hommes sur 26 000. Korsakof battu , il pouvait se jeter sur Hotze, et après les avoir tous deux mis en déroute, peut-être détruits, accabler Souwarow qui arrivait en Suisse arec l'espoir d'y trouver un ennemi vaincu , ou do moins contenu dans sa ligne.

« Masséna, averti des projets des en-

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