LIMITES. — CLIMAT. — LES ALPES. LV
xe siècle, on y a ressenti soixante tremblements de terre généraux, et depuis le xvi* siècle, de cinq cent soixante-dix-sept à cinq cent quatre- ving-dix-sept locaux, en tout, de six cent trente- sept à six cent cinquante-sept. Parmi ces derniers, trois cent quatre-vingts ou quatre cents environ ont eu lieu dans les hautes Alpes, cent quarante-sept dans les plaines, et cent dix dans la chaîne du Jura. L'un des plus violents a été celui du mois d'août 1855, qui a causé de grands dégâts à Visp et dans la vallée de la Visp (Voir Visp). De tous les vents de la Suisse, le plus remarquable est le fœhn, du latin favomus, du sud-ouest. Ce vent qui a quelque rapport avec le sirocco de Tltalie, et qui produit des effets surprenants sur la végétation des montagnes, souffle quelquefois si violemment dans le canton d'Uri, que les habitants éprouvent de la peine à respirer, et que les anciennes lois du pays les obligent à éteindre leurs feux. (Voir Altorf et le lac de Lucerne.) Quoi qu'il en soit, cependant, le climat de la Suisse est en général très-sain, partout où le sol s'élève à plus de *bQ mèt. au-dessus du niveau de la mer. Il ne devient insalubre que sur des plaines ylus basses et dans diverses vallées tournées vers le nord.
$ H. Les Alpes, le plateau, le Jura, la végétation.
Considérée au point de vue orographique, la Suisse présente trois parties distinctes, les Alpes, le plateau, le Jura.
Sous le nom d'Alpes, (latin Alpes, allemand Âlpen, italien Alpi, inglais Alps), on désigne le système de montagnes le plus considérable de l'Europe , dont il renferme les points culminants et où il couvre une partie du royaume d'Italie, de la France, de la Suisse, de la Bavière, des États autrichiens et de la Turquie, entre 43° 16' et kl0 10/ de latitude N., 6° 13' et 15° 20' de longitude E. Son sommet le plus élevé est le Mont-Blanc. II a plus de kOO lieues de longueur, et de 25 à 60 lieues de largeur, c Ses plus hautes cimes sont en tout temps, même pendant les plus grandes chaleurs de l'été, couvertes, ditEbel, d'un manteau de neige d'une blancheur éblouissante. Dans la langue celtique le mot alp ou alb signifie blanc. Dans l'ancien dialecte rhétien a/6 veut dire blanc, al ou ait haut, pe ou pei pied ; au pluriel, pes ou pets. C'est apparemment de ces racines que dérivait le mot alpeis chez les Grecs, qui ne connaissaient que les Alpes maritimes, de même que celui d'Alpes chez les Romains et chez les peuples modernes, mot qui, par conséquent, signifie simplement les montagnes blanches. »
INTRODUCTION
Les diverses parties de ce vaste système ont été désignées sous les noms particuliers de : maritimes, cottiennes, grecques, pennines, léponliennes ou helvétiques, rhétiques ou rhétiennes, noriques, carniques, juliennes et dinariques. Celles qui se trouvent décrites dans cet Itinéraire appartiennent aux Alpes pennines, lépontiennes et rhétiques : on les appelle aussi summœ, parce qu'elles sont les plus élevées ; centrales, parce que toutes leurs ramifications sont supposées partir d'un centre commun, c'est-à-dire du Saint-Gothard, Alpes du Valais, Alpes Bernoises, Alpes du Rhin, Alpes des Grisons, etc. La plupart des géographes modernes s'accordent à les diviser en trois chaînes : en centrales, moyennes et basses Alpes ; mais les travaux récents de l'auteur de la Géologie des Alpes sont de nature à modifier les théories les plus accréditées. D'après M. Studer, l'idée d'une chaîne centrale, flanquée de chaines secondaires parallèles, ne saurait plus être défendue de nos jours. « Les Alpes se divisent naturellement en une série de groupes formant autant de masses centrales distinctes, qui courent pour la plupart dans une même direction, mais qui souvent aussi se maintiennent les unes à l'égard des autres dans une direction oblique, ou bien sont disposées, comme les cases d'un échiquier, autour d'un axe idéal, semblables à peu près aux différentes cimes cratériques d'une même zone volcanique. »
Dans l'état actuel de nos connaissances, ajoute M. Studer, il n'est pas encore possible de déterminer les limites de toutes les masses centrales du système des Alpes. On reconnaît pourtant dans la partie qui nous avoisinc six massifs principaux ; ce sont :
1° Le massif du Mont-Blanc, s'étendant du col du Bonhomme jusqu'à la vallée de la Dranse dans le Valais, et limité par les vallées de Chamonix et d'Entrèves;
2° Le massif des Ai quilles- Rouges, situé plus au N., surgissant près de Servoz, et allant mourir près de Lavey, au-dessous de la Dent de Morcles ;
3° Le massif du Simplon, qui s'élève du fond du Val d'Anniviers, atteint ses points culminants dans la Dent Blanche, le Wcisshorn, les dents de Mischabel, traverse la route du Simplon entre Bérisal et Algaby, et se prolonge par la chaîne qui sépare la vallée de Binnen des cirques de Veglia et de Dever, et par les montagnes peu connues qui renferment les sources de la Maggia jusqu'au Val Lcvantina :
k° Le massif du Saint-Gothard , s'étendant d'^rnen dans le haut Valais, jusqu'aux environs de Trons,' dans la vallée du Rhin Antérieur, et limitée au S. par le Val Bedretto;