‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 711 sur 865 · PONTRESINA ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

PONTRESINA ET SES ENVIRONS

DE SAINT-WORITZ A PONTRESINA.

Trois chemins mènent de Saint- Moritz à Pontresina : le plus court, en 1 h. 30 min., par la ferme d'Aeh (1794 mèt.), où se trouve une bonne auberge, et par le petit lac de S tais. Le second emprunte la route de Nauders (R. 252) jusqu'à Cellerina, où l'on franchit l'Inn pour remonter, au delà de la vieille église de .San Giann (1729 mèt.), la rive g. du Flatzbach.

torrent qui recueille les eaux du massif du Bernina et va doubler l ine au-dessus de Samaden. On passe au pont Mnrailg, sur la rive <lr. Le troisième suit la route de Nauders (R. 252) jusqu'à (1 h. 30 min.) Samaden, où Ion traverse l'Inn pour longer ensuite la rive dr. du Flatzbach jusqu'à (2 h. 45 min. de Saint- Moritz) Pontresina.

Pontresina ( hôt. Krone , chez L. Gredig, bon, prix modérés, belle vue sur le glacier de Roseg, H'eisses À'rews, bons guides (tarif trop cher), Colani, Jenni, Fluri, Walther, Enderlin , Ambûhl , Kopp) , v. de 296 hab. réf. et romans, est bâti, à 1803 mèt., au confluent du Flatzbach et de l'important torrent du Val Roseg. Divisé en deux parties, Laret, où se trouvent les hôtels, et Giarsun, il doit, dit -on, son nom (pont des Sarrasins ) au séjour des Sarrasins dans le pays. Ce village, le Chamonix, le Zermatt ou l'Interlachen Tune des plus belles régions de la Suisse, est la patrie du fameux chasseur de chamois Markus Colani, mort le 14 août 1837, et connu sous le nom de Jan Marchiet. La vieille tour de Pontre-

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sina s'appelle la Spaniola. L'église Sainte-Marie, de Giarsun , est trèsancienne. Dans la maison située visà-vis de l'église de Laret, M. Saratz, qui possède un cabinet d'histoire naturelle, a formé une collection remarquable «le toutes les variétés de la faune des Alpes.

Ascension du Pis MuraUf .

La montagne qui domine Pontresina au N. E.} le Mont délia Bes ,

cha, ou le Piz Murailg ('2982 mèt.), est facile à gravir. On eu atteint le sommet (belle vue) par un sentier frayé à travers les pâturages qu'ombragent çà et là de> bouquets de mélèzes.

Ascension du Pli Languard.

Le Piz Languard (3 à 4 h. pour la montée, 2 h. 1/2 pour la descente; — guide, 7 fr. ; cheval pour la première partie de la montée, 15 fr.), doit son

Bergûn. — D'après une photographie de M. Clusard.

nom, signifiant long regard, longue vue, au panorama dont on jouit de son sommet. I es ascensions en deviennent de plus en plus fréquentées. Quelques touristes se hasardent môme sans guide sur le sentier nouvellement frayé qui mène à la cime. Au sortir du village supérieur, on laisse à dr. la tour de Spaniola, pour monter, dans ia direction de l'E. , à travers des bois de mélèzes et des pâturages, parsemés de touf-

fes de rhododendrons. A dr., le torrent bondit au fond d'une gorge étroite. En 50 min., on arrive à une petite hutte noirâtre, appartenant à des bergers bergamasques et située à la limite de la zone des arbres (belle cascade). En face, on commence à apercevoir déjà la pyramide du Piz Languard; en se retournant, on voit une grande partie de la vallée de Cellerina, Saint-Moritz, dominé par le Piz Munteratach ou Julier (3385 mèt.) .

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A 25 min. au delà du chalet, près d'une fontaine, le sentier se bifurque; celui de g., beaucoup plus court, gravit la montagne par une pente très-escarpée; il vaut mieux suivre celui de dr. et continuer à remonter, pendant 20 min., le cours du torrent, à travers de magnifiques pâturages. Laissant ensuite, au fond de la vallée, un charmant petit lac alimenté par les neiges du Paun de Zùcher (pain de sucre) ou Piz Albris (3166 mèt.), on s'élève (20 min.) par un sentier facile sur des pentes .

gazonnées, qui se redressent de plus en plus à mesure que l'on se rapproche de la pyramide de schiste et de granit du Piz Languard. La dernière partie de l'ascension ( 1 h. 45 min.) est très-fatigante : le sol est couvert de débris de rochers qui glissent sous les pas. A 5 min. au-dessous du sommet, en 1858, une cabane a été construite, pour M. Georgy qui s'occupait alors à dessiner le panorama du Piz Languard. De la cime (3266 mèt.), où se trouve un bon indicateur des montagnes (les guides en ont la clef) , on peut distinguer, diton, près de 1000 montapnes ayant plus de 2600 mèt. d'élévation. — Au S. , se dressent les aiguilles blanches du Bernina ; ce sont, en allant de l'E. à l'O. : le Piz Albris , le Piz Carabrena et le Piz di Verona, le Piz Palu, la Cresta Agiuza (aiguille aiguë), le Bernina lui-même s'appuyant sur le Piz Morteratsch et sur le Piz Tschierva (biche), la Sella, le Capûtschin, le Piz Gùt, le Piz Lat, le Monte deir Oro, puis la chaîne latérale qui s'étend du Piz Corvatsch au Piz Rosatsch, et au pied de laquelle s'étend la vallée de Saint-Moritz. Au delà du Corvatsch, un peu à dr. , se montrent à l'horizon le Mont-Rose et la ligne indistincte des montagnes de la Savoie jusqu'au Mont- Cenis. — A l'O., apparaissent les cimes du Saint-Gothard, et, au delà, les Alpes Bernoises. — Au N. 0. et au N., s'élèvent le Titlis, le Tœdi, les

Glaernisch, les Churfirsten, le Ssntis, la chaîne du Rhœtikon. — A l'E., on voit toutes les cimes du Tyrol dominées par le groupe majestueux de l'Orteler.

« On peut, dit M. Lechner, auque.

nous avons emprunté les détails qui précèdent, descendre, par le glacier de Languard et la Pischa , au Val de: Fain (F. ci-dessous), d'où Ton n'a plus qu'à suivre le cours du torrett pour atteindre Pontresina. Le glacier étant sillonné de crevasses , on u peut entreprendre sans guide cette course qui demande environ 6 h. »

Excursion aux glaciers de Rose*

3 h., dont 2 h. de chemin de char.

Au S. de Pontresina, s'ouvre la valte de Roseg ou Rosana, au fond de laquelle s'élève Firaposant Piz Rose* (3943 mèt.), couvert de glaces et neige, et dont les rochers noirâtre vus de Pontresina, ont l'aspect d'or figure humaine. — On franchit > Flatzbach sur un pont très -état d'où les habitants de Pontresina, nov vellement convertis au protestantisme, jetèrent jadis dans le torrent les cfcjets du culte catholique. Un seceflu:

pont traverse le torrent du ValRa«e£ dont on remonte tour à tour la rit g. et la rive dr.

t'A dr., se détache un sentier (r?commandé) qui monte (1 h.1 par VAlp Surovel (2243 mèt.), au «4 i:

Fuorcïa di Surlei (2556 mèt.. bek vue) , l'on descend, en 1 h. 40 n. . * Surlei et à Silvaplana ( R. 249 et cidessous , page 827 ) .

Du Steinmann (3 h. de PontresiK' dont on peut faire l'ascensiou atar d'atteindre les chalets de Palpe Aaîta (2251 mèt., V. ci-dessous), on d une vue admirable sur les glacier»

et les montagnes du- Bernina; ci remarque surtout : le Tschierva (r.

ci -dessous), le Morteratsch (F. n dessous), la double cime du Piz Bernina (F. ci-dessous) , le Roseg (* ci-dessous), dont la forme rappel

LE PIZ ROSEG.

celle de la Hœchstespitze du Mont- Rose, le Mont-Agagliouls (V. ci-dessous) , la Sella (deux pics, 3587, 3598 mèt. de hauteur, dont le plus élevé a été gravi (juillet 1863) en 5 h. 30 min., des chalets de l'alpe Aulta, par MM. G. Buxton, W. F. Digby et Johnston, guidés par Alexandre Klûry); le Schuinals, le Capûtschin (3393 mèt.; — ascension dangereuse; — un guide, depuis Pon (résina, coûte 15 fr.); le Conatsch ou Corbeau (3458 mèt.; —

ascension sans danger; — guide, I2fr.; — 7 h. de Pontresina, dont 3 h. sur la glace; la vue est comparable à celle du Piz Languard; les premiers plans sont même plus beaux).

3 h. de Pontresina (un guide coûte 5 fr.), les chalets de Yalpe Aulta (2251) sont si tut s à 15 mn. au dessous du glacier. S'élevant alors audessus des moraines, et traversant le glacier de Tschierva, on peut gravir le sommet d'une montagne isolée au

Le Piz Roseg, d'après une photographie de M. Clusard.

milieu des glaces, nommée le Mont- Agagliouls (2767 mM.; — guide, depuis Pontresina, 8 fr.), et d'où Ton découvre un des plus beaux cirques de glace qu il y ait dans toute la chaîne des Alpes. — A TE., s'élève le Tschierva (3570 mût.; — ascension dangereuse; guide, depuis Pontresina, 15 fr. — M. H. Zeller a décrit dans les Gletscherfarthen, 1863, l'ascension qu'il a faite de cette montagne en 1861). Quant au Piz Roseg,

qui ilomine à, la fois les glaciers de Koseg, de Tschierva et de Scerscen (ce dernier s'écoule, en Italie, dans l'Adda, par le Malenco), il a été gravi, le 31 août 18(i3, par M. F. T. Bircham et les guides L. Jcnni et Al. Flûry, qui étaient partis des chalets de Misauna, situés à 2005 mèt. au pied du glacier de Roseg; I ascension a demandé 5 h. 30 min.: elle est difficile et dangereuse et avait déjà échoue sept fois.

Excursion au glacier de Morteratsch.

4 fr. jusqu'au glacier (1 h. 30 min. ), 6 jusqu'au chalet de Boval (S h. 3u min.).

Au sortir de Pontresina , on voit les débris d'une ancienne redoute, puis ('20 min.) une belle cascade, formée par le torrent de la vallée de Languard , et l'on marche encore pendant 40 min. le long de la rive dr., avant d'atteindre un détour de la vallée, où le torrent forme la magnifique chute du Bernina. Au S., s'ouvre la vallée de Morteratsch, remplie presque en entier par un glacier de 9 kil. de longueur, descendu du Piz Bernina et des cimes qui l'avoisinent. Au S. E. la Crestft Agiuxa (3872 met.), le Piz Zupo (3999 mèt.), et le Piz Pâlit (3912 mèt.), gravi en 1863 par MM. Buxton, Digby, Hall, Johnston, Woodmass, avec les guides L. Jenni et Al. Flûry. Ce glacier, disent les montagnards, avance trèsrapidement, et la moitié de l'espace qu'il occupe était . il y a 300 ans, une des alpes les plus estimées des Grisons. Le Mont Pcrs ou Perdu (3210 mèt.), qui s'élève à l'E., aurait été ainsi appelé à cause de ia transformation de ses pâturages en glaciers. Après avoir franchi le Morteratschbach, on se trouve (1920 mit.

env.) à la base du glacier.

Ascension du PU Morteratsch.

Guide nécessaire. — Tarif, 25 fr.

Le Piz Morteratsch (37Ô4 mèt.) est la cime la plus élewe de la chaîne qui sépare les glaciers de Tschierva et de Morteratsch. On peut y monter soit par les chalets de Boval, soit par ceux de Misauna; il faut 4 h. 45 min. ou 5 h. en part m t des chalets de Misauna (on peut y passer la nuit) pour en atteindre le sommet. La descente aux chalets de Boval demande 3 h.; elle offre quelques difficultés.

C'est en faisant, le 30 juillet 1864, l'ascension du Piz Morteratsch que M. le professeur Tyndall avec M. Hut-

chinson, un autre touriste anglais et les guides Jenni et Walther, faillirent périr emportés par une avalanche.

M. Tyndall a raconté cet accident dans le Times du samedi 30 juillet:

ils étaient tous attachés à la même corde, ils descendirent avec la neige, pendant environ 300 mèt. ; grâce au sang-froid et au courage du guide Jenni, ils parvinrent à s'arrêter à pen de distance d'une large crevasse dans laquelle ils auraient été infailliblement engloutis. Ils étaient tous sains et saufs, seulement un peu contusionnes; mais M. Tyndall avait pertlu sa montre. Le 16 août suivant, après un séjour de 10 à 12 jours en Italie, M. Tyndall retourna avec d'autre* compagnons à l'endroit où il avait failli périr et il y retrouva sa montre qui n'était qu'arrêtée, bien qu'elle eût passé 18 jours dans l'atalanche.

Ascension du Pis Bernina.

1-2 h. pour la montée ; S h. pour la descente -, excursion difficile et dangereuse. Guides et précautions nécessaires.

Le Pi* Bernina, ou Monte rosso di Scerscen, le sommet le plus élevé des Grisons et de l'important massif auquel il a donné son nom (4052 inèt.) , se dresse sur la frontière de la Suisse et de l'Italie, formaut la ligne de partage des eaux qui vont au Danube, par Plnn, et dans le Pô, par l'Adda. Il a été gravi pour la première fois, en 1850. par l'ingénieur Coaz, accompagné de deux guides; mais une grande partie de ses nombreux pics n'a pas encore été foulée par le pied de l'homme. Outre le col du Bernina (V. R. *253), comparativement facile, on trouve dans ce massif, de plus eu plus étudié et connu, ceux de Fex, de Sella, de Capûtschin et de Muretto. Le Bernina donne naissance h un grand nombre de torrents affluents de la Mera, «le l'Adda et de l'Inu, et ce dernier cours d'eau lui-même, dont les géographes placent faussement la

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