‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 85 sur 865 · CURES DE PETIT- LAIT ET DE RAISIN · texte numérisé non relu

CURES DE PETIT- LAIT ET DE RAISIN

Le petit-lait et le raisin ont été rapprochés, par les médecins allemands, des eaux minérales, sous le rapport de leurs éléments chimiques, et considérés comme analogues l'un à l'autre. Tous deux sont pris à leur température naturelle, tous deux renferment une très-faible proportion de matière azotée, plus ou moins de sucre, un acide organique, de la chaux et des sels; tous deux peuvent donc se comparer aux eaux minérales et dépassent môme plusieursde ces eaux pour la proportion des sels. Ces substances ont, aux yeux de quelques savants de l'Allemagne, un autre avantage, c'est de constituer en quelque sorte des eaux minérales organiques, et par conséquent de se prêter beaucoup mieux à l'assimilation, d'être plus aptes à la reconstitution des organes par leur similitude d'origine, par leur nature môme.

Appuyées sur des faits d'observation, ces idées ont été accueillies en Allemagne avec enthousiasme, et en quelques années on a vu se multiplier, dans les pays allemands surtout, les établissements pour la cure de raisin, Traubenkury et la cure de petit-lait, Molkenkur. Ces derniers ont toutefois une origine beaucoup plus ancienne, car il y a déjà près d'un siècle que dans le canton d'Appenzell, à Gais, on emploie le petit-lait comme agent thérapeutique.

Le raisin est surtout employé comme moyen complémentaire du traitement par les eaux minérales ; c'est une forme de Nachkur ou cure secondaire. Le petit- lait, souvent usité dans le môme but, est fréquemment donné comme adjuvant du traitement hydro-minéral. C'est à la fois comme laxatifs, comme résolutifs et comme analeptiques que l'un et l'autre sont prescrits.

On donne le petit-lait en boisson et en bains ; mais, sous cette dernière forme, il n'est usité que dans quelques établissements où l'on peut s'en procurer la quantité nécessaire. C'est surtout dans les Carpathes, dit M. le docteur Carrière, que l'on trouve les bains de petit-lait installés avec l'abondance et la sincérité désirables.

Eu boisson, le petit-lait de vache est donné à la dose de deux à cinq verres, 0Ut,250 à 0lit,625; le premier verre se prend à jeun et le second, un quart d'heure après; on se promène en plein air dans

1. Ce paragraphe est emprunté à l'introduction des Bain* d'Europe, par H. le docteur A. Le Pileur.

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