‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 16 sur 279 · LE RHIN · texte numérisé non relu

LE RHIN

Renseignements généraux. — Sa navigation.

Le Rhin, — appelé en allemand der Rhein, de Rhcn, Ren, mot celtique, signifiant qui coule, en latin Rhenus, en goth Rino, Rinno, — ce fleuve célèbre que les Romains désignaient déjà par l'épithète de superbe, se forme dans le canton suisse des Grisons, de la réunion de trois bras appelés : Rhin antérieur, du milieu et postérieur.

Le Rhin antérieur (Vorderrhein) sort du petit lac Toma enfermé dans une cavité du mont Badus (2351 mèt.) ; près de Chiamut, il reçoit le Rhin de Cornæra, et le Rhin du Kœmer ou Gæmerthal, et, à Disentis (1111 mèt.), il môle ses eaux à celles du Rhin du milieu (Mittelrhein) qui, descendu du lac Dim , à l’O. du Luckmanier (2169 mèt.), et grossi par l’écoulement du lac Scur et divers torrents , vient de parcourir la vallée de Medels. De Disentis à Reichenau, le Rhin antérieur et le Rhin du milieu réunis emportent avec eux environ soixante ruisseaux ou torrents. A Reichenau (594 mèt.), ils se réunissent au Rhin postérieur (Hinterrhein) qui, sorti du glacier du Rheinwald, au fond de la vallée de ce nom, à 1871 mèt. et au pied des monts Adula, Moschelhorn, Piz Val Rhein, a déjà reçu treize torrents ou ruisseaux, quand il traverse la Via Mala et le Trou Perdu, et parcouru, avant d’arriver à Reiehe-

ITINÉRAIRE DES BORDS DU RHIN, nau, la belle vallée de Domleschg, où il se grossit de la Nolla, de l’Albula, de la rivière de Davos et du Rhin de l’Oberhalbstein.

De Reichenau , les trois Rhins réunis ou le Rhin proprement dit, coule à l’E, jusqu’à Coire, prend près de cette ville la direction du N., arrose toute la vallée qui porte son nom, jusqu’au lac de Constance, sort de ce lac à. Constance, et, se dirigeant à l’O., traverse un second lac qu’il quitte à Stein, puis il court à Schaffhouse former cette belle cataracte qu’on appelle la chute du Rhin. De Schaffhouse à Bâle il conserve presque toujours la même direction (O.) ; près de Coblenz , il reçoit l’Aar qui lui apporte, avec la Limmat et la Reuss, toutes les eaux des cantons de Fribourg, de Lucerne, d’Unterwalden, d’Uri, de Schwyz, de Zug et de Glaris, et une partie de celles des cantons de Yaud, de Neuchâtel, de Berne, de Soleure, d’Argovie, de Zurich et de Saint-Gall, car son bassin s’étend de l’O. à l’E. depuis le lac des Rousses jusqu’à la frontière des Grisons, et du S. au N. depuis le Saint-Gothard jusqu’au Rhin.

Au delà de Bâle (243 mèt.) le Rhin , s’éloignant de la Suisse, prend une direction septentrionale et forme jusqu’à Strasbourg les limites du grand-duché de Bade (rive dr.) et de la France (rive g.).

Les bords du Rhin , de ses sources à Bâle, sont décrits dans l’Itinéraire descriptif et historique de la Suisse. De Bâle à Strasbourg la navigation à vapeur est interrompue depuis l’établissement des chemins de fer. Les deux rives, de Constance à Strasbourg, seront décrites ci-dessous dans les routes 1, 2, 3 et 4. Quant au cours du Rhin compris entre Strasbourg et Rotterdam on en trouvera la description dans les routes 24, 41, 45, 58, 64 et 65. Il suffira donc d’ajouter ici aux indications géographiques qui précèdent quelques renseignements généraux sur sa longueur, sa largeur, sa profondeur, sa rapidité, son histoire, sur les pays les plus curieux à visiter le long de ses bords , enfin sur sa navigation.

La longueur du courts du Rhin est d’environ 1300 kil.,

INTRODUCTION. xxxi

dont 900 navigables. Son bassin est évalué à 251,890 kil. carrés, dont 31,000 en Suisse, 37,500 en France, 2150 en Autriche et dans Liechtenstein, 11,610 dans le grand-duché de Bade, 25,000 en Bavière, 13,300 dans le Wurtemberg, 77,880 en Prusse, 22,650 dans divers petits États de la Confédération germanique, 10,250 en Belgique, 16,550 dans les Pays-Bas. On porte à 12,283 le nombre de ses affluents qui ont une certaine importance.

La largeur du Rhin est:

Près de Reichenau , de

A Slein

— SclialTIiousc

— la Cataracte

— Rheinfclden

— Bâle

Entre Strasbourg et Spire de

A Mannheim

— Mayence

— Bieberich

— Eltwille

Entre Bingen et Coblens . , Entre Coblene et Neuwied .

Près de Neuwied

— Bonn

— • Cologne

— Hitiorf

— Düsseldorf

— Kaiserswerth, . . ,

— Wesel

An delà de Wesel. .......

Prêt d’Emmerieh

77 mètres

La profondeur du Rhin est de :

îles

m, Ce

Depuis Bâle jusqu’à Brisacb

— Brisacli-Strasbourç

— Strasb -Germer9heim

— Germersh. -Mannheim

— Mann. -Mayence

— • llavence-Bingen

— Bingen-Caub

— Taub-Uonn

Jusqu'à l'embouch. de l’Ahr

Entre I,ina et la Kripp

Près d’Unkel

Près de Bonn .

A Cologne

Entre Cologne et Düsseldorf

Jusqu’à Düsseldorf

— Kaiserswerth

— Wesel

— Emroerich.,. 3 » 5 »

«su 1TJNÉRA1RE DKS BORDS DU RHIN.

La profondeur du Rhin est, du reste, très-variable, même à de petites distances, même d’une rive à l’autre. Des bancs de sable s'accumulent souvent en quelques jours dans les endroits les plus profonds, tandis que des passages à peine recouverts d'eau deviennent au contraire navigables. Certaines îles augmentent ou diminuent chaque année. En général, cependant, la rive dr. est toujours plus profonde que la rive g. C’est en mai et en octobre que les eaux sont le plus basses, en juillet qu’elles sont le plus hautes.

La rapidité du Rhin varie aussi, on le conçoit, selon la pente et la largeur de son lit : en moyenne , elle est évaluée, dans la partie navigable, à5kil. à l’heure.

Ses sinuosités allongent de près de 150 kil. le cours du Rhin. Pour éviter les plus longs détours, des canaux ont été ouverts sur divers points. D’autres canaux le mettent en communication avec les principaux fleuves des bassins voisins; le plus important de ces canaux est le canal Louis , qui l’unit au Danube par la Bavière.

Le Rhin n’est navigable, k proprement parler, qu’audessous de Schaflfhouse, et même qu’au-dessous de Bâle. Il porte, entre Bâle et Strasbourg , des navires de (500 à 800 quintaux; de 2000 k 2500 q. entre Strasbourg et Mayence, de 2500 k 4000 q. entre Mayence et Cologne ( de 6000 k 9000 q. entre Cologne et son embouchure. La navigation , surtout la navigation k vapeur dont il sera parlé tout à l’heure, y est très-active. A la descente, le principal article de transport sont les bois des forêts riveraines du Rhin, de la Murg, du Neckar, de la Moselle, etc. Au-dessous de Mayence , les petits trains descendus, soit du cours supérieur du fleuve, soit de ses affluents, sont réunis avec un art curieux en d’immenses radeaux, longs quelquefois de 300 mèt., larges de 25 mèt., portant de douze à quinze cabanes avec une population d’émigrants, des provisions, — du bétail souvent — et des marchandises de toute espèce, et dirigés, non sans peine , surtout dans certains passages difficiles, par 400,ou 500 hommes. Un de ces radeaux, — ils étaient jadis plus grands qu'ils ne le

xxiin

INTRODUCTION, som aujourd'hui, — consomme, dans un voyage, depuis le jour où il a été commencé jusqu'à celui où il est vendu, à Dordrecht, 23,000 kilos de pain, 15,000 kilos de viande, 5000 kilos de fromage, 50 sacs de légumes secs , 500 tonneaux de bière, etc. Le bois dont il se compose rapporte de 300,000 à 350,000 fl. Le trajet de Bingen à Dordrecht peut être parcouru en huit jours dans des circonstances favorables, mais quelquefois aussi il demande six semaines. Chaque année , le Rhin transporte ainsi en Hollande pour

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