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ment de ce vieux trône de granit.... C'était là qu’en plein air les antiques électeurs d’Allemagne choisissaient entre eux l’empereur. Plus tard, ces grandes mœurs s’effacèrent, une civilisation moins épique convia autour de la table de cuir de Francfort les sept princes, portés, vers la fin du xvne siècle, au nombre de neuf par l’accession de Bavière et de Brunswick à l’électorat.
« Les électeurs montaient processionnellement sur la plate-forme par les quatorze degrés, qui avaient chacun un pied de haut, et prenaient place dans leur3 fauteuils de pierre. Le peuple de Rhens, contenu par les arquebusiers, entouraitlesiége royal. L’archevêque de Mayence, debout, disait : Très-généreux princes:, le Saint-Empire est vacant , puis il entonnait l'antiphone Veni, sancle Spiritus , et les archevêques de Cologne et de Trêves chantaient les autres collectes qui en dépendent. Le chant terminé, tous les sept prêtaient serment, les séculiers, la main sur l’Évangile; les ecclésiastiques , la main sur le cœur ; distinction belle et touchante, qui veut dire que le cœur de tout prêtre doit être un exemplaire de l’Evangile. Après le serment, on les voyait, assis en cercle, se parler k voix basse; tout à coup, l’archevêque de Mayence, se levant, étendait ses mains vers le ciel, et jetait au peuple, dispersé au loin dans les haies, les broussailles et les prairies, lenom du nouveau chef temporel de la chrétienté; alors le maréchal de l’empire plantait la bannière impériale au bord du Rhin, et le peuple criait : Vivat Rex ! »
Sous le gouvernement français ,' le Kœnigsstuhl était tombé en ruine. En 1807, on le détruisit pour construire la nouvelle route ; mais, en 1843 , on l’a rebâti tel qu’il était autrefois et en partie avec les mêmes matériaux.
Presque en face du Kœnigsstuhl, sur la rive dr. , les arbres d’un verger laissent voir une petite chapelle du xiv» siècle, recrépie et plâtrée, surmontée d’un chétif clocheton. C’est dans cette chapelle que, l’an du Christ 1400, les quatre électeurs du Rhin prononcèrent la déchéance de Wenceslas, empereur d’Allemagne, et nommèrent à sa place le comte palatin Rupert III.
Au delà de cette chapelle historique, l’attention est attirée également sur les deux rives. A dr., c’est Oberlalinstei», — (Hôt. : chez K. W eller ), pet.V. de 1600 h., entourée de murailles, possédant, — outre l’ancien château desélec-
:m R. 45. — DE B1NGEN A COBLENZ.— STOLZENFELS. teurs, — un château moderne (xvirie siècle), et dominée par les ruines de la Ijahneckburÿy très-ancien château détruit en 1688, par les Français, et chanté par Goethe. Puis, sur la rive dr. de la Lahn, qui se jette dans le Rhin, au débouché de la vallée que remonte la route d’Ems et de Nassau (V. R. 47), Nliederlahnateln, — (Ilôt.: chez Douait et), v. de 2000 h., l’entrepôt de la Lahn , se montre derrière la St-Johanniskirche, église bâtie vers l’an 1100, détruite en partie parles Suédois et tombée en ruine pendant un procès qui dura quarante ans, sur la question desavoir si le propriétaire de la dîme était tenu de la réparer. Enfin, sur la rive g., le château de Stolzenfels domine le petit v. de CapeUen, — (Hôt. : Zum Stolzenfels ).
Stolzenfels , ou le Rocher Superbe, ce château, si bien nommé puisqu’il s’élève de 100 met. au-dessus du Rhin , sur un rocher à pic et boisé, date du xnie siècle. Il fut bâti ou fortifié, car peut-être existait-il déjà, par l’archevêque de Trêves, Arnold d’Isenburg, pendant les troubles de l’interrègne. Il servit souvent de résidence aux successeurs d’Arnold. L’un d'eux, nommé Werner, y logea et y entretint, de 1380 à 1418, des alchimistes, qui ne firent pas d’or, mais qui trouvèrent , en cheminant vers la pierre philosophale, plusieurs des grandes lois de la chimie. En 1235, la princesse Isabelle, sœur de Henri III, d’Angleterre, et fiancée de l’empereur Frédéric II, y avait été reçue avec une suite nombreuse. Détruit par les Français, en 1688, il resta une ruine jusqu’en 1823, époque à laquelle la ville de Coblenz , qui en était devenue propriétaire, l’offrit au prince royal, aujourd’hui le roi de Prusse, qui, de 1836 à 1845, a dépensé 350,000 th. pour le reconstruire et le meubler, d’après les plans de M. Schinkel. Le roi Frédéric-Guillaume IV l’habita, pour la première fois , le 14 sept. 1842, et au mois d'août 1845, il y reçut la reine Victoria etle'prince Albert, le roi et la reine des Belges, et le grand-duc Frédéric d’Autriche.
L’intérieur du château de Stolzenfels mérite d'être visité, ne fût-ce que pour les vues variées que l’on y découvre de ses tours et de ses balcons. De 15 à 20 m. suffisent pour y monter par une excellente route de voitures, dont les pittoresques zigzags aboutissent à un viaduc. — N. B. On trouve à Capellen des ânes toujours sellés et bridés (12 sgr. pour monter et redescendre). Après avoir dépassé le Klause
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(les écuries et remises) et traversé le pont-levis, on entre dans l’intérieur du château, où des guides-ciceroni attendent (ou font attendre ) les étrangers (de 5 sgr. à 7 sgr. 1/2 de pourboire pour une seule personne; de 12 à 20 sgr., selon le nombre des visiteurs).
La décoration intérieure du château de Stolzenfels, remarquable surtout par sa simplicité, laisse souvent à désirer au point de vue artistique. Elle manque de goût. — Ses principales curiosités sont :
A l’étage du rez-de-chaussée par la porte d’entrée : 1° la chapelle gothique, consacrée le 3 août 1845 ; 2° la petite salle des chevaliers, ornée de fresques par le professeur Stielke. Ces fresques sont des allégories expliquées à l’aide de compositions historiques : la Bravoure (le roi Jean de Bohême, dit l’Aveugle, se fait tuer à la bataille de Crécy, 27 août 1346) ; — la Fidélité (Hermann de Siebeneicher se sacrifie pour sauver l’empereur Frédéric Barberousse que menaçaient des assassins guelfes); — l’Amour (l’empereur Frédéric II reçoit sa fiancée Isabelle Plantagenet, sœur de Henri III) ; — la Musique (Philippe de Souabe et son épouse Irène descendent le Rhin en bateau , entourés par les plus fameux ménestrels de leur époque) ; — la Persévérance (Godefroy de Bouillon suspend ses armes dans l’église du Saint-Sépulcre; — la Justice (Rodolphe de Habsburg établit la paix générale). — Le mur, percé de fenêtres, est décoré par les portraits de saint Géréon, saint Georges, saint Maurice et saint Rheinhold ; — 3“ La salle des chevaliers, qui a 16 mèt. 66 cent, de long, et 10 mèt. de large. Elle contient une statue d’Arminius, un grand nombre de vieux pots, de vieux verres, de vieilles cruches plus ou moins remarquables, des groupes de bronze et une collection de vieilles armures. — 4° La petite salle d’armes, où l’on montre les épées de Napoléon, de Murat, de Kosciusko, de Tilly, de Bltieher; un stylet du duc d’Albe, un verre et une fourchette d’Andréas Hofer. — 5° La cour-jardin avec la salle des arcades;
Au l,r étage : — les appartements royaux ornés de nombreux objets d’art et de 64 tableaux, de vitraux de couleur et de statuettes. — On remarque surtout parmi les tableaux ceux de la vieille école allemande et une copie (par Beckenkamp) du Dombild de Cologne (F. Cologne).
Les trois tours de Stolzenfels s’appellent : celle qui se
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trouve à la g. de la porte d’entrée, le Rauhe Thurm ; celle du N., la 'tour des Adjudants ; et celle qui se trouve à dr. de la porte d’entrée, -au S., la tour de la Vue. C’est de cette dernière que l’on découvre les plus beaux points de vue qu’offre Stolzenfels. Au S., on voit la Marxburg avec Braubach à ses pieds; près d’Oberlahnstein , la Chapelle blanche deWenceslas, et vis-à-vis, à côté de la petite ville de Rhens, et caché par des arbres, le Kœnigsstuhl. Devant soi, les ruines du château de Lahneck dominent les tours et les murs de l’antique ville d’Oberlahnstein, où le château de l’électeur de Mayence attire l’attention. Plus loin, dans la vallée solitaire de la Lahn, s’élève l’Allerbeiligenberg (montagne de Tousrles-Saints), dont la chapelle est visitée par de nombreux pèlerins. Devant Niederlahnstein, près dé l’embouchure de la Nahe, se montre l’église de St-Jean.. Au N., s’étend au milieu du Rhin la longue île d’Oberwerth. A dr., au-dessus de montagnes verdoyantes, se dressent les rochers d’Ehrenbreitstein, en face du fort Alexandre, et entre ces rochers et ce fort, Coblenz et Ehrenbreitstein communiquent par leur pont de bateaux. Enfin, à l’horizon apparaissent les hauteurs de Vallendar, la ville du même nom et sa noqvelle église.
La grande fresque extérieure, que l’on aperçoitdu bateau à vapeur sur les murs de Stolzenfels, est.de Lasinsky ; elle représente le comte palatin Rupert, élu empereur d’Allemagne sur le Koenigssthul et venant rendre* visite à l’électeur de Trêves dans le château de Stolzenfels.
N. B. Pour descendre de Stolzenfels à Coblenz , une barque particulière coûte de 15 à 20 sgr. V. Coblenz pour le prix des voitures. —A pied, on met 1 h. pour aller à Coblenz par la belle route qui longe le Rhin.
Un peu au-dessous de Niederlahnstein, la rive dr. du Rhin appartient à la Prusse comme la rive g.— On laisse sur cette rive le vs. de Horchheim, presque en face du moulin Sieghaus et de l’établissement hydrothérapique de Laubach ; puis, après avoir dépassé l’ile d’Obenverth, dont la maison de clianoinesses est devenue une métairie, le fort Alexandre à g. et celui de Pfaffendorf à dr., on vient s’arrêter au débarcadère de
Coblenz , — ( Ilôt. : le Géant ( Riese ), chambre de 12 à 15 sgr. ; déjeuner, 8 sgr., dîner avec vin, 24 sgr., service, 24 kr. ; — Belle rue, mêmes prix ; Drei Sckweizer , Rhei-
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ftiiirrair#* il** 1 UlrmaôiH* par AD. J0A3NE. L. HACHETTE fl (T Paria.
nischer Hof. — N. B. Ces quatre hôtels sont sur le quai ; — Der Triersche Hof ÇPost), dans la ville; — Das PT «fisses Ross, à Ehrenbreitstein.
cafés : du Théâtre, Pfadler , Schæffner, Nutly. libraires. Herght, lib. française et étrangère. — Henri Muller.
bains : chauds, chez Grohe , place Castor; froids, dans le Rhin et dans la Moselle. Il y a une école de natation dans la Moselle.
droschkkn. Les fiacres stationnent devant l’hôtel du Géant, près du pont, et devant l’hôtel du Gouvernement , près de la porte de Mayence. Les courses suivantes, pourboire compris, sont tarifées :
Deux chef. Un chef.
A Em» 5 thl. 10 gr. 2thl. <5gr.
— Aller et retour, pour une 1/2 journée., . 4 10 3 5
A Capellen (Stolienlelv) 0 20 0 15
— Aller et retour et 2 h. de séjour 1 10 1 00
Au Kœnigiitnhl el retour à Capellen 1 10 1 00
A la Chartreuse jusqu’à la Lelle vue, aller et
retour 1 00 0 20
A la forteresse d’Ehrenbreitstein, aller et retour,
et 2 h. de séjour 2 00 1 15
Coblenz doit son nom à sa position. Elle est située au confluent du Rhin et de la Moselle, et les Romains, qui y bâtirent un fort treize ans avant Jésus-Christ, l'appelèrent Confluentia ou Confluentes. De ce mot latin, légèrement germanisé, est venu celui de Coblenz. A l’époque où Antonin écrivit son itinéraire, cette forteresse avait environ 1000 habitants. Cependant aux Romains succédèrent les rois franks, qui se bâtirent un palais à Confluentia, appelé Cophelnuci. Quand les trois fils de Louis le Débonnaire se partagèrent l’empire de Charlemagne, les préliminaires du fameux traité de Verdun (843) furent discutés dans une diète impériale qui se tint à l’église de Saint-Castor, la cathédrale de Coblenz. Après avoir fait partie du royaume de Lorraine, à la suite de ce partage , Coblenz se vit réunie à l’empire d’Allemagne, en 978, par Othon le Grand. En 1018, Henri le Pieux la donna à Poppo, l’archevêque de Trêves. Los successeurs de Poppo la cédèrent aux comtes palatins du Rhin; elle passa par mariage à la maison de Nassau; puis elle revint sous forme de gage a ses anciens possesseurs, les archevêques de Trêves (1253). Mais, pen- B. no Rhin. *2
dant ces deux siècles, elle s’était complètement affranchie de leur juridiction, et sa bourgeoisie, qui avait secoué en partie le joug de sa noblesse, en avait fait un des principaux centres commerciaux de l’Allemagne. Elle s’étendait alors non-seulement au-dessous d’Ehrenbreitstein, mais sur la rive g. de la Moselle, où l’on cherche vainement aujourd'hui des traces du petit Coblenz.
Vers la fin du xmc siècle , les archevêques de Trêves, les souverains de Coblenz , voulurent fortifier cette ville sous le prétexte de la mettre à l’abri d’une attaque extérieure, mais pour augmenter leur autorité et reprendre à la bourgeoisie les libertés qu’elle avait conquises. Les bourgeois avaient d’abord favorisé ce projet et voté des fonds pour la construction d’un mur d’enceinte ; ils s’y opposèrent ensuite quand ils virent le piège qui leur était tendu. — Une insurrection éclata. — Après une guerre sanglante qui dura deux années, l’archevêque Henri l’emporta. Coblenz toutefois reconquit sous Diether , le successeur de Henri, les libertés et les privilèges dont il l’avait dépouillée. Mais le successeur de Diether, Baudouin de Luxembourg (1354), la soumit de nouveau à son autorité absolue. Du reste il fut le bienfaiteur de la ville asservie ; il l’entoura de fortifications; il agrandit Ehrenbreitstein appelé alors Hermannstein ; il bâtit le Vieux- Pont sur la Moselle ; il détruisit tous les châteaux situés sur son territoire , où des barons et des chevaliers exerçaient impunément la profession de voleurs de grand chemin; il rétablit partout l’ordre et la paix, et, h sa mort, qui eut lieu en 1367, il laissa sa ville de Coblenz, sinon libre, du moins florissante.
A dater de cette époque l’histoire de Coblenz peut se résumer par un petit nombre de dates. Pendant la guerre de Trente ans elle fut prise en 1632 par les Suédois, puis par les Français ; en 1636 par les Impériaux ; en 1688 Boufflers la bombarda vainement, — il ne put s’en emparer, mais il la réduisit en cendres ; — en 1786 elle devint la résidence des électeurs de Trêves ; en 1792 l’asile principal de l’émigration française ; prise par Marceau en 1794, elle fut plus tard le chef-lieu d’un département de l’Empire français (Rhin-et-Moselle). Depuis 1815 elle appartient à la Prusse qui la possède encore aujourd’hui. Elle est la capitale des provinces rhénanes de la Prusse. — Sa popu-
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latioa s’élève à 20,000 h. , dont 3000 réformés, — à 26,000 en y comprenant la population d’Ehrenbreitstein et la garnison qui se compose de six bataillons d’infanterie, neuf compagnies d’artillerie et deux compagnies de pionniers, en tout 4000 h., carCoblenz, comme point militaire, est un lieu important. «Ses trois forteresses, aditM. Victor Hugo, font face de toutes parts. La Chartreuse domine la route de Mayence ; le Petersberg garde la route de Trêves et de Cologne ; l’Ehrenbreitstein surveille le Rhin et la route de Nassau. »
L’intérieur de Coblenz est peu intéressant; mais il ne faut pas se contenter de voir cette ville du pont des bateaux à vapeur, car sa position est admirable, et des hauteurs qui la dominent on jouit de magnifiques points de vue.
La vieille ville — la partie la plus rapprochée de la Moselle — est un peu animée , mais elle n’a que des rues étroites, tortueuses', malpropres. Si la ville neuve ou la ville de Clément, qui s’étend derrière le château royal, bâti de 1778 à 1786 par Clément Wenceslas, le dernier évêque électeur de Trèveg, a des rues régulières et droites, des maisons bien bâties, elle parait inhabitée, tant les passants y sont rares.
C’est dans la ville vieille, à l’angle formé par la jonction du Rhin et de la Moselle, et à l’extrémité de l’affreux mur qui prive le quai ou la Rhein-Strasse de la vue du fleuve, que s’élève I’église Castor fondée au ix® siècle , incendiée au xi® siècle , rebâtie : le chœur, de 1157 à 1201 ; la nef et le transsept en 1208; les voûtes en 1498; restaurée en 1830 et peinte en rose à la grande joie de certains fidèles, au vif mécontentement des gens de goût. — Les parties les plus anciennes sont l’intérieur du chœur et les murs inférieurs des tours occidentales. — Cette église rappelle plusieurs souvenirs historiques. — Les envoyés des trois fils de Louis lo Débonnaire s’y réunirent plusieurs fois en 843 pour y partager le vaste empire de Charlemagne. De nombreux conciles y furent tenus, surtout au x® siècle. Saint Bernard y prêcha la croisade. L’empereur Henri IV s’en vit fermer les portes en 1105. Enfin, en 1338, l’empereur Louis le Bavarois nomma, devant sa façade, le roi d’Angleterre , Édouard III, vicaire de l’empire pour qu’il l’aidât dans ses projets oontre la France. — On re-
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marque à l’intérieur : dans le chœur, à g. , le tombeau de l’archevêque Cuno de Falkenstein (fl.388) orné de peintures sur fond d’or ; en face, celui de l’archevêque Werner (■f 1418) ; à g. du chœur, celui de sainte Rizza (moderne) ; et dans la partie supérieure du chœur postérieur, une fresque sur fond d’or peinte en 1849 par Settegast.
En face de l’église de Castor, une fontaine assez laide, la fontaine de Castor, se signale à l’attention des passants par les deux inscriptions suivantes :
ÂN M DCCC XII.
Mémorable par la campagne
CONTRE LES RüSSES.
SOUS LE PRÉFECTÜRA DE JULES DOAZAN.
Vu ET APPROUVÉ PAR NOUS COMMANDANT RUSSE DE LA VILLE DE COBLENZ
Le général deSt-Priest.
Le 1er janvier 1814.
Le bâtiment qui s’élève à l’angle formé par la jonction du Rhin et de la Moselle, est l’ancienne maison de l’ordre Teutonique (Deutsches Haus). En face de l’église, de l’autre côté de la place , on remarque le General Commando, ancien hôtel Leyen, puis hôtel de la préfecture sous le gouvernement français, aujourd’hui résidence du commandant général des provinces rhénanes prussiennes. Ce bâtiment, reconstruit en partie par les Français, date de 1500.
Si , après avoir visité l’église Castor, on remonte la rue du même nom qui s’ouvre presque en face, on laisse k g. l’hôpital, et bientôt on atteint I’église de St-Florin, bâtie au commencement du xn® siècle , convertie en magasin à fourrage, puis en boucherie pendant la domination française, actuellement l’église évangélique. Les tours sont modernes. La chaire, les fonts baptismaux en bois de chêne sculpté et quelques beaux vitraux y attirent l’attention. La maison du sacristain , au N. de l’église, est une des plus vieilles maisons de l’Europe. Elle date du xm* siècle. — Presque en face de l’église St-Florin est l’ancien kaufhaus (entrepôt) bâti au xv* siècle, détruit dans sa partie supérieure en 1688, rebâti en 1725. — Un peu plus loin, en continuant à se diriger à l’O., on remarque la Burg, ancien château archiépiscopal qui fut com-
mencé en 1280, qui est aujourd’hui une fabrique d’ustensiles de fer-blanc. — Ce château commande le pont en pierre de la Moselle bâti en 1344. On y découvre une jolie vue. — A g. on remarque le Mettemicher Hof, où est né le prince de Metternich.
La vieille ville renferme encore, outre divers hôtels de la noblesse, le gymnase et l’église des Jésuites situés sur la place des Jésuites, qui s’ouvre dans la Firmond Strasse, la continuation de la rue du Rhin, et enfin, dans sa partie supérieure, YOber Pfarrkirche ou Lieb frauenkirche, commencée au xiii* siècle , achevée au xve siècle (les tours ont été reconstruites après le siège de 1688).
Dans la nouvelle ville on peut visiter : (au-dessus du pont de bateaux) le palais du Gouvernement , puis, devant le port libre, le Hauptsteueramt (bureau des taxes), et surtout le Kœnigliche Schloss, château royal bâti de 1778 à 1786 par le dernier électeur de Trêves, Clément Wenceslas. Ce château servit en 1792 de résidence aux neveux de cet archevêque , les comtes de Provence et d’Artois (Louis XVIII et Charles X), et à un certain nombre d’émigrés. En 1794 il fut transformé en lazaret. Plus tard il devint une caserne. Le gouvernement prussien l’a fait réparer, et depuis 1845 il est habité par le prince et la princesse de Prusse. L’intérieur n’a rien d’intéressant. Un petit jardin le sépare du Rhin. Sur la place plantée d’arbres qui s’étend de l’autre côté (parade et musique militaires tous les jours à midi), une colonne-fontaine a été élevée par le dernier électeur avec cette charmante inscription : Clemens Wenceslaus élector vicinis suis. — Près du château royal se trouvent groupés la poste et le palais de justice; à g., le théâtre, sur la place, et, derrière le théâtre, le casino.
Les portes de Mayence et de Lohr (S.) font partie des fortifications de Coblenz ; elles sont casematées et servent de casernes à l’artillerie et aux pionniers. — Du reste, les véritables fortifications de Coblenz sont les forteresses qui la dominent de tous côtés.
Ehrenbreitstein a la première visite comme les premiers regards d’un étranger , car ce fort s’élève en face de Coblenz, à 123 met. au-dessus du Rhin et 184 mèt. audessus de la mer. Son nom signifie la largepierre de l'honneur. Pour aller le visiter il faut traverser le pont du Rhin
:fJO H, 45.-COBLKN/..
qui conduit à Thaï Ehrenbreitsteln,pet. V. de 2800 b., — (Hét. : Weisses Ross, bon), dont l’étroite vallée renferme une source minérale appelée Thalbom, et d’un goût fort agréable. — N. B. Les cartes d’entrée, valables seulement pour la journée, se délivrent à la forteresse même, au bureau du deuxième commandant.— -2 sgr. 1/2 pour 1, 2 et 3 personnes. — Les étrangers donnent en outre un pourboire (5 sgr. pour 1 et 2 personnes, 10 sgr. pour 3 et 4 personnes) au sous-officier qui les accompagne.
Le rocher escarpé que couronne Ehrenbreitstein doit avoir été fortifié par les Romains , mais aucun débris de construction ne le prouve. La première mention qu’en ait faite l'histoire date de 633. Cette année-là , le roi Dagobert II en fit présent aux archevêques de Trêves qui augmentèrent constamment ce fort où ils venaient souvent au moyen âge chercher un abri. Plus tard ils habitèrent de préférence le palais construit à sa base, appelé Philippsthal, et transformé actuellement en magasin à farine. Dès le xv* siècle, la vieille forteresse féodale avait commencé à se métamorphoser en une forteresse moderne. En 1631 , l’électeur Philippe-Christophe de Soetern la livra aux Français qui l’occupèrent cinq années. Assiégée vainement en 1688 par le maréchal de Boufflers , en 1795 et 1796 par Marceau, elle dut se rendre en 1799 à l’armée française après un blocus où les assiégés avaient payé un chat 3 fr., et une livre de cheval 1 fr. 50 c. La France la posséda jusqu’à la paix de Lunéville. Quand ses soldats durent l’évacuer elle la fit sauter. Depuis 1816 la Prusse a dépensé, dit-on, plus de 100 millions pour la reconstruire et l’augmenter. 1200 hommes suffiraient, assure-t-on, à sa défense, bien qu’elle puisse être convertie au besoin, avec les fortifications voisines dont la défense n’exigerait que 3800 hommes , en un camp retranché de 100,000 hommes. Ses magasins peuvent contenir des approvisionnements pour une garnison de 8000 hommes pendant dix années. Elle est défendue par 400 pièces de canon. Les précipices qu’elle domine la mettent des trois côtés à l’abri d’une attaque. Trois lignes de défense ont été établies du seul côté où elle soit attaquable, c’est-à-dire au N. O. La grande plate-forme qui se trouve au sommet du rocher, et qui sert de place de parade, couvre de vastes citernes voûtées pouvant contenir une
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provision d’eau pour trois années. Il y a en outre un puits de 133 mèt. de profondeur, creusé dans le roc, et communiquant avec le Rhin.
Ce qu’Ehrenbreitstein offre de plus intéressant aux étrangers, — on ne leur montre pas ses fortifications, — c’est sa vue, une des plus belles vues des bords du Rhin. On a en effet à ses pieds le Rhin qui, à peine sorti des montagnes, reçoit la Moselle, et entraînant ses eaux sans les mêler d’abord avec les siennes , décrit des courbes gracieuses à la base des riantes collines qui bordent sa rive droite jusqu’à la chaîne de montagnes plus éloignées où il se perd à l’horizon. A la jonction des deux fleuves, Coblenz, enrichie par son commerce qui prend chaque année plus d'extension, parait déjà à l’étroit dans l’enceinte de ses fortifications. De quart d'heure en quart d’heure son pont, où se croise incessamment une foule active, s’ouvre pour laisser passer soit un bateau à vapeur, soit une flottille de bateaux à voiles traînés par des remorqueurs.— A g. se dressent, autant que peuvent se dresser encore des fortifications modernes, le fort Alexandre et le fort Constantin; à dr., sur la rive g. de la Moselle , se développe , sur le Petersberg, le fort François. Enfin , au delà de la Moselle et du Rhin s’étend une vaste plaine parsemée de villages que terminent à l’O. et au N. les chaînes de montagnes volcaniques appelées Maifel etEifel — Tout en aduiirant les riches cultures de cette plaine accidentée , on ne peut s’empêcher de songer aux nombreuses batailles qui s’y sont livrées depuis le jour où César s'y est promené en triomphateur , jusqu'à celui où Marceau et Hoche y ont été ensevelis. — C’est sur ces hauteurs que lord Byron a fait rêver Childe Harold lorsqu’il s’écrie dans le chant III de son poëme, stance lvii :
« Honneur à Marceau... courte, brave et glorieuse fut sa jeun* carrière !— Deux armées le pleuraient, celle qu’il commandait et celle qu’il combattait... Puisse l’étranger qui pusse près de sa tombe prier pour le repos de l'àrae de ce héros... car il fut le champion de la Liberté, — un de ces hommes peu nombreux qui, armés par elle, n’ont pas outre-passé le droit de répression qu'elle leur accorde ; il avait conservé la pureté immaculée de son âme , et ceux qui lui ont survécu ont pleuré sa mort. »
Au S. d’Ehrenbreitstein s’élève, au-dessus du v. de
Pfaffendorf, la Pfaffendorferhœhe , d’où l’on découvre une vue aussi belle que d'Ehrenbreitstein. — La forteresse qui la domine s’appelle Astersteln (Pierre d’Aster), du nom du général prussien qui a été chargé de la reconstruction d’Ehrenbreitstein.
Une vue non moins belle, quoique un peu différente, est celle que l’on découvre de Karthæuserberg (rive g. du Rhin); Goethe l’a proclamée même la plus belle. La route qui monte sur la chaîne du Hundsrück y conduit. C’est là qu’à la place d’un ancien couvent ont été bâtis les forts Alexandre et Constantin, qui commandent tout à la fois le Rhin et la Moselle. — A la base septentrionale du fort Alexandre se trouve le cimetière (belle vue) , où l’on remarque, entre autres monuments, un obélisque élevé à la mémoire de Max de Schenkendorf , le poète, mort en 1817.
C’est sur la rive g. de la Moselle, près de la route de Cologne, à 15 m. de Coblenz., que l’on va visiter le monument élevé à la mémoire de Marceau.
Sur l’urne qui renferme les cendres de Marceau , est gravée l’inscription suivante :