R. 67.— DE DUSSELDORF A ELBERFELD— BARMEN
les jardins et le café-restaurant Küpper. (Omnibus pour Elberfeld 2 sgr. 1/2, pour Barmen 5 sgr.)
3 mil. 6/10. Elberfeld , — (Ilôt.: Churpfælzischer Hof, Zweibriiclcer Hof, Weidenhof, près du débarcadère Dœppersberger, Cœlnischer Hof), V. de 50,000 h. env., dont seulement 6000 catb., se confond’avec Barmen, — (Hôt. : Clevischer Hof), qui en compte à peu près 35,000. Leurs maisons, leurs fabriques et leurs usines s’étendent dans la vallée de la Wupper et jusqu’aux sommets de ses deux versants sur une longueur de plus de 2 h. Toute cette partie de l’ancien duché de Berg semble avoir été transformée en une vaste manufacture. C’est la région la plus peuplée de la Prusse; on y compte 18,000 h. par chaque mille carré allemand. Cette prospérité (ou plutôt ce développement extraordinaire de la population) est due à l’industrie. Elle ne date que du commencement de ce siècle. Ce sont les guerres de la révolution, mais surtout le blocus continental, qui en ont été les premiers éléments. Du reste, ce beau pays se trouvait dans d’excellentes conditions pour devenir manufacturier. On y trouve partout de la nouille en abondance ; les cours d’eau y sont nombreux. Là où ils manquent, des machines à vapeur ont été construites. Les soieries, le velours, les rubans, les toiles de coton , les étoffes de soie et de coton, le nankin, la passementerie, les dentelles, les fils de coton, etc., tels sont les principaux articles que produisent ces deux centres industriels. « Ses teintureries, dit M. Murray, possèdent un rouge (le rouge turc) si bon marché et si bon tout à la fois, que chaque année les manufacturiers de Glascow et d’autres villes d’Ecosse ou d’Angleterre envoient teindre à Elberfeld les cotonnades qu’ils ont fabriquées. »
Elberfeld et Barmen n’ont guère que leur position et leurs établissements industriels à montrer aux étrangers ; cependant Elberfeld possède : une église catholique , bâtie en 1836; un nouvel hôtel de ville, orné de fresques représentant les anciennes mœurs de l’Allemagne, par Plüddemann, Clasen , Fay et Mücke (1842) ; une église luthérienne, un palais de justice, etc. A Barmen, on a construit une église réformée d’après les plans de Hübsch.
Les étrangers qui visitent Elberfeld ne manquent pa3 de monter au belvédère bâti par M. Eller, sur la Hardt (25 à 30 in.), au milieu d’une promenade que la ville doit à
M. Diemel (on lui a élevé un monument). — N. B. Sonner à la porte du jardin et donner un pourboire au jardinier. — Des fenêtres et de la galerie de ce belvédère on découvre une vue magnifique sur le Wupperthal.
71 kil. ou 9 mi!. 1/2. — Chem* de fer rhénan, 1843; de 5 à 6 conv. par j.; trajet en 1 h. 30 m. et 2 h., pour 2 th. 15 sgr., 1 th. 25 sgr. et 1 (h. 8 sgr.
N". B. Sur cette ligne, les voilures de 2e cl. sont presque aussi peu confortables que celles des chemins de fer français.
On s’arrête à Müngersdorf d’où l’on aperçoit déjà, quand on vient d’Aix-la-Chapelle, les tours et les clochers de Cologne, puis à Kœnigsdorf, d’où l’on remarque à g. la tour d’une ancienne abbaye de bénédictins (Braunweiler), bâtie au xiii* siècle et transformée en maison de correction ; au delà de cette station on sort du bassin du Rhin par le tunnel (stollen) de Keenigadorf , qui est long de 1333 mèt., large de 8 mèt., haut de 8 mèt. 66 cent, et dont la voûte se trouve à 45 mèt. au-dessous du point culminant de la colline qu’elle supporte. Après avoir ensuite dépassé le château de Heinmersbaeh près de Horrem, on franchit l’Erft sur trois ponts, on laisse Kerpen à g., Sindorf et Manheim à dr., puis on s’arrête à la station de Duir avant d’atteindre celle de
5 mil. 1/4. (39 kil. de Cologne, 201 kil. de Bruxelles), Dliren, — (Hôt. : Bellevue) , le Morcodurum de Tacite , V. manufacturière de 8000 h. (fabriques de draps et pa peteries). Elle n'a rien de remarquable, mais son église Ste-Anne, dont la haute tour attire les regards, possède, dit-on, la tête de cette sainte, et, en 1543, Charles V, qui en faisait le siège avec 61,000 h., faillit être tué sous ses murs par un coup de fusil que lui tira un des assiégés — Une dil. va tous les jours en 3 h. pour 15 sgr. de Düren à (2 mil. 1/2.) ZUlplch, V. de 1200 h., dont les fonts baptis maux, conservés dans la crypte de son église, ont, dit-on, servi au baptême de Clovis (renouvelé à Reims), car ce fui
5)6 R. 68.— DE COLOGNE A AIX-LA-CHAPELLE, dans cette ville, l'ancienne Tolbiac, que le roi des Franks se convertit au christianisme, après y avoir défait les Allemanni en 406.
Au delà du pont de la RoSr (6 arches) on traverse Dhom, puis on laisse à g. le château de Mérode, berceau de la célèbre famille belge de ce nom. Un comte de Mérode commandait un corps franc dans l’armée impériale pendant la guerre de Trente ans. Ses soldats se distinguaient parleur indiscipline, leurs habitudes de pillage, leur brutalité. On les appela les Merodeuner, d’où l’on fit plus tard le nom de maraudeurs. Le pays que l’on a traversé depuis Cologne est sans caractère. « C'est un pur et simple paysage picard ou tourangeau, une plaine verte ou blonde avec un orme tortu de temps en temps et quelque pâle rideau de peupliers au fond. » 4. dr. les montagnes de l’Eifel apparaissent à l’horizon.
Au sortir d’une tranchée on traverse la vallée de la Wehe sur un viaduc de sept arches, et, au delà de celle qui s'ouvre près de Langeruiehe, on découvre du haut d'un remblai élevé la vallée de l’Inde. A dr. se montrent successiment les châteaux de Nothberg et d eRœttger.
7 mil. 1/2. (57 kil. de Cologne) Eschweiler» — (Hôt. : Post) , V. industrielle de 3000 h. et possédant , outre des manufactures de fer, de laiton et des filatures de soie, un vieux château restauré dans l’ancien style.
On traverse un tunnel de 266 mèt. creusé dans l’Ichenberg, puis l’Inde avant d’atteindre le v. de Pumpe dont les cheminées (machines à vapeur des houillères ou des forges) fument de tous côtés. Les collines, les vallées, les champs et les forêts se succèdent rapidement.
60 kil. de Cologne (180 kil. de Bruxelles) , moulin de Cambach, station de Stolberg, — (Hôt. : chez Hissel), V industrielle de 3000 h., située à dr. (30 m.), sur une hauteur, et dont un vieux château domine les nombreuses usines (fabriques de laiton, verreries, houillères, fonderies d’étain, mines de zinc, d’argent, etc.). Elle a été fondés par des protestants français qui quittèrent la France après la révocation de l’édit de Nantes.
Au delà de Stolberg on traverse le Reischbusch puis 1( tunnel de Nirm, long de 766 met., on aperçoit ensuite à g le château de Schcenforst et le champ de courses, la Branderhaide , enfin on passe devant la FranTcenburg, tour rui-
née et couverte de lierre contre laquelle on a bâti un château plus moderne (1642). La Frankenburg fut une des résidences favorites de Charlemagne. Ce fut là que mourut son épouse Fastrada, dont il fit ensevelir le cadavre dans un cercueil de verre sur lequel il pleurait jour et nuit, négligeant les affaires les plus graves de son empire. Un jour que l’évêque de Cologne disait une messe pour la guérison de son maître, une voix descendue du ciel lui révéla que la cause du délire de Charlemagne était sous la langue de la femme morte. En effet, s’étant introduit dans la chambre où le cadavre était enfermé, il trouva sous la langue glacée et roide de Fastrada une pierre précieuse enchâssée dans un petit anneau, qu’il arracha en toute hâte. Dès lors, Charlemagne eut horreur de ce cadavre auquel il avait fait tant de caresses ; et sa passion se tourna tout entière sur l’évêque de Cologne, possesseur de l’anneau magique. Le prélat résolut de se débarrasser de ce talisman, qui lui paraissait dangereux, et il alla le jeter dans le marais voisin. A dater de cette époque, Charlemagne préféra la ville d’Aix à toutes les autres villes de son empire; «rien ne lui plaisait plus, ajoute la légende racontée par Pétrarque, que son marais ; il prenait le plus vif plaisir à s’asseoir sur ses bords, à se baigner dans ses eaux, à respirer ses exhalaisons qu’il trouvait plus suaves que des parfums. »
Au delà de la Frankenburg, on traverse la vallée de la Wurm sur un viaduc de 298 mèt., de long, composé de 15 petites arches et de 20 grandes, et ayant un double rang d'arches dans la partie la plus profonde du Wurmthal (24 mèt.). Ce beau viaduc dépassé on s’arrête à la station de
9 mil. 1/2. (71 kil. de Cologne) Aix*la-Chapelle, en allemand Aachen» — (Hôt. : Nuellens, en face de la fontaine Elise (très-bon), Grand Monarque, chez M. Dremel, des Quatre Saisons, sur la place du Théâtre, du Dragon d’Or, de Bellevue, de l 'Empereur, de Parts (près du chemin de fer', de la Couronne. Les prix de ces hêtels sont à peu près les mêmes. On paye 1 chambre 15 sgr. et au-dessus, la bougie 6 sgr., le thé ou le café 6 sgr., le dîner de 1 h. avec vin, de 20 à 27 sgr. 1/2, le service de 6 à 8 sgr.; le soir, on soupe à la carte.
cafk-restaurant. A côté de la fontaine Elise.
omnibus. Prix sans bagages, 3 sgr. ; avec bagages, 4 sgr.
vigilantes. 1 ou 2 personnes, avec ou sans bagages> 5 sgr.; 3 et 4 personnes 7 sgr. 1/2.
libraires. J. A. Mayer, librairie française et étrangère, Hensen et compagnie.
Aix-la-Chapelle fut connue des Romains, qui l’appelèrent Aquisgranum, Civitas Aquensis. La première légion militaire y tint garnison. Détruite probablement par les Barbares, la ville romaine eut pour second fondateur Charlemagne, qui y était né, dit-on, et qui y mourut le 28 janvier de l’an 814, dans la 72e année de son âge, la 47* année de son règne, et la 14* de son empire. Il y fut même enterré « dans l’église qu’il avait fondée deux ans après la mort de sa femme Fastrada, en 796, que le pape Léon III bénit en 804, et pour la dédicace de laquelle, dit la tradition, deux évêques de Tongres. morts et ensevelis à. Maestricht, sortirent de leurs sépultures, afin de compléter dans cette cérémonie les trois cent soixante-cinq archevêques et évêques représentant les jours de l’année.
Charlemagne, qui eut toujours une prédilection particulière pour Aix-la-Chapelle, en fit la seconde ville de son empire; par son ordre cette inscription fut gravée au-dessus de l’entrée do son palais :
Hic sedes regni trans Alpes habeatur , caput omnium provinci&rum et civitatum G allias.
Que cette ville soit regardée comme le sicge de l'empire au delà de* Alpes, et comme la capitale de toutes les provinces et cités de la Gaule.
Enfin, il décida que les empereurs d’Allemagne y seraient désormais couronnés, ., de 814 à 1531, elle a vu couronner et sacrer trente-sept empereurs et onze impératrices. Ferdinand 1" fut le dernier ; Charles-Quint, l’avant-dernier. Depuis , le couronnement des empereurs d’Allemagne s’est fait à Francfort.
Ravagée par les Normands en 891, rebâtie par Othon III» en 936, incendiée en 1224 et en 1236, inondée et prise en 1247 par l’empereur Guillaume, comte de Hollande, Aix-la-Chapelle, qui avait effacé peu à peu les traces de tous ces désastres, obtint, en 1356, do l’empereur Charles IV, la confirmation de ses privilèges considérablement
étendus. L’année suivante elle acquit le droit de s’entourer de murailles et de fossés, en sa qualité de ville libre impériale. Elle atteignit alors à un tel degré de prospérité que sa population s’élevait, dit-on, à 100,000 h. De 1570 à 1576, la peste y causa de grands ravages, et quelques années plus tard, la Réforme y suscita de violentes discussions civiles. En 1598, l’empereur Rodolphe II la mit au ban de l’empire, parce que les protestants s’y étaient emparés du gouvernement; de 1614 à 1616, les protestants en furent expulsés ; ils allèrent transporter ailleurs les branches d’industrie (surtout des fabriques de drap),. qui avaient rendu Aix-la-Chapelle si riche et si célèbre. Ce fut une perte irréparable. Les habitants partis, leurs maisons brillèrent. En 1656, un incendie détruisit presque toute la ville , 2600 habitations privées , l’hôtel de ville , la cathédrale , la place du Marché, etc., devinrent la proie des flammes.
Prise par Dumouriez en 1792, prise et reprise depuis, Aix-la-Chapelle resta définitivement à la France, en 1794. Elle perdit alors tous les privilèges que les empereurs lui avaient accordés ; mais elle devint sous l’Empire le siège d’un évêché, d’un tribunal de commerce, et d’une préfecture; elle fut le chef-lieu du département de la Roër. Occupée par les alliés en 1814 , depuis 1815, elle appartient à la Prusse. En 1825, elle perdit son évêché, et fit de nouveau partie de l’archevêché de Cologne qui fut alors rétabli. Aujourd’hui c'est le siège d'une régence, d’un tribunal provincial, d'une direction des douanes, d’une chambre et d'un tribunal de commerce, enfin d’une société d’assurances contre l’incendie. Sa population est de 50,000 h. env., dont 5000 sont protestants.
Aix-la-Chapelle a vu se tenir dans ses murs vingt-cinq diètes de l'empire, onze conciles, et un congrès. Deux traités de paix, célèbres dans l’histoire, y ont, en outre, été conclus. La paix qui y fut signée, en 1668, entre l’Espagne et Louis XIV, assura à la France la possession de la Flandre, en Ja dépouillant de la Franche-Comté. Celle de 1748 termina malheureusement pour la France la guerre de la succession d’Autriche. « Louis XV, dit un historien moderne, ne demanda rien pour prix de nos victoires , rien pour nos cinq cent mille hommes sacrifiés, pour notre marine ruinée, pour 1200 millions ajoutés à la dette natio-
nale ; il réintégra ses alliés dans leurs possessions, mais il restitua toutes ses conquêtes; il s’engagea à ne pas rétatablir Dunkerque, à chasser de 3on royaume Charles- Edouard, à garantir la succession d’Angleterre dans la ligue protestante et la pragmatique sanction.» En 1818, les empereurs d’Autriche et de Russie, le roi de Prusse, et des ambassadeurs de George IV et de Louis XVIII, se réunirent en congrès à Aix-la-Chapelle pour y fixer l’époque de l’évacuation de la France.
Située au milieu d’un bassin riant et fertile, qu’environnent des hauteurs en partie boisées, en partie cultivées, parmi lesquelles le Louisberg et le Salvatorberg attirent surtout l’attention, Aix-la-Chapelle formait autrefois deux villes, la ville intérieure et la ville extérieure, aujourd’hui réunies en une, car ses murailles ont été démolies et ses fossés comblés. Les trois ruisseaux, le Pau, la Paunelle et le Johannisbach qui l’arrosent, offrent de grands avantages aux manufactures pour le lavage des laines. De tous cétés s'élèvent de hautes cheminées qui témoignent de son activité industrielle. Chaque année , elle voit s’augmenter le nombre de ses maisons avec celui de ses habitants. Cette prospérité croissante, elle la doit à son industrie et à son commerce (draps, aiguilles, épingles, raffineries, machines, etc.); à ses eaux minérales qui y attirent chaque saison 3500 baigneurs env. ; k ses chemins de fer, qui permettent k un plus grand nombre d’étrangers de venir visiter ses monuments et ses reliques.
Quand on connaît l’histoire d’Aix-la-Chapelle, on ne s’étonne plus de n’y trouver, k part deux ou trois monuments , aucun vestige de la ville de Charlemagne et des empereurs d’Allemagne. L’immense majorité de ses maisons date de la fin du xvne siècle. Ses quartiers neufs, ceux qui avoisinent l’embarcadère du chemin de fer sont à peine achevés. Devant l’embarcadère du chemin de fer s’étend un square-jardin, bordé k g. par les bâtiments de la douane. Les rues qui s’ouvrent sur le square descendent dans la belle rue du théâtre, k l’extrémité inférieure de laquelle, sur la place Frédéric-Guillaume, le théâtre a été construit en 1825. Le péristyle de cet édifice, composé de huit colonnes d’ordre ionique, supporte un frontispice où sont sculptés de grandeur naturelle le génie des arts et les muses de la comédie et de la tragédie ;
au-dessous de ce groupe se lit l’inscription suivante en lettres de cuivre :
Musagetæ Heliconiaduntque choro.
L’intérieur peut contenir environ quinze cents spectateurs.
A g. du théâtre , en regardant sa façade, s’élève sur la place Frédéric-Guillaume, plantée d’arbres, la fontàinb d’ÉLisE (Elisenbrunneri) , beau bâtiment achevé en 1824, et ainsi nommé en commémoration du mariage du prince royal de Prusse (le roi Frédéric-Guillaume IV) avec la princesse Élise de Bavière, dont le buste (par Tieck) est placé sur une console de marbre blanc. La façade , de style dorique, a 89 mèt. de long. Au milieu s’élève une rotonde de 21 mèt. de haut, dont le toit couvert de zinc se termine par une pomme de pin. De chaque côté de cette rotonde s’étendent des colonnades couvertes qui servent de promenade par le mauvais temps. C’est là que tous les matins les baigneurs viennent boire trois ou quatre verres d’eau thermale , aux sons d’un orchestre qui joue de 6 à 8 h. L’eau qui alimente cette fontaine vient du bain de l’Empereur, par un canal de 206 mèt. de long; malgré cette distance elle ne perd pendant le trajet que 2° 1/2 R., elle a encore 43° 1/2 R.
Les sources thermales d’Aix-la-Chapelle jaillissent à l’intérieur même de la ville. On en compte six principales, divisées, d’après leur position, en supérieures et en inférieures. Les sources supérieures sont : 1° La source de l’Empereur , 46° R. Elle alimente quatre établissements: les bains de l’Empereur et de la Reine de Hongrie, le bain Neuf et la fontaine Élise; 2° la source du Büchel, 46° R.; la source de St-Quirin, 38° R., elle alimente les bains de St-Quirin et de laReine de Hongrie. Ses sources inférieures, moins chaudes et moins abondantes en gaz hydrogène sulfuré que les supérieures, sont les sources Ste-Comeille,
37° R.; du batn de la Rose, 37° R., et l’ancienne Trinkquelle , 37° R.
Ces eaux, incolores dans un verre, verdâtres dans un bassin, d’une saveur peu agréable mais cependant suppor- « table, exhalant une forte odeur d’hydrogène sulfuré, se prennent en bains, en douches et en boissons; elles sont surtout recommandées dans les maladies de la peau, les
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rhumatismes et d’autres maladies dont la nomenclature serait ou trop longue ou déplacée ici.
Les deux rues qui s’ouvrent de chaque côté de l’Elisenbrunnen, conduisent à la cathédrale ou chapelle, qui reçoit d’ordinaire la première visite des étrangers.
s Si l'on aborde par la façade cette historique et fabuleuse église, dit M. V. Hugo, voici comme elle se présente :
« Un portail du temps de Louis XV en granit gris bleu, avec des portes de bronze du vme siècle , adossé à une muraille carlovingienne qui surmonte un étage de pleins cintres romans. Au-dessus de ces archivoltes un bel étage gothique richement ciselé, où l'on reconnaît l’ogive sévère du xiv* siècle; et pour couronnement une ignoble maçonnerie en brique à toit d’ardoise qui date de ce siècle. A la dr. du portail, une grosse pomme de pin, en bronze romain, est posée sur un pilier de granit, et de l’autre côté sur un autre pilier, il y aune louve d’airain, également antique et romaine, qui se tourne à demi vers les passants la gueule entr’ouverte et les dents serrées *. Ainsi quand on aborde la Chapelle par le grand portail, le romain, le roman, le gothique, le rococo et le moderne se mêlent et se superposent sur cette façade, mais sans affinité, sans nécessité, sans ordre, et par conséquent sans grandeur.
« Si l’on arrive à la Chapelle par le chevet , l’effet est tout autre. La haute abside du xive siècle vous apparaît dans toute son audace et dans toute sa beauté avec
1 La légende explique ainsi la présence de celle louve ou de ce loup au seuil île cette église : * Les magistrats délibéraient sur les moyens de se procurer les fonds nécessaires pour l'achèvement de la cathédrale, quand survint un individu de belle apparence qui leur promit l’argent dont ils avaient besoin, à la condition qu’ils lui livreraient la première âme qui entrerait dans l’église après son achèvement. Los magistrats reconnurent Satan ; mais ils acceptèrent son offre. Grand fut leur embarras quand il leur fallut ouvrir l’édilice nu public; heureusement, pendant qu’ils délibéraient encore, un garde de la ville vint leur présenter un loup vivant qu'il avait pris au piège. — C’est un secours du ciel, s’ecrièrent-ils; le loup sera la victime. Et à l'ouverture des portes, on le lança dans l’église.» Satan attendait la gueule ouverte et les yeux voluptueusement fermés: «. Jugez de sa rage, dit l’auteur du Rhin , quand il sentit qu’il avalait un loup. Il poussa un rugissement effroyable fit vola quelque temps sous les hautes arches de l'église avec le brait d’une tempête. Puis il sortit enlin , éperdu de colère, et en sortant, il donna dans la grande porte d’airain un si furieux coup do pied, qu’elle se fendit de liant en bas » D’après M. Victor Hugo, la pomme de pin ligure la pauvre âme du loup, si stupidement mâchée par Salan.
l’angle savant de son toit, le riche travail de ses balustrades, la variété de ses gargouilles, la sombre couleur de sa pierre , et la transparence vitreuse de ses immenses lancettes au pied desquelles semblent imperceptibles des maisons à deux étages réfugiées entre les contre-forts. Cependant là encore, l’aspect de l’église, si imposant qu’il soit, est hybride et discordant. Entre l’abside et le portail, dans une espèce de trou où toutes les lignes de l’édifice s’écroulent, se cache, à peine relié à la façade par un joli pont sculpté du xive siècle , le dôme byzantin à frontons triangulaires qu’Othon III fit bâtir au Xe siècle , au-dessus du tombeau même de Charlemagne. \
« Cette façade plaquée, ce dôme enfoui, cette abside rompue, voilà la Chapelle d’Aix.... Un système de chapelles basses, rattachées à la base de la grande chapelle centrale, devait, au portail près, envelopper tout l'édifice dans ses articulations. Déjà deux de ces chapelles qui subsistent encore, et qui sont admirables, étaient bâties quand survint l’incendie de 1354 (?). Cette puissante végétation architecturale s’est arrêtée là. Chose étrange, le xve et le xv ie siècle n’ont rien fait pour cette église. Le x vnie et le xixe l’ont gâtée.
«. Après avoir franchi la voûte du portique et laissé derrière moi les antiques portes de bronze ornées à leur milieu d’une tête de lion, et coupées carrément pour l’adapter à des architraves, ce qui a d’abord frappé mon regard, c’est une rotonde blanche à deux étages, éclairée par le haut, dans laquelle s’épanouissent de tous côtés toutes les fantaisies coquettes de l’architecture rocaille et chicorée. Puis, en abaissant mes yeux vers la terre , j’ai aperçu au milieu du pavé de cette rotonde, sous le jour blafard que laissent tomber les vitres blanches, une grande lame de marbre noir, usée par les pieds des passants, avec cette inscription en lettres de cuivre : 0