‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 29 sur 279 · K. DE STRASBOURG A BALE.— MULHOUSE · texte numérisé non relu

K. DE STRASBOURG A BALE.— MULHOUSE

avait coûté si cher à leurs ancêtres. Cette réunion excita alors d’amers regrets ; mais elle eut pour l’ancienne république les conséquences les plus heureuses. Aujourd’hui Mulhouse est la seizième ville de France par sa population, l’une des premières par son industrie. « Elle fabrique, dit un écrivain anglais, plus de cotonnades et de mousselines peintes qu’aucune autre ville du monde; et ses produits se distinguent tout particulièrement par la perfection et la variété de leurs modèles, et par la beauté de leurs couleurs. » Elle possède en outre des filatures de laine, des fabriques de drap, des fonderies de fer et de cuivre, des ateliers de construction de machines, des presses lithographiques (les premières qui aient été établies en Europe), etc. Cette belle médaille a pourtant un triste revers..., la fâcheuse situation de sa population ouvrière, que les fabricants s’efforcent sans cesse d’améliorer... D’après des calculs déjà anciens et qui, il faut l’espérer, ne sont plus exacts, la durée de la vie moyenne, parmi les ouvriers, n’y serait pas de quatre années. #

Cette ville, dont le passé est si intéressant, n'offre rien de très-curieux à un étranger, ses manufactures exceptées. Elle se compose pour ainsi dire de trois villes ; la première, située au centre, est l’ancienne cité ; elle a pour monument son hôtel de ville de 1553, peint ou plutôt repeint et dont la salle des délibérations renferme,— outre quelques vitraux de couleur, deâ armures et des drapeaux, — un tableau contenant les noms de tous les bourgmestres de la ville depuis 1383, et, au-dessous dé chaque nom, l’écusson armorié de la famille de ce magistrat. — Sur la place de cet édifice assez pittoresque du moyen âge, s’élève l'église Saint-Etienne, consacrée au çulte protestant, derrière laquelle la ville de Mulhouse a érigé, sur une petite place, un monument au mathématicien Lambert, né dans ses murs. La seconde ville est la ville commerçante et comfortable qui se développe entre l’ancienne Mulhouse et le canal. On y remarque surtout la rue d’Altkirch et le grand triangle de maisons à colonnades et à arcades bâti en 1828, et que l’on nomme le quartier neuf. C’est là que se tient la bourse, c’est là que la société industrielle a sa bibliothèque et son musée , qui, entre autres curiosités, contient une collection d’échantillons des diverses étoffes imprimées, sorties des fabriques de Mulhouse de-

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