‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 31 sur 279 · Hôpital des aliènes · texte numérisé non relu

Hôpital des aliènes

20 Station du chemin de fer de BAle à Strasbourg et de Strasbourg à Paris.

Pari» — Typographie do Ch. Labure , rue «1c Vnuflrtrd , 9.

travail merveilleux qui défendent les fenêtres les moins élevées. Les bancs d’été, placés près du seuil, sont soigneusement relevés et incrustés dans la muraille, à l'abri de la pluie et du soleil. Si la rue forme une pente trop roide, des mains-cour antes, fixées aux murs, aident les pas du vieillard ou du paysan chargé. Partout vous trouvez cette attention minutieuse, cette sollicitude du propriétaire et du père de famille. »

HISTOIRE

Lorsque les Romains pénétrèrent dans les Gaules et dans l’Helvétie, le canton de Bâle faisait partie de la Rauracie. qui avait pour capitale Raurica, appelée par la suite Augusta Rauracorum, aujourd’hui le village d'Auyst. Sur l’emplacement de la ville actuelle on ne vit, pendant plusieurs siècles, qu’un château fort nommé Basilia, construit l’an 358 , par Valentinien Ier, et dont Ammien Marcellin parle au XXXe livre de son histoire. Après la destruction d’Augusfa Rauracorum , au v* siècle, l’évêque du diocèse fixa sa résidence dans ce château, augmenté d’un palatium, et qu’entourèrent bientôt un nombre considérable de maisons. Telle fut l’origine de Bâle. Bien que ravagée par les Barbares lors des grandes invasions des ive et ve siècles, et une seconde fois par les Huns, en 917, cette ville ne tarda point à devenir l’une des plus grandes et des plus florissantes de l’Helvétie et de la Rhétie. En 1032, elle cessa de faire partie du royaume de Bourgogne, et passa sous la suzeraineté des empereurs d’Allemagne, mais elle resta toujours sous la domination spirituelle et temporelle de ses évêques, que Charlemagne avait créés principes aulæ nostræ, au commencement du xie siècle.

A dater de cette époque jusqu’à l’année de son admission dans la Confédération suisse (1501), Bâle n’a pas une histoire différente de celle des autres grandes villes. Elle lutte souvent et presque toujours avec avantage contre les évêques, ses souverains spirituels et temporels, et contre la noblesse de la contrée environnante. Par force ou à prix d’argent elle obtient et fait confirmer ses privilèges rédigés pour la première fois par écrit en 1260 et 1263. En vain, en 1312, la peste y fait un grand nombre de victimes; en vain, durant la nuit du 18 au 19 septembre, dix secousses de tremblement de terre renversent presque toutes ses

maisons ci ensevelissent (rois cents de ses habitants ; elle se relève bientôt de ses ruines, plus florissante et plus populeuse que jamais. Déjà, en 1285, elle a construit le pont du Rhin ; en 1392, elle achète le Petit-Bâle, situé sur la rive dr. du fleuve, et qui ne formera plus avec le Grand- Bâle qu’une seule et même commune; et, en 1396, l’évêque ayant besoin d’argent lui vend les bailliages de Liestal, deWaldenburg et de Homburg.

Pendant qu’elle agrandit ainsi son territoire, la bourgeoisie de Bâle devient de plus en plus puissante. En 1345, elle s’allie aux confédérés. Le clergé l’excommunie. Elle répond au clergé qu’il n’a qu’à lire et chanter, ou bien de la ville s'ôter. Les chevaliers, appui naturel du prince-évêque, conservaient encore quelques prérogatives, elle les exile et s’empare de tous leurs droits. De 1431 à 1438, elle assiste à ce fameux concile appelé désormais concile de Bâle, l’une des assemblées les plus nombreuses de l'Église chrétienne (F. ci-dessous); enfin , l'an 1460, elle obtient une bulle du pape pour la fondation d'une université qui doit la rendre à jamais célèbre. Aussi, malgré les guerres et les luttes perpétuelles qu’il lui faut soutenir pendant le xv« siècle, malgré une peste en 1438, et une autre peste en 1481, l’industrie, le commerce, les arts et la liberté avaient-ils élevé Bâle à un haut degré de splendeur et de prospérité, lorsque, en 1501, les Suisses la reçurent dans leur Confédération, dont elle a formé depuis l’un des cantons. » A peine le traité, dit Ebel, eut-il reçu la sanction du serment sur l’une des places de la ville, que les Bâlois ouvrirent leurs portes. Jusqu’alors les dangers auxquels ils étaient sans cesse exposés de la part de la noblesse voisine les avaient non-seulement obligés de les garder nuit et jour, mais aussi de les tenir constamment fermées. Dès ce moment, au lieu d’hommes armés, ils y placèrent une femme seule avec une quenouille pour faire payer le péage. >.

Jamais, à aucune époque de son histoire , Bâle ne fut plus libre, plus florissante, plus peuplée, plus brillante qu’au commencement du xvie siècle. Les évêques, dont le pouvoir en matière civile et politique était à peu près anéanti , venaient de se retirer à Porrentruy, et la Réforme, adoptée avec empressement par leurs anciens sujets, allait bientôt les dépouiller de leur autorité spiri-

tuelle. Erasme et Holbein vivaient dans ses murs. Mais à partir de cette époque sa prospérité déclina. Devenue ■ toute-puissante, sa bourgeoisie fit de sa liberté un privilège exclusif; elle traita en serfs les nouveaux venus admis à vivre dans son sein , et se métamorphosa peu à peu en une aristocratie oppressive. Du xvi° siècle à la fin du xviii', la population décrût de moitié.

La révolution française renversa cette aristocratie, et rendit la liberté à ses sujets. Le 20 janvier 1798, le bourgmestre, le petit et le grand Conseil de la ville de Bâle, assurèrent , par un acte authentique , l’égalité politique des citadins et des campagnards. Cet acte fut respecté sous le gouvernement helvétique et l’acte de médiation ; mais, lors de la réaction de 1814, Bâle-Ville, le violant , s’arrogea le droit de nommer les trois cinquièmes des membres du grand conseil. Bâle-Campagne se plaignit vivement , et n’attendit qu’un moment favorable pour réclamer ses droits. Après la révolution de 1830, Liestal devint le lieu de réunion de tous les mécontents. En 1831, la guerre éclata entre la ville et la campagne qui établit un gouvernement provisoire. Vainement la diète, intervenant entre les deux partis, occupa militairement le pays pendant huit mois environ, et décréta, par quinze voix, le 14 septembre 1832. la séparation (sous réserve de réunion) des communes déjà émancipées. Bâle ne voulut pas se soumettre, et, le 3 août 1833, elle fit marcher contre lacampagne quinze à seize cents hommes et douze pièces d’artillerie. Cette dernière tentative se termina par une déroute complète : quatre cents Bâlois restèrent sur le champ de bataille, dans la forêt du Hard. A la nouvelle de ces graves événements, la diète envoya des troupes et des commissaires pour occuper tout le canton de Bâle ; la ville ouvrit ses portes le 11 août, et éta les canons de ses remparts. Bientôt après parut l’arrêté qui prononçait la séparation totale de la ville et de lacampagne , ne laissant à la première que les quelques communes situées sur la rive dr. du Rhin.

Aujourd’hui chacune des deux parties du canton de Bâle possède une constitution particulière.

Le canton de Bâle est le lie de la Confédération suisse par l’ordre de son admission, le 18e par son étendue et le 12* par sa population.

B. nu Rhin. 3

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