K. *. — HALE
MONUMENTS BT CURIOSITES.
La Cathédrale ou Munster s’élève sur la rive g. du Rhin, au-dessus du pont. On remarque de loin ses deux clochers, de 66 et 68 met. de haut., et la couleur rouge des pierres qui ont servi à sa construction. Elle fut commencée en 1010 par l’empereur Henri , dans le style byzantin , et consacrée en 1019, puis reconstruite en 1356, dans le style gothique, après te tremblement de terre, et achevée en 1490. On en répare l’intérieur.
Le portail du nord, ou de Saint-Gailus , et la crypte située au-dessous du chœur sont de la première époque. Les quatre colonnes formées de groupes de piliers détachés ; la tombe de l’impératrice Anne (•}• 1281), femme de Rodolphe de Habsburg, et mère de la branche des princes autrichiens, dont le corps tut transporté à Saint-Biaise en 1770; celle d'Erasme (*j*153b) (en marbre rouge, à gauche de l’autel); des fonts de baptême en pierre; quelques boiseries habilement ouvrées ; une chaire d’un travail délicat, datant de 1486 ; un nouvel orgue de Haas de Lauffenburg, qui coûtera, quand il sera achevé, 800,000 francs (l’ancien a été envoyé à Saint-Gall), tels sont les objets intéressants que contient l’intérieur de cet édifice livré au culte protestant , et par conséquent, sans ornements.
A l’extérieur, on remarque surtout le portail de Saint- Gallus. , décoré des statues du Christ et de saint Pierre, et de celles des vierges folles et des vierges sages, et les sculptures bizarres de la façade. Saint Georges et le dragon, saint Martin , un roi et trois femmes, dont on ignore les noms , et d’autres statues attirent aussi les regards.
Du chœur, un escalier conduit à la Salle du Concile, petite chambre basse avec quatre fenêtres gothiques, parfaitement conservée telle qu’elle était à l’époque où se tint le concile. Un banc de bois scellé dans le mur et recouvert d'un grossier coussin en fait le tour. Deux olepsydres, qui servirent d’horloges aux prélats, sont encore accrochées au mur, près d une copie de la fameuse danse macabre.
Le concile de Bâle se composait de onze cardinaux, trois patriarches, douze archevêques, cent dix évêques.
ft. 2.— BALE.
quatre-vingt-dix prélats mitrés, six princes séculiers, d’un grand nombre de docteurs, des envoyés de la France, de l’Angleterre, de l’Aragon, de la Sicile , du Portugal , du Danemark , et de tous les princes spirituels et temporels, de toutes les villes, de toutes les universités de l’Allemagne. Il s’ouvrit le 14 décembre 1431. Son but principal était de rétablir la paix et l’unité dans la chrétienté, d'opérer la réforme de l’Église , de mettre fin au schisme des hussites , de réunir les Églises de l’Orient et de l’Occident. Il siégea dans cette ville jusqu’au mois de mai 1447, époque à laquelle il fut obligé de se retirer à Lausanne, où il se sépara l’année suivante. Qu’avait-il fait pendant ce long espace de temps? rien de ce qu’il se proposait. Il s’était montré encore plus hostile au pape qu’aux hérétiques, et plus heureux de réprimer les envahissements du saint-siège au détriment des libertés de l’Église, que de défendre contre les schismatiques la pureté de la foi. Dissous et excommunié par le pape Eugène IV, il s’était permis de le déposer, et de nommer à sa place le duc de Savoie, Amédée VIII, sous le nom de Félix V. Ce qui avait causé de violentes guerres , du temps d’Urbain VI, ne produisit alors que des querelles ecclésiastiques, des bulles, des censures, des excommunications réciproques, des injures atroces. Enfin , sous le pape Nicolas V, le concile se dissipa peu h peu de luimême, laissant l’Église dans l’ordre accoutumé.
En sortant du chœur, au midi, on entre dans les cloitres, série de salles de diverses formes, qui servent encore de lieu de sépulture , comme ils en ont servi pendant des siècles, et qui sont remplis de tombeaux. On y remarque les monuments funéraires de trois réformateurs (Œcolampadius (•J’1531), Grynæus (f 1531), et Meyer, et le monument d’une dame Forcart Merian , par Ohmacht, de Strasbourg. Ces cloîtres, construits au xiva siècle, s’étendent jusque sous la colline qui domine le fleuve. Ils furent souvent la retraite favorite d’Érasme.
On peut visiter encore dans la cathédrale de BÂle (s’adresser au sacristain, 50 cent par personne) ce qui lui reste de son fameux trésor, partagé entre Bâle-Ville et Bâle-Campagne après la division du canton.
Derrière la cathédrale est une tbrrasse, nommée Die Pfalm, plantée de dix marronniers, élevée de i 0 mèt. env.