ROUTE 41. DE PAU A SAINT-SAUVEUR
2 kil. (4 kil.) Aressy , v. de 334 h. , situé sur le ruisseau du Lagoin.
2 kil. (6 kil.) Meillon, v. de 696 h.
2 kil. (8 kil.) Atsat, v. de 861 h.
Près d’Assat . un pont traverse le Gave vis-à-vis du village de (8 kil. de Pau) Narcastet, (278 h.), d’où l’on peut gagner la ville de Nay par la rive g. Mais la diligence continue à suivre la rive dr.
2 kil. (10 kil.) Bordes, beau et riche v. de 906 h. Les maisons de cette commune longent les deux côtés de la route pendant au moins 1 kil. sans aucune interruption 5 dès qu’on en sort on arrive à
1 kil. (11 kil.) Bezing , v. de 157 h. On trouve ensuite
1 kil. (12 kil.) Boeilh , v. de 693 h.
Plus loin , la route départementale
de Morlaas à Nay, descendant des hauteurs qui s’élèvent à g., vient se réunir à la route de Pau près du v. de
2 kil. (14 kil-) Baudreix (338 h.).
2 kil. (16 kil.) Mirepeix est situé
vis à vis de
1 kil. ( 17 kil.) May* jolie V. de 3082 h. , bâtie sur la rive g. du Gave de Pau et dominée par le château de l’Angladure. Au commencement du xn* siècle, les religieux de Santa-Cristina achetèrent le * territoire de Nay pour 360 sous et un cheval; puis ils y construisirent une église autour de laquelle se groupèrent quelques maisons. Les souverains du Béarn y établirent des fabriques ; mais, en 1545, trois météores enflammés , que les historiens du Béarn appellent des ruglet, tombèrent sur la ville , et , de cinq ou six cents maisons qui la composaient, une seule échappa à l’incendie. Nay s’était
cependant relevée de ses ruines, quand les guerres de religion vinrent encore la désoler. Lors de l’invasion de Terride en Béarn, Sainte-Colombe marcha de Pontacq sur Nay, des bouchers lui en livrèrent les portes, et les huguenots furent tous hachés jusqu’au dernier.
On montre à Nay un édifice remarquable connu sous le nom de Maison carrée; semblable à toutes les autres par sa façade extérieure , elle en diffère par la cour intérieure. Trois rangées d’arceaux superposés et soutenus par des colonnes des ordres dorique, ionique et corinthien, forment sur un des côtés une décoration tout à la fois majestueuse et élégante. On suppose que cet édifice de la Renaissance a été construit par les ordres de la sœur de François I". Aujourd’hui la ville de Nay est renommée pour sa minoterie et ses fabriques de draps, de bérets, de calicots.
C’est là que sont en grande partie manufacturés les fez rouges dont les Turcs se coiffent aujourd’hui.
Nay expédie chaque année une grande quantité de ses produits à Constantinople. Elle est la patrie du théologien Abbadie.
De Nsy à Arudy et à Olorou(V. R. Si).
te
3 kil (19 kil.) Coarraze, V. de 2505 h. , était chargée par sa 'position de défendre la frontière du Béarn du côté du Bigorre. A peu de distance on voit les ruines du château où fut élevé Henri IV, et dont il ne reste plus que la tour et le portail, sur lequel se lit encore cette inscription espagnole :
Lo que ha de ser no puede faltar (ce qui doit être ne peut manquer).
A côté de ces ruines s’élève un
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
château de construction moderne, appartenant à M. Dufau.
En parlant de l’ancien manoir, Froissard raconte une étrange histoire d’esprit frappeur : ■
« Le sire de Coarraze s’étoit disputé avec un de ses clercs qui partit en faisant des menaces.
« Quand le chevalier y pensoit le moins, environ trois mois après, vinrent en son château de Coarraze , là où il se dormoit en son lit de lez de sa femme, messagers invisibles qui commencèrent à bûcher et à tempêter tout ce qu’ils trouvoient parmi ce chastel, en tel manière que il «embloit que ils dussent tout abattre ; et bûchoient les coups si grands à l’huys de la chambre du seigneur, que la dame qui se gisoit en son lit en étoit toute effrayée; le chevalier oyoit bien tout ce, mais il ne sonnoit mot , car il ne vouloit pas montrer courage d’homme ébahi; et aussi il était hardi assez pour attendre toutes aventures...,
« Quand ce vint l’autre nuit après ensuivant, encore revinrent ces tempêteurs mener plus grand noise que devant, et bûcher les coups moult grands à l’huys et aux fenêtres de la chambre du chevalier. Le chevalier saillit sus lit, et ne put ni se volt abstenir que il ne parlât et ne demandât :
a Qui est-ce là qui ainsi bûche en « ma chambre à cette heure ?» «
« Tantôt lui fut répondu : « Ce « suis-je, ce suis-je. » Le chevalier dit : « Qui t’envoye ici ? — Il m’y « envoyé le grand clerc de Câste- « loigne à qui tu fais grand tort , a car tu lui tols les droits de son « héritage. Si ne te lairay en paix,
« tant que tu lui en auras fait bon « compte et qu’il soit content. » Dit
le chevalier : « Et comment t’ap- « pelle-t-on, qui es si bon messa- « ger? — On m’appelle Orton. — « Orton, dit le chevalier, le ser- « vice d’un clerc ne te vaut rien, « il te fera trop de peine si tu veux «le croire; je te prie, laisse-le en « paix et me sers , et je t’en saurai « gré. »
« Orton fut tantôt conseillé de répondre, car il s’enamoura du chevalier et dit : « Le voulez- vous ?
« — Oui , dit le sire de Coarraze ; « mais que tu ne fasses mal à per- « sonne de céans, je me chevirai « bien à toi et nous serons bien « d’accord. — Nennil , dit Orton , «je n’ai nulle puissance de faire « autre mal que de toi réveiller et « destourber ou autrui, quand on « devroit le mieux dormir. — Fais « ce que je dis , dit le chevalier, « nous serons bien d’accord , et i laisse ce méchant désespéré clerc, a II n’y a rien de bien en lui, fors « que peine pour toi, et si me sers.
« — Et puis que tu le veux, » dit Orton , a et je le veuil. »
« Là s’enamoura tellement cil Orton du seigneur de Coarraze , que il le venoit voir bien souvent de nuit, et quand il le trouvoit dormant, il lui hochoit son oreiller, ou il hurtoit grands coups à l’huys ou aux fenêtres de la chambre, et le chevalier, quand il étoit réveillé, lui disoit : « Orton, laisse-moi dor- «mir, je t’en prie. — Non ferai, « disoit Orton , si t’aurai ainçois dit « des nouvelles. » Là avoit la femme du chevalier si grand paour que tous les cheveux lui dressoient et se muçoit en la couverture. Là lui demandoit le chevalier :
« Et quelles nouvelles me dirois- « tu et de quel pays viens-tu ?» Là disoit Orton : « Je viens d’ Angle-