LUX
Xiuz (Hôtels : del 'Univers, bon , le meilleur de la vallée, recommandé, du Midi, de Londres, des Pyrénées , etc. Maisons meublées : Cagaux, Cazavieille , Coujet, Cousture - Dannet, Druène - Flamand , Sarrat, Theil, Vergé, etc.), le cheflieu de la vallée de Baréges, se trouve situé à 739 mèt. , au débouché de la vallée du Bastan, dans le bassin auquel il a donné son nom , et qui, avant que le Gave ne se fût taillé dans le roc la gorge de Pierrefltte , était certainement un lac. Sa population fixe s’élève à 1642 h.
«t C’est une petite ville toute rustique, dit M. Taine, d’apparence originale et agréable. Les rues, étroites et cailloutées , sont traversées d’eaux courantes ; les maisons grises se serrent pour avoir un peu d’ombre. Le petit bassin triangulaire où se sont groupées les maisons de Luz et les treize villages qui l’environnent est charmant de fraîcheur et de grâce ; dans le fond, des prairies et des ruisseaux; sur les collines, des pâturages verts; tout autour, des pics,
des crêtes et des sommets descendant vers la plaine par des croupes mollement arrondies.
« Luz était autrefois la capitale des vallées environnantes , qui formaient une sorte de république; chaque commune délibérait sur ses intérêts particuliers ; quatre ou cinq villages formaient un vie, et les députés des quatre vies se réunissaient à Luz.
« Le rôle des impositions se faisait de temps immémorial sur des morceaux de bois qu’ils appelaient totchoux, c’est-à-dire bâtons. Chaque communauté avait son totchou, sur lequel le secrétaire faisait avec un couteau des chiffres romains dont seul il connaissait la valeur. L’intendant d’Auch, qui ne se doutait pas de ces usages , ordonna en 1784 à un des employés du gouvernement de lui apporter les anciens registres; celui-ci arriva suivi de deux charretées de totchoux. »
Ces pays de montagnes sont naturellement libres. Us savaient conserver leurs libertés et ne laissèrent jamais impunies les tentatives que firent les seigneurs contre leurs fors.
La charte de Bigorre est une des plus anciennes qu’on connaisse. Le comte Bernard la donna en 1090, et en cela ne fit que confirmer des privilèges acquis. Voici quelle était cette charte :
« Les gentishommes ne peuvent bâtir un château ni le rebâtir de pierre sans le consentement du comte, sur peine de démolition, çt ceux qui en ont doivent assurer le comte qu’il ne lui sera fait aucun dommage au moyen de ce château , et qu’ils le lui mettront dans la main, qu’il soit courroucé ou qu’il ne le soit pas.