SAINT-SAUVEUR
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
Hôtels : de France , chez Barrio ; de Paris, chez Sassissou; Bégarie. Beaucoup de baigneurs se logent à Luz , oh l’on trouve plus facilement des appartements.
Maisons meublées : Barrio, Brauhuuban, Yergès-Sarrat, Druène-Flamand, Fubas. A Saint-Sauveur comme h Cauterets, toutes les maisons sont construites pour les étrangers.
Médecin-inspecteur des eaux : M. Fabas ; adjoint, M. Cbarmasson de Puylaval.
Docteurs- «ÉnliciNs : MM. Druène ; Fabas tils ; Peyramale ; Hëdouin.
Pharmaciens : M. Claverie ; Lacoste , directeur de la poste aux lettres.
Cabinet de lecture. A rétablissement; on y trouve quelques journaux.
Postf. aux cnBvAux. A Pierrefitte.
* Bureau des Messageries. Chez Sassissou. Les voitures de Baréges, passant à Luz , font aussi le service de Saint- Sauveur.
'Mathieu, voiturier de Tarbes , va aussi h Suint-Sauveur le lundi et le vendredi, et quelquefois le mercredi de chaque semaine, avec une calèche.
Loueurs de voitures. Barrio, traiteur; Planté; Forcamidau ; Jeanioy, Druène; Couture; Cazaux; Barrio, régisseur; Vergès-Sarrat.
La plupart des loueurs de chevaux et d’ An esses se trouvent à Luz ; mais ils se tiennent presque tous sür la route, prêts à partir.
Guides. Bellan ; Bordenave - Saint- Laure; Courtadet, Henri; Cumia, Jean ; Fortané, Bernard; Forlané fils ; Jean Gay, Thomas; Moncassin, Antoine ; Moncassin fils; Poutis-Laurrou , Grégoire:
Pratdessus , Henri ; Pratdessus , Salles, Henri , Ceciro (recommandés pour les grandes courses).
Loueurs de chevaux. Tous les guides sont loueurs de chevaux.
Guides-chasseurs , domiciliés A Luz ;
Catala-Sarayré , Clément; Larrieu, Vincent; Castex.
Tarifs des guides pour les diverses excursions : Pic de Léviste , 6 fr. ; Pic du Midi, 6 fr.; Monné, 6 fr.; Pic de ViscOs, 5 fr.; Tourmalet, 4 fr. 50; Pierrefitte etArgelez,5 fr. ; Sainl-Savin et Beaucens, 5 fr.; Gripp par la montagne, 5 fr.; Poey-la-Houn, 6 fr. ; Bagnères de Bigorre, 6 fr. par jour; Eaux-Bonnes, 6 fr. par jour; Eaux-Chuudes, 6 fr. par jour; Bagnères de Ludion, 6 fr. par jour; Cauterets par le Vignemale, lo fr.; Pic do Néouvieille, 10 fr.; LacVert, 10 fr.jsimple promenade î fr. La plupart de ces excursions se font de Baréges ou de Cauterets (Voy. en tête de chaque course).
Tarif des chevaux. Pic de Léviste, 5 fr. ; Pic du Midi, 6 fr.; Monné, 6 fr.; Pic de Viscos, 5 fr.; Tourmalet, 4 fr. 50; Pierrefitte et Argelcz , 4 fr. 50 ; Saint-Savin et Beaucens, 4 fr. 50 ; Gripp par la montagne, 6 fr. ; Poey-la-Houu , 6 fr.; Bagnères de Bigorre, Bagnères de Luchon, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes, 5 fr, par jour; simple promenade, 2 fr.
On paye 50 cent, en sus par course et par chaque selle de dame.
On paye les chevaux des guides aux prix du tarif.
Tarif des chaises a porteurs : De l’établissement en ville, 25 c.; aller et retour de Saint-Sauveur à Luz, i fr. soi au Pic du Midi , 40 fr.; & Pierrefitte et Saint Savin, 20 fr.; au château de Beaucens, 20 fr. ; à Bagnères de Bigorre, 60 fr.; Monné, 46 fr.; Angelez, 25 fr.; Cauterets, 30 fr. ; Poey-la-Houn , 4o fr.; Gripp par la montagne, 4o fr.; Bagnères de Bigorre, 60 fr.; Vignemale, 40 fr.; simple promenade, 4 fr.
df.scription.
« Saint-Sauveur , dit M. Taine, est une rue en pente, régulière et jolie, sans rien qui sente l’hôtel improvisé et le décor d’opéra. Elle n’a ni la grossièreté rustique d’un village, ni l’élégance salie d’une ville; tout y est simple, propre et de bon goût. Les maisons alignent sans monotonie leurs croisées en-
ROUTE 48 i SAINT-SAUVEUR.
cadrées de marbre brut : à dr. , elles s’adossent contre des roches à pic d’où l’eau suinte; à g., elles ont sous les pieds le Gave qui tonne au fond du précipice. »
Un évêque de Tarbes, Gentieu d’Amboise, qui avait fui l'armée des protestants, s’était réfugié à Luz; il y découvrit, dit-on, sur la montagne voisine, une source minérale près de laquelle il fit construire une chapelle portant cette inscription : Vos haurietû aquas e fontibut Salvatoris. Telle serait, au dire de certains historiens, l’étymologie du nom de Saint-Sauveur.
Il n’y a pas encore un siècle , cette source presque inconnue, sans autre ornement que le roc creusé en voûte au-dessus d’elle, tombait dans un large bassin d’un mèt. de profondeur. Un M. de Béségua, professeur à l’école de droit de Pau, ayant trouvé à Saint-Sauveur une guérison qu’il avait inutilement cherchée à Baréges, recommanda ces eaux, qui, déjà fréquentées sous l’Empire, eurent sous la Restauration une vogue brillante, due au patronage de la duchesse d’Angoulôtne et de la duohesse de Berry, dont deux colonnes de marbre, placées aux deux extrémités du village , rappellent le séjour. Le nombre des baigneurs, qui avait ensuite diminué pendant quelques années, suit maintenant une progression constante.
La chapelle est une rotonde sans aucun style, bâtie à l’extrémité supérieure du village, au-dessus du jardin anglais.
ÉT AlU.tSSEMF.-NT THERMAL.
a Le bâtiment des bains, dit encore M. Taine, est un portique sous un double rang de colonnes d’uu style
aisé et simple; les marbres, d’un gris bleuâtre, ni éclatants ni ternes , font plaisir à voir. Une terrasse plantée de tilleuls s’avance au-dessus du Gave et reçoit les brises fraîches qui montent du torrent vers les hauteurs; ces tilleuls répandent dans l’air une odeur délicate et suave. Au-dessous du mur d’appui , l’eau de la source sort en gerbe blanche et tombe entre les têtes des arbres dans une profondeur qu’on n’aperçoit pas. »
Cette description est charmante comme tout ce qui sort de la plume de M. Taine; mais, jugé au point de vue pratique , l’établissement de Saint-Sauveur mérite encore plus de reproches peut-être que celui des Eaux-Bonnes. Les malades n’y trouvent rien de ce qui leur serait utile ou agréable : ni galerie couverte et fermée pour s’y promener en cas de mauvais temps, ni sièges commodes pour s’y reposer, ni même une salle d’attente. Quelque temps qu’il fasse, si fatigués, si soutirants qu’ils soient, ils y demeurent exposés, sur leurs jambes, avant ou après leur bain, à tous les vents qui peuvent souffler dans la vallée. Du reste, à Saint- Sauveur comme aux Eaux-Bonnes, on promet des améliorations prochaines. L’établissement sera agrandi ( les maisons voisines étaient achetées en 1857). Puisse-t-il être un peu moins orné de colonnes et plus confortablement aménagé !
Un établissement élégant et commode a été inauguré en 1858 près de la source de la Hontalade, qui jaillit à 000 mèt. de Saint-Sauveur et à 50 mèt. du point d’émergence de la source de l’établissement.
« Hontalade présente , au point de vue de son histoire, une particula-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
rité qu’il est très-important de faire connaître , dit M. le docteur Hédouin.
« 11 y a longtemps déjà , un ancien médecin de Saint- Sauveur eut l’idée , malheureuse pour la prospérité du pays, d’y établir un dépôt d’eau minérale de Bonnes, et il la prescrivit aux malades qui fréquentaient la localité. Ceux-ci s’en trouvèrent bien , et tellement bien , que plus tard ils firent cette réflexion toute naturelle : que si à Saint-Sauveur on leur prescrivait l’eau de Bonnes, il devait être préférable pour eux d’aller en faire usage aux Eaux-Bonnes même.
a En effet, Saint -Sauveur fut moins fréquenté, et bientôt les Eaux- Bonnes acquirent une importance qui devint chaque année plus considérable. Dans les premiers temps que l’eau Bonnes fut débitée à Saint- Sauveur , c’était bien de l’eau qu’on allait chercher à Bonnes ; mais bientôt on trouva le trajet trop long, le transport trop coûteux, et on alla ultérieurement à Hontalade remplir, pendant la nuit , des bouteilles portant l’étiquette des Eaux-Bonnes. La personne qui s’était chargée de cette opération a avoué maintes fois sa coopération , et cette substitution de l’eau de Hontalade à celle de Bonnes ne fait , dans le pays, et depuis un temps immémorial, l’objet d’aucun doute.
« Au reste, depuis longtemps, l’eau de Hontalade est utilisée en boisson pour son compte personnel.
D’abord employée seulement par les malades du département, plus tard son usage s’est étendu, et aujourd’hui des faits nombreux témoignent des propriétés remarquables de cette source, qui mérite qu’on lui assigne une place importante parmi les eaux des Pyrénées. »
LES EAl'X.
Eau thermale, sulfureuse.
Émergence : Du terrain primitif. (Eurite.)
Deux sources : S. principale alimentant l’établissement, et S. dite la Hontalade , dont l’exploitation a été autorisée en 1855.
Débit en 24 h. : S. principale.
1240 hectol.
Température : S. principale, à la douche , 33" ; à la baignoire , 32"; la Hontalade, 22".
Caractères particuliers : Eau limpide, odeur et saveur hépatiques, très-onctueuse à la peau , analogue à celle de Barzun par ses caractères physiques, laissant comme cette dernière dégager des bulles de gaz dans le verre , assez stable et ne blanchissant pas , contenant beaucoup de barégine. Quelques malades ont peine à supporter la température un peu basse des bains.
Établissement bien aménagé pour buvette, 16 baignoires et 2 douches.
Service médical : Un médecin inspecteur, un inspecteur adjoint.
Situation: 770mèt. au-dessus de la mer.
Climat de montagne assez rude, brouillards fréquents.
Effets physiologiques : Eaux douces, sédatives, hyposthénisantes , agissant principalement sur le système nerveux; passaient, au siècle dernier, pour favoriser la conception.
Ne se transportent pas.
Classification chimique : Eau sulfurée à base de soude. On a constaté la présence de l’iode dans la Hontalade.